jeudi, 9 juillet 2020 •

491 visiteurs en ce moment


 
 

 
 
 
 
FIL D'ACTUALITÉ

Trois morales d’une histoire dahoméenne




(Par Roger Gbégnonvi)

​Depuis longtemps à la retraite, il n’a pas entrepris d’écrire ses mémoires, mais, par bribes accumulées, au hasard des visites et des conversations arrosées, il fait le récit de sa vie. Voici comment il entra dans le corps de métier dont il est devenu une figure respectée.
​Avec l’ensemble de mes compatriotes, j’ai été jeté à la porte de la Côte d’Ivoire en 1958. J’y étais moniteur à l’école primaire catholique de Bingerville. J’aimais mon métier. Revenu au Dahomey avec ma seule vie et les seuls habits que j’avais sur le corps, j’ai été recueilli par ma jeune sœur, nourri et logé par elle. Je n’étais pas fier. Je broyais du noir. En 1959, on annonça deux concours de recrutement de candidats à l’exercice du métier d’infirmier, l’un pour le Dahomey, l’autre pour l’AOF. A l’époque, la France voulait africaniser au maximum la fonction publique. Cela tombait bien pour moi. Je remplissais encore les conditions d’âge, et je me présentai aux deux concours, tous les deux du niveau CEPE.
​On commença par le national. J’ai trouvé les épreuves faciles comme bonjour. Je finissais le premier, remettais ma copie et m’en allais tout gaillard. Au deuxième jour, un des surveillants me demanda discrètement si j’avais rencontré un des membres du jury. Je n’en connaissais pas, et je lui répondis non, sans avoir rien compris à sa question. Mon échec me fit tout comprendre. Seuls ont été déclarés admis ceux qui étaient allés voir l’un ou l’autre membre du jury avec 100.000 f cash ou l’engagement formel de payer 10.000 f pendant dix mois à partir du premier mois de la formation. Pour rendre impossible toute réclamation ou vérification, les copies avaient été livrées au feu dès la proclamation desdits résultats. Je n’avais plus que mes yeux pour pleurer. Mais je ne pleurai pas longtemps. Le concours AOF essuya mes larmes : premier pour le Dahomey, quatrième pour l’AOF ! Pouvais-je rêver mieux ? Le jury national ne comportait que des Dahoméens, et tout se passa entre Dahoméens. Le jury AOF ne comportait que des Français. Nos copies corrigées à Dakar ont été recorrigées à Paris. Pour moi, cette histoire dahoméenne comporte trois morales.
​La première.- Je dois ma carrière à des fonctionnaires français honnêtes et justes. Ils ont lu mes copies et se sont aperçus que leur auteur était éligible à la formation d’infirmier. Enfermés dans la prison de l’argent, les fonctionnaires dahoméens, mes frères, furent sans scrupule. Je parie qu’ils n’ont pas regardé mes copies avant de me renvoyer à la pirogue et au filet de pêche de mon père, que je soutenais financièrement depuis Bingerville.
​La deuxième.- Il faut saluer et encourager la bonne volonté de ceux qui ont décidé en 2016 de faire passer le mérite et la compétence avant l’argent ou le favoritisme dans le genre « le N° de table que je t’ai remis, c’est le fils de la tante du cousin de mon épouse. J’ai promis son succès à ma femme. Aide-moi ». Livré au bakchich systématique et au népotisme kilométrique, le pays n’en pouvait plus quand les gens l’ont ramassé en 2016 et se sont engagés à le soigner. Tâche difficile. Mais nous ne devons pas faire que des choses faciles.
​La troisième.- Aucun peuple n’en a jamais sauvé un autre. Mortellement torturés « afin de protéger la santé et la détente des Aryens », les rescapés de la Shoah émigrés aux Etats-Unis n’ont pas pris la tête du combat contre la ségrégation raciale, qui ne les frappait plus. Ce n’est pas un reproche, c’est un constat et un exemple pour dire que le Bénin ne sera sauvé que par les Béninois, notamment par ses fonctionnaires honnêtes et justes.
​C’est le seul chemin de notre bonheur humain. Au milieu des Eglises à foison, au milieu des loges à forte attirance, qu’elles soient nationales ou internationales, au milieu des couvents nombreux, le chemin de notre bonheur au Bénin est celui de l’honnêteté et de la justice, chemin sur lequel devraient conduire messes, Tenues et libations.

www.24haubenin.info ; L'information en temps réel

18 janvier 2020 par Judicaël ZOHOUN




Transformation du FCFA en ECO, actée par la France : Supplique aux 9 (...)


4 juin 2020 par Judicaël ZOHOUN
Par Philippe HOUNKPATIN, Dr.-Ing. en Génie électrique, à la retraite (...)
Lire la suite

MINNEAPOLIS : SILENCE ON ÉCRASE DU NÈGRE ! (Par Aliou TALL).


29 mai 2020 par Judicaël ZOHOUN
Imaginez-vous plaqué au sol, menotté, le poids et la pression du corps (...)
Lire la suite

Aux Panafricains qui ignorent le Marxisme-Léninisme de Cheikh Anta (...)


17 mai 2020 par Judicaël ZOHOUN
Diagne Fodé Roland L’impérialisme et le néocolonialisme ont réalisé la (...)
Lire la suite

COVID 19 : Quid de l’industrie nationale ?


24 avril 2020 par Judicaël ZOHOUN
Un mal qui répand la terreur, déstabilise l’humanité et fait valser les (...)
Lire la suite

Me Fatiou Ousman demande le report des communales


17 avril 2020 par Judicaël ZOHOUN
Les élections communales et municipales sont fixées au 17 mai 2020. Mais (...)
Lire la suite

Africain en chine : Non à l’apartheid sanitaire (Aliou TALL)


16 avril 2020 par Judicaël ZOHOUN
Nous ne sommes ni vos pangolins, ni vos chauves-souris. La Chine (...)
Lire la suite

Le déni et la psychose


24 mars 2020 par Judicaël ZOHOUN
Depuis l’expansion inattendue et impromptue du virus, identifié sous (...)
Lire la suite

Un Sans-papiers face au Coronavirus (Par Aliou TALL)


22 mars 2020 par Judicaël ZOHOUN
Dans le confinement l’altérité s’altère. Le riche, le pauvre, le Blanc, Le (...)
Lire la suite

Pourquoi ‘‘les gens’’ sont contre la Rupture


14 mars 2020 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​‘‘Les gens’’, c’est d’abord le groupuscule de (...)
Lire la suite

Démocratie et démographie au Bénin


22 février 2020 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Les Béninois fêtent les 30 ans de leur Conférence (...)
Lire la suite

Vœu de nouvel élan panafricain


12 février 2020 par Judicaël ZOHOUN
Moussa Kanté est doctorant géographe-politiste, chercheur à l’école (...)
Lire la suite

La réponse de Victor Topanou à Vincent Foly


19 janvier 2020 par Judicaël ZOHOUN
Le Professeur Victor Topanou a tenu à répondre à Vincent Foly au Terme de (...)
Lire la suite

Seneweb m’a tuer : en violant ma propriété intellectuelle (Par Aliou (...)


13 décembre 2019 par Judicaël ZOHOUN
J’ai posté sur les réseaux sociaux et des médias en ligne un article (...)
Lire la suite

Ne pas prendre les Béninois pour des benêts


30 novembre 2019 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Voltaire a dit : « Malheur aux détails, la (...)
Lire la suite

France : Une immigrée déclarée morte, mais toujours vivante


30 novembre 2019 par Judicaël ZOHOUN
Elle est vivante mais hantée par un macchabée ! Sa mort est constatée à (...)
Lire la suite

« C’est un premier pas » (Joël Aïvo)


24 octobre 2019 par La Rédaction
Invité Afrique sur RFI ce jeudi 24 octobre 2019, le constitutionnaliste (...)
Lire la suite

Bénin et Tunisie, Greta Thunberg et Aimé Césaire


5 octobre 2019 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Si le système des choses ne l’emporte pas et (...)
Lire la suite

Paradoxe du prêtre béninois en France


28 septembre 2019 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​En vérité, il s’agit de tout prêtre d’Afrique (...)
Lire la suite


ÉCOUTER FRISSONS RADIO


Derniers articles



Autres vidéos





Les plus populaires