samedi, 21 octobre 2017 •

91 visiteurs en ce moment

FIL D'ACTUALITÉ

Maroc-Afrique

Renégocier les droits de douane pour stimuler les échanges ?




Les relations entre le Maroc et le reste du continent s’intensifient. Le Royaume, qui a d’ailleurs tout juste retrouvé le giron de l’Union africaine et qui vient d’annoncer son intention de rallier la CEDEAO, poursuit une véritable offensive commerciale, économique et diplomatique au sud du Sahara. Surtout, il entend s’imposer comme un hub économique incontournable sur le continent.

Intitulée Analyse de la politique commerciale du Maroc – Impact de la politique tarifaire du Maroc sur sa position de hub à destination du reste de l’Afrique, une nouvelle publication de la Banque africaine de développement offre une analyse ciblée : y sont passées au crible les politiques tarifaires à l’œuvre entre le Royaume et les autres pays du continent, afin de mieux cerner si celles-ci favorisent le développement de leurs échanges.

Pleine croissance et perspectives prometteuses

Les échanges commerciaux entre le Maroc et le reste du continent ne cessent d’aller croissant ces dernières années (+ 20 %, soit plus de 1,5 milliard de dollars de plus). L’Afrique subsaharienne, avec son taux de croissance avoisinant 6,3 % en moyenne durant la décennie 2000 (record mondial après l’Asie), offre des perspectives économiques et un marché de plus en plus attractifs.

Reste que le volume de ces échanges demeure modeste en valeur absolue : l’Afrique subsaharienne représente aujourd’hui un peu plus de 6 % des exportations marocaines et un peu moins de 1 % de ses importations (contre 5 % en 1993).

Inverser le point de vue révèle des chiffres encore plus faibles : en tant que destination des exportations africaines, le Maroc occupe la 95e place, avec seulement 0,05 % des exportations de la région (contre 0,07 % en 1993 et 0,36 % en 1998). Et le pays est au 62e rang des importateurs de produits du continent, avec 0,27 % du total des importations africaines (contre 0,07 % en 1993). Le Royaume importe du charbon (15,8 %), du café (13,6 %), de la nourriture pour bétail (11,2 %), des épices (6,2 %) et des produits chimiques inorganiques (4,7 %).

Échanges : faibles en volume, forts en intensité

Si les échanges demeurent faibles en valeur absolue, ils s‘avèrent de forte intensité avec certains pays qui se révèlent donc des partenaires relativement importants pour le Maroc : le Sénégal, la Guinée équatoriale, le Ghana, l’Angola, la Guinée, la Côte d’Ivoire (siège de la BAD et à ce jour première destination du continent pour les investissements marocains), le Togo et l’Egypte.

S’agissant des exportations du Maroc, 13 pays africains figurent parmi les 28 pays partenaires avec lesquels l’intensité des échanges est importante entre 2011 et 2013 : Guinée, Sénégal, Guinée équatoriale, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Angola, Nigeria et Mauritanie en Afrique subsaharienne ; et Tunisie, Algérie, Libye et Egypte en Afrique du Nord. Côté importations, l’indice de ces échanges est supérieur à un avec 7 pays africains (sur les 22 pays partenaire dont c’est le cas) : Togo, Sénégal, Malawi et Cameroun ; ainsi que Tunisie, Algérie et Égypte.

Droits de douane : le paradoxe africain

Tant le Maroc de son côté, que de nombreux autres pays africains du leur, ont beaucoup renégocié leurs droits de douane avec des pays et les blocs régionaux… d’Europe, d’Asie et d’Amérique. Point positif, cela leur a permis de faciliter leurs relations commerciales respectives avec leurs interlocuteurs et destinations de choix. Sauf que cela aboutit à ce paradoxe : il leur est devenu plus aisé de commercer avec l’Europe, l’Asie ou les Etats-Unis qu’avec leurs propres voisins et pairs continentaux !

De fait, l’écart entre le taux moyen des droits de douane que le Maroc pratique avec les pays européens et la moyenne des droits de douane appliqués aux pays africains s’élève à quelque 17 points de pourcentage. Les pays africains, quant à eux, appliquent à leurs importations marocaines des tarifs douaniers supérieurs de 3 ou 4 points en moyenne aux tarifs pratiqués pour leurs importations d’Europe ou des États-Unis.

Certes, le Maroc a fortement abaissé ses droits de douane ces dernières années sur les produits en provenance d’Afrique subsaharienne (-78 %, soit 39 points de pourcentage de moins depuis 1993). Mais cette baisse ne s’est pas traduite par une hausse de ses exportations vers cette région.

Réduire les droits de douane marocains appliqués aux produits importés d’Afrique subsaharienne aiderait à stimuler les exportations des pays de la région vers le Maroc. Selon les projections, baisser de moitié ces tarifs douaniers entrainerait une hausse de 20 % des importations en provenance d’Afrique subsaharienne.

Pas de véritable politique commerciale sans baisse des droits de douane ?

Pareillement, réduire de moitié les droits de douane pratiqués par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) – principal partenaire économique du Maroc en Afrique – entraînerait une hausse de 5 % environ des exportations marocaines.

Et celles-ci augmenteraient de 15% vers les pays du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) avec une baisse identique des tarifs douaniers ; et de 23 % au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Mieux, la hausse des exportations marocaines pourrait atteindre 40 % dans le cas de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) !

Voici donc ce que pointe donc cette publication de la BAD : la réduction des droits de douane demeure un outil de politique commerciale capital sur le continent. Et si l’on renégociait à la baisse les droits de douane appliqués par le Maroc comme par ses pairs africains (subsahariens surtout), sans doute que les échanges augmenteraient à leur tour – au profit des deux parties.

Structurée en sept chapitres, cette publication fait suite à un premier volume également consacré à l’impact de la politique tarifaire du Maroc, mais cette fois au plan de sa compétitivité. Un troisième volume à paraître s’attachera quant à lui à identifier les catégories de produits à l’exportation qui pourraient bénéficier d’une hausse des échanges commerciaux entre le Maroc et les autres pays africains.

Vincent Castel, Economiste-pays en chef, Bureau de la BAD au Maroc – v.castel@afdb.orgRetour ligne automatique
Faïza Ghozali, Chargée principale de communication, BAD – f.ghozali@afdb.org

www.24haubenin.info ; L'information en temps réel

7 mars 2017 par Dg24h



Le forum économique de Porto-Novo au cœur d’une rencontre

18 octobre 2017 par Dg24h
Le maire de la ville de Porto-Novo, Emmanuel Zossou a reçu à son cabinet (...)
Lire la suite

La CRRH reçoit un appui pour le financement de l’habitat social en (...)

17 octobre 2017 par Dg24h
Un montant de155 millions de dollars (environ 85 milliards de Fcfa est (...)
Lire la suite

La Banque Mondiale appelle les dirigeants à investir dans (...)

11 octobre 2017 par Dg24h
L’Afrique subsaharienne connaîtra une croissance de 2,4% en 2017 contre (...)
Lire la suite

La BOAD finance la construction de Marriott Hotels & Resorts Benin (...)

15 septembre 2017 par Dg24h
7,4 milliards de fcfa, soit 14 millions US $, comme fiancement (...)
Lire la suite

Qui a peur des réformes de Romuald Wadagni ?

11 septembre 2017 par Dg24h
Romuald Wadagni fait-il peur à certains milieux économico-politiques et (...)
Lire la suite

Le Bénin attire des investisseurs sud-africains

2 septembre 2017 par Dg24h
Des opérateurs économiques sud-africains veulent investir dans cinq (...)
Lire la suite

Le gouvernement prévient contre le rejet des pièces et billets maculés (...)

22 août 2017 par Dg24h
Les monnaies ou billets maculés ou mutilés sont souvent difficiles à (...)
Lire la suite

Le Bénin récolte 171,5 milliards à la BRVM

21 juillet 2017 par Dg24h
L’Etat du Bénin a récolté 171,55 milliards de FCfa sur le marché financier (...)
Lire la suite

Le Bénin bénéficie d’un prêt de 52,4 milliards de la BOAD

3 juillet 2017 par Dg24h
Le Conseil d’administration de la BOAD réuni le 27 juin à Dakar a accordé (...)
Lire la suite

Les banques du Bénin, leur capital et leurs actionnaires

26 juin 2017 par Dg24h
Au Bénin, au 31 décembre 2015 seulement 15 établissements bancaires (...)
Lire la suite

Une activité en plein essor au Bénin

25 juin 2017 par Dg24h
Il existe dans le sud Bénin des ateliers de menuiseries où voltige (...)
Lire la suite

Le Bénin sollicite 20 milliards FCFA sur le marché financier de l’UEMOA (...)

23 juin 2017 par Dg24h
L’Etat du Bénin, à travers la Direction générale du Trésor et de la (...)
Lire la suite

Cnp-Bénin reçoit le Patronat du Togo

16 mai 2017 par Dg24h
Le Conseil national du patronat du Bénin (Cnp-Bénin), dirigé par son (...)
Lire la suite

Le Président Talon, invité d’honneur de l’ACA à Nairobi

10 mai 2017 par Dg24h
Le Président Patrice Talon a participé en tant qu’invité d’honneur à (...)
Lire la suite

Les audits des FADeC révèlent des irrégularités

10 mai 2017 par Dg24h
Au cours d’une rencontre, ce mardi 09 mai 2017, avec les autorités des (...)
Lire la suite

Martin Rodriguez satisfait de sa rencontre avec Patrice Talon

26 avril 2017 par Dg24h
Le président de la République, Patrice Talon a reçu en fin de matinée de (...)
Lire la suite

Orabank lance officiellement à Cotonou l’émission de billets de (...)

26 avril 2017 par Dg24h
La directrice du Groupe bancaire Oragroup, Binta Touré Ndoye a lancé (...)
Lire la suite

Deuxième phase d’émission de billets de trésorerie

25 avril 2017 par La Rédaction
Le groupe bancaire Oragroup lance sa deuxième phase d’émission de (...)
Lire la suite

Mon Compte


Vous n'avez pas encore de compte ?

Créer un compte

Articles PREMIUM

ÉCOUTER RADIO HÉMICYCLE


Derniers articles



Autres vidéos





Les plus populaires