lundi, 25 mai 2020 •

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FIL D'ACTUALITÉ

L’informel dans le Baol ou l’outil de propulsion le plus partagé :




C’est souvent par un parcours de titan déterminé par la conjoncture d’une économie agricole en crise que de nombreux jeunes du bassin arachidier en grande majorité rural gravitent les marches du secteur désormais dominant de l’informel. Certes, option popularisée même si pour certains de ses secteurs la spécialisation ethnique persiste, l’informel n’en est pas moins très composite, varié, échelonné, reflet des investissements ou du succès de l’activité prise en compte. S’aguerrissant du Baol local avec une visée sur les grandes métropoles mondiales, le secteur informel ou l’économie informelle a fini d’imprimer ses empreintes au Baol mais hors de Diourbel par ses modes d’implantation, ses retombées, sa popularité…mais aussi, l’informel par sa dispersion et ses besoins en fonctionnement incite l’informel. Toutefois, cette économie le plus souvent de et sous perfusion car souvent expatriée et faisant avec de modiques moyens souffre de sous encadrement et des crises dans les pays et zones d’implantation d’où plus d’orientation et incubation permettront la consolidation et plus de profitabilité du secteur.

La propagation-internationalisation du secteur informel : le « baol baol » de Diourbel aux centres nationaux et internationaux est désormais une donne centrale dans le vécu du Baol, du bassin arachidier voire de la globalité. Dans le bassin arachidier, majoritairement rural, le déclin de l’arachide et par extension de l’agriculture est de plus en plus prononcé. Face à ce malaise aux causes multiples : physiques, économiques, politiques, sociales… des mutations comme adaptations sont partout amorcées. Quitté ou rejoint, délaissé ou mis en valeur, le lieu est en perpétuelles transformations. Emigrés, mains d’œuvre, commerçants, la pluriactivité … les populations surtout rurales s’insèrent dans le tissu économique partout où des opportunités appellent. Ainsi, avec quasiment plus de repos, les saisons défilent et se ressemblent en terme de quête non localisée du gain car désormais les retombées agricoles ne paient plus la note.
Le secteur très couru, en vogue devant cette donne est incontestablement l’informel, une auto-embauche, un entreprenariat qui peut être sur des bases très modiques et où l’apprentissage d’un métier est de courte durée, si la force physique et l’abnégation n’y sont pas déjà suffisantes. L’informel est diversement cerné par ses analystes selon leurs spécialités et zones cibles. Ainsi, pour le Pr en sociologie, Mr Niang : « Le secteur informel est l’ensemble des activités de commerce, de production de biens et de services en valeur marchande, de pratiques associatives d’épargne et de crédit, de transport ou de redistribution des ressources, toutes se menant à une échelle plus ou moins réduite, qui échappent partiellement ou totalement à la législation et ou aux normes dominantes qui régissent le champ des activités et des pratiques de même catégorie » (Abdoulaye Niang, 1997). Hors du Sénégal et du continent africain aussi, l’informel a droit de citer et est même ‘’sur qualifier’’, on parle de l’économie informelle comme : « un simple résidu de l’économie préindustrielle (l’économie familiale),d’ un manque de l’État-providence et de la société des loisirs (l’économie conviviale) ou le résultat des perversions de l’économie moderne (le travail au noir) …. L’économie informelle désigne l’ensemble des activités productrices de biens et services qui échappent au regard ou à la régulation de » (Wikipedia).

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Aussi, on parle « d’économie grise », d’économie « intermédiaire » pour mettre l’accent sur ce regard d’inachevé envers le secteur. Cependant, l’économie informelle, loin de disparaître semble jouer le rôle de soupape de sécurité des économies normalisées et être un gage de flexibilité des sociétés dans le cadre desquelles est recherchée une « suradaptation », elle même source de nouvelles rigidités. Toutefois, cette logique secouriste peut s’y retrouver pervertie par des ventes de produits prohibés, des installations anarchiques, l’expansion de la contre façon et du piratage, « la finalité et le fonctionnement des activités peuvent être détournés par des pratiques de corruption, d’entente, d’abus de position dominante ou de détournement. ». Bref, cette ‘’économie popularisée’’, ‘’d’accessiblisation’’, nécessaire dans nos pays en voie de développement peut si l’on y prend pas garde être non plus un remède mais un mal irréparable car échappant à la régulation, au contrôle, à un minimum de codification surtout quand il s’agit des secteurs alimentaires et pharmaceutiques.
Aujourd’hui, dans le Baol arachidier, la longue tradition et grande réputation du « baol baol », diourbellois à migrer et vivre de débrouillardise durant son périple, est conservée intacte dans la région. Sortir de « l’or » du néant, transformer des secteurs désertés en services bénéfiques est le quotidien du baol baol (dioubellois). Cette entreprise internationale part du local par aguerrissement et montée en puissance financière du jeune baol baol ou « modou modou ». Etape par étape, le jeune baol baol fait ses « armes » dans le fief, le proche du terroir et pour finir à la conquête du monde.
Spécialisés dans le commerce de détail comme de gros, fixe ou ambulant, le baol baol est un commerçant né. De surcroit, le baol connait une ethnie commerçante, en l’occurrence les laobés. Les sérères constituent une composante considérable en nombre et par leur implication dans le baol ; leur caractéristique laborieuse aux champs comme en ville est une réalité tangible. Le voyage est aussi au Baol une spécialisation, une habitude familiale et avec l’effet de contagion ; les baol baols proposent au monde une offre internationale de services. Bonnes, lavandières, répétiteur, manœuvres, charretiers, ouvriers, coxeurs, chauffeurs, marchands ambulants, restauratrices, coiffeuses, bricoleurs… sont une part de l’offre de services des diourbellois où le commerce est le plus affectionné, presque un passage obligé dans Diourbel. Selon les chiffres de la statistique, le nombre d’artisans dans la région est passé de 3307 en 2004 à 4357 en 2010 (agence de la statistique, Août 2011) et le nombre de commerçants et autres actifs dans ses secteurs connexes (l’informel) à Diourbel tournerait autour de 32.000 individus. Cependant, le commerce est au baol un passage presque obligé, un tremplin sinon un héritage à perpétuer ; et qu’en est-il du nombre de diourbellois, baol baol marchands migrants ? Au baol, deux grands marchés centralisent le commerce, Ocass de Touba, la cité à la manie de secréter des marchés ; Ndoumbé Diop marché central de Diourbel lesquels se déversent dans l’urbain, le périurbain, mais le rural où prévaut des marchés surtout sous formes de foires « loumas », dont ceux de Ngohé, de Ndindy, et de Ndiagne, tous du département de Diourbel. Ces marchés ruraux ou plutôt foires « loumas » des collectivités rurales diourbelloises constituent une voie de désenclavement, de liaison pour des localités le plus souvent reculées leur permettant ainsi de recevoir le manquant et donner l’existant sans sortir de sa localité.
Cet entreprenariat des baol baols repose aussi sur le mouridisme, confrérie musulmane qui élève le travail au degré de condition de piété suffisante. La place de l’économie dans le mouridisme démontrée dans doctrine économique du mouridisme (Wade, 1976) n’est nulle part égalée. Mais aussi, la ville de Touba ’’un eldorado à installations faciles’’ du bassin arachidier mal en point constitue un foyer d’application et de développement de l’informel. L’immigration comme l’émigration sont à la fois cause et conséquence de la disponibilité à Touba de ces emplois informels accessibles aux immigrants ruraux : « le développement des services à Touba attire chaque jour de nouveaux arrivants, qui, grâce, aux différentes petites activités qu’ils sont en mesure de développer dans la ville ont des revenus soutenus largement plus élevés que ceux que peut leur procurer une agriculture de plus en plus déficitaire et décadente. » (Sénagrosol, 2007). A Touba, la cité ralliée, foyer informel et pour beaucoup point de transit vers l’extérieur, les autochtones mais surtout les migrants font preuve de beaucoup d’ingéniosité : « menant de petites activités telles que la maçonnerie, le transport hippomobile, le petit commerce, la récitation de xassaïdes (poèmes de Cheikh Ahmadou Bamba), à l’occasion de certaines cérémonies familiales ou religieuses, les femmes sont souvent employées comme lavandières dans certaines maisons maraboutiques… » (B Diallo, 2009). A Touba, les immigrants sont : des manœuvres, le transport sur la tête ou à poussette de marchandises. Dans le commerce (achat et revente) de produits de contrebande et de récoltes : « du point de vue des activités commerciales, Touba est un grand centre où convergent la plupart des produits cultivés dans la zone. Les denrées y sont disponibles et souvent à moindre prix que dans les autres localités » (Sénagrosol, 2007). Des activités à fort taux de féminité : L’extraction d’huile d’arachide, le moulage de la patte pour le bétail et le décorticage, par surtout les femmes qui louant leurs services ou pour revendre avec plus value ; la couture, les toubiens plus portés sur le prêt-à-porter que les ruraux, les tissus de contre bande bon marché aidant, la couture est exercée. La menuiserie métallique et de bois par une demande diversifiée, mais les clients émigrés souvent polygames plus recherchés ; comme charretiers : le transport de personnes et de marchandises par traction équine conduit par des jeunes ruraux de tout âge ; aussi dans la maçonnerie avec la fièvre de la construction en dur de luxe ou tout simplement d’affichage d’un mieux être économique progressif.
Ce secteur informel s’allie le plus souvent avec des déplacements, une mobilité d’où informel et migration se confondent souvent et donc les zones de chute, les stratégies d’implantation de l’économie d’émigration dans les zones ralliées, mais aussi les retombées en termes d’implantation, de système de transfert d’argent, d’investissements dans les terroirs d’origine sont considérables pour mieux appréhender le secteur. Ainsi, après soixante ans d’indépendance, quel bilan faire de l’économie par perfusion de l’informel, de l’émigration ? Les retombées et réalisations du secteur que ces agents soient pris individuellement ou collectivement, à travers des coopératives ou dahiras sont tangibles. Maintenant se pose la question de la durabilité vue la crise économique des destinations convoitées, l’occident, en particulier ; mais aussi l’indiscipline et la sournoiserie sénégalaises invitent à une ou des réponses avant que la sanction ou le revers de la médaille ne se fasse plus précis : les cas d’incivisme relayés par Enquête exclusive de M6 (les vendeurs à la sauvette) mais « l’incivisme fiscal des grands commerçants de l’informel n’est pas sanctionné et l’Etat a du mal à se mouler dans ces nouvelles fonctions régaliennes » (Muriel Devey, 2000, p9 ).
Hors de la littérature scientifique, nous nous sommes entretenus avec quatre jeunes qui se meuvent dans le secteur informel dans le centre urbain diourbellois (un cordonnier, un vendeur de multiservices, une restauratrice et un menuisier métallique.)
- ‘’Demba’’, le cordonnier  : Il tient sa table à l’entrée du marché central diourbellois, Noumbé Diop, dans la rangée de ses collègues cordonniers bordant la route goudronnée desservant le marché. Demba : « je suis cordonnier depuis 26 ans, c’est un choix et puis je l’ai appris, j’arrive à m’en sortir avec ce boulot, j’y ai mon « soutoura ». J’ai fait ma formation surtout en Gambie. Oui je veux me formaliser et aussi voyager vers l’Europe. Cet emplacement n’est pas mal, mais si ailleurs je peux gagner plus d’argent c’est mieux. Je suis halpoulard et je n’ai pas hérité du métier, aussi je n’ai jamais fait l’école. Personne ne m’a incité à travailler mais je suis marié. J’ai commencé sur fond propre, je ne peux pas vous dire combien je gagne le mois ou la journée. En effet, j’ai progressé en matériels, habilité et clients…Non ce secteur n’est pas si saturé, je ne mène pas une autre activité, je fais la même activité toutes les saisons. »
‘’Demba’’ est un agent de l’informel, artisan, la chambre des métiers, nos chambres de commerce et autres sont pour développer entre autres ces secteurs du développement et de l’auto-emploi. En quoi faisant selon le présent prototype qu’est ‘’Demba’’ : contribuer à plus habiliter, mieux outiller, à fin de forger des champions entreprenants en mesure de contribuer à la satisfaction des demandes locales, mais de s’exporter, d’exporter. Pour ce faire, notre artisan gagnerait à s’alphabétiser, des subventions ou prêts lui permettront de mieux se déployer et diversifier ses activités en adaptant ses offres aux lieux et temps, il arrivera ainsi à échapper à la routine tout en étant plus sécurisé…Dans cette quête et liaison avec d’éventuels agences de microcrédit et d’encadrement orientation, il aura besoin d’un peu de connaissance du droit (ses devoirs et les garanties qui en découlent). Dans cette lancée nos chambres de métiers, de commerce, et autres services servant ces développements pourraient se coordonner, nouer avec les regroupements de transporteurs pour les besoins de mobilité et des spécialistes de l’intelligence territorial, géographes et autres pourront appuyer, investiguer, définir une carte zones-besoins-potentialités-implantations, en même temps que des foires commerciales, d’échanges de bonnes pratiques, de bonification. Les agents de l’informel devraient être poussés à plus et mieux de multi activités ou diversification des savoirs faire et de l’offre de services pour mieux s’adapter aux temps, lieux, conjonctures. Tout ceci se fera avec des chambres de métiers cherchant l’information utile (intelligence économique) au secteur informel du local au global pour orienter, guider, booster l’informel.
- ‘’Mamadou’’, notre deuxième interlocuteur est dans le secteur désormais très inclusif du multiservice marqué, notamment, par l’expansion des systèmes de transferts d’argents. Dans sa boutique située sur les flancs du marché Noumbé Diop, on trouve exposé ses marchandises : rames de papier, imprimante, des bics, photocopieuses, des journaux, des sacs…dans les parages on voit des multiservices de transfert d’argent bondé de monde : Wari, Sur, Orange money, Tigo cash… ‘’Mamadou’’ : Je suis dans le secteur depuis 6ans pour travailler, ne pas rester assis, je ne fais pas avec un soutien ou prêt quelconque, mais avec mes propres moyens, je fais du ’’gorgorlou’’. Personnellement, je paie des patentes, on a des factures. Je ne sais pas pour mes projets à venir, seulement je souhaite avancer. J’ai déjà été émigré aux USA, à l’extérieur j’étais en entreprise d’autrui. Ce site n’est pas mal, là ce n’est pas un travail ethnique, j’ai des employées qui partent après le mariage. J’ai fait les classes jusqu’en seconde.
Non, je n’ai pas été incité pour travailler, moi-même j’ai su que je dois travailler. Au départ, ce fut avec des moyens personnels, depuis lors, ça va (tanéna, sante yallah). Toutefois, dés fois, on vise un bénéfice de 100 milles franc et connaissons une panne de 200 milles franc. Ce secteur n’est pas saturé, d’autres pourraient y trouver leurs comptes peut être en dispersant les installations (prés ou dans les établissements scolaires aussi c’est demandé). Parfois, je diversifie mes activités avec, notamment, l’élevage (multi activités). Quoiqu’on soit en ville, ici c’est connu comme offrant ces services d’où les riverains et aussi les populations de la périphérie rappliquent en cas de besoin.
Pour ce cas des multiservices en pleine expansion aussi seraient bienvenues des formations courtes au maniement du matériel informatique, des bribes d’intelligence économique ou territoriale, des orientations connectées d’avec les réalités et ou accompagnements-insertions. Face aux aléas et imprévus de ces métiers comme les pannes matérielles, amener ceux-ci à cotiser à des assurances souples ou des fonds mutuels de soutien ou des prêts microcrédit voire domiciliation des bénéfices ou épargnes surtout avec les vols. Souvent, on déclare que l’informel n’est pas reconnu mais celui-ci paie des taxes même s’il n’est pas enregistré, on pourrait parler donc de « semi informel », mais aussi d’une activité personnelle pas suffisamment structurée, à investissements légers et présence horaire souple. Ces places commerçantes pour plus de visibilité visent souvent des espaces convoités, disputés. Les multiservices sont des activités modernes avec du matériel informatique, peut être raison pour laquelle beaucoup de jeunes s’y retrouvent, c’est une activité inclusive, même si, elles requièrent d’être parfois alphabétisés. L’engouement que suscite le secteur demande des indications-accompagnements pour des délocalisations, mais aussi pour les assistants qui souhaitent se redéployer, être eux mêmes responsables.
- ‘’Fatou’’, la restauratrice : tient son restaurant dans le centre ville diourbellois, prés de l’ancienne gare routière. Son restaurant est ceinturé par d’autres actifs offrant divers services : commerciaux, artisanale, mécanique, administratif…Donc sur ce site prévaut une atmosphère bon enfant la journée, les riverains et autres passagers ne manquent pas d’y faire un détour. Elle déclare être dans le métier depuis 5 mois car aimant ce métier, s’y affairant avec plaisir : « j’ai fait une formation, a formulé un projet DER non financé, donc je m’y suis mis avec mes propres moyens, je ne suis pas formalisé mais vise ça. Aussi, je vise une multi activité, souhaite m’investir dans l’agro alimentaire, notamment, dans la transformation des fruits et légumes. Je n’ai jamais travaillé avec une banque et n’en a pas l’intention.
Je veux y aller avec mes propres moyens et si capable d’emprunter le faire. Oui, j’ai souhaité émigrer car ce métier marche bien à l’étranger. Particulièrement, je voulais partir pour la France ou l’Espagne. Présentement, je sers les deux repas car la nuit ici c’est presque le désert les travailleurs descendent et cette voie n’est pas très fréquentée. Cette place, j’y suis car manque de choix, au devant c’est déjà pris, du coté de la route nationale on est plus accessible et visible. Ce job n’est pas un travail ethnique mais personnel, j’ai fait l’école jusqu’à la troisième, puis me suis mariée, a laissé, et fait un CAP de restauration 7mois (Daroukh). Je n’ai pas été incitée par autrui c’est un choix personnel. Je ne calcule pas mes revenus, je suis là depuis quelque mois, comme dit le coin est difficile car enclavé. Cependant, j’ai progressé, je vise à embellir cette place, peindre la devanture. Ici, ce secteur est saturé, localement les gens autochtones n’ont pas comme habitude de manger au restau. La même école nous forme et dans notre promotion nous étions 5 personnes seulement, cependant 95°/° du marché est géré par notre école, elle même. Bien sur, je réfléchis, prospecte autres débouchés, autre secteur car y a une certaine stagnation. »
Le secteur de la restauration où se meut la dame est une demande permanente ; même si, ici on note une certaine étroitesse du marché, la sous traitance pour des besoins du particulier comme du public peut être un plus (avoir des commandes et respecter les délais de livraison tout comme des abonnements à livrer ; une certaine mobilité peut apporter des perspectives progressistes surtout en livrant aux boutiques et places commerçantes des produits issus de la transformation alimentaire respectant les normes d’hygiène-emballage. cela surtout si l’on sait que des desserts et autres amuses gueules sénégalais sont de moins en moins visibles (Mbouraké, Ngato guerté, Ngato sidem, beignets à base de mil, Ngato oul, Ngato coco…). la cantine scolaire aussi est un autre lieu de demande en restauration. Le souhait de se mettre dans l’agro alimentaire va avec une détermination de la ou des filières à investir ainsi que du marché à gagner, ravitailler. Ceux qui sont dans la transformation font avec un défaut de distribution. Cette visibilité peut aussi venir avec des foires ou expositions culinaires, par exemple, le Sénégal a été récemment primé pour son couscous ’’thiéré’’ d’où pour trouver son compte dans le métier, la restauratrice pourrait chercher à satisfaire sa clientèle ponctuelle, ventiler les produits transformés dans les boutiques et places commerçantes, pister la demande externe en produits alimentaires conservables surtout car un besoin s’y trouve, notamment, du coté de la diaspora, des émigrés, en attendant d’être mieux connu, de trouver meilleur emplacement faire des offres calibrées avec une certaine mobilité. Aussi, dans ces secteurs on peut commencer comme embauché et tendre à l’auto emploi ainsi on gagne en aisance et fonds de départ.
- ‘’Talla’’, mécanicien métallique : Il est sur un emplacement traditionnel ou familial connu depuis pour fournir des services du domaine ; entouré de boutiques, mécaniciens auto, tapissier, restau…il se trouve dans le centre urbain : « je suis sur cette même place depuis 30 ans, c’était à mon père, le l’ai hérité, je suis en location, mais je ne paie pas la mairie. Le futur ça dépend de la marche de l’activité, non je ne veux pas émigrer. Oui l’atelier est bien placé, j’ai fait l’école jusqu’en CEM2. Oui ce travail est toujours plutôt ethnique exercé par des forgerons ‘’teugue ngégno’’, dans la famille nous tous avons fait la même chose. Ce travail dépend à la fois de la demande et des moyens disponibles. J’ai progressé depuis parce que la technique avance de même que la matière se diversifie, maintenant on fait avec du fer forgé (brulé et fait grillé) de même que l’aluminium. Oui ce métier est saturé dans la région. Aussi, je n’ai jamais emprunté et ne compte pas le faire. Je ne pratique pas la multi activité, je fais toujours le même métier. »
Ce cas de figure démontre la persistance de profession ethnique qui se modernise avec les avancées technologiques mais les échanges. Ce secteur de l’informel aussi dépend de la demande, de la commande d’où le travail raffiné dans les délais de même que la vulgarisation de son offre peuvent booster son affaire. Il gagnerait donc à écrire, enregistrer leur activité pour la sécuriser. S’associer aussi est vu comme une formule progressiste en ce qu’elle permettra occasionnellement de postuler pour des marchés importants. Ce métier exige aussi des outils de protection, de sécurité civile surtout quand de très jeunes sont formés comme apprentis d’où un rôle de l’inspection du travail. Ce profil aussi pourrait être invité à s’alphabétiser et tendre à la multi activité, diversifier son offre de services selon le temps et l’espace pour être moins vulnérable.
Aujourd’hui, chez nous comme à l’étranger, l’informel se heurte à un contexte d’assainissement de la voie publique, de déguerpissements des encombrements et vœu de transparence fiscale : Comme on l’a vu l’informel est désormais le secteur d’activités dominant des jeunes sénégalais soucieux de se prendre en charge. En effet, si hier le pays sous un ciel et marché local et international favorables avait la majorité de sa masse active dans l’agriculture, aujourd’hui, le basculement dans l’urbanisation, la rurbanisation, le modernisme font que la majorité de notre population surtout les jeunes tendent vers l’informel. Aussi, des régions comme le Baol arachidier sont des foyers émetteurs d’agents dans l’informel. Ce secteur vu son intégrationnisme et son importance stabilisatrice vaut donc une attention et accompagnement particuliers. Est-ce une voie, issue fiable et durable ? En tout cas des moyens importants braqués sur son encadrement, orientation s’imposent vu son ampleur, cela de façon participative (communautés, autorités, et particuliers inclus).
En effet, aujourd’hui, ce secteur a besoin d’encadrement à son perfectionnement, d’orientation pour mieux se déployer, de financement souple pour se durabiliser, se propulser. Donc, si la rationalisation du secteur est vitale de même que l’assainissement de la voie publique nécessaire. N’empêche, nous nous ne saurions cautionner des déguerpissements aveugles, va t’en guerre : prenons quelques exemples : la cacahuète ou ‘’guerté thiaff ’’ ne se vend pas dans les grandes surfaces, si des besoins d’esthétique et harmonie urbaine l’exigent, attraire ses vendeurs à soigner leurs installations et éviter d’encombrer les passages piétions. Un deuxième exemple est les vendeurs de livres par terre, qui à bons prix donnent satisfaction aux quêteurs, ceux-ci ont été déguerpis de l’UCAD, or l’université qui devait jouer ce rôle de mettre à la disposition des étudiants des bouquins se devait d’accompagner ceux-ci à mieux s’installer en contrôlant, réglementant pour que les passages piétons ne soient pas entravés. Cela pour dire que des déguerpissements aveugles, injustifiés, non concertés ne seront pas conséquents car non durables.
Pour clore notre propos, ce manuel étudiant l’informel au plan mondial confirme à quelques égards notre analyse : « Les statistiques sur l’économie informelle sont de par leur objet même à interpréter avec précaution, mais fournissent des indications sur ses dimensions. L’emploi informel représente 58,7 % de l’emploi non agricole dans la région Moyen-Orient - Afrique du Nord, 64,6 % en Amérique latine, 79,4 % en Asie et 80,4 % en Afrique subsaharienne. Si l’on inclut l’emploi agricole, les proportions augmentent, dans certains pays comme l’Inde et de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, au-delà de 90 %. Les estimations pour les pays développés sont d’environ 15 %. Selon de récentes études, l’économie informelle dans de nombreuses régions a diminué au cours des 20 dernières années jusqu’en 2014. En Afrique, la part de l’économie informelle a diminué pour atteindre environ 40 % de l’économie. Dans les pays en développement, la plus grande partie du travail informel, environ 70 %, est un travail indépendant. L’emploi salarié prédomine (j’en suis pas convaincu). La majorité des travailleurs de l’économie informelle sont des femmes. Les politiques et les développements affectant l’économie informelle ont donc des effets spécifiques du point de vue du genre. ». Mais, aussi en Afrique, malgré un engagement inévitable, millénaire et avec des sociétés spécialisées dans le secteur commercial, l’Afrique avance t’on ne pèserait que moins de 3% du commerce mondial, constat corroborant le fait que ‘’l’éternel recommencement’’ indexé par l’ex président français Sarkozy en ce qui concerne l’agriculture sied aussi aux secteurs qui lui sont connexes à savoir la transformation et la commercialisation. De là, une intelligente intégration entre des productions-transformations-réseaux et stratégies commerciaux pour des marchés et marchands à la hauteur des défis de sécurité-souveraineté-ouverture commerciales est à rechercher. Pour y arriver, il serait donc bienvenu de convoquer pour les allier, l’intelligence économique mais l’intelligence territoriale (le développement local), ainsi au niveau départemental comme régional des conseils ou cadres départementaux, régionaux, et national, peut être une ‘’entente’’ entre chambre de commerce, chambre des métiers, agences de microcrédit, GIE, entrepreneurs individuels…visant à confronter, conforter, valider, suivre pour autonomisation le secteur, les agents du secteur. Ce qui donnera un saut populaire. Les médias sauront accompagner cette dynamique entrepreneuriale en proposant à des heures de grandes audiences des émissions coutres ’’Entreprendre’’ télévisées ou ‘’Conquêtes quotidiennes’’ diffusée par écrit. Cette médiatisation sera d’un apport certain car mettant sous les projecteurs un entrepreneur, un agent de l’informel en activité et selon le prototype des experts critiquant et conseillant son cas de figure d’où un conseil calibré pour lui, une inspiration pour les autres.

P B Moussa KANE, doctorant aménagement-développement, membre du groupe de recherche « les EDIFICATIONS » (UGB)

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