mercredi, 26 juillet 2017 •

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FIL D'ACTUALITÉ

Analyse des formes de financement de l’UA.




Les Africains, excédés par l’indolence de l’Union Africaine se demandent souvent à juste titre, pourquoi leur organisation panafricaine est-elle aussi faible. Tant il est vrai qu’une accumulation de frustrations dues au silence coupable des leaders entretient cet état de frustration. Par exemple, les renversements de régimes en Libye et en Côte-d’Ivoire sont toujours intensément vécus comme des humiliations. Mais ce ne sont pas les seuls faits ; la division du Soudan, les guerres au Congo et en Centrafrique en sont d’autres, sans oublier l’exploitation frauduleuse à ciel ouvert des gisements d’uranium au Niger.

Beaucoup d’explications sont avancées pour élucider cette ineptie inexcusable de l’organisation panafricaine, allant des plus fantaisistes aux plus réalistes. D’aucuns, adeptes de l’idéologie propagandiste occidentale évoquent une résistance innée à l’organisation rigoureuse de la part des africains. D’autres invoquent le manque de pouvoir du président de l’organisation. Si l’idéologie occidentale est à rejeter sans autre forme de procès, le manque de pouvoir du président mérite que l’on s’y attarde un tout petit peu.

Quand bien même, sous sa forme actuelle, la présidence de la commission n’aurait que très peu de liberté apparente de manœuvre, l’occupant de ce poste et ses futurs postulants doivent comprendre une chose : la fonction de président n’est pas statique, elle est dynamique, elle n’est pas inerte mais bel et bien vivante et appelée à évoluer, ce qui veut dire qu’elle possède en elle un potentiel énorme de croissance. Avec de la créativité et de la détermination, l’on peut étendre son influence. Aux Etats-Unis par exemple, Andrew Jackson est celui qui le premier apprécia la fonction de Président ; Abraham Lincoln en ajouta une dimension supplémentaire. Depuis lors, bien qu’il y ait des hauts et des bas, le président des Etats-Unis demeure officiellement l’homme le plus puissant au monde.

Le plus gros handicap de l’Union Africaine est et reste sa subordination au financement de l’Union Européenne. Un adage bien connu ne nous dit-il pas que : « Qui donne, ordonne. » ? Cette dépendance financière constitue une obstruction majeure au bon fonctionnement et l’efficacité de l’organisation. La structure même de l’organisation est imposée de l’extérieur, et n’est donc pas en conformité avec les besoins réels du continent. Les orientations idéologiques également sont dictées par les mêmes personnes. Du coup, ni la vision, ni même les objectifs stratégiques ne sont strictement alignés aux intérêts vitaux des africains.

Heureusement, l’action synergique de certains intellectuels, de leaders d’opinion, d’une frange de la société civile, mais surtout des medias avant-gardistes comme Afrique Media, Le Sphinx Hebdo, cameroonvoice.com, camer.be pour ne citer que quelques-uns est en train de forger une vision globale pour le continent ; ces groupes de réflexion ont tellement braillé haut que certains leaders politiques courageux se sont saisis du problème. Le principe d’un autofinancement est désormais acquis dans sa forme. Reste donc à savoir quelle serait sa robustesse à l’épreuve du temps, et éventuellement si besoin se fait sentir, que proposer comme alternative ? Une revue historique s’impose à ce niveau.

Initialement, par reflexe de copier-coller, la 1ere solution mise sur la table par les dirigeants africains était la reproduction point par point de la forme de financement de l’Union Européenne. Pour rappel, L’Union européenne tire ses revenus des contributions de ses pays membres, des droits à l’importation de produits provenant de l’extérieur de cette Union, ainsi que des amendes imposées aux entreprises qui ne respectent pas la législation européenne. Plus précisément, Le budget de l’Union européenne est financé principalement (98 %) par ses ressources propres et par d’autres sources de recettes. Lorsqu’on parle de ressources propres, Il s’agit essentiellement des droits de douane sur les importations en provenance de pays hors Union Européenne et des cotisations sur le sucre et l’isoglucose.

Le 27e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine tenu à Kigali en Juillet 2016 a donné à l’organisation africaine l’opportunité d’étudier ce problème. Lors de ce sommet, le principe d’une taxe sur les importations comme source de financement de l’Union a été adopté. Cette nouvelle taxe de 0,2% devrait s’appliquer à toutes les importations des 54 Etats de l’Union Africaine, à l’exception de certains biens de première nécessité, dont la liste demeure cependant à préciser. Cette décision est historique en ceci que, c’est quasiment la première fois que l’on voit de façon concrète une possibilité réaliste d’autonomisation financière de l’Union. *

De prime abord, cette forme de financement assurerait à l’Union de revenus surs et réguliers. Il existe néanmoins quelques réserves qui méritent d’être Relevées. Le premier problème avec cette forme de financement est que : les recettes d’importation fluctuent et sont dépendantes des termes de l’échange. Comme nous n’avons à présent pratiquement aucune influence dans les décisions des organisations des échanges internationaux comme le GATT, l’OMC, ou même le
CNUCED, il nous est difficile de structurer ses termes à notre avantage. Autrement dit, nous sommes à la merci des manœuvres déloyales de ceux qui contrôlent le commerce mondial. Le deuxième problème, non des moindres est que, ces recettes d’importation sont
Budgétisées et comme telles, leur transfert à l’Union est contingent non seulement à la volonté des politiques, mais également aux contraintes budgétaires non anticipées. Ces deux facteurs à eux seules exposent la faiblesse ou au moins vulnérabilité aux aléas économiques locaux de la solution des taxes d’importation.

C’est la raison pour laquelle nous pensons qu’une solution plus efficace devrait satisfaire au moins deux impératifs :

• Offrir à l’Afrique une position d’influence forte dans les négociations sur les prix des matières premières.
• Rendre le financement de l’Union transparent au niveau des budgets des Etats membres.

Cette solution a été discutée par l’auteur dans plusieurs articles ([1], [2], [3], [4]), et se résume en une seule chose : créer un trust qui sera en charge de gérer l’exploitation des matières premières de tous les pays africains.

Cette solution se fonde sur une idée très simple : l’Afrique dispose d’une réserve absolument impressionnante de matières premières attractives. Pour cette raison, l’Afrique peut donc très légitimement se considérer comme étant très riche, bien que paradoxalement elle soit en position de faiblesse dans les négociations. La levée de ce paradoxe nécessite la syndication de la gestion de nos matières premières. L’un des avantages de cette approche est de protéger les ressources naturelles des pays vulnérables en ne laissant pas ces pays discuter directement avec des entités puissantes qu’ils ne peuvent contrarier.

Ce trust devrait être le seul endroit où se négocieraient les prix et serait la seule entité habilitée à délivrer des licences d’exploitation aux pays tiers. A travers cette interface, plutôt que de recevoir 8% ou 10% sur nos matières premières comme c’est le cas aujourd’hui, ce trust, à cause de sa position de monopole sur le continent garantirait un pourcentage nettement plus important, qui plus est, en devises. Ce dernier fait le rendrait très attractif pour les pays africains francophones sous la dictature du Franc CFA. Le trop perçu serait redirigé vers le financement de l’Union Africaine, des infrastructures panafricaines, et de bien d’autres projets stratégiques.

La mise en place d’un tel trust va probablement demander beaucoup de travail. La solution que l’on espère provisoire de Kigali aurait pour rôle de servir de transition. Mais entretemps, l’Afrique devrait mettre à contribution ses universitaires, ses penseurs et ses leaders d’opinion pour proposer les meilleures formules en vue d’une mise sur pied efficace et d’un fonctionnement efficient de ce trust.

Paul D Bekima pour le Sphinx Hebdo

[1] Paul D Bekima : Partenariat Stratégique : L’Alternative Africaine-Américaine. www.afropolitis.com, republier le 1er Septembre, 2016.
[2] Paul D Bekima : L’Union Africaine se trompe-t-elle de Priorités ? www.lemondealenvers.com, 19 Juillet, 2015.
[3] Paul D Bekima : Comment Briser les Chaines de la Domination Etrangère. 3eme partie : Pistes de Solutions. www.centpapiers.com, 19 Février, 2015.
[4] Paul D Bekima : Sommet de l’UA de Ndjamena 2015, L’Afrique en Position de Force. www.237online.com, 13 Janvier, 2015.

* En 2014, une taxe sur les billets d’avion, les nuits d’hôtel et les SMS téléphoniques avait été adoptée, mais elle n’est malheureusement jamais entrée en vigueur.

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