jeudi, 20 juin 2024 -

889 visiteurs en ce moment

Afrique : Des Narco-Etats en devenir




Nouvelle Publication

Au petit matin, le 2 mars, le président de Guinée-Bissau, Joao Bernardo Vieira a été assassiné par des militaires du pays qu’il était censé diriger. Une vendetta des plus rapides : ces hommes en kaki soupçonnaient le Président d’être le commanditaire de l’attentat à la bombe qui avait tué quelques heures plus tôt, le chef d’Etat major, Tagmé Na Waié. Les « deux hommes forts » de cette ex-colonie portugaise se détestaient depuis des années. La violence de ce règlement de compte à « OK Bissau » est-elle avant tout l’expression d’un énième conflit de pouvoir en Afrique ? Sans doute. Mais cette issue fatale ne peut s’expliquer si l’on fait abstraction du nouvel objet de tous les désirs : la poudre blanche venue d’Amérique latine.


Ces dernières années, les pêcheurs de ce pays côtier ont multiplié les prises miraculeuses. Ainsi dans le village d’Ondame, des « petits chanceux » ont remonté dans leurs filets des paquets de cocaïne. Certains d’entre eux ont répandu la poudre blanche sur leurs plants de tomates, qui ont rapidement dépéri. D’autres ont assaisonné leurs plats avec. Tout est rentré dans l’ordre lorsque deux « latinos » ont débarqué peu de temps après dans un jet privé, avec un cadeau de nature à plaire aux « indigènes » : une valise contenant un million de dollars en petites coupures.

La Guinée-Bissau est un « paradis » pour les narcotrafiquants. A lui seul l’archipel des Bijagos, situé au large de Bissau, la capitale, compte une centaine d’îles. Certaines d’entre elles sont désertes et leur végétation particulièrement fournie. Des avions venus d’Amérique latine larguent la nuit des paquets sur les plages de cet archipel. Avant que des bateaux de la marine nationale ne viennent les récupérer.

Un journaliste local, Allen Yéro Embalo avait eu la « mauvaise idée » de filmer ces scènes. Depuis lors, il a dû quitter son pays. Les trafiquants lui avaient offert une alternative très simple. Comme en Amérique latine « plata o plomo », l’argent ou le plomb. Il devait accepter de la cocaïne qu’il pourrait vendre, sinon il serait tué. Sa famille aussi était menacée. Sa maison a été mitraillée avant qu’il ne décide de prendre le chemin de l’exil. Selon Allen Yero Embalo « dans les rues de Bissau les trafiquants colombiens se promènent tranquillement comme s’ils étaient chez eux. D’autant qu’ils ont des complices au plus haut niveau de l’Etat ». Dans les coffres des 4x4 rutilants qui sillonnent la ville, les kilos de cocaïne circulent tranquillement. Les policiers en ont saisi 674 kilos en 2006, mais ceux-ci ont mystérieusement disparu du bâtiment où ils étaient stockés. Les deux Colombiens arrêtés en possession de la cargaison ont été libérés sans explication.
Des liens avec les narcotrafiquants

Pour les bateaux de la marine nationale, la chasse aux trafiquants est des plus difficiles : le plus souvent, le carburant leur fait défaut. Ce qui au fond tombe bien, car les chefs de la marine sont supectés d’être les principaux organisateurs du trafic. Les autorités ont d’autant moins l’intention de faire la chasse aux trafiquants que le « business de la coke » rapporterait, selon les Nations unies, un montant supérieur au Pib (Produit intérieur brut) de la Guinée-Bissau. La veille de l’assassinat du Président de Guinée-Bissau, la population du pays voisin, la Guinée-Conakry était, elle aussi, sous le choc. Ousmane Conté, le fils du Président défunt Lansana Conté faisait des aveux télévisés : « Je reconnais être impliqué dans le trafic de drogue en Guinée (Conakry). C’est vrai je suis dans cette affaire de drogue, je le reconnais, mais je n’en suis pas le parrain ». D’autres membres de cette illustre famille sont suspectés d’avoir participé à un vaste trafic. Les aveux du fils du Président ont été arrachés après des interrogatoires menés en prison par ...Moussa Dadis Camara, le nouveau Président autoproclamé. Avant d’accéder aux plus hautes fonctions, Moussa Dadis Camara entretenait d’excellentes relations avec les fils de l’ex- Chef de l’Etat. Plusieurs hauts gradés de la junte qu’il vient de mettre en place sont suspectés d’entretenir des liens étroits avec les narcotrafiquants.

Au cours des derniers mois, les saisies spectaculaires se sont multipliées dans toute l’Afrique de l’Ouest : de la Mauritanie au Nigeria en passant par le Mali ou le Togo. L’Afrique de l’Ouest est une terre d’élection pour les narcos car elle constitue une nouvelle route très prisée pour atteindre l’Europe. Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), près de 50 tonnes de cocaïne à destination de l’Europe transitent chaque année par cette région. Autre avantage de l’Afrique pour les narcos, elle est aussi une terre de blanchiment « aisé ». Dans des pays comme le Sénégal, le Ghana ou le Bénin, qui sont stables et où les prix des logements flambent, les investissements dans l’immobilier ne sont guère contrôlés. Dans ces Etats qui comptent parmi les plus pauvres de la planète, l’investisseur fortuné est vu comme un « bienfaiteur » auquel il serait mal venu de poser trop de questions.
Au Bénin, des hommes d’affaires qui ont fait fortune grâce au trafic de stupéfiants parviennent même à obtenir des immunités parlementaires. « Ils financent la campagne de candidats à la députation, se font inscrire comme suppléants, puis demandent à leur poulain de démissionner une fois l’élection acquise. Ainsi, ils se retrouvent à l’Assemblée nationale » explique Marcus Boni Teiga, directeur de l’hebdomadaire Le Bénin Aujourd’hui. Autre écueil, les autorités africaines sont rarement très motivées pour lutter contre le trafic. Selon Martinho Dafa Kabi, ex-Premier ministre de Guinée-Bissau, la cocaïne est un problème d’Occidentaux : « Ici, personne n’en fabrique ou n’en consomme, et nous sommes trop faibles pour lutter seuls ». Un point de vue largement partagé sur le continent. Sur les routes de l’Ouest africain, il n’est pas rare de rencontrer de jeunes Nigérians qui répondent tout simplement à la question « Qu’est ce que vous faites dans la vie ? » « I’m in dope business » (Je fais dans les affaires de dope) comme si c’était un métier comme un autre. Un de ceux qui sont ouverts à tous ceux qui ont le sens des affaires : en Afrique, la petite entreprise des narcos ne connaît pas la crise.

Pierre Cherruau (Slate Afrique)

www.24haubenin.info ; L’information en temps réel

www.24haubenin.bj ; L'information en temps réel

27 janvier 2023 par Judicaël ZOHOUN




Pr Eusèbe Alihonou s’en est allé


19 juin 2024 par Akpédjé Ayosso, Ignace B. Fanou
Le Professeur Eusèbe Alihonou, doyen de la Faculté des Sciences de la (...)
Lire la suite

Le gouvernement renforce la réglementation du secteur funéraire


19 juin 2024 par Akpédjé Ayosso, Ignace B. Fanou
Le gouvernement béninois a procédé, mercredi 19 juin 2024, en Conseil (...)
Lire la suite

Bohicon révèle le ‘’Bomiwô’’ à Macao


19 juin 2024 par Akpédjé Ayosso, Ignace B. Fanou
La commune Bohicon a pris part au Festival gastronomique de Macao, en (...)
Lire la suite

La DG de l’ANaGeM se prononce sur l’ouverture des autres marchés


17 juin 2024 par Akpédjé Ayosso, Ignace B. Fanou
La Directrice Générale de l’Agence Nationale de Gestion des Marchés (...)
Lire la suite

Les 9 marchés de Cotonou estimés à près de 32 milliards FCFA


17 juin 2024 par Akpédjé Ayosso, Ignace B. Fanou
La construction des 9 marchés urbains de Cotonou a coûté environ 32 (...)
Lire la suite

Un ouvrier meurt sur le chantier de dragage à Djondji


17 juin 2024 par F. Aubin Ahéhéhinnou, Ignace B. Fanou
Un cas de noyade a été enregistré samedi 15 juin 2024, sur le (...)
Lire la suite

Le BAC officiellement lancé au CEG 1 Dassa


17 juin 2024 par Akpédjé Ayosso, Ignace B. Fanou
Le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche (...)
Lire la suite

Un ghetto démantelé à Kétou


17 juin 2024 par Akpédjé Ayosso, Ignace B. Fanou
Une descente de la police républicaine dans un ghetto au quartier (...)
Lire la suite

2 individus interpellés avec 46 emballages de cannabis à Hevié


17 juin 2024 par Akpédjé Ayosso, Ignace B. Fanou
Une opération policière a permis d’arrêter, samedi 15 juin 2024, un (...)
Lire la suite

8 personnes dont deux Béninois arrêtés pour cybercriminalité


16 juin 2024 par F. Aubin Ahéhéhinnou, Ignace B. Fanou
La Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) du (...)
Lire la suite

Un présumé voleur de motos interpellé par la police à Djougou


16 juin 2024 par F. Aubin Ahéhéhinnou, Ignace B. Fanou
Les éléments du commissariat du 3e arrondissement de Djougou ont (...)
Lire la suite

Kouaro CHABI et Eléonore YAYI s’assurent d’une bonne organisation du Bac


16 juin 2024 par F. Aubin Ahéhéhinnou, Ignace B. Fanou
L’examen du Baccalauréat session de juin 2024, démarre lundi 17 juin (...)
Lire la suite

La Fondation Claudine Talon sauve encore 31 femmes


13 juin 2024 par F. Aubin Ahéhéhinnou, Ignace B. Fanou
A travers le projet Zéro fistule obstétricale au Bénin, la Fondation (...)
Lire la suite

Des catégories de personnes et objets à inscrire au Fichier de la Police


13 juin 2024 par Ignace B. Fanou, Marc Mensah
Les informations nominatives (nom, prénoms, filiation, références de (...)
Lire la suite

Un commerçant risque gros dans une affaire de fraude fiscale


13 juin 2024 par F. Aubin Ahéhéhinnou, Ignace B. Fanou
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (...)
Lire la suite

Une société cumule plus de 41 millions F de loyers impayés


12 juin 2024 par Marc Mensah
Le preneur de l’immeuble de l’ex hôtel « LA CAPITALE » à Porto-Novo, (...)
Lire la suite

Le corps sans vie d’une femme repêché sur la lagune de Cotonou


12 juin 2024 par F. Aubin Ahéhéhinnou
Ce mardi 11juin 2024, le corps sans vie d’une femme a été repêché sur (...)
Lire la suite

17 milliards F pour renforcer le système d’alimentation à Akpakpa et (...)


12 juin 2024 par F. Aubin Ahéhéhinnou
Les coupures intempestives d’eau et les nombreux désagréments (...)
Lire la suite




Derniers articles



Autres vidéos





Les plus populaires