mercredi, 30 septembre 2020 •

448 visiteurs en ce moment


 
 

 
 
 
 
FIL D'ACTUALITÉ

Soixante ans d’indépendance sous le signe du respect




(Par Roger Gbégnonvi)

​Il est au Bénin des survivants dahoméens habitués à l’instabilité des fêtes nationales. Le 14 juillet d’abord, le 1er août ensuite, puis le 30 novembre, et à nouveau le 1er août. L’exercice leur a permis d’accueillir sans paniquer l’annonce de la « sobriété totale » qui caractérisera le 1er août 2020. Il ne leur est certes pas indifférent qu’on célèbre sans faste les soixante ans de notre indépendance, puisqu’ils donneraient leurs derniers cheveux pour offrir à leurs petits-enfants un défilé splendide. Mais ils croient avec Paul Valéry que « Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles » et que les fêtes nationales peuvent valser, tanguer, pâlir, voire s’arrêter net. La vie nous impose de respecter la fortune qu’elle nous réserve et que nous ne pouvons guère modifier si elle nous déplaît.
​Or le maître-mot de l’année 2020 et, tout uniment, le maître-mot de nos soixante ans d’indépendance est, bel et bien, le respect. Respect de cette bestiole, invisiblement apparue, et qui nous menace très visiblement, nous pousse dans nos derniers retranchements, nous oblige à remballer les tentes dressées pour la fête, à remiser tambours et trompettes sortis pour les décibels de la danse. Tristesse. Détresse. Et ce fut sans doute en pareille situation que le psalmiste s’interrogea : « Yahvé, qu’est-ce donc l’homme, que tu le connaisses / l’être humain, que tu penses à lui ? » (Ps. 144/3). Blaise Pascal a répondu : « L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature », un fétu au regard de la grandeur et de la majesté des galaxies, « une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer ». Pour vivre, l’homme doit donc faire profil bas. Et c’est ce que, contraints et forcés, nous ferons en la solennité du 1er août 2020, par respect pour la bestiole invisible qui nous impose surveillance, méfiance, distance.
​Mais honte et misère si ce respect n’est que crainte et tremblement, soumission humiliante imposée par une bestiole invisible ! Pour garder la tête haute dans ce désarroi, l’homme béninois, tenant compte de son contexte national, s’imposera délibérément deux autres pôles de respect pour compenser en dignité la sournoise terreur de la bestiole.
​Le premier pôle s’appelle respect du bien public. En mai 2020, des journalistes béninois, après enquête, ont publié « La corruption au Bénin – Tel un serpent de mer », copie quasi conforme du travail de leurs collègues en août 1999, « Visages de la corruption au Bénin ». Pendant donc 21 ans, le même incivisme pratiquement, malgré moult mesures-barrières. Dès que nous le pouvons, nous rejetons la suprématie des lois au profit de nos égoïsmes rances. Résultat : la CRIET ne désemplit pas. A l’occasion du 1er août 2020 pris en otage par une bestiole invisible, nous nous convaincrons, enfin ! que « La vertu est sa propre récompense » (Platon) en même temps qu’elle est le socle sur lequel l’Etat édifiera, belle, la République, la RES PUBLICA, la chose publique. Nous respecterons donc le bien public.
​Le deuxième pôle s’appelle respect de l’enfant. Le 4ème de la Table de Moïse impose aux enfants de respecter leurs parents. Nul, enfant ou parent, ne peut y trouver à redire. Cependant, est vraiment parent et digne du respect de l’enfant celui ou celle qui l’a respecté en l’élevant comme il convient. Voilà pourquoi nous devons respecter l’enfant en l’appelant au monde seulement quand nous nous sommes assurés d’avoir les moyens de l’élever convenablement. Paul Valéry le dit en termes de « transformer la procréation en un acte réfléchi et volontaire ». Le recours à la corruption ou à la Providence, loin de nous rendre parents respectables, nous rendra parents méprisables. Nous respecterons donc l’enfant.
​Tenus, à soixante ans, en respect par une bestiole invisible, nous nous imposerons le respect de nous-mêmes par le respect des lois qui s’imposent à nous en République et par le respect de l’enfant qui nous impose d’être, à son égard, moins géniteurs, davantage parents.

www.24haubenin.info ; L'information en temps réel

18 juillet 2020 par Judicaël ZOHOUN




Démocratie et parrainage politique


12 septembre 2020 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Le monarque de droit divin et l’autocrate-dictateur
Lire la suite

Mali, Panafricanisme et CFA


29 août 2020 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​L’auteur de ‘‘L’aventure ambigüe‘‘ a dépeint avec (...)
Lire la suite

Pour un Bénin au destin national


25 juillet 2020 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Pour se révéler nation, des peuples dispersés, (...)
Lire la suite

Leadership américain dans la lutte mondiale pour vaincre le (...)


28 avril 2020 par La Rédaction
Le leadership américain dans la lutte mondiale contre le Covid-19 (...)
Lire la suite

Il nous a été demandé de revoir, revenir sur le...


28 avril 2020 par Judicaël ZOHOUN
Il nous a été demandé de revoir, revenir sur le système d’administration (...)
Lire la suite

Le développement multi qualifié entre discours, applications et quêtes : (...)


25 avril 2020 par Judicaël ZOHOUN
Les théories et discours sur le développement s’enchainent, (...)
Lire la suite

De la subsistance à l’exode en passant par la commercialisation, la (...)


22 mars 2020 par Judicaël ZOHOUN
Pays encore majoritairement rural, le Sénégal, particulièrement, sa zone (...)
Lire la suite

Les migrations, un phénomène de plus en plus dégradant, de moins en moins (...)


21 mars 2020 par Judicaël ZOHOUN
La migration, une donne mondiale considérable et persistante, à (...)
Lire la suite

L’informel dans le Baol ou l’outil de propulsion le plus partagé (...)


19 mars 2020 par Judicaël ZOHOUN
C’est souvent par un parcours de titan déterminé par la conjoncture d’une (...)
Lire la suite

Démocratie et sacralité des constitutions


9 novembre 2019 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​L’homme autorise le sacré. « Est Vodun ce que (...)
Lire la suite

Mimétisme béninois et régression sociale


12 octobre 2019 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​L’imitation est réfléchie et voulue. Elle peut (...)
Lire la suite

Le récépissé de malheur


24 septembre 2019 par Judicaël ZOHOUN
Ils ont voulu. Ils l’ont obtenu. Mais comment ? Le plus important est (...)
Lire la suite

Pour le Bénin à nouveau retrouvé


29 juin 2019 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​De la République avortée de l’Ataborg à la (...)
Lire la suite

Pour un Ramadan de Fraternisation des Béninois


11 mai 2019 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Ce qui est dit du Ramadan (30 jours) doit (...)
Lire la suite

L’opposition ou la fabrique du contentieux


1er avril 2019 par Judicaël ZOHOUN
Les tractations, pour la résolution du contentieux électoral, n’ont (...)
Lire la suite

Béatrice Aguessy, femme de combat


2 février 2019 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​De combat et de défi. A 12 ans, accompagnant une (...)
Lire la suite

Que sera demain le Bénin ?


19 janvier 2019 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​On peut le dire, l’année 2019 a démarré en (...)
Lire la suite

Comme un conte de Noël


29 décembre 2018 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Matthieu, l’unique narrateur de cette épopée, de (...)
Lire la suite


ÉCOUTER FRISSONS RADIO


Derniers articles



Autres vidéos





Les plus populaires