dimanche, 25 août 2019 •

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FIL D'ACTUALITÉ

Procès ICC-Services

Les victimes plaident pour le remboursement de leur nominal




Le procès relatif aux structures illégales de placement d’argent ICC-Services et consorts est à sa 25ème journée d’audience ce vendredi 25 janvier 2019 à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) à Porto-Novo.

A l’entame de l’audience, le président de la Cour Edouard Cyriaque Dossa a fait une mise au point relative aux biens immeubles appartenant aux accusés et mis sous mains de justice. Il révèle que certains biens seraient vendus par les promoteurs de ICC-Services. Interpellé sur le sujet, le patron de la structure Guy Akplogan affirme : « Il y a eu des opérations de vente que j’effectuais avant qu’on ne me prenne. La plupart des opérations dont vous parlez était en cours avant mon arrestation. Je n’ai pas procédé à la vente au cours de ma détention provisoire ».
Le procureur spécial Ulrich Togbonon informe que tous ceux qui ont acheté ces biens n’ont qu’à savoir que l’achat est nul. « Nous allons exercer l’action publique au superlatif dans cette affaire. C’est pourquoi, je réaffirme que les démarcheurs, les parents et amis, les chefs quartiers et autres qui ont participé à cette vente, qui ont apposé leur signature sur les conventions de vente seront poursuivis y compris les notaires qui ont favorisé ces ventes », a déclaré le procureur spécial Togbonon.
Cette annonce a été l’occasion d’échanges.
Les avocats de l’Etat et ceux de la partie civile ont salué le souci de la Cour de faire réaliser ces biens immobiliers en vue de rétablir les victimes dans leurs droits.
Pour Me Gbaguidi, avocat de la défense, il faut faire la part des choses, apurer et voir ce qui leur appartient ou non.
Le procureur s’est encore prononcé pour exhorter les victimes à se présenter pour expliquer les raisons de leurs souscriptions à ICC-Services. Il précise que ce n’est pas pour les poursuivre.

Hermann Mèton, de nouveau à la barre

La CRIET fait défiler à la barre les victimes qui ont commencé par faire des dépositions depuis la 24ème journée d’audience. Herman Mèton est revenu à la barre ce vendredi. Selon les dépositions de la victime, déjà en mars 2010 où il s’est rendu à l’agence de ICC-Services à Dédokpo, il n’a pu retirer ses sous. Une déclaration qui laisse croire que ICC-Services avait des difficultés financières bien avant le poison d’avril de 2010.
Herman Mèton raconte : « Quand j’ai constaté l’attroupement inhabituel, je me suis rapproché des agents pour savoir ce qu’il en est. C’est comme ça ils m’ont dit qu’il y a quelques difficultés mais que tout rentrera dans l’ordre très vite. C’est en substance, ce qu’ils servaient à tous les clients ce jour-là ».
Emile Tégbénou contredit cette déclaration de la victime. « J’ai déclaré devant votre Cour que je n’avais pas de difficultés pour payer les clients. Et je payais bien les clients avant le fameux problème de Poisson d’Avril », soutient le promoteur de ICC-Services. Il souligne que l’agence de Dédokpo est sous la gestion de la fédération et qu’ils n’ont jamais eu de difficultés de paiement avant la crise survenue le 1er avril.
Pour Guy Akplogan, cette situation a eu lieu à cause du déménagement effectué entre temps.
Revenant sur le reçu obtenu sans contrat le jour de son inscription, le sieur Mèton relate : « Quand je suis reparti en décembre pour récupérer mes intérêts, j’ai réclamé le contrat et ils m’ont dit que ce n’est toujours pas prêt mais étant donné que j’ai le reçu de placement qui est une preuve de ce que je leur ai remis mes sous, ils m’ont remis mes intérêts sans bien sûr le contrat ». Le contrat de la victime a été reconduit alors que le premier de décembre 2019 n’était pas à terme.
Etienne Tihoundro confie qu’il ne sait comment cela est possible. « Au niveau de mon agence, quand le contrat vient à expiration, je le reconduis », lance le directeur financier de ICC-Services.
Au regard des précisions faites par Hermann Mèton, la Cour s’est rendue compte que la crise ICC-Services a livré ses premiers indices en mars 2010 avant d’éclater en Avril de la même année.

Les débats deviennent vifs

L’atmosphère était surchauffée, ce qui a entraîné une suspension de plus d’une heure.

Cécile Sando Gakpé, les larmes aux yeux

A la reprise de l’audience, la Cour a invité une deuxième victime à la barre. Il s’agit de Cécile S. Gakpé, résidente à Cocotomey. Cette victime rentrée au Bénin à cause de la guerre en Côte d’Ivoire a déposé sur un ton très émouvant. Elle raconte : « J’ai appris qu’il y a une société ; quand tu déposes de l’argent, on gagne beaucoup d’intérêts. J’ai déposé d’abord 300.000 FCFA et après, je suis venue prendre intérêts de 120.000 FCFA ».
Après avoir ramassé ses intérêts, dame Cécile Gakpé a replacé ses fonds à l’agence ICC-Services de Calavi. « Je ne connais pas papier, mais tout ce que je leur ai remis avoisine 4 millions FCFA », a-t-elle annoncé. À la barre les larmes aux yeux, la victime décrit à la Cour comment elle a appris la crise de ICC-Services. « Je reviens quelques temps après pour prendre mes intérêts et j’ai vu un monde fou. Des gens qui se lamentaient et quand j’ai posé des questions, j’ai compris que mon argent est parti en fumée. J’étais tombée et c’est l’eau on a versé sur moi avant que je ne me retrouve. (...) Aujourd’hui, c’est la friperie je vends pour manger », se désole-t-elle.
« Je ne demande plus les intérêts mais je veux juste prendre l’argent qui sera retrouvé dans mon carnet », a ajouté Cécile Gakpé.

Une autre victime de ICC-Services devant la Cour

Le sieur Vodounon ne réclame aussi que ses 150.000 FCFA qu’il a déposés à l’agence de Sadognon, à Porto-Novo, dirigée par Emile Tégbénou. Cette victime a été motivée par des gens qui ont déposé avant lui et percevaient leurs intérêts. « En plus, je les voyais à la télé avec les autorités en charge de la gestion de notre pays et plus souvent avec ceux qui s’occupent de la sécurité de notre pays. Mieux, ils étaient des célestes et donc je n’avais pas d’inquiétude à déposer mon argent », a notifié le sieur Vodounon.
Les raisons de motivations sont pareilles chez Pierre Tchekpê instituteur, conseiller pédagogique à la retraite. Une autre raison annoncée chez lui est qu’il entendait souvent l’ancien président de la République Boni Yayi dire qu’il va réduire la pauvreté. « Je me suis dit que c’est certainement l’acte qu’il veut joindre à la parole », a-t-il confié à la Cour.
Après avoir hésité pendant plusieurs années, le conseiller pédagogique à la retraite a déposé 750.000 FCFA le 30 mars 2010 à ICC-Services. « (...) le 1er avril, j’ai commencé par entendre que les structures de ICC-Services sont dans l’impossibilité de payer », a-t-il souligné. Cette victime aussi ne demande que le remboursement de ses intérêts. La crise ICC-Services informe-t-il, a créé beaucoup de problèmes dans son ménage. Comme bon nombre de victimes, le sieur Pierre Tchekpê n’avait pas eu le temps de lire le contrat. Sa seule préoccupation était de savoir comment récupérer ses sous. « Le doute que j’avais est que j’étais dans une banque reconnue par l’Etat qui ne pratiquait pas de taux aussi mirobolant comme ce que faisait ICC-Services à l’époque. Mais cela m’a donné de leçon », confie-t-il.

Trois autres spoliés à la barre

A la reprise de l’audience après la suspension habituelle de la mi-journée, la Cour a poursuivi avec les dépositions. La revendeuse à Dantokpa, Falladé Edith Adégnika, est également une des victimes de ICC-Services. Cette dernière, sous conseils de sa voisine a fait un placement d’une somme de 1.740.000 FCFA. Dame Adégnika n’a eu droit qu’à deux reçus après son inscription dans une agence de ICC-Services. La victime qui devrait revenir deux semaines plus tard pour prendre les carnets, s’est dite surprise puisque ‘’à la banque, c’est sur le champ’’. La veuve Adégnika autrefois revendeuse à Dantokpa est maintenant ménagère chez des Blancs puisqu’elle doit nourrir ses enfants. « Je me suis trahie », affirme-t-elle tout en plaidant pour la récupération de son nominal.
Chez Latifou Zannou, chef maçon à Tchonvi, commune d’Ekpè les motifs de souscription à ICC-Services sont les mêmes. Après avoir résisté pendant longtemps, il a déposé 2,1 millions de FCFA en 2009. La victime a pu percevoir au total des intérêts de 1.260.000 FCFA. Le sieur Zannou ne réclame que le reste de ses sous soit 840.000 FCFA.
Toutes les victimes passées à la barre témoignent qu’elles ont été attirées par les taux d’intérêts mirobolants et surtout la notoriété qui était celle des responsables ICC-Services dans les milieux politiques. Adétchoubou Kamilou, aussi victime de ICC-Services, ne souhaite que récupérer son nominal qui s’élève à 1.200.000 FCFA.
Face à cet exercice récurrent des spoliés à la barre, Me Gbaguidi avocat de la défense, suggère à la Cour d’aller plus vite dans le procès en produisant une liste et les contrats des déposants. « Nous sommes arrivés aujourd’hui à un stade, où il n’y a plus de vérité à rechercher. Tout est clair », a-t-il avoué. Pour Me Gustave Cassa, son ’’confrère a déjà compris la vérité de ce dossier ‘’.
Le procureur spécial est revenu sur ses déclarations de la matinée concernant les biens immeubles des promoteurs. Parlant de la poursuite de ceux qui y se sont impliqués, Ulrich Togbonon indique qu’il s’agit des parents, amis et proches et non des notaires qui ont procédé à la vente sous l’autorisation du juge.
« La Cour invite les uns et les autres au calme et à la sérénité et voudrait élever à votre connaissance comme vous devez le savoir que la vente de tout immeuble mis sous mains de justice est interdite »
C’est sur ces avertissements que le président de la Cour Edouard C. Dossa a suspendu la 25ème journée d’audience au siège de la CRIET.
Rendez-vous est pris pour ce lundi 28 janvier 2019 pour la suite du procès ICC-Services.

Akpédjé AYOSSO

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