mardi, 14 juillet 2020 •

307 visiteurs en ce moment


 
 

 
 
 
 
FIL D'ACTUALITÉ

Covid-19 et agroalimentaire au Bénin




(Par Roger Gbégnonvi)

​En confinement strict à son domicile, un Ministre de l’Agriculture d’un pays de l’UE, en télétravail et par visioconférence, donne une interview télévisée pour attirer l’attention de ses concitoyens sur deux urgences.
1.- La nécessité de s’adonner eux-mêmes à cueillir et à ramasser, travaux pour lesquels des travailleurs saisonniers venaient des pays alentour : le covid-19 empêche la libre circulation des personnes.
2.- La libre circulation des biens se poursuit, mais plus à haut débit, d’où nécessité d’aimer, voire de préférer, « les produits de notre agriculture ». Ce dernier point interpelle le Bénin. Au sortir du confinement ou s’il faut cohabiter dorénavant avec le covid-19 ou son fantôme, épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, l’accès aux vivres importés sera réduit, alors que l’accès à ceux du terroir sera sans restriction. Or pour être à disposition, il faut qu’ils soient en suffisance. Est-ce bien le cas ?
​Prenons le fonio cultivé au Bénin, au Burkina et au Niger. Sur un sachet de 1 kg dans un supermarché à Cotonou, on lit : « Farine de fonio. 100% fonio sain du Bénin. Céréale diététique sans gluten. Conseillée aux personnes qui souffrent du diabète et de l’obésité. » Le conseil, fondé sur l’absence de gluten, explique pourquoi la farine de fonio cultivé au Bénin se retrouve dans nombre de cuisines en Europe et en Amérique du nord en vue de confectionner bouillies, gâteaux, galettes, pain. Nourriture prophylactique à base de la farine de fonio. Son sachet de 1 kg coûte à Cotonou 2.500 f CFA contre 1.000 f pour le sachet de 1 kg de farine de blé, très répandue. Le Béninois peut aujourd’hui se procurer plus facilement la farine de blé importée avec gluten que la farine de fonio sans gluten. La production artisanale de cette dernière est cause de sa rareté sur le marché béninois. Mais s’il advenait que, pour cause de covid-19, la farine de blé devînt aussi rare que celle de fonio ?
​Prenons le riz consommé au quotidien par les Béninois. Pour un sac de 5 kg de « Riz de Natitingou, riz étuvé de montagne », il faut débourser environ 3.500 f CFA. C’est à peu près le même prix de base pour le sac de 5 kg des différents riz importés d’Asie. Or le prix du riz importé peut, sur tous les marchés du Bénin, être ramené à 3.000 f. Le riz que l’on trouve à acheter partout au Bénin est le riz importé. Seuls quelques patriotes, un peu visionnaires, recherchent le ‘‘Riz Nati’’ ou ‘‘le riz des Collines’’ (Savalou-Dassa), très peu répandus. Et si, pour cause de covid-19, le riz importé devenait aussi rare que le riz produit au Bénin ?
​Prenons le fruit que l’agro-pédologue Aziadomè Kogblévi n’a de cesse d’appeler « ce merveilleux FRUIT MIRACLE, un fruit pour diabétique ». Aussi petit qu’un grain de café. Il y a 70 ans, les écoliers dahoméens, avec 1 f CFA, s’en remplissaient la poche. Vous en croquez un, et tout ce que vous mangez après prend un goût sucré très aimable. Pas de diabète possible avec le ‘‘síslè’’dit SYNSEPALUM DULCIFICUM. Et l’on n’a pas interrogé les autres vertus prophylactiques ni de ses feuilles ni de ses racines. Aujourd’hui, le fruit miracle et la plante ont pratiquement disparu de nos champs. Comment et, surtout, pourquoi ? Surpris et inconsolables, d’anciens Dahoméens, patriotes, partent en quête et finissent par retrouver comme un résidu de la plante et du fruit dans une brousse improbable d’Allada. Sans attendre les pénuries attribuables au covid-19, il faut ressusciter le synsepalum dulcificum.
​Du Dahomey au Bénin, nos gouvernements brandissent le flambeau jamais allumé de la vallée de l’Ouémé, aussi fertile, disent-ils, que la vallée du Nil, qui nourrit au quotidien des dizaines de millions d’Egyptiens et de Soudanais. Puisse ce temps de confinement imposé par l’invisible et intraitable covid-19 nous pousser à passer du discours au parcours vers un agroalimentaire béninois qui réduise de façon significative la dépendance du Bénin vis-à-vis de l’étranger. Tâche à laquelle nous invite aussi l’immodérée croissance démographique.

www.24haubenin.info ; L'information en temps réel

25 avril 2020 par Judicaël ZOHOUN




George Floyd et nous


20 juin 2020 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Même quand fait rage la guerre et que, de part (...)
Lire la suite

Née bonniche pour mourir bonniche


13 juin 2020 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Han, Pépé ! Moi je vous demande un peu d’aide (...)
Lire la suite

Confinement et Refondation


9 mai 2020 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Entre 1914 et 1918, puis entre 1939 et 1945, on (...)
Lire la suite

Regarder en face le covid-19


11 avril 2020 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Oui, dévisager le covid-19 bien qu’il n’ait pas (...)
Lire la suite

A la poursuite d’un disparu Non, Kourouma : Allah s’est auto-obligé…


24 mars 2020 par Judicaël ZOHOUN
Dans la lancée de ses œuvres : le soleil des indépendances, en attendant (...)
Lire la suite

De la subsistance à l’exode en passant par la commercialisation, la (...)


22 mars 2020 par Judicaël ZOHOUN
Pays encore majoritairement rural, le Sénégal, particulièrement, sa zone (...)
Lire la suite

Une relecture rétrospective et prospective de la littérature (...)


17 mars 2020 par Judicaël ZOHOUN
La lecture est demeurée un des passe-temps, occupations les plus (...)
Lire la suite

Le matériau humain africain est-il à refondre ?


23 novembre 2019 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​L’on aura reconnu la préconisation d’Aimé Césaire (...)
Lire la suite

Démocratie et sacralité des constitutions


9 novembre 2019 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​L’homme autorise le sacré. « Est Vodun ce que (...)
Lire la suite

A la Lumière des Ecureuils de la Victoire


13 juillet 2019 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Il n’y a jamais de miracle. Et il n’y en eut (...)
Lire la suite

La leçon des Ecureuils au Bénin


11 juillet 2019 par Judicaël ZOHOUN
La joie des Ecureuils, l’euphorie de tout un peuple Les Ecureuils, (...)
Lire la suite

Pour le Bénin à nouveau retrouvé


29 juin 2019 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​De la République avortée de l’Ataborg à la (...)
Lire la suite

Grisaille autour du gris-gris béninois à Paris


23 février 2019 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Biowá Nàglókú, dans son village Sêxwidé, est depuis (...)
Lire la suite

Légende béninoise du panier de la ménagère


16 février 2019 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Sous couvert dudit panier, il s’agit de la (...)
Lire la suite

Béatrice Aguessy, femme de combat


2 février 2019 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​De combat et de défi. A 12 ans, accompagnant une (...)
Lire la suite

Patrice Talon, l’oiseau rare


18 novembre 2018 par La Rédaction
Imperturbable. Le chef de l’Etat reste le seul chef d’Etat que le Bénin (...)
Lire la suite

A coups de…Talon !


15 novembre 2018 par Judicaël ZOHOUN
Le « Bénin révélé » de Patrice Talon, est un Bénin qui se donne pour (...)
Lire la suite

Il y a exil et exil


3 novembre 2018 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Quand il a eu perdu la guerre, le souverain fut (...)
Lire la suite


ÉCOUTER FRISSONS RADIO


Derniers articles



Autres vidéos





Les plus populaires