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FIL D'ACTUALITÉ

Société

La Lutte contre le phénomène des enfants talibés piétine




Au regard de son caractère transfrontalier, le phénomène des enfants talibés exige, dans le cadre de la lutte engagée pour l’éradiquer, des solutions concertées entre tous les pays de la sous-région ouest-africaine qui le vive. En dépit des nombreuses initiatives qui sont prises pour le combattre, le bout du tunnel n’est donc pas pour demain. Et comme s’ils étaient prédestinés à une carrière de mendiant toute tracée, de nombreux enfants innocents voient leur vie sacrifiée au nom de la foi musulmane et de la loi du silence.

Par Nazaire TAHOUE

Triste sort que celui de ces enfants talibés devenus des fonds de commerce, puis des objets serviables et corvéables à souhait pour certains maîtres coraniques ou alphas. Et pourtant, ces derniers étaient censés leur assurer une éducation morale et religieuse islamique accompagnée d’une initiation pratique à la vie communautaire.

Ils ont les mêmes droits que tous les autres enfants

Agés de 5 à 17 ans, explique le responsable bureau de zone de Dedras-Ong à Kandi, Louis Nanako, ces enfants ont été placés par leurs parents auprès des maîtres coraniques ou alphas, pour leur instruction coranique sans le paiement d’aucune caution. Lesquels, en contrepartie, les contraignent souvent à aller mendier dans le rue. Ce qui leur permet de survivre, mais de subvenir aux besoins de leur maître spirituel, ainsi que des membres de sa petite famille. S’il y a des communes où l’on les rencontre le plus au Bénin, ce sont celles des départements de la Donga, de l’Atacora, du Borgou et surtout de l’Alibori. Il s’agit de Djougou, de Parakou, de N’Dali, de Gogounou, de Nikki, de Kalalé, de Kandi, de Malanville, de Banikoara, de Sègbana, de Karimama et autres.

En effet, dès 6 h du matin, ils doivent être sur pieds. C’est pour passer une ou deux heures de temps à réciter et recopier des versets coraniques. Deux autres rendez-vous avec le livre Saint, le Coran, ont également lieu entre 14 et 16 h, puis 19 et 21h. Entre ces trois séances, l’enfant talibé est présent sur le terrain, à écumer les gargotes, maquis, marchés, auto-gares, places publiques et grands carrefours à Kandi, Malanville, Djougou, puis Parakou, à la recherche des restes de repas, à défaut de se jeter sur des plats laissés par imprudence.

Vêtus en haillons et pieds nus, ils sont bien reconnaissables à leurs joues rongées par la faim et leurs peaux entamées par des plaques de poussière. Dans leurs mains ou attachés en bandoulière, ils ont souvent un bol en plastique ou une grande boîte vide et rouillée de tomate concentrée.

Selon Louis Nanako, ces enfants ne sont pas que des localités béninoises. Ils viennent également du Niger, du Togo, du Nigeria et du Burkina-Faso. Ce qui, fait-il observer, limite la mobilisation au niveau des communautés locales, pour les aider.

Des conditions difficiles

Pour le psychologue du projet Enfant en situation de mendicité (ESM) de Caritas-Bénin, Nassirou Mansa Lafia, ils sont nombreux à vivre dans la précarité, coupés de toutes relations avec leurs parents et villages. Ils n’ont également pas la chance d’être scolarisés où d’apprendre un métier. Entassés par dizaine ou quinzaine sur des cartons étendus à même le sol, c’est dans des conditions de surpopulations et sans services sociaux de base, qu’ils sont hébergés dans une chambre auprès de leurs maîtres coraniques.

N’en déplaise que, tous les jours, informe le responsable de l’antenne de Dedras-Ong à Kandi, chacun d’eux à l’obligation de ramener entre 200 et 300 F CFA, sauf les vendredis où, c’est un peu plus. Malheur à celui qui n’arrive pas à le faire. Il est soumis à un châtiment corporel. Excédés, certains s’enfuient pour vivre en bandes dans la rue.

A Karimama et Malanville, certains errent dans les rues en vendant de l’eau et d’autres articles. Pendant ce temps, d’autres sont occupés à aider les femmes de leur maître coranique, dans leurs petits commerces.

Le psychologue du projet Enfant en situation de mendicité (ESM) de Caritas-Bénin, Nassirou Mansa Lafia ,

Plutôt que de s’attrister sur leur situation, Falilath Cissé, une tenancière d’un maquis à Sori, un arrondissement de la commune de Gogounou, préfère les considérer avec mépris. Nombreuses sont les victimes, qu’ils ont fait dans les rangs de ses clients. Elle a, d’ailleurs, fini par perdre certains qu’ils ont mis dans des situations inconfortables, après avoir fait disparaître leur repas en un et deux mouvements.

Quant à Anicet Ablo, un enseignant intervenant dans une école primaire privée à Coutakroukou, à Kandi, il estime qu’ils sont trop exploités. Aussi, déplore-t-il l’attitude des maîtres coraniques qui n’hésitent pas à les faire travailler dans les fermes, en saison de pluies.

Désavouant ceux qui évoquent le fondement religieux de la pratique, l’islamologue Ousmane Kélani, les défie de laisser également leurs enfants aller mendier. Il fustige l’ignorance des parents, avant de reconnaître un peu plus loin, que ce ne sont pas tous les enfants des écoles coraniques qui mendient. « Ce ne sont pas tous les maîtres coraniques qui profitent des enfants », rectifie-t-il. Dans les pays voisins, précise-t-il, de nombreux enfants béninois sont également placés auprès des maîtres coraniques. « A Karimama, nous avons intercepté plusieurs écoliers déscolarisés béninois qui étaient en partance pour des écoles coraniques au Niger », soutient Louis Nanako.

Au Bénin, ce n’est pas l’arsenal juridique pour la protection des droits des enfants qui fait défaut. Le pays s’est engagé, à travers la ratification des instruments internationaux comme la Convention des Nations unies relative aux droits des enfants, puis régionaux à l’image de la Charte africaine des droits et bien-être de l’enfant, à les protéger. Cette volonté a également été réaffirmée dans la loi N° 2015-08 du décembre 2018 portant Code de l’enfant en République du Bénin. Mais malgré ses engagements et instruments, certains enfants ne jouissent toujours pas de ces droits, plus précisément d’une bonne protection.
Le responsable bureau de zone de Dedras-Ong à Kandi, Louis Nanako

Projetés trop tôt dans la vie active hors de leur milieu et privés de l’affection de leurs parents, ces enfants n’ont pas à vivre cette situation comme une fatalité. Les Ong, les organisations internationales, les pouvoirs publics et autres ne sont pas restés indifférents face à leur situation. Ils rivalisent d’initiatives, l’objectif étant l’amélioration de leurs conditions.

A chacun sa contribution

Conscient que l’enfant constitue l’avenir de l’humanité, mais à condition que l’on l’éduque, Caritas-Bénin a initié depuis août 2017 son projet dénommé ‘’Enfant en situation de mendicité (ESM)’’. Son souci est de retirer ces enfants de la rue, pour leur réinsertion socio-professionnelle complète.

Appréciant le projet, la directrice générale de la famille et des affaires sociales, Mèmouna Sininbou fait observer qu’il fait suite à la dissémination des résultats de l’étude du ministère en charge des affaires sociales sur l’état des lieux de la situation des enfants au Bénin.

Après le succès connu par sa phase pilote qui a duré trois ans, soit d’août 2017 à juillet 2020, sa deuxième phase qui est en cours, va d’octobre 2020 à septembre 2023. Il est mis en œuvre à Kandi et Djougou. « Jusqu’à ce jour, au total 203 enfants dont 100 à Kandi et 103 à Djougou ont été déjà pris en compte. Kandi regorge d’un nombre assez important d’enfants en situation de mendicité. Lors du recensement effectué de décembre 2019 à janvier 2020, ils étaient 1 078 dans les dix arrondissements de cette commune de l’Alibori. Seulement 100 ont été identifiés et bénéficient aujourd’hui du projet, soit 9,27 %. Beaucoup d’autres sont encore dans la rue espérant la main tendue de Caritas-Bénin », détaille Nassirou Mansa Lafia. « C’est sur des grilles de vulnérabilité que leur sélection est effectuée », souligne-t-il.

En effet, le projet consiste à inscrire les plus jeunes de ces enfants âgés de 7 à 10 ans à l’école formelle, puis ceux de 11 à 14 ans, au Programme de cours accélérés (Pca). Dans trois ans, ils pourront être présentés à l’examen du Certificat d’études primaires (Cep). Par contre, ceux qui ont plus de 15 ans, en plus de suivre des cours accélérés, sont inscrits dans des ateliers de formation aux métiers de leur choix. Ils vont à l’école le matin et se rendent dans leur atelier d’apprentissage le soir. En dehors des kits scolaires et d’apprentissage, ils reçoivent, pour le petit déjeuner, des tickets de 150 F CFA tous les matins. A cela s’ajoute, toujours en termes d’appuis ou de subventions à leurs maîtres coraniques ou parents tuteurs, une contribution aux cantines scolaires pour leurs repas de midi. Sans oublier la prise en charge sanitaire à laquelle ils ont droit auprès d’un centre de santé, chacun d’eux reçoit, à travers son maître coranique ou parent tuteur, 9 000 F CFA par mois. Pour entreprendre une activité génératrice de revenus, chaque maître coranique ou parent tuteur se voit accorder une subvention.

Par ailleurs, informe Nassirou Mansa Lafia, des relais font le suivi rapproché des enfants à l’école, en atelier d’apprentissage et à leur domicile. Ils constituent, par rapport à leur mission qui consiste à aider Caritas-Bénin dans l’exécution du projet, en quelque sorte les seconds parents des enfants. Ces relais sont au nombre de 10 à Kandi et de 10 à Djougou.

La lutte contre l’indifférence

Le souhait est de voir le projet s’étendre à d’autres communes comme Malanville, Gogounou et Parakou où le phénomène sévit également. Malheureusement, les moyens dont dispose le Caritas-Bénin sont limités.

N’empêche que les premiers résultats que le projet a permis d’enregistrer forcent l’admiration. Les enfants sont nombreux à savoir désormais bien lire, parler et écrire en français. Parmi eux, neuf sont déjà titulaires du Cep et d’autres ont obtenu leur Certificat de qualification aux métiers (CQM), puis ouvert leur atelier. « L’hygiène vestimentaire et corporelle est observée. Ils ne vont plus dans les rues pour mendier », se réjouit aussi Nassirou Mansa Lafia.

Mais étant d’obédience catholique, alors que les acteurs impliqués dans l’animation du phénomène ont l’islam comme religion, Caritas-Bénin a été confronté à des difficultés dans la mise en œuvre du projet. « Sa phase pilote n’a pas été facile », avoue Nassirou Mansa Lafia. « On n’a dû impliquer les leaders religieux et prédicateurs musulmans, les imams et maîtres coraniques ou alpha dans l’organisation des activités. Des maîtres coraniques ont été recrutés pour le renforcement des cours coraniques. Ils ont été constitués en groupements de communauté d’épargne et de crédit interne (CECI) », indique-t-il.

Actuellement, on dénombre deux groupements CECI. Le premier est composé de 25 membres et le second, 30 membres. Ces membres ne sont que les maîtres coraniques et parents tuteurs. Toutes les actions auxquelles ils ont été associés à l’organisation les ont, selon Nassirou Mansa Lafia, mis en confiance. Aujourd’hui, pour faire bénéficier d’autres enfants en situation de mendicité, ils sont nombreux à solliciter l’aide de Caritas- Bénin. Le projet est soutenu à Kandi par l’imam central, les maîtres coraniques, Sa Majesté le roi de Kandi, la mairie, le Centre de promotion social, la direction départementale des affaires sociales et de la microfinance de l’Alibori.

Comme Caritas-Bénin, l’antenne de Dedras-Ong à Kandi s’est également illustrée, à sa manière, dans la lutte. « A travers des projets, des actions sont entrepris à trois niveau. La première vise à sensibiliser les populations sur les droits de l’enfant, plus spécifiquement les enfants en situation de mendicité, dialoguer avec les leaders religieux, plus précisément les maîtres coraniques. Les radios communautaires sont fortement associées. La deuxième action consiste à faire des plaidoyers aux autorités pour l’application des textes en vigueur, mais surtout de réguler les activités de ces maîtres coraniques afin qu’elles n’impactent pas la scolarisation de milliers d’enfants. La troisième action se traduit par nos appuis alimentaires et kits Wash aux enfants talibés en cette période de crise de la Covid-19 », a confié son responsable bureau de zone, Louis Nanako. « Nous n’avons pas les chiffres exacts pour l’Alibori. Mais, un recensement à l’échelle des trois communes de Kandi, Gogounou et Karimama, dans 8 arrondissements au total et 60 villages, nous a permis d’enregistrer 48 maîtres coraniques avec 757 enfants à leur charge. Ces chiffres donnent froids au dos et justifient l’ampleur du phénomène à l’échelle du département de l’Alibori dans lequel nous intervenons », a-t-il soufflé. L’idéal, insiste-t-il, c’est que d’autres opportunités puissent être accordées à ces enfants, en termes de projet de vie. « Ceux qui ont la possibilité d’aller à l’école, qu’on leur donne la chance de continuer leurs études tout en apprenant leurs enseignements religieux », va-t-il plaider. Au regard de leur vulnérabilité, les enfants talibés méritent qu’on leur porte une attention particulière. Tel est le combat que sa structure mène depuis des décennies.
Une séance de travail avec les relais qui procèdent au suivi des enfants talibés

Mais, malgré toutes les actions entreprises par ces organisations au Bénin, les enfants talibés continuent d’errer dans les rues. A Kandi, Malanville, Ségbana, Karimama, Gogounou, Parakou et Djougou, le phénomène persiste.

Un vain combat

La lutte pour l’éradication du phénomène des enfants talibés est un combat de longue haleine. En dépit des efforts consentis par certaines organisations, elle peine à aboutir.

Aux structures qui le combattent, il est reproché d’engager des actions isolées et non-concertées. De même, pendant que les pouvoirs publics hésitent à prendre les leurs, certains parents continuent de fuir leurs responsabilités.

En effet, avec leurs regards beaucoup plus orientés ailleurs, les pouvoirs publics encouragent le règne de la loi du silence. De peur de se mettre la communauté musulmane et leurs dignitaires au dos, puis d’avoir des ennuis sur le plan politique, ils n’osent réellement pas monter au créneau pour fustiger le phénomène.

Pour éradiquer le phénomène, le psychologue du projet ESM à Kandi, Nassirou Mansa Lafia, appelle à l’application avec fermeté des textes et lois, ainsi que des arrêtés qui protègent les enfants. Abondant dans le même sens, Louis Nanako souhaite plus d’implication de la part des autorités. Malgré l’étape du dialogue et de la sensibilisation, le combat est, selon lui, très loin d’être gagné. Il rappelle que les causes sont religieuses et sociologiques, avec des enjeux parfois économiques pour les maîtres coraniques. « Les enfants talibés étant également présents au Togo, au Niger, au Nigeria, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Mali et au Burkina-Faso, le phénomène est transfrontalier. Il n’est pas propre seulement au Bénin », prévient-il. Le temps que les pays concernés au niveau de la sous-région prennent les mesures appropriées et conséquentes, Louis Nanako propose que l’on envisage une synergie d’actions entre les pouvoirs publics, les parents, les leaders religieux musulmans, les imams, les maîtres coraniques, les élus locaux, les services de sécurité et toutes les structures ayant à cœur, la cause des enfants. Outre cette synergie d’actions, il recommande qu’il y est plus de volonté politique.

La société a intérêt à prendre le problème de ces enfants au sérieux. N’ayant pas reçu de l’amour, ils n’en ont donc pas à en donner. Grande sera la tentation des frustrés, rejetés et accablés d’injures qu’ils ont toujours été, de finir dans la délinquance ou d’être récupérés par les réseaux criminels et des mouvements extrémistes qui perturbent la sous-région ouest-africaine.

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