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Le sort réservé aux invendus de journaux




Au Bénin, la presse écrite est confrontée depuis quelques années à la mévente. Beaucoup de rédactions plient sous de poids des invendus de journaux. Pour se débarrasser des montagnes de papiers, certains n’hésitent pas à faire recours aux vendeuses de denrées alimentaires, aux peintres et autres.

Après la distribution de leurs parutions dans les kiosques, les entreprises de presse constatent à leur grand dam qu’elles ne s’écoulent pas aussi facilement.
Le bilan en fin de journée leur laisse encore sous les bras un grand lot de journaux non écoulés. La gestion de ces invendus constitue un vrai casse-tête pour les organes de presse.
Cependant, ils ont trouvé une formule pour les liquider. Il s’agit, de s’entendre avec leurs distributeurs pour livrer les journaux non vendus à vil prix aux demandeurs qui sont pour la plupart des commerçantes de denrées alimentaires et les peintres.
Juliette, une vendeuse de la bouillie à Mènontin (Cotonou), a confié que les journaux papier protègent mieux les aliments et leur assurent une bonne hygiène que les feuillages de teck et les feuilles de ciment.
Dans les garages, on les utilise également pour couvrir certaines parties avant de mettre la peinture sur les voitures.
Selon Alexis, les journaux protègent mieux les parties sensibles d’un véhicule, telles que les vitres, les phares et autres, lors de la peinture.
Désormais, ce ne sont plus seulement les lecteurs qui sont la cible des organes de presse écrite pour l’écoulement des invendus.
Pour David D., Directeur de Publication du journal La Relève, les revenus de la vente de ces invendus permettent de couvrir les coûts de communication à la rédaction et le déplacement du personnel.

Des kiosques …aux toilettes

En dehors des commerçants et des peintres, certaines entreprises industrielles se servent également des journaux invendus pour la fabrication de papier hygiénique.
D’autres personnes s’en servent carrément comme papier hygiénique pour faire leurs besoins.
Face à la concurrence qui règne dans cette activité, chaque rédaction fixe son prix pour mieux attirer la clientèle afin d’écouler ses invendus.
Au journal La Nation, « l’exemplaire d’une nouvelle parution est vendu au prix de 3OO FCFA. Après, les invendus sont constitués en lot de 32 journaux vendu à 300 FCFA. Pour les grossistes qui veulent acheter 100 lot de 32 journaux, le prix est réduit à 200 FCFA par lot », a expliqué Rémi Tchibozo, chef section Messagerie de l’Onip (Office national d’imprimerie et de presse).
Il a aussi indiqué qu’avant la liquidation des invendus, la Direction du journal La Nation réserve une quantité importante de journaux pour le Centre de documentation.
Selon le Directeur de publication de La Relève, ce sont les acheteurs des invendus de journaux qui fixent le prix à des moments donnés. Il ajoute que si les commerçants ne les achètent pas, ça devient une charge encombrante pour l’environnement de travail des journalistes. D’où la nécessité de laisser le client fixer le prix quelquefois.
Pour Ishola, Responsable du journal Providentiel News, après le point et le recouvrement du reste des journaux, un grand lot est destiné aux archives. Et une autre partie est liquidée par le biais des distributeurs. Mais souvent ces derniers ne font pas le point des ventes.
« C’est une sorte d’escroquerie qui ne dit pas son nom. Ils prétendent qu’ils n’ont rien vendu mais il n’est pas rare de retrouver ces invendus dans les localités éloignées de Cotonou », se plaint Ishola.
La liquidation des invendus est l’issue que la plupart éditeurs ont trouvée pour compenser les défenses qu’ils effectuent au quotidien pour les parutions.
Au Bénin, plusieurs organes de presse plient sous le poids des invendus à cause de la mévente. Les patrons de presse ont souvent des griefs contre les sociétés de messagerie, les distributeurs et les vendeurs à la criée, à cause des piles d’invendus.
La distribution ne se fait pas à temps et à l’heure, non seulement à cause du manque de moyens des distributeurs mais aussi du retard des parutions.
Face à la mévente et surtout à la suppression des contrats de communication et de publicité avec les structures de l’Etat, certains éditeurs ont dû revoir leur tirage à la baisse.
Boniface CAKPO

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