24 Heures au Bénin https://www.24haubenin.info Webzine, Quotidien Béninois indépendant, d'analyses et d'information en ligne Wed, 03 Jun 2020 08:00:00 +0000 fr-FR hourly 1 Spip 24 Heures au Bénin https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L144xH117/siteon0-fad27.png?1590753052 https://www.24haubenin.info 117 144 Confinement et Refondation https://www.24haubenin.info/?Confinement-et-Refondation https://www.24haubenin.info/?Confinement-et-Refondation Sat, 09 May 2020 06:26:00 +0000 fr Dg24h <p>(Par Roger Gbégnonvi) ​Entre 1914 et 1918, puis entre 1939 et 1945, on imagine, sans y avoir été, que la guerre était le sujet de conversation de tous, tous les jours et en tout lieu, comme c'est le cas aujourd'hui à propos des milliers de morts que l'humanité aura enterrés depuis février-mars 2020. Sans nullement dédouaner les deux guerres mondiales, on dira qu'elles n'ont pas poussé la cruauté jusqu'à imposer l'arrêt soudain de tout partout, et poussé des millions d'hommes, dans les deux hémisphères, à (...)</p> - <a href="https://www.24haubenin.info/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH90/arton25252-2b5a2.jpg?1590755926' width='150' height='90' /> <div class='rss_texte'><p>(Par Roger Gbégnonvi)</p> <p>​Entre 1914 et 1918, puis entre 1939 et 1945, on imagine, sans y avoir été, que la guerre était le sujet de conversation de tous, tous les jours et en tout lieu, comme c'est le cas aujourd'hui à propos des milliers de morts que l'humanité aura enterrés depuis février-mars 2020. Sans nullement dédouaner les deux guerres mondiales, on dira qu'elles n'ont pas poussé la cruauté jusqu'à imposer l'arrêt soudain de tout partout, et poussé des millions d'hommes, dans les deux hémisphères, à rester cloîtrés sous peine d'amende parce que l'ennemi invisible peut prendre possession de chacun et transformer chacun en une bombe tueuse et silencieuse. Comme toute guerre, les deux ci-dessus se sont conclues par la paix. Or la tragédie planétaire que nous subissons ne se conclura point par la paix puisqu'il n'y a pas guerre au sens accepté du terme. Mais les tourments actuels nous tendent, logiquement et non paradoxalement, une perche unitaire que, hélas, nous refusons d'ores et déjà de saisir, engoncés dans nos paradigmes anciens, sommaires, simplistes et tristes à mourir.<br class='autobr' /> ​Les peuples dont on se disait qu'ils mourraient les premiers et en masse semblent attendre encore leur tour. La science aurait voulu qu'on dépêchât chez eux des ‘‘experts'' pour étudier s'ils ont développé à leur insu quelque résistance naturelle au « mal qui répand la terreur ». Cette démarche, scientifique, eût peut-être aidé les savants à créer dans leurs officines un début de médicament-barrière. Or, au lieu d'entrer en dialogue avec ses peuples non encore frappés, on les fuit au motif que, de toute façon, ils mourront par ‘‘dizaines de millions'' car c'est ce qui leur arrive habituellement et qui leur arrivera donc nécessairement.<br class='autobr' /> ​En fait de médicaments-barrières, des tentatives existent, alignées ici dans leur ordre de présentation. L'APIVIRINE, d'origine subsaharienne, a été créé pour contrer le sida. Mais il se sera révélé possible antidote du covid-19 aussi. Dont acte. Le 20 avril 2020, le président malgache lance officiellement le COVID-ORGANICS, produit par les laboratoires de son pays à base de plantes naturelles parmi lesquelles l'ARTEMESIA, efficace, comme la chloroquine, contre le paludisme. Mais le COVID-ORGANICS est censé contrer le covid-19. Dont acte. Un président peut en cacher un autre. Juste après celui de Madagascar, celui des Etats-Unis reçoit des chercheurs de son pays, le 1er mai 2020, « l'autorisation en urgence pour le REMDESIR ». Il le présente officiellement. Sorti des laboratoires américains pour combattre la fièvre Ebola, le REMDESIR se sera révélé possible antidote du Covid-19 aussi. Dont acte.<br class='autobr' /> ​Ces trois propositions de médicaments auraient dû faire ensemble l'objet d'une étude comparée et d'une belle synergie contre un mal aussi inconnu que dévastateur. Au lieu de ce bel élan, des scientifiques nombreux crièrent au scandale, et qu'il fallait d'abord aller au fond des choses, et qu'il fallait d'abord faire tous les essais cliniques. Pendant que les uns meurent déjà par milliers et que les autres vont bientôt mourir par millions ? L'on aura observé que la troisième proposition aura été moins brocardée par les censeurs. Leur critique contre le REMDESIR sera restée évasive et discrète. Parce que le REMDESIR serait d'origine plus noble que l'APIVIRINE et que le COVID-ORGANICS qui l'ont précédé ?<br class='autobr' /> ​Si la réponse devait être oui, alors nous nous serons confinés et soumis aux gestes-barrières sans avoir reçu le message d'égalité et de solidarité que nous envoie le malheur qui nous frappe tous sans distinction aucune, message d'entraide mutuelle entre nous comme entre les cinq doigts d'une main qui, pour servir la nécessaire entraide, sont tous de taille différente. Créatures hautement intelligentes et conscientes, ‘'plus nobles que ce qui nous tue et qui n'en sait rien'', recevons de la tragédie planétaire la leçon de Refondation de nos vieilles vues étriquées et de nos regards fielleux fulminés sur l'autre, notre semblable. ​</p></div> Leadership américain dans la lutte mondiale pour vaincre le COVID-19 https://www.24haubenin.info/?Leadership-americain-dans-la-lutte-mondiale-pour-vaincre-le-COVID-19 https://www.24haubenin.info/?Leadership-americain-dans-la-lutte-mondiale-pour-vaincre-le-COVID-19 Tue, 28 Apr 2020 15:34:52 +0000 fr La Rédaction <p>Le leadership américain dans la lutte mondiale contre le Covid-19 s'inscrit dans la durée et dans la continuité de jours, de mois, et de décennies d'assistance. Chaque jour, une assistance technique et matérielle américaine supplémentaire arrive dans les hôpitaux et les laboratoires du monde entier. Ces efforts s'appuient eux aussi sur des décennies d'expertise, de générosité et de planification sans égales de la part des États-Unis. <br class='autobr' /> L'aide des États-Unis répond à des motifs altruistes, car nous pensons (...)</p> - <a href="https://www.24haubenin.info/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH73/arton25088-1b98e.jpg?1590755926' width='150' height='73' /> <div class='rss_chapo'><p>Le leadership américain dans la lutte mondiale contre le Covid-19 s'inscrit dans la durée et dans la continuité de jours, de mois, et de décennies d'assistance. Chaque jour, une assistance technique et matérielle américaine supplémentaire arrive dans les hôpitaux et les laboratoires du monde entier. Ces efforts s'appuient eux aussi sur des décennies d'expertise, de générosité et de planification sans égales de la part des États-Unis.</p></div> <div class='rss_texte'><p>L'aide des États-Unis répond à des motifs altruistes, car nous pensons que c'est la chose à faire. Nous agissons également de la sorte parce que les pandémies ne respectent pas les frontières nationales. Si nous pouvons aider les pays à contenir les épidémies, nous sauverons des vies à l'étranger et aux États-Unis.</p> <p>C'est cette générosité et ce pragmatisme qui font que les États-Unis ont été l'un des premiers pays à venir en aide au peuple chinois dès que des informations ont fait état d'une autre épidémie à Wuhan. Début janvier, le gouvernement des États-Unis a proposé une assistance technique immédiate au Centre chinois de contrôle des maladies.</p> <p>Notre réponse va maintenant bien au-delà de cet engagement initial. Depuis le début de l'épidémie de COVID-19, le gouvernement américain a engagé à ce jour une aide de près de 500 millions de dollars. Ce financement permettra d'améliorer l'éducation en matière de santé publique, de protéger les établissements de santé et d'accroître les capacités de laboratoire, de surveillance des maladies et d'intervention rapide dans plus de 60 des pays les plus à risque au monde.</p> <p>Notre assistance aide les gens dans les circonstances les plus difficiles. Par exemple, le gouvernement américain travaille avec des ONG pour livrer des médicaments, des fournitures médicales et de la nourriture au peuple syrien, y compris dans les zones contrôlées par le régime en place. En Somalie, l'assistance sanitaire et humanitaire d'urgence fournira un soutien et des fournitures en matière de santé afin de renforcer les activités liées à l'eau et à l'assainissement. Nous aidons nos amis de l'Afrique à l'Asie et bien au-delà.</p> <p>Notre pays reste le plus grand donateur en matière de santé et d'assistance humanitaire pour le développement et le renforcement de capacités à long terme face à des crises récurrentes. Ces fonds ont permis de sauver des vies, de protéger les populations les plus vulnérables aux maladies, de construire des établissements de santé, et de contribuer à la stabilité des communautés et des nations.</p> <p>L'Amérique finance près de 40 % des programmes mondiaux d'assistance sanitaire, à hauteur de 140 milliards de dollars d'investissements sur les 20 dernières années, soit cinq fois plus que le deuxième bailleur de fonds. Depuis 2009, les contribuables américains ont généreusement financé plus de 100 milliards de dollars d'aide sanitaire et près de 70 milliards de dollars d'aide humanitaire dans le monde.</p> <p>Cela inclut le Bénin, où nous avons soutenu la lutte contre le paludisme, renforcé les efforts pour améliorer la santé de la mère et de l'enfant, et répondu au besoin de planning familial. La semaine dernière encore, l'Initiative du Président des Etats-Unis contre le Paludisme a fourni deux millions de moustiquaires dans le cadre de la campagne de distribution de moustiquaires menée par le Ministère de la Santé, et elle finance actuellement un programme de pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide à effet rémanent dans six communes, ce qui permettra de protéger un million de personnes contre le paludisme.</p> <p>Dans le cadre de leur contribution annuelle de 25 millions de dollars à l'aide au développement au Bénin, les États-Unis forment des agents de santé communautaires et équipent les établissements de santé afin qu'ils puissent fournir des soins vitaux en première ligne de la maladie. Et l'Agence des Etats-Unis pour le Développement International prête également son expertise au Ministère de la Santé pendant la pandémie du COVID-19, partageant son expérience en matière de logistique de la chaîne d'approvisionnement, de renforcement des systèmes de santé et d'épidémiologie.</p> <p>Bien sûr, ce n'est pas seulement notre gouvernement qui aide le monde. Les entreprises, les ONG et les organisations confessionnelles luttent contre la pandémie à l'étranger, main dans la main avec leurs homologues. Ici, au Bénin, l'exportateur de ‘'sodabi'' Tambour, une compagnie qui appartient à des Américains, a réorienté sa production vers les gels désinfectants pour les mains destinés au marché local afin de répondre à la demande croissante. Des linguistes d'une université américaine ont collaboré avec une ONG béninoise exclusivement féminine pour produire une vidéo de prévention du COVID-19 en langue fon.</p> <p>Comme ils l'ont fait à maintes reprises, les États-Unis aident les autres lorsqu'ils en ont besoin.</p> <p>La pandémie du COVID-19 ne fait pas exception à cette règle. Nous continuerons d'aider les pays à mettre en place des systèmes de soins de santé résilients permettant de prévenir et de détecter les épidémies de maladies infectieuses ainsi que d'y réagir. Tout comme les États-Unis font du monde un lieu plus sain, plus pacifique et plus prospère depuis des générations, ils montreront la voie et vaincront notre ennemi pandémique commun, afin que nous en ressortions tous plus forts.</p></div> Il nous a été demandé de revoir, revenir sur le... https://www.24haubenin.info/?Il-nous-a-ete-demande-de-revoir-revenir-sur-le https://www.24haubenin.info/?Il-nous-a-ete-demande-de-revoir-revenir-sur-le Tue, 28 Apr 2020 08:00:00 +0000 fr Dg24h <p>Il nous a été demandé de revoir, revenir sur le système d'administration et politique colonial francophone en Afrique. Nous avons planché sur le sujet en duo avec le Pr Joseph Kizerbo, auteur entre autres d'une « Histoire générale de l'Afrique » et directeur éminent de l'ouvrage « La natte des autres », une invite au développement endogéne. Mais aussi, le contexte des soixante ans d'indépendance de bon nombre d'Etats africains invite à relever des évolutions de tout ceci, aujourd'hui, à l'an 60 des (...)</p> - <a href="https://www.24haubenin.info/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH110/arton25055-276ec.jpg?1590755926' width='150' height='110' /> <div class='rss_texte'><p><strong>Il nous a été demandé de revoir, revenir sur le système d'administration et politique colonial francophone en Afrique. Nous avons planché sur le sujet en duo avec le Pr Joseph Kizerbo, auteur entre autres d'une « Histoire générale de l'Afrique » et directeur éminent de l'ouvrage « La natte des autres », une invite au développement endogéne. Mais aussi, le contexte des soixante ans d'indépendance de bon nombre d'Etats africains invite à relever des évolutions de tout ceci, aujourd'hui, à l'an 60 des indépendances.</strong></p> <p><span class='spip_document_6202 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L500xH190/b627fefa-cc69-4d93-a6e4-07db83a5a974-e2d23.jpg?1590755927' width='500' height='190' alt="" /></span></p> <p> Le continent africain a connu et connait encore de nos jours un parcours parsemé d'embuches. Hier comme aujourd'hui, l'Afrique a sa progression perturbée, entravée d'aucuns ont parlé de régression. Après les traites esclavagistes arabes et occidentales, la colonisation mis « le continent sous le joug colonial qui est une forme singulièrement primitive de la domination de race » (Achille Mbembé). La décolonisation et ou les indépendances, l'Etat postcolonial renvoie pour sa part à la « situation dans laquelle se trouve l'Etat après l'indépendance. Cette époque est synonyme de sortie de la grande nuit » (Achille Mbembé). Et alors, le continent africain fut et est toujours à la prospection issues faisant de nombreux pessimistes : « Et si l'Afrique refusait le développement » (A Kabou) ; « L'Afrique noire est mal partie » (R Dumont) ; « L'Afrique de l'ouest, un adulte mal dans son âge : de la persistance de conflits politico militaires et de la pertinence de la piste fédérale » (M Kanté, 2010). <br class='autobr' /> Sommes-nous sortis du dictat colonial ? L'Afrique a-t-elle les coudées franches dans la conduite et la compétition qu'exigent les progrès ? Les règles du jeu ont-elles vraiment changé, évolué ? Les pouvoirs sont ils reflets des peuples ? C'est sans doute l'impasse et le dérèglement qui étaient plus considérables, alors, et se manifestaient par une stagnation ou régression sociale, économique, politique, environnementale…qui firent se délier tant de langues et suscitèrent les alertes de tant de disciplines et genres littéraires ou scientifiques.<br class='autobr' /> Pour traiter d'un tel sujet, nous allons d'abord étudier le système politique colonial français (avec comme principal auteur référent Kizerbo), puis jeter un regard sur l'Afrique présente, des indépendances d'où un avis sur l'état de la direction, de la conduite de notre continent.<br class='autobr' /> <strong>Le système politique de l'Etat colonial <br /><img src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1590753076' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Les colons en Afrique :</strong><br class='autobr' /> Le continent africain fut colonisé par des impérialistes européens de diverses nationalités, à travers des formulations et des procédés différents. Les anglais et les français eurent une présence plus importante, avec pour les premiers un système d'administration indirecte, pour les seconds un système d'administration surtout directe. Ces deux systèmes traduisent la culture et l'approche différentes entre ces deux peuples. Mais les colons furent aussi allemands, portugais, belges… <br /><img src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1590753076' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <strong>Le système politique colonial français</strong><br class='autobr' /> Quoiqu'exercé avec la participation des locaux, le système d'administration directe français connait une présence coloniale considérable, le blanc dans son poste ou par ses tournées délibèrent sur les relations et sur les exploitations. La France contrôlait en Afrique de l'ouest un territoire d'un seul tenant, qui égalait neuf fois sa propre superficie, soit cinq millions de kilomètre carré.<br class='autobr' /> Les territoires français furent d'abord regroupés en deux ensembles : L'AOF composée de sept puis de huit territoires, quand en 1919, le haut Sénégal Niger fut scindé pour constituer deux colonies (le soudan et la haute volta). Les autres étant le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée, la Cote d'ivoire, le Niger et le Dahomey. Les territoires de l'AEF constitués plus difficilement (Congo, Gabon, Oubangui Chari et Tchad) furent un moment confondus en une seule colonie, mais cette décision se révéla impraticable.<br class='autobr' /> Héritiers de la troisième république du régime autocratique de Napoléon3, les territoires sénégalais (St louis, Dakar, Rufisque et Gorée) avait une culture brassée par la présence ancienne du colon et ses écoles (Ponty…) d'où une érection en commune de pleine exercice de certaines de ces villes avec un statut de ‘'mieux considérés pour ces citadins''. De la, vient l'ambiguïté de la politique coloniale française qui errera entre l'utopie de l'assimilation aux mirages de l'intégration. <br /><img src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1590753076' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Les différentes modes d'administration coloniale française :<br class='autobr' /> Dans l'entre-deux-guerres, la France détient le second empire colonial, avec des possessions dans la plupart des régions du globe. À cette diversité géographique correspond également une diversité des modes d'administration coloniale : colonie, protectorat, mandat.<br class='autobr' /> <strong>La colonie</strong> est la domination politique d'un territoire par un autre État. On distingue les colonies d'exploitation (où la puissance coloniale administre le territoire mais sans qu'il y ait une implantation importante de population métropolitaine) des colonies de peuplement (où il y a une implantation importante d'une population métropolitaine). La France n'avait pas de véritable colonie de peuplement, à l'exception de l'Algérie.<br class='autobr' /> Le protectorat diffère de la colonie en ce que les institutions existantes sont formellement maintenues par la puissance coloniale. Celle-ci assure la gestion de la diplomatie, du commerce extérieur et bien sûr de la défense. Le protectorat est dans une certaine mesure, un mode d'administration coloniale indirecte. C'est le cas du Maroc par exemple.<br class='autobr' /> Le mandat est le mode d'administration coloniale consacré par la communauté internationale. En effet, le mandat est un territoire confié à une puissance coloniale par décision de la Société des Nations. Ces mandats étaient, avant la Première Guerre mondiale, des colonies allemandes ou des possessions de l'Empire ottoman. C'est le cas, par exemple, du Togo et du Cameroun, en Afrique de l'Ouest et centrale. <br /><img src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1590753076' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <strong>Les institutions de la colonisation française :</strong><br class='autobr' /> A la tête des colonies est le ministre des colonies, responsable de l'administration coloniale devant l'assemblée nationale. Celle-ci pouvait légiférer mais laissa surtout le ministre administrer par décret. Ce ministre fut très chargé car dirigeait aussi Madagascar et les domaines nord africains, asiatiques et américains de la France. Ainsi, le personnage clé fut donc naturellement l'homme qui, dans chaque fédération, était à la tête de l'administration : le gouverneur général, représentant et détenteur des pouvoirs du gouvernement de la république, il est ordonnateur du budget fédéral, maitre des forces armées et chef des services administratifs centraux de la fédération. Aucune loi, ni décret venu de France n'est applicable dans son secteur s'il n'en a pas fait la promulgation. Cette disposition lui donne pratiquement une sorte de droit de véto suspensif pour les mesures qui lui déplaisent. Le conseil de gouvernement qui l'assiste formé du secrétaire général de l'administration, du général en chef, du procureur général, etc…n'était qu'un organe consultatif. L'échelon inférieur est constitué par le gouverneur chef de territoire qui est la réplique du gouverneur général, avec son propre conseil consultatif. Le principe était que le gouverneur général gouverne et le gouverneur de territoire administre. Mais avec la distance, les services du chef lieu de territoire recevait des ordres de Dakar, puis de Libreville et Brazaville. Cependant, les ordres du gouverneur territorial étaient souvent les plus pressants. Le gouvernement conduisait le travail pratique par un réseau de commandants de cercle, ultérieurement secondé par des chefs de subdivision. Le commandant de cercle était réellement la cheville ouvrière de tout le système. C'est le maitre d'œuvre : juge, financier, ingénieur des travaux publics, agent de police et de sécurité, chef militaire gérant de greniers publics, inspecteur d'enseignement, agent sanitaire ou recruteur. Avec la distance c'était lui ‘'le vrai manitou de la Brousse''.<br class='autobr' /> <strong>La représentation, participation des colonisés</strong><br class='autobr' /> Il fut instauré un système de discrimination entre colonisés citoyens et colonisés indigènes. Certains noirs sortis de l'école du colon furent promus : maires, députés, représentants syndicaux…<br class='autobr' /> En 1937, un décret relatif à l'admission à la citoyenneté française énumère onze conditions nécessaires et renforce encore les dispositions antérieures. En fait, en 1937, en dehors des natifs des quatre communes, deux mille cinq cents africains environ seulement étaient « entrés dans la famille » sur quinze millions d'habitants… Ainsi, la grande majorité persista dans l'indigénat, qualifié de sujets. Ces indigènes connaissent des discriminations : accès interdit aux structures de premier choix, limitation dans les grades. Les conseils de notables indigènes, autorisés par le décret de 1919 n'avait qu'un rôle consultatif. D'autant plus qu'en 1910, le gouverneur général William Ponty déclarait que les autorités locales constituent un écran à supprimer : d'où la création de la chefferie traditionnelle « seul le commandant est responsable déclara le gouverneur général Van Vollenhoven. Le chef indigène n'est qu'un instrument, un auxiliaire » d'où une avancée suivie d'un recul.<br class='autobr' /> Cette limitation citoyenne s'accompagna d'arrestations et déportations de leaders surtout religieux : Alfa Yaya, Samory (Guinée), Ahmadou Bamba (Sénégal) Thierno Aliou emprisonné dans le camp des iles de Los. Malgré ce musellement, les résistances sont restées ininterrompues grâce à la religion, à l'implication dans les guerres mondiales, facteur d'éveil et réveil politique. Mais des acquis dans la lutte pour l'émancipation, notamment, en 1946 : loi Houphouet Boigny (abolition du travail forcé), loi Lamine Guéye citoyenneté à tous les ressortissants de l'union française, grève à Dakar et ailleurs, notamment, des cheminots ; création de l'association générale des étudiants africains de Paris, le besoin-recours aux tirailleurs africains, le panafricanisme militant furent entre autres des atouts ou arguments politiques décisifs.<br class='autobr' /> Sortie des mains du colon blanc, l'exercice autonome du pouvoir s'est révélé difficile au continent africain. Le système, les hommes, les voies, les objectifs, tout fut source de tiraillements. D'abord, la décolonisation se fit de diverses façons : Au nord, en Algérie, il a fallut des guerres de libération. En Afrique subsaharienne, Deguaulle proposa un référendum pour un oui ou non à un compagnonnage, communauté française en vue d'une indépendance ou pour une rupture, beaucoup optèrent pour ce compagnonnage en vue d'une indépendance ''totale''. La Guinée sous Sékou Touré se singularisa par un non motivé à la continuité avec le colon français. 60 ans après, certains invoquent toujours des suppôts et ou des mains baladeuses de l'occident sur le continent. D'où A Blondy : « la démocratie bananière finira par la guerre civile, port tribal, post colonial… ». Ainsi, quelque soit la modicité de ses moyens tout Etat africain devrait s'inspirer du maillage territorial colonial pour formuler une décentralisation inclusive où le centre aura des répondants, des relais partout. Et ce qui ne reste pas à dire mais demeure à dire, c'est ce que tous les prophètes et autres éclairés étaient venus dire : « Dieu lui-même ne change pas le sort d'un peuple qui ne s'y prête pas, qui ne s'estime pas ». Et donc, le destin du dessein africain sera par et pour les africains, aujourd'hui, les niveaux de formation sous tous les cieux se valent : « Salut Africa Mère ! » ( dernier vert de l'hymne du Sénégal écrit par Senghor)</p> <p><strong>P B Moussa KANE, doctorant aménagement-développement,<br class='autobr' /> DEA sciences PO, membre du groupe de recherche « les EDIFICATIONS » (UGB)</strong></p></div> Le développement multi qualifié entre discours, applications et quêtes : cas du Baol arachidier https://www.24haubenin.info/?Le-developpement-multi-qualifie-entre-discours-applications-et-quetes-cas-du https://www.24haubenin.info/?Le-developpement-multi-qualifie-entre-discours-applications-et-quetes-cas-du Sat, 25 Apr 2020 23:50:00 +0000 fr Dg24h <p>Les théories et discours sur le développement s'enchainent, s'enchevêtrent, se superposent au gré du temps, des lieux, et des objectifs poursuivis. En effet, le temps renouvelle les donnes et besoins, quand le lieu reste un déterminant colossal, alors que les objectifs, visées, préoccupations, défis sont souvent délibératifs. Hormis, cette théorisation du développement, aujourd'hui, multi qualifié, on parle de développement économique, communautaire, infrastructurel, humain, intégré ou endogène, mais de (...)</p> - <a href="https://www.24haubenin.info/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH110/arton25054-3369f.jpg?1590755927' width='150' height='110' /> <div class='rss_texte'><table class="spip"> <tbody> <tr class='row_odd odd'> <td>Les théories et discours sur le développement s'enchainent, s'enchevêtrent, se superposent au gré du temps, des lieux, et des objectifs poursuivis. En effet, le temps renouvelle les donnes et besoins, quand le lieu reste un déterminant colossal, alors que les objectifs, visées, préoccupations, défis sont souvent délibératifs. Hormis, cette théorisation du développement, aujourd'hui, multi qualifié, on parle de développement économique, communautaire, infrastructurel, humain, intégré ou endogène, mais de plus en plus, surtout chez nous de développement local, rural, communautaire, durable… Aussi, ces différents développements sont appliqués par divers services, planifications, selon des modes, modalités et méthodes différents comme leurs quêtes, actions et retombées engendrées. Ces pistes aux développements méritent aussi des évaluations quant à leurs applications pour échapper à la routine, déceler leurs avantages, limites, complémentarités, contradictions...Mais aussi, interrogeons nous, à quoi renvoient ou nous convient ces développements qualifiés, caractérisés, orientés ? Quel bilan en tirer chez nous ? Quelles postures, formulations et ou effets tiennent-ils dans le Baol arachidier ? Leurs visées sont elles en adéquation avec nos besoins ? Autant d'interpellations pour ne pas laisser se perdre ou se contrecarrer ces développements voulus sur mesures.</td></tr> </tbody> </table> <p><span class='spip_document_6201 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L500xH190/38186cb5-6d37-4319-9ed7-9b4b5373c508-72a77.jpg?1590755927' width='500' height='190' alt="" /></span></p> <p> La question du développement est un débat qui ne sera jamais dépassé. En effet, où qu'on soit, qui qu'on soit, quelque soit le temps ou la période pris en compte, les individus, les sociétés humaines ont toujours cherché un progrès quelconque environnant ou aboutissant au développement. Divers auteurs et théoriciens ont cherché à cerner le concept de développement voire guider, orienter et indiquer le développement. Et cela, qu'ils partent de la localité, du lieu ; d'un objet, d'une répercussion qu'ils jugent comme indicatif, considérable, quantitative ou qualitativement significatif. D'autres prennent comme référence : la visée, le but du progrès, de la prospérité, du développement pisté pour se prononcer quant à l'état, la nature ou le niveau de développement d'une entité donnée et ou quant à la suite à donner à une quête, une marche au développement. Et la thèse de Amadou S Diop (2007) : pluralité et logiques des paradigmes dans le champ des théories africanistes du développement, notamment, sous les angles idéologiques et épistémologiques est une autre ouverture du débat. Aussi, un autre docteur de l'université de St louis Fall s'interrogeait à travers le titre de son ouvrage : « Et si le développement était une chimère ? ». Les développements viennent souvent en réponse à un contexte bien déterminé. Dans ce sens, le développement a aussi une dimension éthique et sociale. C'est Sen, prix Nobel d'économie en 1999, qui a introduit la dimension éthique dans la notion de développement. Chaque homme a droit à la dignité. C'est le principe de la dignité de la personne humaine selon lequel : « un être humain doit être traité comme une fin en soi. Ce principe est fondamental dans le cadre de la coopération, car il impose le respect de l'autre, de ces différences, de ces valeurs. Malheureusement, il est souvent absent. ». La notion de « développement intégral de l'homme » pour sa part a été théorisée par le pape Paul VI dans son encyclique Populorum progressio (1967), dont on a célébré les 50 ans en 2017. « Le développement ne se réduit pas à la simple croissance économique. Pour être authentique, il doit être intégral, c'est-à-dire promouvoir tout homme et tout l'homme », y expliquait-il, citant le dominicain français Louis-Joseph Lebret pour qui « nous n'acceptons pas de séparer l'économique de l'humain, le développement des civilisations où il s'inscrit. Ce qui compte pour nous, c'est l'homme, chaque homme, chaque groupement d'hommes, jusqu'à l'humanité tout entière » (Nicolas Senèze, la croix, Rome, 2017).<br class='autobr' /> Donc, le développement est de plus en plus caractérisé, qualifié, orienté, localisé, cadré, encadré. D'où on parle de développement au plus petit échelon comme le développement familial, de quartier, communautaire. La famille étant considérée chez beaucoup comme le socle de la société. On parle aussi d'un développement sous perfusion pour désigner le grand apport de l'émigration et de l'informel souvent en expatriation. Le développement rural par une mise en valeur qu'elle soit paysagère, touristique, coopérative, agricole, notamment, avec apport de tous les équipements concourant à la promotion du rural. Le développement rural est chez nous aussi de moins en moins ruraliste, de plus en plus tourné vers la modernité. On peut constater un développement urbanistique, infrastructurel souvent une quête de confort des citadins, des ruraux aussi, un élan moderniste. D'autres pensent à un développement spirituel, idéologique, religieux, psychique…On peut également parler d'un développement organique, musculaire, morphologique pour faire une digression dans le champ médicinal. Le développement entrepreneurial est une propagation d'initiatives créatrices de revenus et d'emplois. Le développement économique prenant surtout en compte une sécurité économique avec des indicateurs comme le PIB/habitant. Aussi, le développement peut et doit souvent se référer à la réalité zonale et au niveau de vie des habitants d'où un développement idoine, approprié au besoin qu'on soit en milieu rural, périurbain, urbain ; au Nord ou dans le tiers monde et en cela Chappuis (1993-1997) fait une distinction : « les quatre monde du tiers monde », d'où un développement sur mesure. D'autres encore pensent le développement local que Souleymane Diallo dans son mémoire (2006) adapte, applique à l'urbain parlant de développement local urbain. Il est aussi de plus en plus question du développement coopératif, relationnel, en réseaux avec les ONG, les courtiers du développement (Georgio, 1994) pour mettre en relief cette voie très usitée de recherche développement surtout en zone rurale et où les acteurs sont des passerelles entre sociétés et institutions qui se soutiennent. Certains prudents pistent un développement endogène, intégré, propre car jugent ils plus perpétuel, plus autonomisant parce qu'ancré, enraciné : Madior Cissé (1992) par un écrit intitulé : développement à la base, scénario pour le présent « on ne développe pas, on se développe ». D'autres par une quête ou prise en compte plus ciblée pensent un développement générationnel et du genre. Quand pour leur part certains prospectivistes et futurologues pensent déjà un développement à venir, développement du futur selon les prévisions de tarissement de certaines réserves minières comme le pétrole d'où pour des besoins de durabilité, de dépollution…on parle déjà de voitures électriques, d'énergies renouvelables, de télé rendez vous et pensent à l'après développement, notamment, les sécurisations, les garanties et préservations nécessaires au développement.<br class='autobr' /> Dans les zones du bassin arachidier ancien comme assez récent avec la translation vers le sud du Sénégal due à la sécheresse, à la désertification, à la saturation démographique, à la baisse de fertilité des sols….quatre développements qualifiés font figure de voies au développement très vulgarisées : il s'agit du développement rural, du développement local, mais le développement communautaire qui se greffe entre les deux et du développement durable, aujourd'hui, très mondialisé. <br /><img src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1590753076' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <strong>Le développement rural « made in » Sénégal, représentations et pratiques :</strong><br class='autobr' /> Selon Jean Morize « le développement rural consiste à améliorer tout l'environnement de l'agriculteur, considéré comme le principal bénéficiaire. Il porte à la fois sur les routes, les villages, la santé, l'éducation et sur tous les services économiques et sociaux susceptibles d'améliorer non seulement la fonction productive, mais aussi le bien être social. » (Morize, 1992). Au Sénégal, le développement rural n'est pas loin de signifier le développement global ou intégral avec plus de 60 % de ruraux et une incidence immense du rural sur l'urbain. La quête de confort qu'est l'élan du développement en milieu rural sénégalais est un objectif réunissant des acteurs aussi nombreux que divers. Cet objectif réunificateur, entre aspirations populaires et mises en œuvre ou réalisations, est l'alibi à d'innombrables activités, au-dedans et en dehors des terroirs. L'ouvrage « développement rural » connait des architectes et manœuvres que sont les politiques, les organisations non gouvernementales, les bailleurs, les technocrates, les émigrés, les populations autochtones souvent en associations et fédérations…A cette diversité d'intervenants fait suite une multiplicité d'initiatives, de pistes au progrès.<br class='autobr' /> Pour beaucoup conjuguer le développement à l'espace rural équivaudrait à promouvoir les potentialités de l'espace rural en question d'où un développement intégré, endogène. Et là, les ressources de la terre, des cours d'eaux, de la nappe phréatique, du patrimoine paysager, mais aussi du ciel (avec notamment l'énergie solaire) donc de tout l'espace sont mobilisées et optimisées. De nos jours, le développement rural par les ressources de l'intérieur, intégré semble de plus en plus dépassé relégué au second plan pour laisser la place au développement inclusif qui ne connait plus de frontière. En effet, la majorité des bras valides du rural sont en émigration quelle soit journalière, une exode rurale, ou émigration à l'étranger plus longue. Et si sur les voies à arpenter pour l'ouvrage les actifs ne sont pas sur la même longueur d'ondes sur sa finalité non plus les impliqués ne sont pas d'accord. La corrélation ethnies et métiers, entreprises de développement dans le rural pour arguer d'une spécialisation ethnique s'estompe du fait de la multi activité, notamment. A Ngohé et Ndindy, le développement rural connait des évolutions dans ses voies comme dans ses exigences. Avec la rurbanisation où l'urbain et le rural s'imbriquent, force est de noter que le transfert de compétences se fait avec transfert de problèmes et de besoins.</p> <p><strong>Le développement local vu de chez nous :</strong><br class='autobr' /> Problématique de plus en plus actuelle, le développement local a fait l'objet d'une définition de la part des universitaires et autres experts en la matière .Cette définition du développement local de ces spécialistes passe généralement par son origine et contexte d'émergence, ses objectifs et son champ d'application. C'est ainsi que pour certains le développement local est apparu depuis les années 50 (John friedmann et Walter Stohr, développement endogène), tandis que d'autres le situent aux années 1960 (Wikipédia, l'encyclopédie libre) ; certains parlent des années 70 ; et la dernière datation est des années 1980 (Savey), érigé en accompagnement de la décentralisation. Pour Savey « l'entrée en crise » avec les changements intervenus dans le mode de production réduisent les capacités de l'Etat et la possibilité d'investissement dans le local, d'où la nécessité d'initiatives à la base pour suppléer l'Etat. Souleymane Diallo confirme cette logique secouriste : « nouveaux paradigmes, cadres d'analyses et d'intervention pour venir à la rescousse des économies européennes en proie à des difficultés ». (Pecqueur, 2000) plus explicite se situe aussi dans cette logique : « D'une manière générale, le développement local, sous ses aspects les plus spontanés décrit les modalités d'adaptation et d'initiative autonomes des producteurs de biens et services aux mutations profondes que connaît l'économie mondiale. Ce passage par une reterritorialisation des stratégies d'acteurs s'accompagne d'une mondialisation des échanges. Cela tendrait à démontrer, qu'aujourd'hui, l'internationalisation exige comme qualité première la capacité à s'adapter et innover, plus que la seule capacité à produire. Le territoire devient le creuset des mutations planétaires. Bref, le local et le mondial, sont les deux facettes d'un même mouvement d'ajustement ».<br class='autobr' /> André Joyal dans l'encyclopédie de l'Agora,1998-2009 voit en le développement local l'expression de la volonté d'auto prise en charge de son destin d'une population en face d'un monde globalisé, en parlant « d'approche volontariste » (Katalyn Kolosy,1997),s'accorde avec Joyal. Ce dernier explique aussi cette nécessité de prise en charge locale du fait d'un épuisement des ressources d'une localité et l'obligation de tendre vers « l'économie du savoir ». (Pecqueur, 2000) de poursuivre :« le développement local, c'est tout à la fois des politiques publiques (aide aux entreprises , aux créateurs d'activités, construction et entretien des réseaux de transport, de télécommunication, etc.) des décisions stratégiques (s'implanter dans une nouvelle région, investir dans la formation professionnelle, développer des recherches en partenariat avec une université, etc.) et un travail de mise en réseau ».<br class='autobr' /> Donc atouts à optimiser et contributions matériels et immatériels à gérer, le développement local a connu de nombreuses définitions, s'investir pour le progrès ou le confort dans son lieu d'habitat, est une œuvre citoyenne qui rassemble, normalement, la quasi-totalité des citoyens locaux. Le développement local pour beaucoup, chez nous, passe par le développement de l'habitat, le développement familial. Ceci entretient l'idée d'un développement local par le développement de soi. Aux efforts individuels et collectifs des populations s'ajoutent donc le concours des organes décentralisés de développement local. L'administration déconcentrée aussi pour sa part travaille à la gestion arbitrale du développement. Ces structures captent des partenariats et mettent en œuvre des politiques de développement territorialisé.<br class='autobr' /> Au de là des textes, entre la région de Diourbel et la commune de Touba, le développement local se vit différemment. Aussi bien dans ses objectifs, que dans sa mise en œuvre comme dans ses exécutants, les développements locaux de Touba et de Diourbel prennent des formes distinctes. En effet, Touba bénéficie du « coaching gagnant » des marabouts que Cheikh Guéye désignait par l'appellation de marabouts urbanisant. Si à Diourbel le développement local se pratique surtout par la mise à disposition d'infrastructures de base (réseau d'adduction d'eau, d'électrification, écoles, et récemment des routes et raccordements goudronnés…). A Touba avec plus d'envergure, en plus d'infrastructures de base, des édifices de prestige et religieux sont érigés sous l'instigation maraboutique et grâce, notamment, aux contributions des disciples mourides. Le développement local de Diourbel tourne autour du développement humain, agricole, un secteur informel expansif, industriel avec déclin de la SEIB, mais des organisations et associations diverses par exemple de producteurs. Pour Touba le développement local est religieux, touristique, urbanistique, commercial, associatif, informel, communautaire…<br class='autobr' /> A Touba, le développement local constitue un concept mis en application depuis des décennies et cela sous la houlette des khalifes généraux successifs. L'identification à l'espace toubien prenant même le dessus sur l'espace vécu du mouride, la Mecque du mouridisme catalyse toutes les attentions. Les mourides disséminés sur l'espace sénégalais et de par le monde, à travers des dons consentis directement aux marabouts, cotisations dans les dahiras et réponses individuelles ou collectives aux appels à investissement formulés par les marabouts, font continuellement Touba d'où le sens élevé de développement local mouride, à l'égard de la cité qui équivaut à travailler pour le cheikh fondateur. En effet, les grandes réalisations sur place portent la signature d'organisations mourides : La grande mosquée construit pendant 32 ans et en continuelle réfection. Et comme il est dit dans un rapport sur le développement local : « les associations confrériques ( dahira) ont financé la construction de structure de santé, des écoles , des bibliothèques, tant d'autres infrastructures communautaires… » Exemple de l'hopital Matlaboul Fawzaini construit par le dahira du même nom, le marché moderne construit par Serigne Saliou, ce dernier aurait eu à remettre une somme d'environ 20 milliards au président Wade pour la modernisation de la cité ». Les champs maraboutiques cultivés, récoltés, décortiqués ou pilés en groupe sont aussi l'expression de cet investissement populaire. Cette disponibilité populaire à la cause confrérique est vue par certains auteurs telle une déraison. Cependant la confrérie n'entretient aucune zone d'ombre sur son dirigisme économique. Devant cette synergie mouride, la fascination est l'état de bon nombre d'observateurs, c'est ainsi que Magassouba relève qu'en 1931 l'épidémie de la peste décima sans ralentir l'élan des mourides agissant sous l'injonction khalifienne. Par ailleurs, dans un pays où l'économie arachidière était naguère le moteur, les mourides étaient pour beaucoup dans ce succès : O'Brien parlait pour 1952/1953 et 1957/1958 d'un pourcentage de 25%, quand Irving Léonard Markovitz parle lui de 50%.<br class='autobr' /> Donc quoique, le communautarisme mouride va avec une solidarité intra confrérique donc disséminée, des réserves et critiques de ce tout pour Touba, sont aussi formulées par de simples sénégalais et même parfois mourides, qui constatant la désertion d'autres missions dans différentes localités, parlent plutôt d'un développement idéologique et non de développement local. Cette assertion est aisément défendable. Si le développement local implique, à la suite de l'initiative locale l'appui de l'Etat ; le développement local toubien fut suspecté par certains surtout depuis l'alternance de 2000 instaurant au pouvoir Me Wade disciple de la confrérie de prendre l'Etat en otage. Cela malgré que des voix neutres mettent en contre balance le poids démographique de la cité, deuxième ville du pays et l'importante contribution des mourides au développement de la cité. Ainsi, le développement local semble se particulariser selon un certain nombre de contexte. A Diourbel, le service de développement local est régional avec comme répondants les anciens CER (centre d'expansion rural) devenu CADL (centre d'appui au développement local) lesquels CADL ont pour une vocation plurielle abritant aménagiste, infirmier, enseignant...Même si de nos jours, ils ne sont pas toujours fonctionnels.<br class='autobr' /> <strong>Le développement communautaire</strong>, une satisfaction, une avancée par rapport à une ou des problématiques collectives de façon participative, communautairement découle d'un élan naturel du mouvement associatif, coopératif, des organisations communautaires. Il est proche du développement local par son caractère localisé, participatif, solidaire avec des apports publics comme privés. Chez nous il est plus présent en milieu rural et on peut le distinguer du développement local dans le sens où celui-ci est surtout à finalité locale, inclusive ; alors que le développement communautaire pour sa part implique du départ à la fin une adhésion, un défi populaire, partagé, communautaire solutionné de façon participative dans un espace social, d'où « un développement social territorialisé ». D'ailleurs, un auteur met en exergue cet enjeu partagé pour mieux cerner le développement communautaire : « l'existence d'un problème collectif, c'est-à-dire d'un problème commun à un ensemble de personnes, une population, une collectivité, ou une communauté, problème commun parce qu'il trouve ses racines et s'explique par un problème structurel ou d'organisation sociale, par définition donc « externe » à l'individu, même si celui-ci peut le vivre individuellement de façon différente de son voisin. ». Chez un autre auteur, la notion de développement des communautés fait référence à « un processus de coopération volontaire, d'entraide et de construction de liens sociaux entre les résidents et les institutions d'un milieu local visant l'amélioration des conditions de vie sur le plan physique, social et économique » (Chavis, 2000, cité dans INSPQ, avril 2002, p. 16). (Maurice Milhaud, 1962) pour sa part, s'en réfère à la méthode du développement communautaire : « La méthode du développement communautaire agit comme un stimulant de l'économie en augmentant le nombre des personnes ayant une occupation productrice, en leur donnant le moyen d'accroître leur rendement individuel et celui du groupe ».<br class='autobr' /> Dans le Baol arachidier, le développement communautaire, des communautés est pris en charge aussi bien par des institutions publiques que privées, mais des associations. Une responsable du service de développement communautaire déclare qu'ils sont présentement rattachés au ministère de la femme et de la famille et sont dans une discrimination positive vue la féminisation locale de la pauvreté. Ce service départemental du développement communautaire travaille en collaboration avec l'agence régionale de développement (ARD). Il appuie, oriente et coordonne avec ses services qui sont eux dans la matérialisation concrète. La structure gère un certain nombre de fonds (Fonds national de l'entreprenariat féminin, fonds national de crédit femmes finançant des projets…). Faute de moyens les OP sont peu soutenus par la structure. Toutefois, la structure travaille avec des projets comme PAFA, PALAM (le volet programme d'alphabétisation et d'apprentissage de métiers pour la lutte contre la pauvreté) dirigé vers les femmes et les jeunes. A travers ce projet, des écoles ont été construites dans 7 communes (école plus métier et possibilité de rejoindre le circuit classique). Aussi, des organisations de producteurs et autres associations de même que des ONG œuvrent dans l'action communautaire s'il le faut en secrétant des groupements qui sont dans les secteurs de l'artisanat, agricole, micro finance, élevage, de la transformation (céréalière, arachide, savonnerie), notamment. Des dahiras, mouvements religieux et rassemblements de migrants dotent leurs communautés en coopération avec des ONG ou par efforts collectifs des membres en forages, cases de santé, boutiques communautaires….<br class='autobr' /> <strong>Le développement durable</strong> est de nos jours très en vogue, notamment, avec l'urgence climatique motivée par les changements climatiques et les dégradations de l'environnement causés par une course aux profits. Il s'est donc agit de conscientiser, rationnaliser, sécuriser préserver, partager le développement. Avancer oui, mais surement et de façon inclusive. Pour un progrès ou avancée équitable et soutenable donc pérenne, l'expression sustainable development, traduite de l'anglais par « développement durable », un des développements orientés, qualifiés les plus inclusifs et actualisés, est selon de nombreux experts issue du rapport de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement, notre avenir à tous (appelé aussi rapport Brundtland, du nom de la présidente de la commission, Mme Gro Harlem Brundtland) : « Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. »(1987). Il est donc aujourd'hui de plus en plus question d'énergies renouvelables pour parer au tarissement de réserves minières, sortir de la pollution, induire plus d'équité dans les quêtes quotidiennes de progrès comme y invite le commerce équitable. Aujourd'hui, le développement durable s'appuie sur une vision globalisante et du long terme qui prenant en compte le caractère indissociable des dimensions environnementale, sociale et économique des activités de développement, ainsi que leurs interactions se fixe des objectifs rationalistes, écologistes voire humanistes. Avoir dans le viseur non plus seulement notre progrès ou bien être individuel mais celui de la globalité (des sociétés humaines, de leur environnement, leurs établissements, leurs descendances…) Le développement durable, une moralisation du développement est proche du développement humain car très inclusif quant aux paramètres pris en compte avec aussi un objectif d'équité.<br class='autobr' /> Au Sénégal, le développement durable fait l'objet d'une prise en compte inclusive, transversale, notamment, par les différents ministères de la république mais est surtout rattaché au ministère de l'environnement d'où une mise en exergue de sa dimension écologique selon nos spécificités locales : « En effet, pays sahélien, le Sénégal fait face à des défis environnementaux tels le changement climatique, la déforestation, l'épuisement, la pollution, l'érosion des sols, la préservation de la biodiversité mais de l'atmosphère dans un contexte d'exploitation minière mais d'exécution de grands chantiers…d'où des stratégies de résilience, de conservation, de dynamisation de nos divers régulateurs climatiques et environnementaux ; mais aussi des études préventives d'impacts environnementaux sont partout mises en branle. Il s'agit donc d'entrer de plein pied dans le modernisme et l'usus fructus de nos ressources sans en pâtir ni dérégler notre socle ou milieu » (in Les défis du développement durable à Diourbel, Moussa Kane, décembre 2019). Le bassin arachidier comme y renvoie son appellation est une zone à vocation agricole où le moteur principal l'arachide n'est plus à la hauteur (l'arachide au Sénégal, un moteur en panne ; Claude Freud, 1997). Ce recul agricole est à allier avec les dégradations environnementales : « Une des plus grandes manifestations de cette dégradation et rareté des ressources dans le bassin arachidier reste la végétation, le manteau végétal spontané était constitué par la forêt. Mais la mise en valeur agricole a peu à peu, réduit celle-ci à l'état de souvenir et le « déclassement » des forets à l'Est de Touba, afin de se concilier les marabouts puissants, ne fait que continuer une ancienne pratique » (J Copans, 1980). D'où il est question de remonter la pente de cette dégradation à causes multiples mais surtout physico climatiques tout en innovant et boostant les secteurs nouveaux palliatifs voire secouristes comme l'entreprenariat, l'informel, les coopératives, la transformation, le maraichage, les cultures de transition ce qui passera par une rétention optimisation des lacs pluviaux, mais la dynamisation de l'élevage, l'enseignement avec les récents établissements régionaux que sont l'université de Bambey et le lycée scientifique d'excellence de Diourbel.<br class='autobr' /> Le souci de durabilité du développement à Diourbel incite aussi à des mesures de protection civile car l'usine de la Sonacos avec des produits toxiques tel l'ammoniaque et une puissance électrique considérable a plusieurs fois été sources d'accidents tragiques dont : « celui du 24 mars 1992…la plus grande catastrophe chimique que le Sénégal ait connu …quarante-trois (43) morts et quelques 403 blessés »( Enquête), cela malgré une haie végétale de ‘'nim'' (azertica indica) la séparant avec la cité ouvrière. Mais aussi, l'usine Touba Gaz de Ngabou, moins ancienne fait l'objet d'une vigilance particulière quant à la conformité des pratiques avec les normes de sécurité et qualité en vigueur pour une telle entreprise. Tout cela sans perdre de vue les forts rassemblements populaires religieux à Touba et satellites invitant à plus de vigilance surtout avec des épidémies passées de choléra. Mais l'hygiène publique des places commerçantes pour une population dont les marchés sont les principaux employeurs.</p> <p> Pour le cas de Diourbel, l'agence régionale de développement (ARD) supervise projets et collectivités locales avec un budget plus considérable, notamment, le BCI (budget consolidé d'investissement). Ces diverses voies au développement parties de théories des chercheurs donc étayées sont testées, mises en œuvre par divers services et organes selon des planifications à travers des actions, réalisations et conseils visant le progrès, l'autonomisation d'individus, de localités et collectivités. Il importe de signaler que la géographie à travers son cercle de définition (sociétés, espaces, temps) définit, imprime une marque au développement. Toutefois, un fractionnisme excessif sans intercommunalité, ni démarche synthétique entre différentes voies, en plus non participatif, représentatif, adapté pourrait être contreproductif, notamment, avec des heurts entre logiques locales, nationales, globales. En effet, ici aussi, un arbitrage prioritaire de même que des préalables en termes d'habilitation, formation mais un accompagnement qu'est la transparence s'impose.</p> <p><i>P B Moussa KANE, doctorant aménagement-développement, DEA sciences PO, membre du groupe de recherche « les EDIFICATIONS » (UGB)</i></p></div> Covid-19 et agroalimentaire au Bénin https://www.24haubenin.info/?Covid-19-et-agroalimentaire-au-Benin https://www.24haubenin.info/?Covid-19-et-agroalimentaire-au-Benin Sat, 25 Apr 2020 10:23:46 +0000 fr Dg24h <p>(Par Roger Gbégnonvi) ​En confinement strict à son domicile, un Ministre de l'Agriculture d'un pays de l'UE, en télétravail et par visioconférence, donne une interview télévisée pour attirer l'attention de ses concitoyens sur deux urgences. 1.- La nécessité de s'adonner eux-mêmes à cueillir et à ramasser, travaux pour lesquels des travailleurs saisonniers venaient des pays alentour : le covid-19 empêche la libre circulation des personnes. 2.- La libre circulation des biens se poursuit, mais plus à haut (...)</p> - <a href="https://www.24haubenin.info/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH90/arton25050-afa7c.jpg?1590755927' width='150' height='90' /> <div class='rss_texte'><p>(Par Roger Gbégnonvi)</p> <p>​En confinement strict à son domicile, un Ministre de l'Agriculture d'un pays de l'UE, en télétravail et par visioconférence, donne une interview télévisée pour attirer l'attention de ses concitoyens sur deux urgences. <br class='autobr' /> 1.- La nécessité de s'adonner eux-mêmes à cueillir et à ramasser, travaux pour lesquels des travailleurs saisonniers venaient des pays alentour : le covid-19 empêche la libre circulation des personnes. <br class='autobr' /> 2.- La libre circulation des biens se poursuit, mais plus à haut débit, d'où nécessité d'aimer, voire de préférer, « les produits de notre agriculture ». Ce dernier point interpelle le Bénin. Au sortir du confinement ou s'il faut cohabiter dorénavant avec le covid-19 ou son fantôme, épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, l'accès aux vivres importés sera réduit, alors que l'accès à ceux du terroir sera sans restriction. Or pour être à disposition, il faut qu'ils soient en suffisance. Est-ce bien le cas ?<br class='autobr' /> ​Prenons le fonio cultivé au Bénin, au Burkina et au Niger. Sur un sachet de 1 kg dans un supermarché à Cotonou, on lit : « Farine de fonio. 100% fonio sain du Bénin. Céréale diététique sans gluten. Conseillée aux personnes qui souffrent du diabète et de l'obésité. » Le conseil, fondé sur l'absence de gluten, explique pourquoi la farine de fonio cultivé au Bénin se retrouve dans nombre de cuisines en Europe et en Amérique du nord en vue de confectionner bouillies, gâteaux, galettes, pain. Nourriture prophylactique à base de la farine de fonio. Son sachet de 1 kg coûte à Cotonou 2.500 f CFA contre 1.000 f pour le sachet de 1 kg de farine de blé, très répandue. Le Béninois peut aujourd'hui se procurer plus facilement la farine de blé importée avec gluten que la farine de fonio sans gluten. La production artisanale de cette dernière est cause de sa rareté sur le marché béninois. Mais s'il advenait que, pour cause de covid-19, la farine de blé devînt aussi rare que celle de fonio ?<br class='autobr' /> ​Prenons le riz consommé au quotidien par les Béninois. Pour un sac de 5 kg de « Riz de Natitingou, riz étuvé de montagne », il faut débourser environ 3.500 f CFA. C'est à peu près le même prix de base pour le sac de 5 kg des différents riz importés d'Asie. Or le prix du riz importé peut, sur tous les marchés du Bénin, être ramené à 3.000 f. Le riz que l'on trouve à acheter partout au Bénin est le riz importé. Seuls quelques patriotes, un peu visionnaires, recherchent le ‘‘Riz Nati'' ou ‘‘le riz des Collines'' (Savalou-Dassa), très peu répandus. Et si, pour cause de covid-19, le riz importé devenait aussi rare que le riz produit au Bénin ?<br class='autobr' /> ​Prenons le fruit que l'agro-pédologue Aziadomè Kogblévi n'a de cesse d'appeler « ce merveilleux FRUIT MIRACLE, un fruit pour diabétique ». Aussi petit qu'un grain de café. Il y a 70 ans, les écoliers dahoméens, avec 1 f CFA, s'en remplissaient la poche. Vous en croquez un, et tout ce que vous mangez après prend un goût sucré très aimable. Pas de diabète possible avec le ‘‘síslè''dit SYNSEPALUM DULCIFICUM. Et l'on n'a pas interrogé les autres vertus prophylactiques ni de ses feuilles ni de ses racines. Aujourd'hui, le fruit miracle et la plante ont pratiquement disparu de nos champs. Comment et, surtout, pourquoi ? Surpris et inconsolables, d'anciens Dahoméens, patriotes, partent en quête et finissent par retrouver comme un résidu de la plante et du fruit dans une brousse improbable d'Allada. Sans attendre les pénuries attribuables au covid-19, il faut ressusciter le synsepalum dulcificum.<br class='autobr' /> ​Du Dahomey au Bénin, nos gouvernements brandissent le flambeau jamais allumé de la vallée de l'Ouémé, aussi fertile, disent-ils, que la vallée du Nil, qui nourrit au quotidien des dizaines de millions d'Egyptiens et de Soudanais. Puisse ce temps de confinement imposé par l'invisible et intraitable covid-19 nous pousser à passer du discours au parcours vers un agroalimentaire béninois qui réduise de façon significative la dépendance du Bénin vis-à-vis de l'étranger. Tâche à laquelle nous invite aussi l'immodérée croissance démographique.</p></div> Regarder en face le covid-19 https://www.24haubenin.info/?Regarder-en-face-le-covid-19 https://www.24haubenin.info/?Regarder-en-face-le-covid-19 Sat, 11 Apr 2020 14:01:44 +0000 fr Dg24h <p>(Par Roger Gbégnonvi) ​Oui, dévisager le covid-19 bien qu'il n'ait pas de visage. Il n'est ni la ‘‘vapeur'' ni la ‘‘goutte d'eau'', dont Pascal dit que, malgré l'évanescence de leur présence, elles peuvent tuer l'homme, ne lui laissant que le loisir de se savoir « encore plus noble que ce qui le tue ». Mince consolation ? Non ! Ultime et sublime consolation. Or ni vapeur ni goutte, le covid-19 est absence présentifiée en psychose universelle, confinement mondial, cadavres étales. L'homme blessé, humilié. Mais (...)</p> - <a href="https://www.24haubenin.info/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH90/arton24866-4e72c.jpg?1590755927' width='150' height='90' /> <div class='rss_texte'><p>(Par Roger Gbégnonvi)</p> <p>​Oui, dévisager le covid-19 bien qu'il n'ait pas de visage. Il n'est ni la ‘‘vapeur'' ni la ‘‘goutte d'eau'', dont Pascal dit que, malgré l'évanescence de leur présence, elles peuvent tuer l'homme, ne lui laissant que le loisir de se savoir « encore plus noble que ce qui le tue ». Mince consolation ? Non ! Ultime et sublime consolation. Or ni vapeur ni goutte, le covid-19 est absence présentifiée en psychose universelle, confinement mondial, cadavres étales. L'homme blessé, humilié. Mais mort ou vif, il opposera au covid-19 la plus grande noblesse.<br class='autobr' /> ​Pas une noblesse de posture, mais une noblesse pour acter un monde nouveau, présentifié en vie et avenir mieux préservés, en joie mieux partagée, en bonheur mieux cultivé. Si le covid-19 avait une volonté, l'on voit bien qu'il la met à servir l'ignoble dessein de nuire et de détruire. L'homme a une volonté. Et par ces temps de terreur, de panique et de deuil, répandus par le covid-19, ce même covid-19 semble murmurer à l'homme : « Toi qui es conscient de toi-même, mets donc avec intelligence ta volonté au service de quelque noble idéal, au service du bien et du bâtir, au service de la tendresse. Ce sera, contre moi, ton geste-barrière le plus digne d'éloge. » L'homme relèvera l'ironique et cynique défi en rappelant à l'invisible ennemi que lui, homme, est, de toutes les créatures, le seul perfectible et qu'il l'abattra, lui, le sinistre adversaire, en cheminant vers la perfection, sa vocation spécifique, son but final. Car « Je suis maître de moi comme de l'univers :- / Je le suis, je veux l'être. » (Corneille). Et voici l'homme drapé d'une volonté lumineuse, résolument élévatrice.<br class='autobr' /> ​Elévation sans que, pour autant, l'homme élève les mains vers le ciel. Car « Gémir, pleurer, prier, est également lâche. / Fais énergiquement ta longue et lourde tâche / Dans la voie où le sort a voulu t'appeler, / Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler » (de Vigny). Sans parler. Un silence, pas ancillaire et soumis, mais seigneurial et fier. Héroïque. Car « Muet, aveugle et sourd au cri des créatures, / Si le Ciel nous laissa comme un monde avorté, / Le juste opposera le dédain à l'absence / Et ne répondra plus que par un froid silence / Au silence éternel de la Divinité » (Id). Un silence, pas ancillaire et soumis, mais seigneurial et fier. Héroïque. « Moi le roi, je veillerai seul » (Césaire). Et l'homme s'accomplit « juste » en s'en tenant aux « deux choses [qui] remplissent l'esprit d'admiration et de craintes incessantes : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi » (Kant).<br class='autobr' /> ​Et « la loi morale en moi » fait devoir à l'homme de ne s'en prendre qu'à soi. En effet, et c'est un paradoxe, « Les curieux événements qui font le sujet de cette chronique » (Camus dans ‘‘La peste'') conduisent l'homme accompli « juste » à respecter Dieu en ne Le rendant pas comptable des joies et des misères humaines, en ne l'implorant pour aucune faveur. Car si l'homme demande à Dieu, par exemple, d'éloigner de lui le covid-19 et que, nonobstant sa supplique et ses mains tournées vers l'empyrée, le covid-19 continue à semer la désolation, Dieu sera tenu responsable d'avoir permis le covid-19, et coupable de le laisser poursuivre l'immonde besogne. Non ! L'homme ne doit ni responsabiliser Dieu ni Le culpabiliser. Mais l'homme peut aimer Dieu. Simplement. L'aimer en toute honnêteté et lucidité. L'aimer en tant qu'Il est Le Très-Haut et Le Tout-Puissant, mais sans la gracieuse puissance d'éloigner de l'homme le covid-19, mais sans la disgracieuse puissance de créer le covid-19. Dieu est Dieu. Mais en plein covid-19 comme en pleine peste, il revient à l'homme, et à lui seul, de « faire quelque chose pour le bonheur » (Id). Pour le bonheur de l'homme et pour son progrès.<br class='autobr' /> ​Si l'homme pouvait avoir le covid-19 sous les yeux, s'il pouvait regarder en face le covid-19, il n'y aurait qu'un propos humain à lui tenir : « Toi virus, tu travailles pour le malheur et la régression ; moi homme, je travaille pour le bonheur et pour le progrès. »</p></div> A la poursuite d'un disparu Non, Kourouma : Allah s'est auto-obligé… https://www.24haubenin.info/?A-la-poursuite-d-un-disparu-Non-Kourouma-Allah-s-est-auto-oblige https://www.24haubenin.info/?A-la-poursuite-d-un-disparu-Non-Kourouma-Allah-s-est-auto-oblige Tue, 24 Mar 2020 12:00:00 +0000 fr Dg24h <p>Dans la lancée de ses œuvres : le soleil des indépendances, en attendant le vote des bêtes sauvages, par Allah n'est pas obligé, Kourouma revient avec un ton de raillerie, sarcastique, de dérision, de dépit voire de désolation pour nous narrer la vie navrante du petit Brahim, enfant soldat. Son bouquin est un reportage, une autopsie de ces conflits quasi idiots qui perduraient sur le continent noir. Le titre de Kourouma rappelle les propos de ce GIS, soldat américain dans le film les larmes du (...)</p> - <a href="https://www.24haubenin.info/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH110/arton24433-48bec.jpg?1590755927' width='150' height='110' /> <div class='rss_texte'><p><strong><br class='autobr' /> Dans la lancée de ses œuvres : le soleil des indépendances, en attendant le vote des bêtes sauvages, par Allah n'est pas obligé, Kourouma revient avec un ton de raillerie, sarcastique, de dérision, de dépit voire de désolation pour nous narrer la vie navrante du petit Brahim, enfant soldat. Son bouquin est un reportage, une autopsie de ces conflits quasi idiots qui perduraient sur le continent noir. Le titre de Kourouma rappelle les propos de ce GIS, soldat américain dans le film les larmes du soleil intervenant en Afrique et qui déclarait : « Dieu a quitté l'Afrique ». Un débat qui pourrait être complexe mais un rabbin du coin m'a dit : « par rapport à cette déclaration, Dieu a été longtemps, assez, et longuement clair ». Mais toujours, suivons, poursuivons le plaignant. </strong></p> <p><img src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1590753076' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <strong>Allah n'est pas obligé d'Ahmadou Kourouma :<br class='autobr' /> Sur le titre de l'ouvrage</strong><br class='autobr' /> Kourouma est connu comme forgeant des mots et expressions bàtards, mais aussi un ton de dérision voire sarcastique. Toutefois, par le titre Allah n'est pas obligé, on pourrait lui demander de quoi je me mêle ? Car usant d'un nom de Dieu propre à une religion, l'Islam dont il se réclame, on suppose lui-même. Pouvons-nous l'accuser de trafic d'influence ? Toutefois, quelque part, il arrive au vœu de tout écrivain qui est d'attirer voire capter l'attention sur son ouvrage. N'empêche après vérification, à travers les livres révélés. Où Dieu ou Allah, plus précisément, dit on, s'est prononcé : Allah ou Dieu n'est pas absentéiste, mais UN qui s'est auto obligé. Et même si dans le livre Kourouma se fait plus précis en ajoutant dans les affaires d'ici bas : donc Allah n'est pas obligé d'être juste dans les affaires d'ici bas. On pourrait lui opposer qu'Allah s'est auto obligé jusqu'à sa démission, certains dirons trahison. Et même en ce moment là, de fin du monde (si c'est la globalité qui est prise en compte). Selon ses engagements, Lui, le très haut (pour dire Allah). Il lui plaira de prendre des dispositions spéciales. Aussi, le recueil biblique renvoie aux châtiments décisifs du Seigneur à l'encontre des habitants de Sodome qui vivaient de sodomie et à l'arche de Noé qui devait exfiltrer les adéquats et laisser sombrer les pernicieux, quand le coran déclare : « la riposte de ton seigneur est redoutable ». Tout ceci est plus corroboré qu'une désobligation de sa part (si en tout cas l'on se base sur les écrits dits révélés, des religions révélées : Judaïsme, christianisme, islam…). En particulier, celui où il a tiré le nom d'Allah, le coran. Mais, toujours concédons-lui son jugement prenant en compte un quasi apocalypse avant l'heure ? Et aussi pas assez considérée, prise en charge par les sociétés humaines, alors. Donc, si on poursuit dans la logique du constat compartimenté de Kourouma et celle argumentée du coran et autres livres religieux, on pourrait ajouter que même dans l'au de là, Allah ne sera pas obligé, mais seulement auto obligé.<br class='autobr' /> Temps-contexte : Ecrit en 2000, l'ouvrage de Kourouma prend donc en compte surtout les années 90, où le continent était encore et surtout déchiré, miné, donc un peu partout en situation de sauve qui peut. Peut être même pourrait on dire, alors, la non assistance à personne en danger, avec une mise en danger de soi même ou réciproque, presque partout d'où un mal globalisant dans lequel, Dieu est questionné, reste à savoir si les hommes avaient fait leur part pour savoir pouvoir se fier au ciel.<br class='autobr' /> <strong>Contenu-thèmes</strong> : L'œuvre de Kourouma constitue un important témoignage à la compréhension, connaissance du déroulement des enjeux, des effets…Bref, de la réalité des zones en conflit, où le pire peut faire aussi, le petit plaisir de certains. En effet, quand certains fuient d'autres viennent profiter du désordre. Et le destin des enfants soldats, en l'occurrence du petit Birahim met le doigt sur le danger du désœuvrement de la jeunesse dans l'Afrique où elle est majoritaire. Les causes de tout ceci sont aussi explorées, notamment, la piste des ressources minières mais surtout d'une élite obscurantiste<br class='autobr' /> <strong>Enseignement-critiques </strong> : Kourouma montre que la désolation est une voie menant à douter de Dieu. Les frontières des zones en conflit constituent une équation à la stabilité avec l'affluence de trafiquants de toutes natures pour amener un surplus au conflit. Le retard d'une armée africaine se fait sentir. Le rôle joué par la communauté internationale se pose. Aussi, le ton insultant que peut prendre kourouma, même si reflet de la personnalité de son personnage principal ne mériterait il pas un avertissement en préambule ?<br class='autobr' /> Et si on devait jouer à proposer un titre, à retitrer l'ouvrage de kourouma, on dirait : La communauté internationale et africaine, un leurre, une supercherie.</p> <p><strong>Moise Kant, Critique en littérature</strong></p></div> De la subsistance à l'exode en passant par la commercialisation, la conservation et la transformation https://www.24haubenin.info/?De-la-subsistance-a-l-exode-en-passant-par-la-commercialisation-la-conservation https://www.24haubenin.info/?De-la-subsistance-a-l-exode-en-passant-par-la-commercialisation-la-conservation Sun, 22 Mar 2020 12:00:00 +0000 fr Dg24h <p>Pays encore majoritairement rural, le Sénégal, particulièrement, sa zone du bassin arachidier doit beaucoup au rythme de la campagne agricole qu'il soit fait de réussites ou ratés. A ce chapitre, une grande majorité des agriculteurs diourbellois avouent n'être pas concernés par la commercialisation car menant une agriculture de subsistance sur de petits lopins de terre. Ainsi, l'agriculture diourbelloise est de moins en moins incidente quant à la prise en charge des dépenses familiales annuelles. En (...)</p> - <a href="https://www.24haubenin.info/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH110/arton24436-414cb.jpg?1590755927' width='150' height='110' /> <div class='rss_texte'><p><strong><br class='autobr' /> Pays encore majoritairement rural, le Sénégal, particulièrement, sa zone du bassin arachidier doit beaucoup au rythme de la campagne agricole qu'il soit fait de réussites ou ratés. A ce chapitre, une grande majorité des agriculteurs diourbellois avouent n'être pas concernés par la commercialisation car menant une agriculture de subsistance sur de petits lopins de terre. Ainsi, l'agriculture diourbelloise est de moins en moins incidente quant à la prise en charge des dépenses familiales annuelles. En effet, nombreux sont les ruraux des campagnes diourbelloises qui ont pris le chemin des villes s'ils étaient venus hiverner car désormais beaucoup surtout les plus jeunes désertent les champs. Même si, la présente commercialisation est selon l'avis de nombreux acteurs du secteur d'une franchise inespérée quant aux prix appliqués si l'on sait que les pouvoirs fixaient des prix en dessous de l'offre des exportateurs et se permettaient de favoriser certains grands producteurs qui vendaient d'abord tout en actionnant la douane pour enrayer l'exportation (fait dénoncé alors dans les terroirs du bassin arachidier, notamment, par ce chef de village dans le Saloum). Toutefois, les usines se déclarent sous ravitaillées d'où des annonces de réduction des effectifs, quand les agropoles ou la transformation idoine à des fins de consommation locale et d'exportation semblent encore pas en mesure de décoller. La plupart des ruralistes et autres agronomes indexent l'équation de l'eau avec des pluies aléatoires et la nécessité de bassins de rétention mais d'une cartographie indiquant les potentialités sols-eaux de nos terroirs, ainsi qu'une procédure souple de mise à disposition temporaire des espaces cultivables au bénéfice des demandeurs pour arriver à mener aussi des cultures de contre saison et de transition. Et le processus précipité de désertion des campagnes et champs alors que notre productivité agricole est toujours à la traine, allié à une alimentation extravertie font dire à certains économistes que nous nous acheminons vers ‘'un statut quo'' et aux géographes urbanistes ou démographes que les concentrations humaines allant avec des entassements de besoins et conflits de survie sont nos perspectives les plus plausibles</strong>.</p> <p> Au Baol, dans le bassin arachidier, un peu partout au Sénégal, l'actualité est à la constatation-consommation des rendements et retombées agricoles en vue de la commercialisation et ou de la subsistance. Lors de cette évaluation, la majorité des producteurs diourbellois considèrent la saison passée meilleure que celle de cette année ce que corrobore les chiffres de la direction régionale de développement rural (DRDR) : Pour l'arachide en 2017-2018 (53 114t) et 2018-2019 (63 368t) ; même si pour toutes les deux saisons l'hivernage fut très tardif mettant l'accent sur la contrainte eau quant à l'agriculture sénégalaise. Les soubresauts de l'activité agricole dépassés se posent présentement l'équation de la gestion ou de l'optimisation des rendements. Sur ce dernier chapitre, nombreux sont les producteurs des terroirs diourbellois pratiquant l'agriculture familiale qui avouent ne pas être concernés par la commercialisation car ils mènent une agriculture de subsistance avec des moyens financiers, matériels et fonciers faibles. Les autres, particulièrement, les grands producteurs ou simplement ceux qui emblavent des surfaces à but lucratif ou permettant un excédent à monnayer constatent un prix supérieur à celui d'habitude fixé par le CNIA (210F mais cette année 250F). La question partout posée est de savoir : combien longtemps et comment, en s'appuyant sur les récoltes amassées arriver à résorber l'équation du quotidien ? D'où des stratégies et prospections-stratégies sont partout en branle.<br class='autobr' /> <strong>-La subsistance</strong> : Ils sont nombreux ceux qui cultivent à des fins de consommation personnelle, de subsistance (selon beaucoup d'enquêtés, les récoltes ne permettent pas une autonomie de 6 mois ; et des chiffres dans la région se basant sur le modèle de calcul des nations unies qu'est le taux de calories par personne, la méthode FAO, où pour chaque personne adulte, il faut 185 Kg par an. Par cette méthode, en 2018-2019, Bambey se retrouve avec 83,22°/°, Diourbel : 27,08°/°, Mbacké : 2,44°/° ce qui corrobore aussi une soudure). Il faut relever que la production peut être supérieure sur une zone, mais le nombre d'habitants important et ou l'inactivité, la concentration de la production font que les taux divergent. Cette majorité déclare faire avec une conjoncture difficile faite de saturation foncière, ils n'ont plus à leurs dispositions que des lopins de terre sans compter avec l'insuffisance des intrants (engrais, semences, pesticides). Mais aussi, du fait de la mauvaise pluviométrie, particulièrement, ces deux dernières années au Baol. N'empêche, toujours et surtout dans le milieu rural du bassin arachidier des repas à base de produits locaux sont encore de mise d'où on nous déclare que les récoltes permettent de tenir pendant quelques mois, notamment, avec des repas de base comme du Thiéré, Fondé, Lakh, Mafé, Ndambé… Même si, de plus en plus, les ruraux aussi penchent vers les produits alimentaires exportés surtout en terroirs wolofs.<br class='autobr' /> <strong>La Conservation</strong> : des carences à la conservation sont signalées dans beaucoup de zones où l'absence et la vétusté des sekoos et magasins de conservation fait se contenter de cases en paille où les aléas (insectes, poussières, pluies…) peuvent altérer les récoltes. Cependant, tant bien que mal certains après séchage des produits engrangés (arachide, niébé, bissap, mil, maïs…) conservent une bonne part de leurs productions à des fins alimentaires, d'attente de la période de rareté où les prix montent et donc où on a plus de bénéfice, mais aussi pour les besoins de reconstituer le capital semencier en vue de l'hivernage prochain, lequel capital semencier mérite une attention, particulièrement, en période de forte demande. Dans ce registre, nos prisons qu'on dits bondés de monde qui regarde le temps passé ou se bouscule à mort pourraient être installés dans les grandes vides rurales que comptent le pays pour que ceux-ci travaillent la terre à la reconstitution du capital semencier et à l'atteinte de l'autosuffisance alimentaire, sachant qu'ils sortiront avec une somme tirée de leur labeur pour savoir évoluer. Les résidus, herbes de niébé et arachide aussi ''Ngogne'' intéressent la conservation car permettant l'alimentation du bétail et le gain de devises participant à traverser la saison sèche.<br class='autobr' /> <strong>Transformation</strong> : Là est une question capitale. En effet, la transformation dans les normes standards avec l'emballage idoine est reconnue partout comme un besoin pressant qui doit s'accompagner de stratégies de commercialisation à l'intérieur du pays comme à l'extérieur avec surtout la diaspora mais les étrangers sachant que nos produits sont le plus souvent ‘'bio''. Cette nécessité mobilise maints acteurs, particulièrement, des GIE (groupements d'intérêts économiques) féminins (union des regroupements de producteurs agricoles de Diourbel, avec des savons et produits alimentaires ; la dame Ndiaye de keur cheikh avec des compléments alimentaires pour malnutris, la Dame Mbacké avec le thiéré local et autres produits céréaliers à Dendey de Mbacké, un groupement féminin de la FEGPAB… Mais aussi, de plus en plus, les grandes surfaces comme EDK font, aujourd'hui, la promotion de produits locaux tels les jus naturelles, sans compter avec la publicité délibérée ou déguisée ‘'Auchan'' qui a mis, un peu plus le doigt sur ce retard de nos productions souvent plus qualitatifs que ceux exportés à intégrer les grandes surfaces. En effet, Auchan ne devait pas nous être une entrave mais une opportunité permettant à nos produits bien transformés de circuler dans les grandes surfaces à l'intérieur comme à l'extérieur du pays. Le pain dont le prix était en débat est jugé meilleur avec les céréales locales surtout si avec une production nationale importante, le cout peut baisser. Dans cette perspective de la transformation, désormais, partout pistée en Afrique : les ivoiriens parlent de l'industrialisation une nécessité pour tous. Au Sénégal, des agropoles sont annoncés à cette fin. L'agropole de la zone Sud plus pluvieuse et avec d'importantes filières fruitières (mangues, anacardes, citron…) mais céréalières et légumineuses est annoncé comme le précurseur. Ce besoin, on ne le dira pas assez d'aller vers la transformation selon les normes standards de conservation et d'emballage est une quête commune de plusieurs organisations, structures, individus qui devraient se mutualiser pour secréter des résultats considérables en termes de qualité et diversité des produits allant avec une stratégie de diffusion, propagation, publicité, dégustation, marketing visant le local comme le global. Ainsi, après une bonne intégration des marchés locaux et extérieurs, ces acteurs labellisés pourraient se subdiviser en différentes unités agroalimentaires. Ainsi, nos jus naturelles, nos céréales et légumineuses seront plus représentatives et les rejoindrons dans nos comptoirs commerciaux des amuses gueules ou desserts en voie de disparition et eux aussi respectant les normes conservation-emballage, exemple : Ngato guerté, Ngato coco, Ngato oul, Ngato sidem, Popcorn, Mbouraké…<br class='autobr' /> Dans cette perspective, l'ITA (institut de technologie alimentaire), structure sénégalaise fondée après les indépendances, logé à hannes maristes, peu connu du grand public, cela malgré une importance voire un impératif pressant de sa proposition ou contribution au développement agro-alimentaire du pays. L'apport de l'ITA vient à la suite des récoltes, dans la quête de la transformation et conservation selon les normes de qualité en vigueur. En effet, dans un monde mondialisé et modernisé, la production primaire est de moins en moins compétitive et conservable sur le marché local comme global, d'où une nécessaire technicité à adapter, vulgariser, structurer pour déboucher sur des PME, usines….idoines et compétitives, là réside l'intérêt prometteur de l'ITA.<br class='autobr' /> Et, c'est quasiment un consensus chez la plupart des quêteurs ou promoteurs du développement territorial quelque soit son qualificatif : local, rural, communautaire, intégré…que celui ci devrait et même ne saurait subvenir que des potentialités propres à son milieu pour prétendre se concrétiser et se pérenniser. Aussi, le rural sénégalais connait de nos jours une agriculture à performances ou rendements inconstants (sont indexés des facteurs physiques, politiques, économiques, et sociaux) n'empêche, il connait des périodes ou campagnes de forte productivité, d'où une abondance à optimiser, perpétuer, partager, propager, rentabiliser… Ceci est d'autant plus fondé que le référent des politiques de développement actuel au Sénégal, le PSE y convie. Structuré en laboratoires et ateliers dont ceux : de phytosanitaire, de biotechnologie, de mycotoxine, de nutrition, de fruits et légumes, de produits d'élevage, de produits halieutiques, de céréales et légumineuses…visant séparément et ensemble la conservation, la qualité, mais la transformation en produits finis, consommables des productions agricoles locales. Cette conservation et transformation selon les normes de qualité par l'ITA, incluant date de péremption et emballage lui ont valu des satisfactions avec, notamment, l'accréditation du laboratoire mycotoxine compétent en ce qui concerne l'aflatoxine, substance cancérigène secrétée par la graine d'arachide.<br class='autobr' /> Coté transformation, il a à son actif, un conditionnement conservable et qualitatif d'importantes denrées alimentaires du bercail. Aussi, l'ITA compte un incubateur et un centre de formation aux métiers et techniques de l'agro-alimentaire, fer de lance de la structure. Ces compétences de l'ITA constituent une réponse adéquate aux besoins de producteurs agricoles diourbellois et permettra à ceux-ci de résorber un gap, inclure un chainon manquant à leur labeur. En effet, face aux bradages, au pourrissement, à la trituration manuelle de l'huile d'arachide sans prise en compte des normes hygiène-qualité-conservation, au désaveu de l'agriculture surtout chez les jeunes, la jonction OP diourbelloises, ITA, plateformes commerciales, grandes surfaces…permettrait : d'augmenter la rentabilité de l'agriculture, d'effectuer des réserves de soudure et semencières, de promouvoir la transformation des produits agricoles, de dynamiser la commercialisation des produits agricoles bruts comme transformés. Ce ‘'consommer local'' en perspective, au de là d'être source d'emplois et de devises, sera aussi facteur de bien être sanitaire car selon beaucoup de nutritionnistes les produits agricoles locaux ayant poussé et persévéré dans le local confèrent une plus grande résistance aux maladies du lieu, sans compter avec le fait qu'ils sont ‘'bio''. Disons, une éclosion de PME coopératives au Baol, où le déclin de la SONACOS cause un vide, mais aussi un test pour les agropoles annoncés.<br class='autobr' /> <strong>La commercialisation :</strong> Au chapitre de la commercialisation, ce qui pourrait être qualifié de pittoresque est que les points de commercialisation dits officiels sont quasiment tous non fonctionnels, désertés, les agriculteurs ou opérateurs ont établi leurs propres points de vente ou d'achat que ce soit au marché (surtout les jeudis, jour de marché hebdomadaire), mais aussi dans les marchés ruraux eux aussi plus dynamiques les jours de foirail. Dans ces places le décor est fait de balance, de sacs d'arachide en coque entassés, de ruraux, de charrettes, de camions, mais des opérateurs. C'est le cas de la devanture du marché Noumbé Diop et de son arrière, des marchés hebdomadaires de Ndindy et Ngohé, mais surtout Gare bou ndaw de Touba qui comptent des unités de trituration, des groupements de décorticage. Les intervenants dans cette commercialisation sont divers : producteurs ; opérateurs exportateurs, notamment, chinois ; Usines, Etat…Les autres productions agricoles telles : la pastèque, le niébé, le mil… sont logés dans le coin des vendeuses rurales ou au ‘'Sindica'' pour les fruits. Un constat est que l'arachide arrive maintenant plutôt au Baol, si on sait que dans les temps à St louis dés environ le mois de Mai les arachides humides ‘'guerté bou toy'' jonchaient le marché d'où une plus grande connexion des marchés et réseaux commerçants. Il est aussi à signaler que les usines locales déclarent un faible approvisionnement que les autorités locales chercheraient à combler par arrêt de l'exportation quand les syndicalistes dénoncent des licenciements ou réductions d'effectifs, mais aussi vétusté du matériel. Ce qui est à relever est que les prix de l'arachide institués depuis à 210 F par la CNIA est passé à 250F avec l'offre chinoise et même les prix sont allés à un moment à 300f surtout du coté des vendeurs détaillants. Toutefois, un doyen du mouvement coopératif se méfie des chinois qui avance t'il sont capables de sous évaluer la quantité lors de la pesée pour faire semblant d'être les mieux disants d'où prévient il les points de collecte officiels devraient être respectés. <br /><img src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1590753076' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <strong>L'après produit agricole ou saison sèche : </strong> Sortis de la campagne agricole avec ses préalables, étapes, retombées, la plupart des ruraux du bassin arachidier que ce soit dans les villages de Louméne, Dankh, Thiébo, Patar, Mbaaye mbaye, Taiba moutoupha…sont dans l'amortissement de la pente qu'est la longue saison sèche sahélienne. Et l'exode et ou l'informel sont des réponses les plus partagées. Avec une pluralité de trajectoires ou pistes-solutions, jeunes, femmes, de même que les hommes selon leurs moyens, leurs zones de résidence ou de chute gèrent le quotidien en cherchant à s'autonomiser mais aussi à fournir à ceux restés aux arrières un soutien quelconque. Comme nous l'affirment ces autorités locales : « dés qu'ils vendent, ils achètent des animaux, de petits ruminants, mais surtout les jeunes vont vers Dakar. Ils sont nombreux ceux qui sont : docker, bonnes, lingères, manœuvres, ambulants à Dakar, Touba, Kaolack, Gambie…Certains éleveurs circulent pour profiter des pâturages, mais cette année, ils sont surtout de la zone, en ce moment à Djoloff y a de l'herbe. Ici, restent surtout quelques travailleurs et vieux qui gardent le domicile, ceux qui vont en ville c'est aussi surtout ceux qui n'ont pas de troupeaux. Y a aussi certains jeunes dans l'arrosage maraicher à la périphérie ou comme ouvriers agricoles ''sourga'' plus loin. »<br class='autobr' /> Le constat d'une telle donne invite à plus convoquer l'intelligence économique mais territoriale dans nos politiques, planifications, projets pour le développement rural et global.</p> <p><strong>P B Moussa KANE, doctorant aménagement-développement, membre du groupe de recherche « les EDIFICATIONS » (UGB)<br class='autobr' /> </strong></p></div> Les migrations, un phénomène de plus en plus dégradant, de moins en moins valorisant : https://www.24haubenin.info/?Les-migrations-un-phenomene-de-plus-en-plus-degradant-de-moins-en-moins https://www.24haubenin.info/?Les-migrations-un-phenomene-de-plus-en-plus-degradant-de-moins-en-moins Sat, 21 Mar 2020 12:00:00 +0000 fr Dg24h <p>La migration, une donne mondiale considérable et persistante, à motivations diverses, même si le plus souvent économiques, est une des options les plus partagées dans le Baol arachidier, terre des modou modou. Phénomène historique, les migrations restent un paramètre qui a, notablement, droit d'être pris en compte tant pour les zones ou pays émetteurs que les pays ou zones récepteurs. En effet, les migrations internes à un pays sans compter avec celles au sein du continent, mais aussi intercontinentales (...)</p> - <a href="https://www.24haubenin.info/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH110/arton24435-98f50.jpg?1590755927' width='150' height='110' /> <div class='rss_texte'><p><strong> La migration, une donne mondiale considérable et persistante, à motivations diverses, même si le plus souvent économiques, est une des options les plus partagées dans le Baol arachidier, terre des modou modou. Phénomène historique, les migrations restent un paramètre qui a, notablement, droit d'être pris en compte tant pour les zones ou pays émetteurs que les pays ou zones récepteurs. En effet, les migrations internes à un pays sans compter avec celles au sein du continent, mais aussi intercontinentales où l'occident, particulièrement, l'Europe est regagnée, s'il le faut par des embarcations de fortune sont très en vogue. Toutefois, entre les naufragés de l'océan, les persécutés du désert, les refoulés des charters, les désabusés par une insertion laborieuse, les impactés par une conjoncture occidentale morose…Aujourd'hui, le phénomène invite à un diagnostic franc, à sa réinvention, à son encadrement et orientation pour le bien de tous.</strong><br class='autobr' /> Les mouvements de population et recompositions des activités et de l'espace, et/ou insertion constituent un phénomène historique et mondial, mais toujours d'actualité. En effet, les mouvements de population regroupant émigration, immigration, migration selon (le petit Robert, 1994) ; ou évolution, déplacement d'un groupe de personnes (Dictionnaire Universel, 1995), sont souvent suivis d'un effort d'adaptation physique et intellectuel de la part des populations déplacées, disons d'une tentative d'insertion. En vu d'être acceptées par les hommes et le milieu, et d'optimiser l'exploitation du lieu occupé, ces populations recomposent, reconstituent, réorganisent les activités et l'espace. Cette recomposition n'est autre chose qu'une quête de la meilleure formule pour exploiter les potentialités du lieu avec le plus de profit possible, et la nécessité d'une prise en compte de l'intérêt des différents usagers afin de garantir l'équilibre social. Ainsi, à la suite de déplacements à motivations diverses mais le plus souvent éminemment économiques, les hommes cherchent à remodeler ce qu'il est possible d'améliorer dans l'espace quitté (ceux qui sont restés) et trouvé (lieu de destination) ; mais aussi à se plier aux conditions du milieu par un esprit d'ingéniosité perceptible dans leurs entreprises et activités de développement.<br class='autobr' /> <strong>Les migrations dans le monde et chez nous : Constat…..</strong><br class='autobr' /> Un survol du phénomène migratoire mondial, à travers, des données de l'ONU confirme l'ampleur et l'inclusivité du fait : « Plus de 258 millions de personnes dans le monde ne vivent pas dans leur pays de naissance. Ces migrants internationaux représentent plus de 3,4% de la population mondiale. D'après les Nations unies, en 2017, le monde comptait 258 millions de migrants internationaux, c'est-à-dire des personnes installées dans un pays différent de celui où elles sont nées. Ces dernières ne représentent qu'une faible part de la population mondiale : environ 3,4 %. Leur nombre progresse, il est ainsi passé de 220 à 248 millions entre 2010 et 2015 (+2,4 % par an en moyenne). En 2017, sur les 258 millions de migrants internationaux dans le monde, 106 millions sont nés en Asie. L'Europe est la région de naissance du deuxième plus grand nombre de migrants (61 millions), suivie par l'Amérique latine et les Caraïbes (38 millions) et l'Afrique (36 millions).<br class='autobr' /> Les réfugiés, estimés à 25,9 millions en 2016, représentent seulement 10 % des migrants internationaux. La plupart (82,5% des réfugiés) vivent dans des pays en développement. » (Balises, Bpi, 2016). Aussi, il est à relever que la plupart des migrants ne vont toujours loin, le déplacement vers les eldorados n'est pas toujours facile : « L'écrasante majorité des personnes qui migrent le font à l'intérieur de leur propre pays. Le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) estime qu'il y aurait 740 millions de migrants internes dans le monde. Les migrants internationaux représentent eux 200 millions de personnes, soit 3% de la population mondiale. Le nombre total de migrants internationaux s'est accru ces dix dernières années, passant d'environ 150 millions de personnes en 2000 à 214 millions de personnes aujourd'hui. En revanche, le pourcentage du nombre de migrants par rapport à la population mondiale est resté stable ces cinquante dernières années…. En réalité, seules 37 % des migrations dans le monde ont lieu d'un pays en développement vers un pays développé. »<br class='autobr' /> Toutefois, le magasine, (Balises, 2016) avance que : « l'Union européenne est confrontée à l'une des plus importantes crises migratoires de son histoire récente. Avec plus de 850 000 arrivées par la mer en 2015, la Grèce et l'Europe ont fait face à des déplacements de populations inédits depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ». Par ailleurs, une féminisation insoupçonnée est relevée : « Aujourd'hui dans le monde, un migrant sur deux est une femme : phénomène peu connu, cette féminisation des migrations est devenue particulièrement visible depuis la crise de l'été 2015 et l'arrivée de nombreuses réfugiées syriennes. » (Bpi, 2016). Dans ces candidats au départ, certains sont contraints : « A travers le monde aujourd'hui, un être humain sur 122 est un réfugié, un demandeur d'asile ou un déplacé interne. Soit 4 fois plus en 4 ans. En 2014, chaque jour, quelque 42 500 personnes ont été dans l'obligation de se déplacer, pour cause de guerre, de conflit ou de persécution. » (Bpi, 2016). La destination européenne est très convoitée même si les Etats unis jugés moins accessibles connaissent un plus important nombre d'immigrants : « Les États-Unis restent le pays qui abrite le plus grand nombre d'immigrés, 49,8 millions, soit un sur cinq, loin devant l'Arabie saoudite et l'Allemagne (12,2 chacun), la Russie (11,7 millions), le Royaume-Uni (8,8), les Émirats arabes unis (EAU) (8,3) et la France (7,9). » (Bpi, 2016)<br class='autobr' /> Si on se réfère à l'ouvrage de Dramani (Dividende démographique et développement durable au Sénégal, 2018), on a un aperçu des taux migratoires sénégalais et de leurs soubassements : « Selon l'OIM, les immigrants internationaux durée de vie sont au nombre de 263 242 et représente 1,9 °/° de la population totale résidente. Ils sont constitués en grande partie par des hommes 53°/° et la plupart sont des sénégalais de retour (46°/°) et des étrangers originaires de l'Afrique de l'ouest 47°/°. La région de Dakar accueille un peu plus de la moitié des immigrants internes durée de vie. Concernant les sorties, les sénégalais qui ont émigré ces cinq dernières années sont prés de 585 000 représentant 4°/° de la population résidente. C'est essentiellement une migration de travail. En effet, la majorité des émigrants sont en âge de travailler et parmi ceux-ci on compte plus d'hommes que de femmes. Aussi, le travail constitue t'il le principal motif de migration pour 73°/° de la population émigrante. Leurs destinations principales sont l'Afrique en premier, suivie de l'Italie, de la France. On observe aussi qu'une proportion non négligeable de migrants part pour des raisons d'étude 12°/°. » (Dramani, P.732)<br class='autobr' /> <strong>Plus localement, ce cas de figure de déplacements de populations a été noté presque partout à travers le monde</strong>, ainsi nous pouvons prendre exemple dans différents continents, pays du monde pour en dégager des enseignements éclairants :<br class='autobr' /> Aux Etats-Unis d'Amérique, on a connu vers 1820, un afflux de population européenne, dont une bonne partie installée dans le sud du pays et essentiellement composée de planteurs (les southern planters) (.J C Chesnais, 1999 ; George R Ryskamp, 2004). Aussi, dans le sud des Etats-Unis, vers les XVII éme et XVIII éme siècles, le système des plantations impliquait une main d'œuvre servile, les esclaves africains, déportés, estimés à environ 1.500 000 habitants (Pap'Ndiaye, 2005). Un autre cas de mouvement de population, avec ses implications en termes de remodelage de l'espace et d'adaptation humaine, est notable en Israël. En effet, sur cette « terre promise » l'affluence humaine, dés l'indépendance en 1948, est à l'origine d'une dynamique spatiale et économique faisant d'Israël l'Etat imposant, qu'il est, où la logique sécuritaire prévaut sur toutes les autres dimensions de l'aménagement spatial et aussi avec une ingénierie reconnue, notamment, en agronomie avec la valorisation du désert, particulièrement, grâce au système des gouttes à gouttes (M. Sicron ; Jean Gottmann, 1951).<br class='autobr' /> En Asie, dans l'Himalaya central (népalais et indien), les populations en majorité sédentaires entreprennent des migrations à la recherche d'un mieux être, face aux contraintes et mutations locales. Et tout ceci a débouché sur une recomposition des territoires villageois (Joëlle Smadja, 2005). En Afrique, au Cameroun, les bamiléké constituent un exemple de population mobile, avec un dynamisme économique facteur d'une réorganisation spatiale. Le pays Bamiléké connaît à la fois les deux mouvements migratoires : immigration et émigration. En ce qui concerne l'immigration, elle date du XVI éme siècle et se poursuit aujourd'hui encore : « L‘occupation humaine du territoire s'est faite par vagues successives du XVIe au XVIII éme siècle. Elle a abouti à la création d'une centaine de chefferies, de taille modeste (entre 10 et 500 km2 de superficie). » (JEAN-MARIFEO TSING, 1994). Cette immigration d'un peuple d'agriculteurs sur des terres fertiles a abouti à un surpeuplement du terroir, « Les pentes, peu étendues, sont recouvertes de sols volcaniques fertiles. Le climat est particulièrement salubre » (Suchel, 1989). L'élevage aussi y trouve son compte avec des graminées (Sporobolus capensis, Penniseturn clandestinum...). Aussi l'attrait de la zone faisant son effet, l'accès à la terre devient de plus en plus difficile car l'espace est saturé ( JEAN-MARIFEO TSING, 1995 ; Y. MARGUERAT ; Célestin Kaffo, 2005 ; Aristide YEMMAFOUO, 2006…) ceci cumulé à une dégradation des cours des cultures de rente (café et cacao principalement) débouchent sur une crise au pays bamiléké. L'émigration cause de cette saturation est aussi indiquée en bonne place parmi les solutions préconisées à cette crise sur les lieux. Les bamiléké ressemblent par là aux peulhs sénégalais, « manganes » se basant sur la ressource naturelle du milieu, sont des nomades. D'autant plus que cette émigration est une tradition en pays bamiléké : « L'émigration a débuté dans les années 1910, époque où les Allemands créaient leurs premières plantations dans le Mungo au Cameroun, région adjacente au pays bamiléké. Ils y ont proposé leurs services comme ouvriers agricoles dans les plantations de cacaoyers et de caféiers des colons européens aussi bien que des agriculteurs autochtones » (C.A. BRENNER, H. FOUDA, J.M. TOULOUSE, 1990). Ces deux mouvements opposés, que sont immigration et émigration se poursuivent aujourd'hui encore avec diverses implications notamment spatiales. Les espaces d'anciennes caféicultures reconverties en maraîchage sont disputés : « La course aux espaces de substitution à la caféiculture est amplifiée par le retour à la terre des migrants qui n'ont pu s'insérer dans les villes, elles aussi en crise » (Gubry et al, 1996 ; Kamga, 2002). On assiste à de fortes disparités démographiques sur le territoire : « Les plus fortes densités en 2005 sont supérieures à 600 hab. /km (Batcham), tandis que les plus faibles sont inférieures à 35 hab. /km (Bamenjing) » (Aristide YEMMAFOUO, 2006). Dans l'ensemble du pays Bamiléké, une recomposition territoriale se dessine sur la base de nouveaux jeux fonciers. Cette recomposition s'articule sur l'espace par un morcellement et une concentration, accaparement fonciers (Aristide YEMMAFOUG, 2006). Par ailleurs, le dynamisme humain, au-delà du déplacement et de l'espace se manifeste par des initiatives individuelles et populaires et une pluriactivité ; notamment : les Tontines permettant l'entreprenariat (C.A. BRENNER, H. FOUDA, J.M. TOULOUSE, 1990). On note ainsi une reconversion ou exercice cumulatif de maraîchage, de commerce « les buyyam-sellam ». En effet, les bamiléké constituent un peuple réputé laborieux comme le dit ( Mveng, 1984) : « Ce qui caractérise ce peuple, c'est à la fois une ardeur au travail qui ne compte guère beaucoup de concurrents sous les tropiques, un esprit d'économie et de prévoyance qui ne va pas sans une certaine âpreté au gain, une intelligence pratique rare, un individualisme qui s'allie paradoxalement à une vie communautaire sans fissure ».<br class='autobr' /> Au Sénégal, le Sine, vieux pays sérer, a connu, dés la période coloniale, des déplacements de sa population, notamment, vers les terres neuves du sud-est du pays, Sénégal oriental. Ce transfert de population, de familles s'expliquait essentiellement du fait de la saturation des terres du Sine sans compter avec la perte de fertilité due à une exploitation extensive avec la culture arachidière. Donc, il importait de décongestionner cette zone, au profit d'une autre quasi vide, le Sénégal oriental. Ce déplacement de population s'est fait avec l'encadrement des bailleurs de fonds et de l'administration. Cet encadrement s'est matérialisé au départ avec la prise en charge du transport des émigrants et à l'arrivée par une dotation de ceux-ci en moyens de subsistance, en matériels agricoles ajoutées à un encadrement technique de la part de la société des terres neuves mises en place par l'Etat afin de gérer l'aménagement des lieux : « Tous dotés à l'origine d'une paire de bœufs et du même type de matériel (bati arara et semoir), la plupart des agriculteurs avaient dés les premières années cherché à compléter ces moyens techniques en acquérant un cheval, une houe sine et un deuxième semoir. » (Lericollais, 1999). Toutefois, la diversification culturale préconisée par l'Etat ne fut pas vue d'un bon œil par les paysans, ceux-ci attachés à l'arachide reléguèrent le coton trouvé sur place en seconde place (Lericollais, 1999). En effet, nous avons pu constater dans ses terres neuves comme à ‘'Diagulésine'' l'attachement à la culture arachidière de la part de ses sérères d'où un transit du bassin arachidier vers le sud surtout avec la baisse de la pluviométrie du nord au sud. Sur ces terres du Sénégal oriental, que ce soit Koumpentoum ou ailleurs, l'expérience fut globalement un succès : « à partir de la formidable impulsion donnée à une région qui était restée sous-peuplée et sous-équipée, se développe un milieu composite aux limites floues, où les clivages d'origine entre colons et autochtones, et selon l'appartenance ethnique ont tendance à s'estomper. » (Lericollais, 1999). Les difficultés de s'en sortir, dans les campagnes sérères saturées sont aussi à la base d'une émigration continue de jeunes filles vers Dakar comme bonnes : « la répartition selon l'ethnie montre que les Serers (65%) et les Joolas (15%), sont les plus représentés et viennent pour la plupart du Sine et de la Casamance. La principale raison est que généralement il y a les échecs scolaires. Et avec la pauvreté ou la précarité, elles sont obligées d'entrer dans des logiques de survie économique. ». (Kalli Niang, 2009 ; Pourtiers, 2001). Sur place à Dakar, leurs manœuvres visant l'atteinte de leurs objectifs sont hardies. En effet, si elles vivent ou couchent en groupe et donc se solidarisent, la majeure partie du temps livrées à elles mêmes ou à leurs employeurs, elles sont en butte à des difficultés que relèvent l'observateur du 30 juin 2009, ainsi que le sociologue (Kally Niang, 2009). <br class='autobr' /> Dans la communauté rurale de Ndindy, partie intégrante du Baol arachidier, cette pratique de déplacements de population et ses implications en termes de recomposition des activités et de l'espace, furent notables avec des départs définitifs et massifs de sa population pour ‘'l'eldorado de Touba''. Lequel phénomène migratoire y avait motivé une disponibilité de terres cultivables et pâtures convoités par des marabouts cultivateurs et éleveurs migrants. Toujours, dans le Baol arachidier, la commune rurale de Ngohé à environ 7km de la commune urbaine de Diourbel se fonde considérablement sur ses échanges avec la ville de Diourbel, mais aussi la capitale du Sénégal, Dakar et du mouridisme, Touba… pour tenir surtout pendant les 9 mois de saison sèche avec une période de soudure fort probable. Ce sont des bonnes, des lavandières, des éleveurs, des chauffeurs, des vendeuses, des charretiers, des ouvriers, des lycéens…qui prennent quotidiennement le chemin de Diourbel surtout le jeudi, jour de marché hebdomadaire du marché central de Diourbel. Tout ceci sans compter avec le fait que les termes et qualificatifs des émigrants au Sénégal ont une forte résonance dans la région : Baol baols, modou modou, fatou fatou. En effet, « La région de Diourbel est traditionnellement une terre d'émigration depuis les années 1970 où beaucoup de baol baols ont rejoint des pays comme la Mauritanie, la cote d'ivoire , le Gabon, l'Europe ou les Etats-Unis, les marabouts agriculteurs de cette zone sont aussi très mobiles puisqu'ils sont à la recherche de terres fertiles et implantent des « daaras » dans le Saloum ou le nord de la région de Kolda ». (Sénagrosol, 2007, p34)<br class='autobr' /> Ainsi, il est perceptible, à travers, ces exemples de migrations locales et internationales qu'aujourd'hui le déplacement libre et légitime de populations, est motivé principalement par trois facteurs : la quête de débouchés ou emplois, le fait de suivre des études ou formations, la saturation spatiale de son terroir sachant que ces facteurs peuvent se cumuler ou s'interférer. Aussi, dans une moindre proportion en terme de durée et peut être nombre, les déplacements de population sont dus au tourisme, aux pèlerinages, aux évacuations médicales…Et donc si, leur limitation ou rationalisation était un besoin, un consensus ce sera par la mitigation des carences et disparités, un meilleur équilibrage des convoitises à l'interne de nos pays comme au plan international qu'on y parviendra. Mais aussi, les migrations sont de l'ordre des choses car expression ou matérialisation d'une rencontre entre l'offre et la demande. Et donc, le caractère suicidaire, décrié par tous les belligérants, mettant en relief des africains, cette mauvaise évolution pourrait s'estomper avec un meilleur encadrement, formation pour orientation des candidats au départ en dotant ceux-ci de métiers et capacités d'insertion tout en adaptant les partants à la demande dans le sens de cibler les foyers où le besoin se fait sentir. En effet, c'est plus outillé que le migrant s'aura mieux s'insérer et tirer le meilleur de son périple d'autant plus qu'on parle d'émigration choisie dans l'hexagone pour étayer leur volonté de filtrer les entrants.</p> <p><strong>P B Moussa KANE, doctorant aménagement-développement, membre du groupe de recherche « les EDIFICATIONS » (UGB)</strong></p></div> L'informel dans le Baol ou l'outil de propulsion le plus partagé : https://www.24haubenin.info/?L-informel-dans-le-Baol-ou-l-outil-de-propulsion-le-plus-partage https://www.24haubenin.info/?L-informel-dans-le-Baol-ou-l-outil-de-propulsion-le-plus-partage Thu, 19 Mar 2020 12:00:00 +0000 fr Dg24h <p>C'est souvent par un parcours de titan déterminé par la conjoncture d'une économie agricole en crise que de nombreux jeunes du bassin arachidier en grande majorité rural gravitent les marches du secteur désormais dominant de l'informel. Certes, option popularisée même si pour certains de ses secteurs la spécialisation ethnique persiste, l'informel n'en est pas moins très composite, varié, échelonné, reflet des investissements ou du succès de l'activité prise en compte. S'aguerrissant du Baol local avec une (...)</p> - <a href="https://www.24haubenin.info/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH78/arton24434-dcccd.jpg?1590755927' width='150' height='78' /> <div class='rss_texte'><p><strong> C'est souvent par un parcours de titan déterminé par la conjoncture d'une économie agricole en crise que de nombreux jeunes du bassin arachidier en grande majorité rural gravitent les marches du secteur désormais dominant de l'informel. Certes, option popularisée même si pour certains de ses secteurs la spécialisation ethnique persiste, l'informel n'en est pas moins très composite, varié, échelonné, reflet des investissements ou du succès de l'activité prise en compte. S'aguerrissant du Baol local avec une visée sur les grandes métropoles mondiales, le secteur informel ou l'économie informelle a fini d'imprimer ses empreintes au Baol mais hors de Diourbel par ses modes d'implantation, ses retombées, sa popularité…mais aussi, l'informel par sa dispersion et ses besoins en fonctionnement incite l'informel. Toutefois, cette économie le plus souvent de et sous perfusion car souvent expatriée et faisant avec de modiques moyens souffre de sous encadrement et des crises dans les pays et zones d'implantation d'où plus d'orientation et incubation permettront la consolidation et plus de profitabilité du secteur. </strong></p> <p> La propagation-internationalisation du secteur informel : le « baol baol » de Diourbel aux centres nationaux et internationaux est désormais une donne centrale dans le vécu du Baol, du bassin arachidier voire de la globalité. Dans le bassin arachidier, majoritairement rural, le déclin de l'arachide et par extension de l'agriculture est de plus en plus prononcé. Face à ce malaise aux causes multiples : physiques, économiques, politiques, sociales… des mutations comme adaptations sont partout amorcées. Quitté ou rejoint, délaissé ou mis en valeur, le lieu est en perpétuelles transformations. Emigrés, mains d'œuvre, commerçants, la pluriactivité … les populations surtout rurales s'insèrent dans le tissu économique partout où des opportunités appellent. Ainsi, avec quasiment plus de repos, les saisons défilent et se ressemblent en terme de quête non localisée du gain car désormais les retombées agricoles ne paient plus la note.<br class='autobr' /> Le secteur très couru, en vogue devant cette donne est incontestablement l'informel, une auto-embauche, un entreprenariat qui peut être sur des bases très modiques et où l'apprentissage d'un métier est de courte durée, si la force physique et l'abnégation n'y sont pas déjà suffisantes. L'informel est diversement cerné par ses analystes selon leurs spécialités et zones cibles. Ainsi, pour le Pr en sociologie, Mr Niang : « Le secteur informel est l'ensemble des activités de commerce, de production de biens et de services en valeur marchande, de pratiques associatives d'épargne et de crédit, de transport ou de redistribution des ressources, toutes se menant à une échelle plus ou moins réduite, qui échappent partiellement ou totalement à la législation et ou aux normes dominantes qui régissent le champ des activités et des pratiques de même catégorie » (Abdoulaye Niang, 1997). Hors du Sénégal et du continent africain aussi, l'informel a droit de citer et est même ‘'sur qualifier'', on parle de l'économie informelle comme : « un simple résidu de l'économie préindustrielle (l'économie familiale),d' un manque de l'État-providence et de la société des loisirs (l'économie conviviale) ou le résultat des perversions de l'économie moderne (le travail au noir) …. L'économie informelle désigne l'ensemble des activités productrices de biens et services qui échappent au regard ou à la régulation de » (Wikipedia).</p> <table class="spip"> <tbody> <tr class='row_odd odd'> <td><strong> <i>Lire aussi :</i> </strong><a href="https://www.24haubenin.info/?La-FBF-suspend-les-competitions-pour-2-semaines"><i>Lutte contre la propagation du Covid-19</i> : <strong>La FBF suspend les compétitions pour 2 semaines</strong></a></td></tr> <tr class='row_even even'> <td><strong> <i>Lire aussi :</i> </strong><a href="https://www.24haubenin.info/?Les-manifestations-publiques-interdites-a-Grand-Popo"><i>Lutte contre la propagation du Coronavirus</i> : <strong>Les manifestations publiques interdites à Grand Popo</strong></a></td></tr> <tr class='row_odd odd'> <td><strong> <i>Lire aussi :</i> </strong><a href="https://www.24haubenin.info/?Phase-active-de-la-Strategie-nationale-de-l-Enseignement-et-la-Formation"><i>Éducation</i> : <strong>Phase active de la Stratégie nationale de l'Enseignement et la Formation</strong></a></td></tr> <tr class='row_even even'> <td><strong> <i>Lire aussi :</i> </strong><a href="https://www.24haubenin.info/?Le-mandat-de-l-ANLC-suspendu"><i>Lutte contre la corruption au Bénin</i> : <strong>Le mandat de l'ANLC suspendu</strong></a></td></tr> <tr class='row_odd odd'> <td><strong> <i>Lire aussi :</i> </strong><a href="https://www.24haubenin.info/?Plusieurs-passagers-mis-en-quarantaine"><i>Lutte contre la propagation du Covid-19</i> : <strong>Plusieurs passagers mis en quarantaine</strong></a></td></tr> </tbody> </table> <p> Aussi, on parle « d'économie grise », d'économie « intermédiaire » pour mettre l'accent sur ce regard d'inachevé envers le secteur. Cependant, l'économie informelle, loin de disparaître semble jouer le rôle de soupape de sécurité des économies normalisées et être un gage de flexibilité des sociétés dans le cadre desquelles est recherchée une « suradaptation », elle même source de nouvelles rigidités. Toutefois, cette logique secouriste peut s'y retrouver pervertie par des ventes de produits prohibés, des installations anarchiques, l'expansion de la contre façon et du piratage, « la finalité et le fonctionnement des activités peuvent être détournés par des pratiques de corruption, d'entente, d'abus de position dominante ou de détournement. ». Bref, cette ‘'économie popularisée'', ‘'d'accessiblisation'', nécessaire dans nos pays en voie de développement peut si l'on y prend pas garde être non plus un remède mais un mal irréparable car échappant à la régulation, au contrôle, à un minimum de codification surtout quand il s'agit des secteurs alimentaires et pharmaceutiques.<br class='autobr' /> Aujourd'hui, dans le Baol arachidier, la longue tradition et grande réputation du « baol baol », diourbellois à migrer et vivre de débrouillardise durant son périple, est conservée intacte dans la région. Sortir de « l'or » du néant, transformer des secteurs désertés en services bénéfiques est le quotidien du baol baol (dioubellois). Cette entreprise internationale part du local par aguerrissement et montée en puissance financière du jeune baol baol ou « modou modou ». Etape par étape, le jeune baol baol fait ses « armes » dans le fief, le proche du terroir et pour finir à la conquête du monde.<br class='autobr' /> Spécialisés dans le commerce de détail comme de gros, fixe ou ambulant, le baol baol est un commerçant né. De surcroit, le baol connait une ethnie commerçante, en l'occurrence les laobés. Les sérères constituent une composante considérable en nombre et par leur implication dans le baol ; leur caractéristique laborieuse aux champs comme en ville est une réalité tangible. Le voyage est aussi au Baol une spécialisation, une habitude familiale et avec l'effet de contagion ; les baol baols proposent au monde une offre internationale de services. Bonnes, lavandières, répétiteur, manœuvres, charretiers, ouvriers, coxeurs, chauffeurs, marchands ambulants, restauratrices, coiffeuses, bricoleurs… sont une part de l'offre de services des diourbellois où le commerce est le plus affectionné, presque un passage obligé dans Diourbel. Selon les chiffres de la statistique, le nombre d'artisans dans la région est passé de 3307 en 2004 à 4357 en 2010 (agence de la statistique, Août 2011) et le nombre de commerçants et autres actifs dans ses secteurs connexes (l'informel) à Diourbel tournerait autour de 32.000 individus. Cependant, le commerce est au baol un passage presque obligé, un tremplin sinon un héritage à perpétuer ; et qu'en est-il du nombre de diourbellois, baol baol marchands migrants ? Au baol, deux grands marchés centralisent le commerce, Ocass de Touba, la cité à la manie de secréter des marchés ; Ndoumbé Diop marché central de Diourbel lesquels se déversent dans l'urbain, le périurbain, mais le rural où prévaut des marchés surtout sous formes de foires « loumas », dont ceux de Ngohé, de Ndindy, et de Ndiagne, tous du département de Diourbel. Ces marchés ruraux ou plutôt foires « loumas » des collectivités rurales diourbelloises constituent une voie de désenclavement, de liaison pour des localités le plus souvent reculées leur permettant ainsi de recevoir le manquant et donner l'existant sans sortir de sa localité. <br class='autobr' /> Cet entreprenariat des baol baols repose aussi sur le mouridisme, confrérie musulmane qui élève le travail au degré de condition de piété suffisante. La place de l'économie dans le mouridisme démontrée dans doctrine économique du mouridisme (Wade, 1976) n'est nulle part égalée. Mais aussi, la ville de Touba ''un eldorado à installations faciles'' du bassin arachidier mal en point constitue un foyer d'application et de développement de l'informel. L'immigration comme l'émigration sont à la fois cause et conséquence de la disponibilité à Touba de ces emplois informels accessibles aux immigrants ruraux : « le développement des services à Touba attire chaque jour de nouveaux arrivants, qui, grâce, aux différentes petites activités qu'ils sont en mesure de développer dans la ville ont des revenus soutenus largement plus élevés que ceux que peut leur procurer une agriculture de plus en plus déficitaire et décadente. » (Sénagrosol, 2007). A Touba, la cité ralliée, foyer informel et pour beaucoup point de transit vers l'extérieur, les autochtones mais surtout les migrants font preuve de beaucoup d'ingéniosité : « menant de petites activités telles que la maçonnerie, le transport hippomobile, le petit commerce, la récitation de xassaïdes (poèmes de Cheikh Ahmadou Bamba), à l'occasion de certaines cérémonies familiales ou religieuses, les femmes sont souvent employées comme lavandières dans certaines maisons maraboutiques… » (B Diallo, 2009). A Touba, les immigrants sont : des manœuvres, le transport sur la tête ou à poussette de marchandises. Dans le commerce (achat et revente) de produits de contrebande et de récoltes : « du point de vue des activités commerciales, Touba est un grand centre où convergent la plupart des produits cultivés dans la zone. Les denrées y sont disponibles et souvent à moindre prix que dans les autres localités » (Sénagrosol, 2007). Des activités à fort taux de féminité : L'extraction d'huile d'arachide, le moulage de la patte pour le bétail et le décorticage, par surtout les femmes qui louant leurs services ou pour revendre avec plus value ; la couture, les toubiens plus portés sur le prêt-à-porter que les ruraux, les tissus de contre bande bon marché aidant, la couture est exercée. La menuiserie métallique et de bois par une demande diversifiée, mais les clients émigrés souvent polygames plus recherchés ; comme charretiers : le transport de personnes et de marchandises par traction équine conduit par des jeunes ruraux de tout âge ; aussi dans la maçonnerie avec la fièvre de la construction en dur de luxe ou tout simplement d'affichage d'un mieux être économique progressif.<br class='autobr' /> Ce secteur informel s'allie le plus souvent avec des déplacements, une mobilité d'où informel et migration se confondent souvent et donc les zones de chute, les stratégies d'implantation de l'économie d'émigration dans les zones ralliées, mais aussi les retombées en termes d'implantation, de système de transfert d'argent, d'investissements dans les terroirs d'origine sont considérables pour mieux appréhender le secteur. Ainsi, après soixante ans d'indépendance, quel bilan faire de l'économie par perfusion de l'informel, de l'émigration ? Les retombées et réalisations du secteur que ces agents soient pris individuellement ou collectivement, à travers des coopératives ou dahiras sont tangibles. Maintenant se pose la question de la durabilité vue la crise économique des destinations convoitées, l'occident, en particulier ; mais aussi l'indiscipline et la sournoiserie sénégalaises invitent à une ou des réponses avant que la sanction ou le revers de la médaille ne se fasse plus précis : les cas d'incivisme relayés par Enquête exclusive de M6 (les vendeurs à la sauvette) mais « l'incivisme fiscal des grands commerçants de l'informel n'est pas sanctionné et l'Etat a du mal à se mouler dans ces nouvelles fonctions régaliennes » (Muriel Devey, 2000, p9 ).<br class='autobr' /> Hors de la littérature scientifique, nous nous sommes entretenus avec quatre jeunes qui se meuvent dans le secteur informel dans le centre urbain diourbellois (un cordonnier, un vendeur de multiservices, une restauratrice et un menuisier métallique.) <br /><img src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1590753076' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> ‘<strong>'Demba'', le cordonnier </strong> : Il tient sa table à l'entrée du marché central diourbellois, Noumbé Diop, dans la rangée de ses collègues cordonniers bordant la route goudronnée desservant le marché. Demba : « je suis cordonnier depuis 26 ans, c'est un choix et puis je l'ai appris, j'arrive à m'en sortir avec ce boulot, j'y ai mon « soutoura ». J'ai fait ma formation surtout en Gambie. Oui je veux me formaliser et aussi voyager vers l'Europe. Cet emplacement n'est pas mal, mais si ailleurs je peux gagner plus d'argent c'est mieux. Je suis halpoulard et je n'ai pas hérité du métier, aussi je n'ai jamais fait l'école. Personne ne m'a incité à travailler mais je suis marié. J'ai commencé sur fond propre, je ne peux pas vous dire combien je gagne le mois ou la journée. En effet, j'ai progressé en matériels, habilité et clients…Non ce secteur n'est pas si saturé, je ne mène pas une autre activité, je fais la même activité toutes les saisons. »<br class='autobr' /> ‘'Demba'' est un agent de l'informel, artisan, la chambre des métiers, nos chambres de commerce et autres sont pour développer entre autres ces secteurs du développement et de l'auto-emploi. En quoi faisant selon le présent prototype qu'est ‘'Demba'' : contribuer à plus habiliter, mieux outiller, à fin de forger des champions entreprenants en mesure de contribuer à la satisfaction des demandes locales, mais de s'exporter, d'exporter. Pour ce faire, notre artisan gagnerait à s'alphabétiser, des subventions ou prêts lui permettront de mieux se déployer et diversifier ses activités en adaptant ses offres aux lieux et temps, il arrivera ainsi à échapper à la routine tout en étant plus sécurisé…Dans cette quête et liaison avec d'éventuels agences de microcrédit et d'encadrement orientation, il aura besoin d'un peu de connaissance du droit (ses devoirs et les garanties qui en découlent). Dans cette lancée nos chambres de métiers, de commerce, et autres services servant ces développements pourraient se coordonner, nouer avec les regroupements de transporteurs pour les besoins de mobilité et des spécialistes de l'intelligence territorial, géographes et autres pourront appuyer, investiguer, définir une carte zones-besoins-potentialités-implantations, en même temps que des foires commerciales, d'échanges de bonnes pratiques, de bonification. Les agents de l'informel devraient être poussés à plus et mieux de multi activités ou diversification des savoirs faire et de l'offre de services pour mieux s'adapter aux temps, lieux, conjonctures. Tout ceci se fera avec des chambres de métiers cherchant l'information utile (intelligence économique) au secteur informel du local au global pour orienter, guider, booster l'informel. <br /><img src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1590753076' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> ‘'<strong>Mamadou</strong>'', notre deuxième interlocuteur est dans le secteur désormais très inclusif du multiservice marqué, notamment, par l'expansion des systèmes de transferts d'argents. Dans sa boutique située sur les flancs du marché Noumbé Diop, on trouve exposé ses marchandises : rames de papier, imprimante, des bics, photocopieuses, des journaux, des sacs…dans les parages on voit des multiservices de transfert d'argent bondé de monde : Wari, Sur, Orange money, Tigo cash… ‘'Mamadou'' : Je suis dans le secteur depuis 6ans pour travailler, ne pas rester assis, je ne fais pas avec un soutien ou prêt quelconque, mais avec mes propres moyens, je fais du ''gorgorlou''. Personnellement, je paie des patentes, on a des factures. Je ne sais pas pour mes projets à venir, seulement je souhaite avancer. J'ai déjà été émigré aux USA, à l'extérieur j'étais en entreprise d'autrui. Ce site n'est pas mal, là ce n'est pas un travail ethnique, j'ai des employées qui partent après le mariage. J'ai fait les classes jusqu'en seconde.<br class='autobr' /> Non, je n'ai pas été incité pour travailler, moi-même j'ai su que je dois travailler. Au départ, ce fut avec des moyens personnels, depuis lors, ça va (tanéna, sante yallah). Toutefois, dés fois, on vise un bénéfice de 100 milles franc et connaissons une panne de 200 milles franc. Ce secteur n'est pas saturé, d'autres pourraient y trouver leurs comptes peut être en dispersant les installations (prés ou dans les établissements scolaires aussi c'est demandé). Parfois, je diversifie mes activités avec, notamment, l'élevage (multi activités). Quoiqu'on soit en ville, ici c'est connu comme offrant ces services d'où les riverains et aussi les populations de la périphérie rappliquent en cas de besoin.<br class='autobr' /> Pour ce cas des multiservices en pleine expansion aussi seraient bienvenues des formations courtes au maniement du matériel informatique, des bribes d'intelligence économique ou territoriale, des orientations connectées d'avec les réalités et ou accompagnements-insertions. Face aux aléas et imprévus de ces métiers comme les pannes matérielles, amener ceux-ci à cotiser à des assurances souples ou des fonds mutuels de soutien ou des prêts microcrédit voire domiciliation des bénéfices ou épargnes surtout avec les vols. Souvent, on déclare que l'informel n'est pas reconnu mais celui-ci paie des taxes même s'il n'est pas enregistré, on pourrait parler donc de « semi informel », mais aussi d'une activité personnelle pas suffisamment structurée, à investissements légers et présence horaire souple. Ces places commerçantes pour plus de visibilité visent souvent des espaces convoités, disputés. Les multiservices sont des activités modernes avec du matériel informatique, peut être raison pour laquelle beaucoup de jeunes s'y retrouvent, c'est une activité inclusive, même si, elles requièrent d'être parfois alphabétisés. L'engouement que suscite le secteur demande des indications-accompagnements pour des délocalisations, mais aussi pour les assistants qui souhaitent se redéployer, être eux mêmes responsables. <br /><img src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1590753076' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> ‘<strong>'Fatou'', la restauratrice :</strong> tient son restaurant dans le centre ville diourbellois, prés de l'ancienne gare routière. Son restaurant est ceinturé par d'autres actifs offrant divers services : commerciaux, artisanale, mécanique, administratif…Donc sur ce site prévaut une atmosphère bon enfant la journée, les riverains et autres passagers ne manquent pas d'y faire un détour. Elle déclare être dans le métier depuis 5 mois car aimant ce métier, s'y affairant avec plaisir : « j'ai fait une formation, a formulé un projet DER non financé, donc je m'y suis mis avec mes propres moyens, je ne suis pas formalisé mais vise ça. Aussi, je vise une multi activité, souhaite m'investir dans l'agro alimentaire, notamment, dans la transformation des fruits et légumes. Je n'ai jamais travaillé avec une banque et n'en a pas l'intention.<br class='autobr' /> Je veux y aller avec mes propres moyens et si capable d'emprunter le faire. Oui, j'ai souhaité émigrer car ce métier marche bien à l'étranger. Particulièrement, je voulais partir pour la France ou l'Espagne. Présentement, je sers les deux repas car la nuit ici c'est presque le désert les travailleurs descendent et cette voie n'est pas très fréquentée. Cette place, j'y suis car manque de choix, au devant c'est déjà pris, du coté de la route nationale on est plus accessible et visible. Ce job n'est pas un travail ethnique mais personnel, j'ai fait l'école jusqu'à la troisième, puis me suis mariée, a laissé, et fait un CAP de restauration 7mois (Daroukh). Je n'ai pas été incitée par autrui c'est un choix personnel. Je ne calcule pas mes revenus, je suis là depuis quelque mois, comme dit le coin est difficile car enclavé. Cependant, j'ai progressé, je vise à embellir cette place, peindre la devanture. Ici, ce secteur est saturé, localement les gens autochtones n'ont pas comme habitude de manger au restau. La même école nous forme et dans notre promotion nous étions 5 personnes seulement, cependant 95°/° du marché est géré par notre école, elle même. Bien sur, je réfléchis, prospecte autres débouchés, autre secteur car y a une certaine stagnation. »<br class='autobr' /> Le secteur de la restauration où se meut la dame est une demande permanente ; même si, ici on note une certaine étroitesse du marché, la sous traitance pour des besoins du particulier comme du public peut être un plus (avoir des commandes et respecter les délais de livraison tout comme des abonnements à livrer ; une certaine mobilité peut apporter des perspectives progressistes surtout en livrant aux boutiques et places commerçantes des produits issus de la transformation alimentaire respectant les normes d'hygiène-emballage. cela surtout si l'on sait que des desserts et autres amuses gueules sénégalais sont de moins en moins visibles (Mbouraké, Ngato guerté, Ngato sidem, beignets à base de mil, Ngato oul, Ngato coco…). la cantine scolaire aussi est un autre lieu de demande en restauration. Le souhait de se mettre dans l'agro alimentaire va avec une détermination de la ou des filières à investir ainsi que du marché à gagner, ravitailler. Ceux qui sont dans la transformation font avec un défaut de distribution. Cette visibilité peut aussi venir avec des foires ou expositions culinaires, par exemple, le Sénégal a été récemment primé pour son couscous ''thiéré'' d'où pour trouver son compte dans le métier, la restauratrice pourrait chercher à satisfaire sa clientèle ponctuelle, ventiler les produits transformés dans les boutiques et places commerçantes, pister la demande externe en produits alimentaires conservables surtout car un besoin s'y trouve, notamment, du coté de la diaspora, des émigrés, en attendant d'être mieux connu, de trouver meilleur emplacement faire des offres calibrées avec une certaine mobilité. Aussi, dans ces secteurs on peut commencer comme embauché et tendre à l'auto emploi ainsi on gagne en aisance et fonds de départ. <br /><img src='https://www.24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1590753076' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <strong>‘'Talla'', mécanicien métallique</strong> : Il est sur un emplacement traditionnel ou familial connu depuis pour fournir des services du domaine ; entouré de boutiques, mécaniciens auto, tapissier, restau…il se trouve dans le centre urbain : « je suis sur cette même place depuis 30 ans, c'était à mon père, le l'ai hérité, je suis en location, mais je ne paie pas la mairie. Le futur ça dépend de la marche de l'activité, non je ne veux pas émigrer. Oui l'atelier est bien placé, j'ai fait l'école jusqu'en CEM2. Oui ce travail est toujours plutôt ethnique exercé par des forgerons ‘'teugue ngégno'', dans la famille nous tous avons fait la même chose. Ce travail dépend à la fois de la demande et des moyens disponibles. J'ai progressé depuis parce que la technique avance de même que la matière se diversifie, maintenant on fait avec du fer forgé (brulé et fait grillé) de même que l'aluminium. Oui ce métier est saturé dans la région. Aussi, je n'ai jamais emprunté et ne compte pas le faire. Je ne pratique pas la multi activité, je fais toujours le même métier. »<br class='autobr' /> Ce cas de figure démontre la persistance de profession ethnique qui se modernise avec les avancées technologiques mais les échanges. Ce secteur de l'informel aussi dépend de la demande, de la commande d'où le travail raffiné dans les délais de même que la vulgarisation de son offre peuvent booster son affaire. Il gagnerait donc à écrire, enregistrer leur activité pour la sécuriser. S'associer aussi est vu comme une formule progressiste en ce qu'elle permettra occasionnellement de postuler pour des marchés importants. Ce métier exige aussi des outils de protection, de sécurité civile surtout quand de très jeunes sont formés comme apprentis d'où un rôle de l'inspection du travail. Ce profil aussi pourrait être invité à s'alphabétiser et tendre à la multi activité, diversifier son offre de services selon le temps et l'espace pour être moins vulnérable.<br class='autobr' /> Aujourd'hui, chez nous comme à l'étranger, l'informel se heurte à un contexte d'assainissement de la voie publique, de déguerpissements des encombrements et vœu de transparence fiscale : Comme on l'a vu l'informel est désormais le secteur d'activités dominant des jeunes sénégalais soucieux de se prendre en charge. En effet, si hier le pays sous un ciel et marché local et international favorables avait la majorité de sa masse active dans l'agriculture, aujourd'hui, le basculement dans l'urbanisation, la rurbanisation, le modernisme font que la majorité de notre population surtout les jeunes tendent vers l'informel. Aussi, des régions comme le Baol arachidier sont des foyers émetteurs d'agents dans l'informel. Ce secteur vu son intégrationnisme et son importance stabilisatrice vaut donc une attention et accompagnement particuliers. Est-ce une voie, issue fiable et durable ? En tout cas des moyens importants braqués sur son encadrement, orientation s'imposent vu son ampleur, cela de façon participative (communautés, autorités, et particuliers inclus).<br class='autobr' /> En effet, aujourd'hui, ce secteur a besoin d'encadrement à son perfectionnement, d'orientation pour mieux se déployer, de financement souple pour se durabiliser, se propulser. Donc, si la rationalisation du secteur est vitale de même que l'assainissement de la voie publique nécessaire. N'empêche, nous nous ne saurions cautionner des déguerpissements aveugles, va t'en guerre : prenons quelques exemples : la cacahuète ou ‘'guerté thiaff '' ne se vend pas dans les grandes surfaces, si des besoins d'esthétique et harmonie urbaine l'exigent, attraire ses vendeurs à soigner leurs installations et éviter d'encombrer les passages piétions. Un deuxième exemple est les vendeurs de livres par terre, qui à bons prix donnent satisfaction aux quêteurs, ceux-ci ont été déguerpis de l'UCAD, or l'université qui devait jouer ce rôle de mettre à la disposition des étudiants des bouquins se devait d'accompagner ceux-ci à mieux s'installer en contrôlant, réglementant pour que les passages piétons ne soient pas entravés. Cela pour dire que des déguerpissements aveugles, injustifiés, non concertés ne seront pas conséquents car non durables.<br class='autobr' /> Pour clore notre propos, ce manuel étudiant l'informel au plan mondial confirme à quelques égards notre analyse : « Les statistiques sur l'économie informelle sont de par leur objet même à interpréter avec précaution, mais fournissent des indications sur ses dimensions. L'emploi informel représente 58,7 % de l'emploi non agricole dans la région Moyen-Orient - Afrique du Nord, 64,6 % en Amérique latine, 79,4 % en Asie et 80,4 % en Afrique subsaharienne. Si l'on inclut l'emploi agricole, les proportions augmentent, dans certains pays comme l'Inde et de nombreux pays d'Afrique subsaharienne, au-delà de 90 %. Les estimations pour les pays développés sont d'environ 15 %. Selon de récentes études, l'économie informelle dans de nombreuses régions a diminué au cours des 20 dernières années jusqu'en 2014. En Afrique, la part de l'économie informelle a diminué pour atteindre environ 40 % de l'économie. Dans les pays en développement, la plus grande partie du travail informel, environ 70 %, est un travail indépendant. L'emploi salarié prédomine (j'en suis pas convaincu). La majorité des travailleurs de l'économie informelle sont des femmes. Les politiques et les développements affectant l'économie informelle ont donc des effets spécifiques du point de vue du genre. ». Mais, aussi en Afrique, malgré un engagement inévitable, millénaire et avec des sociétés spécialisées dans le secteur commercial, l'Afrique avance t'on ne pèserait que moins de 3% du commerce mondial, constat corroborant le fait que ‘'l'éternel recommencement'' indexé par l'ex président français Sarkozy en ce qui concerne l'agriculture sied aussi aux secteurs qui lui sont connexes à savoir la transformation et la commercialisation. De là, une intelligente intégration entre des productions-transformations-réseaux et stratégies commerciaux pour des marchés et marchands à la hauteur des défis de sécurité-souveraineté-ouverture commerciales est à rechercher. Pour y arriver, il serait donc bienvenu de convoquer pour les allier, l'intelligence économique mais l'intelligence territoriale (le développement local), ainsi au niveau départemental comme régional des conseils ou cadres départementaux, régionaux, et national, peut être une ‘'entente'' entre chambre de commerce, chambre des métiers, agences de microcrédit, GIE, entrepreneurs individuels…visant à confronter, conforter, valider, suivre pour autonomisation le secteur, les agents du secteur. Ce qui donnera un saut populaire. Les médias sauront accompagner cette dynamique entrepreneuriale en proposant à des heures de grandes audiences des émissions coutres ''Entreprendre'' télévisées ou ‘'Conquêtes quotidiennes'' diffusée par écrit. Cette médiatisation sera d'un apport certain car mettant sous les projecteurs un entrepreneur, un agent de l'informel en activité et selon le prototype des experts critiquant et conseillant son cas de figure d'où un conseil calibré pour lui, une inspiration pour les autres.</p> <p><strong>P B Moussa KANE, doctorant aménagement-développement, membre du groupe de recherche « les EDIFICATIONS » (UGB) </strong></p></div>