mardi, 20 novembre 2018 •

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FIL D'ACTUALITÉ

Exploitation Carrière de gravier à Lokossa

Un travail pénible pour un salaire de misère




L’extraction du gravier requiert une forte main-d’œuvre. Mais sur la plupart des sites d’exploitation de gravier dans la commune de Lokossa, le constat est net : il y a plus de femmes que d’hommes. Principal secteur d’activité qui fait rentrer de ressources dans la caisse de la commune de Lokossa, l’exploitation des carrières de graviers occupe plus de femmes qui y mènent une vie très dure et pénible pour survivre et faire vivre leurs familles.

Les femmes mènent une vie très dure et pénible dans les diverses carrières de Lokossa pour pouvoir survivre et faire vivre leur famille. « Le travail dans les carrières de gravier est dur, harassant et très rude », confirme Pierrette Sênan, une des nombreuses femmes en service sur un site de la localité qui emploie très peu d’hommes.

« Il est difficile pour moi de donner une explication à ce constat. Mais on peut aisément se faire une idée de ce qui se cache derrière ce fait. On devrait s’attendre à ce que ce soient les hommes qui dominent en nombre sur ce lieu de travail, vu le caractère ardu et difficile de cette activité. Mais paradoxalement, c’est le contraire qui s’observe. Les femmes sont en grand nombre. Dans la localité, les hommes vaquent généralement aux travaux champêtres, à la maçonnerie, à la menuiserie et autres, et c’est souvent les femmes désœuvrée qui n’ont pas trouvé de capital pour entamer un petit commerce qui se ruent vers les carrières de gravier », explique Norbert S., un exploitant de gravier.

« Dès 08h du matin, elles sont déjà au poste. Pendant que certaines s’activent à sortir à ressortir des profondeurs les graviers extraits souvent par des hommes, d’autres sont occupées à les tamiser avant de séparer les gros cailloux des petits ou des grains de riz. D’autres encore se chargent de laver les différentes catégories de gravier avant le chargement dans les camions vers les chantiers. Et c’est un travail de fourmis qui s’opère tout au long de la journée », confie Béatrice Babadjihou.
« Ce n’est qu’autour de 18h que chacune reprend le chemin de la maison toute fatiguée, épuisée. En d’autres termes, ces femmes abattent 10 h de travail acharné par jour et ce, contre une rémunération de misère », ajoute-elle.

Pénible travail pour un salaire de misère

Les gains journaliers des femmes qui travaillent dans les carrières varient selon les saisons. « En période de pluie, nous ne gagnons que 400 FCFA contre 1.400 FCFA, quand il fait beau temps. Mais en général, chacune de nous est sûre de percevoir au moins 1.000 FCFA par jour », avoue Afi Agbékponou sur le site d’Adjacomey.
Cette modique somme est gagnée non sans difficultés. « Avant de rassembler ces 1000 FCFA, nous devons faire un tas de 50 bassines de gravier à raison de 10 bassines à 200 FCFA. Seulement, nous ne rentrons pas en possession de cette somme le même jour. Ce paramètre qui vient alourdir davantage notre misère est que tant qu’il n’y a pas de chargement, nous ne sommes pas payées. Ce qui fait que des fois, c’est après une semaine que les exploitants nous paient », renchérit Béatrice Babadjihou.
Une situation qui ne facilite pas la vie déjà compliquée de ces braves femmes dans leur famille car elles sont parfois obligées de s’endetter avant de faire face aux besoins quotidiens de leur foyer.
« Pour nourrir nos enfants, nous sommes contraintes parfois, quand les camions ne viennent pas charger pour qu’on nous paye, de contracter des dettes ou d’acheter des vivres à crédit. Cet état de chose ne nous arrange pas du tout car quand finalement la rémunération est perçue, elle ne sert qu’à rembourser les dettes et le calvaire recommence. Du coup, on ne fait rien de concret avec l’argent, notre misère s’agrandit plus », déplore dame Afi Agbékponou.
Ce que gagnent ces femmes ne suffit pas encore pour résoudre les problèmes. Si le payement doit encore connaître de retard, c’est doubler la peine des dames. Car c’est avec ce qu’elles arrivent à gagner au prix de durs labeurs sous la pluie comme sous le chaud soleil qu’elles parviennent à venir en aide à leurs époux dans les foyers. En gros, pour ce travail de d’intense activité physique, les femmes ne gagnent qu’un salaire de misère. Ce qui ne les empêche tout de même pas de venir en aide à leurs maris dans la gestion des problèmes du foyer.

Faible revenu à tout faire

Ce que gagnent ces femmes, quoique maigre, est d’une utilité capitale pour leur foyer. « Ce que nous gagnons nous permet de participer activement à la scolarisation de nos enfants, surtout quand nos maris manquent à leur devoir de père de famille. Grâce à ce maigre revenu, nous arrivons à assurer le quotidien des enfants en leur assurant les cinq besoins fondamentaux de l’homme. En cas de maladie, c’est toujours avec ce revenu journalier de 1000 FCFA que nous envoyons les membres de nos familles aux soins, avoue Pierrette Sênan.
Bref, les femmes qui travaillent dans les carrières de gravier font des miracles pour survivre afin de permettre à leur progéniture d’avoir une chance de réussir dans la vie.
Ce sont des amazones qui combattent les graviers pour une meilleure condition de vie de leur famille.
Les difficultés des femmes dans les mines de graviers sont nombreuses et multiformes. Ce qu’elles gagnent difficilement à la sueur de leur front ne sert qu’à assurer difficilement le quotidien de la famille. Et personne ne semble se préoccuper de leur sort. Même pas les politiciens qui les sollicitent lors des élections. « Ils attendent seulement les périodes électorales pour venir nous bluffer », déplore une dame qui a requis l’anonymat. « Nous avons même des difficultés pour avoir les microcrédits pour initier d’autres activités, quand bien même les gens sont venus prendre nos photos ici pour les formalités », renchérit une autre.
Leur revenu mensuel d’à peine 24.000 FCFA - puisqu’elles ne travaillent pas les dimanches - est largement insuffisant pour faire face à la cherté de la vie.

« Aidez-nous, nous souffrons trop ! »

Les femmes des carrières de graviers ne manquent pas d’ambitions ou d’idées. Chacune d’elles a sa petite idée sur l’activité génératrice de revenus qu’elle entreprendrait, si elle en avait les moyens. Seulement, c’est le fonds qui manque le plus.
Elles envisagent de solliciter le soutien du maire de la commune de Lokossa, Cocou Pierre Awadji. « Nous ne nous sommes pas encore rapprochées du maire pour lui exposer les problèmes que nous rencontrons dans les carrières. Mais nous avons l’intime conviction que dès qu’il aura connaissance de nos difficultés, il n’hésitera pas à nous faire ce qui est de son pouvoir. Connaissant le maire pour son attachement au mieux-être de ses administrés, il ne restera certainement pas insensible à nos cris de détresse », espère dame Justine Ako.
Ces amazones qui triment dans les carrières de graviers de la commune de Lokossa ont foi en un avenir meilleur. « Si le maire peut déjà nous recevoir et nous écouter, ce serait déjà une avancée notable dans les recherches de résolutions de nos problèmes », ajoute-t-elle. « Nous souhaiterions aussi que les institutions de micro crédit nous accompagnent mais à un taux d’intérêt très étudié et avec souplesse dans le mode de recouvrement. Notre vœu aussi est que le programme de micro crédit aux plus pauvres nous prenne aussi en compte afin de nous sortir de cette ornière de pauvreté », précise la dame.
Mais les souhaits de ces amazones vont bien au-delà des demandes de financement pour d’autres activités. Elles voudraient au pire des cas, une assistance médicale. « Nous retournons chaque soir à la maison toutes cassées et faibles et nous devons répondre aux obligations du foyer. Nos revenus ne nous permettent pas de prendre des remontants. Le lendemain, quoique fatiguées, nous reprenons la route pour la carrière. C’est pénible. C’est dur pour nous. Aidez-nous, nous souffrons trop », se lamente Afi Bonou, la gorge serrée.
« Nous les femmes qui travaillons durement dans les carrières de Lokossa ne sommes pas en train de demander de l’aumône. Nous voulons juste mener une vie plus ou moins équilibrée afin de nous occuper convenablement de nos enfants, espoir du Bénin de futur. Nous ne demandons pas à vider forcément les carrières, car nous savons à quel point ce matériau est important dans la construction des édifices et maisons. Nous avons juste besoin qu’on nous organise en nous octroyant des microcrédits que nous allons fructifier pour participer au développement de notre localité », conclut dame Ako.

Cokou Romain AHLINVI

Entretien avec Pierrette Sênan :« Dès qu’on trouvera mieux, on va laisser ce travail pour d’autres activités »

Pierrette Sênan travaille dans une carrière de gravier à Adjacomey, dans la commune de Lokossa. Elle raconte les difficultés qu’elle rencontre avant d’avoir de maigres revenus pour subvenir aux besoins de sa famille. Son souhait : avoir de l’aide pour quitter ce travail de misère afin d’entreprendre une autre activité génératrice de revenus.

• Le travail d’extraction du gravier, pour une femme comme vous, comment vous le vivez ?

Pierrette Sênan : Hum ! C’est un travail très dur. Je peux même dire que les hommes fuient le travail ici. Mais nous y sommes. C’est un travail qui nous demande beaucoup d’efforts physiques. Mais avec l’aide des hommes, nous y arrivons. Car, ils nous aident pour le décapage. Nous nous occupons du ramassage, du tri et du chargement dans les bassines. Mais ce sont les hommes qui chargent les camions. C’est vraiment dur comme travail, mais nous sommes dedans.

• Si vous êtes dedans, c’est sûr que vous gagnez en conséquence ?

-  (Rires) A priori, c’est ce que les gens vont penser quand ils nous voient tous les jours sur la route avec nos bassines et pelles. Mais c’est totalement le contraire. Nous gagnons une misère. Imaginez que pour une journée, c’est difficilement que nous percevons 1000 francs, si le temps est clément.

• Alors, si tel est le cas, pourquoi vous y restez encore ?

-  Que dites-vous ? On ne va tout de même pas rester à la maison et croiser les bras. Nous n’avons pas encore d’autres choix. Pour le moment, c’est ça que nous avons et c’est ça qui nous permet de rester parmi les hommes. Je peux vous dire que pour beaucoup parmi nous, ce n’est qu’un tremplin. Dès qu’on trouvera mieux, on va laisser ce travail pour d’autres activités génératrices de revenus.

• Que faites-vous alors avec ce gain ?

-  Ce que nous gagnons ici, même si c’est insignifiant, nous aide beaucoup. C’est avec ça que nos familles vivent. Nous envoyons nos enfants à l’école pour leur éducation, même si des fois, on est obligé de les traîner ici. Nous nous occupons de leurs soins quand ils sont malades. Je peux dire que ce que nous gagnons avec ce travail, nous réalisons des miracles dans nos familles.

• Vous avez un appel ?

-  Personnellement, je voudrais que la mairie ou les gens de bonne volonté nous viennent en aide et nous sortent de cette misère. Car je sais que la mairie perçoit des taxes sur les camions. Elle peut donc initier un micro crédit sans intérêt pour nous donner la chance de nous lancer dans d’autres activités génératrices de revenus. C’est bien possible, non ? Ce sont nos efforts, on nous doit ça au moins.

Réalisé par Cokou Romain AHLINVI

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