mercredi, 20 mars 2019 •

233 visiteurs en ce moment

FIL D'ACTUALITÉ

Mémoire du chaudron 69




Enfin la campagne électorale officielle ! La dernière ligne droite démarrait depuis ce matin de vendredi. J’étais déjà à Cadjèhoun, au domicile de Yayi, depuis 8 heures. Mais rien ne semblait tourner dans le bon sens. Une dizaine de véhicules devant constituer le cortège de campagne du candidat étaient déjà là, garés, moteurs éteints. Tout semblait inerte, figé. Le moteur de la fusée avait quelques ratés à l’allumage.

Je connaissais bien ce genre de situation de petits trous d’air au démarrage d’une campagne électorale, pour l’avoir déjà vécue en 2001, dans la cour du domicile du général Mathieu Kérékou. C’était la première fois que je mettais pied dans ce domicile des "filaos" qui me semblait si mythique. J’y repense encore comme si c’était hier. Nous étions dans cette cour, entassés dans deux ou trois véhicules, depuis l’aube. Pourtant, jusqu’à 11 heures, rien ne paraissait bouger dans la petite vieille bâtisse coloniale aux allures de bureau de poste, qui servait de bâtiment principal de résidence au président Mathieu Kérékou.

Nous étions dans ces véhicules, les pieds engourdis, incapables de descendre. Aucun de nous n’osait en effet prendre le risque de s’exposer aux mâchoires inamicales de la demi-douzaine de chiens qui imposaient la discipline dans la grande cour sablonneuse. D’ailleurs, un de ces canidés, au pelage noir luisant, à la gueule pendante et au gabarit particulièrement intimidant, rôdait constamment autour de notre véhicule, jappait en nous montrant ses crocs, s’attaquait de temps en temps aux pneus dont il réussissait à débiter quelques petits bouts de caoutchouc, avant de se faire rappeler négligemment par un des agents de la maison.

Le général Mathieu Kérékou était, en effet, un amoureux des chiens, j’en étais également un. La scène de ces chiens mettait pourtant particulièrement mal à l’aise mes compagnons avec qui j’étais dans la voiture, dans une attente qui ne prit fin qu’autour de midi, dans une excitation et un branle-bas général, lorsque la silhouette du général apparut dans la cour, coiffée d’une casquette verte, imprimée, au-dessus de la visière, d’une image de caméléon.

Il s’engouffra dans un véhicule "Patrol 4x4" de couleur sombre qui le conduira, pendant deux semaines, vers les quatre horizons du Bénin.

Ce souvenir me revint ce vendredi matin-là à Cadjèhoun. Les grandes campagnes électorales démarrent parfois comme un moteur diesel. Car, plus le candidat a de l’envergure, et plus l’organisation et la mise en chorégraphie des meetings sont complexes. Le moindre décalage sur un meeting se répercute sur le meeting suivant, et ainsi de suite, comme dans un jeu de domino.

En ce premier jour de campagne électorale officielle, Jean-Pierre Ezin et quelques stratèges politiques discutaient avec nervosité pour parer au plus pressé. Un imprévu apparu la veille au soir avait rendu caduc notre plan de campagne initial qui faisait de Dogbo, le lieu retenu pour notre premier meeting. Mais, la coordination de campagne du Couffo, empêtrée dans des conflits de leadership, déclara forfait. Et comme je le signalais, le moindre décalage dans un meeting, affectait de façon automatique le meeting suivant.

La règle dans la réorganisation des plannings est qu’il y a moins de risque à reporter un meeting politique qu’à le rapprocher. Le meeting de Dogbo fut donc reporté et, dans la précipitation, le campus universitaire fut retenu pour le lancement de la campagne.

Félix Houndonougbo, coordinateur politique du milieu estudiantin, reçut ainsi la périlleuse mission d’organiser, en moins de 24 heures, une mobilisation sur le campus universitaire d’Abomey-Calavi, une mobilisation digne de notre candidat qui s’imposait désormais dans les esprits comme un des chevaux gagnants.

L’organisation de ce meeting inaugural suscitait, bien entendu, la convoitise de Valentin Houdé qui, en tant que directeur de campagne dans le département de l’Atlantique, réclamait une légitimité territoriale sur le milieu universitaire. Même appétit chez Candide Azannaï qui jurait d’y compter un nombre indéfinissable de sympathisants. Il faut ajouter à ces deux prétendants, Fulbert Géro Amoussaga qui, disparu de tous nos écrans radar depuis près d’un an, faisait un retour d’apostasie, revendiquant également une certaine maîtrise des mœurs de ce milieu. Il avait d’ailleurs exigé et obtenu un détour de Yayi par son bureau au département des Sciences économiques, avant le démarrage du meeting au fond du campus, dans cet amphithéâtre appelé "Amphi 1000".

L’IPD de Théophile Nata aurait pu en faire autant, avec un de ses lieutenants, en l’occurrence Emmanuel Tiando, qui occupait alors le stratégique poste de secrétaire général de l’administration rectorale. Mais, dans notre structuration politique, le campus universitaire avait été érigé en entité électorale autonome. Une stratégie qui produisit des effets très positifs à l’heure du bilan. Et quand Yayi apparut dans l’amphithéâtre plein comme un œuf, dans cette chemise blanche aux manches retroussées, il ne put dissimuler son émotion.

Dans son sillage ce soir-là, Candide Azannaï, André Dassoundo, Eléonore Yayi Ladékan, Emmanuel Tiando, Jean-Pierre Ezin, Fulbert Géro Amoussouga firent des coudes pour pouvoir accéder à cette salle bondée. Une énergie indescriptible se dégageait de l’amphi et les étudiants multipliaient presqu’à l’infini, des slogans et des refrains improvisés. Quelqu’un entonna en _"a cappella"_ le titre "Yayi Boni", l’assistance le reprit longuement en chavirant littéralement.

Il était déjà 17 heures lorsqu’après une longue liste d’orateurs, Yayi prit la parole. Dans un long développement insaisissable par endroits, il rappela son passage sur le même campus en tant qu’étudiant, alignant vœux pieux et promesses chiffrées. Le calme, progressivement, revint dans la salle et la foule commençait visiblement à s’ennuyer. Félix Houndonougbo, après concertation avec André Dassoundo et d’autres politiques, décidèrent de sauver la situation. L’enthousiasme du public avait disparu, mais lancé dans un long développement, le candidat ne s’en rendait pas compte.

André Dassoundo lui glissa discrètement alors un bout de papier sur lequel il était griffonné : "Nous sommes en campagne électorale. Formule choc, s’il vous plaît". Yayi marqua un arrêt pour lire le message griffonné sur le bout de papier. Il reprit son discours dans le même ton puis finit par lancer "Je suis Yayi Boni, votre candidat tchigan. Les autres sont des tchivi".

Comme brutalement tirée d’une longue léthargie, la foule exulta aussitôt. Les lanceurs de slogans reprirent aussitôt du service. La salle, une nouvelle fois, entonna la chanson "Yayi Boni" de G G Lapino. Yayi patienta longuement, vainement. Il ne lui fut plus possible de reprendre la parole. La foule semblait redouter un nouveau sommeil. L’hystérie était générale. Sur ce premier meeting, Yayi apprenait sa première leçon de discours politique. Nous rentrâmes heureux, gonflés d’optimisme et de certitudes. La leçon apprise aujourd’hui sera appliquée demain. Ailleurs...!

(✋À demain)

*Tibo*

www.24haubenin.info ; L'information en temps réel

28 avril 2018 par Dg24h


Un projet de loi transmis au parlement


20 mars 2019 par La Rédaction
Le conseil des ministres de ce mercredi 20 mars 2019 a transmis à (...)
Lire la suite

Les autorités de Karimama ouvrent l’île aux oiseaux aux bouviers


20 mars 2019 par La Rédaction
Sous la direction du deuxième adjoint au maire de Karimama, Amadou (...)
Lire la suite

Social Watch vulgarise sa plateforme destinée aux citoyens


19 mars 2019 par Dg24h
Du 18 au 22 mars 2019, Social Watch Bénin organise dans le cadre de la (...)
Lire la suite

Point de Presse du Président de l’Assemblée Nationale


19 mars 2019 par Dg24h
Le président de l’Assemblée nationale était devant la presse ce mardi 19 (...)
Lire la suite

Un réseau de braqueurs de motos démantelé


19 mars 2019 par Dg24h
La Police Républicaine continue de faire ses prouesses en vue d’assurer (...)
Lire la suite

Adido, première localité électrifiée et connectée


19 mars 2019 par Dg24h
Le projet d’électrification solaire photovoltaïque, un des projets phares (...)
Lire la suite

Un drame écologique en gestation à Agoué


18 mars 2019 par Dg24h
Où sont déversés les déchets solides ménagers des populations de la ville (...)
Lire la suite

Formation des formateurs départementaux des agents électoraux.


17 mars 2019 par Dg24h
Dans le cadre de l’organisation des élections législatives, la Commission (...)
Lire la suite

’’On doit avoir une CENA indépendante des politiciens’’


17 mars 2019 par Dg24h
Processus électoral : Regard de la Cosi. Tel est le thème pour lequel le (...)
Lire la suite

Les journalistes ressortissants du Couffo désormais unis pour (...)


16 mars 2019 par Dg24h
. Dénommé Union des Journaliste Natifs du Couffo (UJNC), ce creuset (...)
Lire la suite

Les 03 gagnants de Wiki Loves Africa 2019 gratifiés


15 mars 2019 par Dg24h
L’édition 2019 du concours de photographie Wiki Loves Africa (WLA) (...)
Lire la suite

La vérité sur le mouvement d’humeur des détenus


15 mars 2019 par Dg24h
Le Directeur Général de l’Agence Pénitentiaire du Bénin, Jiles Sédjro (...)
Lire la suite

Les têtes couronnées et les populations rassurent Patrice (...)


15 mars 2019 par Dg24h
Réunis à la place Goho en fin de semaine écoulée, les têtes couronnées et (...)
Lire la suite

Dr Malick Gomina offre 5 millions FCFA aux élèves


14 mars 2019 par Dg24h
Les élèves du CEG 1 de Djougou sont en joie depuis ce mercredi. Et pour (...)
Lire la suite

Les propositions de loi examinées ce vendredi


14 mars 2019 par Dg24h
Les travaux dans le cadre d’une sortie de crise et d’organisation d’une (...)
Lire la suite

Le Recensement National des Artisans prend fin le 17 mars


14 mars 2019 par Dg24h
Le Recensement National des Artisans initié par le Ministère des Petites (...)
Lire la suite

La part de vérité de Freddy Houngbèdji et Emmanuel Tiando


14 mars 2019 par Dg24h
Depuis la publication des listes retenues par la CENA dans le cadre (...)
Lire la suite

01 mort et 04 blessés graves dans un braquage à Ganougourou


14 mars 2019 par La Rédaction
Une attaque à main armée a eu lieu ce mercredi 13 mars 2019, sur le (...)
Lire la suite


ÉCOUTER FRISSONS RADIO


Derniers articles



Autres vidéos





Les plus populaires







Lettre d'information