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FIL D'ACTUALITÉ

Marcellin Laourou applaudit la décision du Gouvernement




Suite à la polémique suscitée par le dernier concours de recrutement à la douane, le capitaine Marcellin Laourou, Sg du Syndicat des douanes béninoises (Sydob), a réagit sur Océan fm, dimanche 17 avril 2016. Le syndicaliste a battu en brèche les arguments des partisans de l’ancien régime et soutient le gouvernement pour les mesures de suspension prises.

Quelles appréciations faites-vous des premières mesures prises par le gouvernement de la « Rupture » ?
Marcellin Laourou : Un agent en uniforme, ou un agent des douanes n’a pas le choix. Il doit faire la politique du gouvernement en place. Dans ce sens, et j’ai eu déjà à le dire à certains de vos confrères, les douaniers sont prêts à suivre la politique douanière de la « Rupture », ou si vous le voulez, du nouveau départ.

Le gouvernement vient de suspendre la procédure d’engagement dans la fonction publique de 502 élèves douaniers en formation au camp de Ouidah. En fait cela rejoint un peu une bataille que vous aviez menée contre le régime défunt.
J’éprouve d’abord un sentiment de joie et de travail bien fait. Et pour cause. L’une des batailles que le syndicat des douanes a livrée, c’est la demande d’annulation de ce concours de recrutement de 502 agents. J’ai d’ailleurs eu l’occasion dans un passé récent en d’étaler les raisons à votre micro. Apparemment, nous avions été floués par le gouvernement précédent, qui, malgré les délits flagrants notés, à préférer poursuivre la formation des ces élèves douaniers. On avait mis l’intérêt de la nation au-dessus de tout, parce qu’il a été évoqué une période électorale peu propice aux mouvements de revendication. Nous avions suspendu les mouvements, le gouvernement ayant promis qu’une commission d’enquête serait mise sur pied pour faire la lumière sur ce concours. Mais rien n’a été fait. Avec la suspension, on peut dire que le président de la République a tenu parole, parce que l’une de ses nombreuses promesses de campagne était de voir clair dans ce concours. Il a suspendu, mais pas annulé. Le gouvernement est dans notre logique.

Est-ce que finalement vous disposez des preuves selon lesquelles le concours a été mal organisé ?
D’abord l’effectif prévu par la loi n’a pas été respecté. En plus, selon la loi, les preuves et modalités de composition doivent être objet d’un arrêté pris conjointement par les ministres de l’Enseignement, de la Fonction publique et des Finances. Ce qui n’a pas été le cas. L’arrêté n’a été signé que par les ministres des Finances, et celui de la Fonction publique, à l’exclusion des ministres de l’Enseignement. Mieux, avant l’envoi en formation de ces agents, l’enquête de moralité et la visite médicale étaient des conditions obligatoires. Mais, ces principes n’ont pas été respectés. A cela s’ajoute les gens qui sont reçus sans avoir composé, et bien d’autres anomalies. Le Sg Mètognon et d’autres personnalités disposent également des preuves et exigent l’annulation du concours. Donc, indubitablement, nous allons vers l’annulation.

Mais, Aboubacar Yaya, ancien ministre du Travail, n’est pas du même avis que vous. Il pense que le gouvernement outrepasserait ses compétences en annulant un tel concours.
C’est par respect aux auditeurs que vais répondre à cette question. Le ministre Aboubakar Yaya aurait pu mieux s’informer avant de se prononcer. Il ne peut pas être au courant de tout ce qui s’est passé comme arbitraires durant l’organisation du concours. Le gouvernement auquel Yaya a appartenu a bien annulé un concours en 2012. Donc, il faut que les uns et les autres sachent que, tant que ceux qui ont été frauduleusement engagés n’ont pas encore été titularisés, ils peuvent être renvoyés. De même, si la formation a été mal effectuée, juridiquement, ils peuvent être renvoyés. En plus, il leur faut un stage probatoire d’un an validé. Selon le statut des Ape, il faut être titularisé pour faire partie de l’administration. Leur acte d’admission définitive n’est sorti que le 5 avril dernier. Le gouvernement a fait les choses avec beaucoup de précipitation. Ils ont été même envoyés en formation avant le 5 avril, la date où leur acte a été signé. La commission n’aura donc pas beaucoup de difficulté pour annuler ce concours, il y a trop d’irrégularités.

L’ancien Sg du gouvernement, Alassane Tigri estime, quant à lui, que les décrets on été signés depuis le 17 mars 2015. Il y a beaucoup de cafouillages.
C’est la vérité. On a commencé le travail depuis la promulgation de la loi en juin 2015. Les ministres ont été instruits des décrets depuis juillet 2015. Il y a une communication rédigée en bonne et due forme au niveau de tous les ministères. Sauf que, les militaires n’avaient pas été associés, et ils ont exigé l’annulation. Ces décrets n’ont pas été pris le 5 avril. Mais, ils ne sont à incidence financière. Ce que nous demandons humblement, c’est que le gouvernement fasse tout pour que nous ayons un statut. Si on annule ces décrets, il n’y aura aucun texte qui nous régisse. Il faut agir vite pour qu’on ait une base juridique.

Est-ce que ces jeunes qui ont été formés au maniement des armes et autres, ne vont pas devenir un danger pour la société, si le concours est annulé ?
Ils ont effectué le service militaire d’intérêt commun. C’est constitutionnel. D’ailleurs, si la commission juge que les preuves avancées ne sont pas suffisantes, ils vont continuer leur formation. Toujours est-il que, si c’est écrit que quelqu’un sera douanier, ou agent du trésor ou des impôts, si on reprend le concours, il le sera. Il faut avoir la foi. Il n’y a pas encore péril en la demeure.

Comment se fait-il que sur les listes dénoncées, il y ait des admissibles du nom de « Laourou », alors que vous combattez le recrutement ?
Les affinités parentales ne justifient rien. Tout simplement, dans l’organisation de ce concours par exemple, tout n’a pas été transparent. Même les parents font pression sur moi, et je leur réponds que tout n’est pas transparent. On a dit que pour Bantè seule, près 102 douaniers sont reçus. C’est faux. C’est de l’intoxication pure et simple. Cela circule sur les réseaux sociaux. Le drame, c’est que tout le monde veut participer aux cours de la douane. Mais, cela a changé à la douane depuis. Tout est actuellement informatisé. Même du côté des transitaires, tout est bien ficelé. Beaucoup d’opérateurs économiques ont des avocats, et ils lisent le code des douanes. Il n’y a plus d’enrichissement rapide et illégal à la douane, surtout avec les nouvelles réformes. La nouvelle loi est encore plus stricte.

En tant Sg du Sydob, que faites-vous pour que le code soit bien disséminé au niveau des agents de la douane.
Nous avons fait une tournée départementale l’année dernière. Jusqu’au niveau départemental chacun des agents est bien informé du contenu du code et les responsabilités connues. Chaque faute est désormais sanctionnée à sa juste valeur. Il n’y a plus l’intervention de tel ou tel pour demander l’indulgence. La sensibilisation continue. Notre objectif d’ici trois ans, c’est que la douane soit l’administration la moins corrompue au Bénin.

Qu’attendez-vous alors du nouveau gouvernement et de son chef, le président Patrice Talon ?
Nous voudrions être associés à toutes les réformes. Nous savons que le chef de l’Etat a placé son mandat unique sur le sceau des réformes. La douane ne sera donc pas épargnée. Nous voudrions au moment opportun apporter nos contributions. Il nous faut un dialogue permanent. C’est d’ailleurs une promesse de campagne de la part du chef de l’Etat d’associer tout le monde aux réformes. Par exemple, si cela avait été fait, le Pvi n’allait pas échouer. Les douaniers avaient été attentistes. Nous savons qu’on a besoin des scanners et d’autres moyens modernes pour bien faire le travail. Pour me résumer, je dis que nous prêts à toutes les réformes. Du moins, si elles sont bénéfiques à la nation. Mais, il faut aussi que les réformes mises en œuvre jusqu’là soient évaluées. On ne peut pas balayer du revers de la main l’existant. A la limite, nous pouvons revoir ce qui ne va pas et corriger les réformes inefficaces ou impertinentes. Nous demandons par ailleurs, l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents. Il ne faudrait pas nous enlever ce que nous avons gagné à travers nos luttes. Par rapport à cela, nous sommes d’accord que la gestion de la filière voitures d’occasion soit auditée, et qu’on sache les redevances à payer pour que redynamiser la filière.

La douane béninoise coûte cher comparativement aux autre pays de la sous-région. Pourquoi ?
Non, ce n’est pas vrai. C’est une impression justifiée par le fait qu’il y a actuellement trop de faux frais. Sinon, on peut actuellement dédouaner un véhicule à la valeur-plancher de 588 000 francs Cfa. Mais, on finish, pour sortir votre voiture vous risquez de payer 920 000 f. Il y a une différence de 400 000. Avec l’audit, on verra là où se situe la faille. Sinon, au fond, nous ne faisons rien en dehors du Tarif extérieur commun (T.e.c) appliqué dans les 16 pays de la Cedeao.

Vous êtes également commandant du Port. Il paraît que vous êtes très dur et il y a moins de fraudes. Cela vous a d’ailleurs valu un prix la semaine dernière.
J’apprécie ce prix plutôt comme un challenge. Je suis mis au défi de mieux faire. J’ai demandé depuis mon arrivée aux transitaires de respecter la loi. Mais, ils veulent contourner la loi. Actuellement, pour les véhicules en transit vers le Niger, cela coûte 379 920, et 399 920 vers le Nigeria. Mais ils falsifient tout pour sortir les véhicules. Cela n’est pas normal qu’on falsifie tout. Il faut changer de système de fraudes. Sinon, nous mettrons beaucoup de gens en prison. Il faut respecter la loi S’ils veulent avoir des réductions, il faut négocier avec les autorités.

Propos transcrit par FINAFA H.

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