vendredi, 19 octobre 2018 •

207 visiteurs en ce moment

FIL D'ACTUALITÉ

Soutien de Macron à la candidature rwandaise à l’OIF :

« La fin de Francophonie » selon Topanou




Après sa charge à Michaëlle Jean Secrétaire générale de la l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) il y a quelques mois, le Professeur Topanou revient avec la même institution. Cette fois ci, c’est le soutien du président français Emmanuel Macron à la candidature rwandaise au secrétariat général de l’organisation qui le sort de ses gonds. L’ancien garde des sceaux du Bénin Prudent Victor K. Kouassivi Topanou Maitre de conférences de science politique, affirme que ce soutien vient signer l’acte de décès de la Francophonie. Lisez cette tribune à nous parvenue.

Le soutien d’Emmanuel MACRON à la candidature rwandaise au poste de Secrétaire général de l’OIF : La fin de la Francophonie

Tout le monde souhaitait le départ de Michaëlle Jean pour sa gestion catastrophique sur les plans politique, financier et symbolique de l’OIF. Moi aussi je le souhaitais. Et plus encore depuis qu’elle a limogé abusivement le Professeur Kako Nubukpo pour « manquement à l’obligation de réserve », ce qui en fait dissimulait très mal un limogeage pour « délit d’opinion ». Elle n’avait pas eu le flair nécessaire pour comprendre que les sorties médiatiques de ce dernier épousaient très largement les aspirations profondes de cette jeunesse de l’Afrique francophone qu’elle était pourtant censée, en partie, de par ses fonctions, faire rêver. Pour autant, la remplacer par une candidate rwandaise, c’est vider la Francophonie de sa substance, non seulement en reniant toutes les valeurs communes qui structurent les relations entre la France et les pays francophones depuis 1990, à savoir la démocratie et la langue française en partage (I) mais aussi en donnant aux pays africains francophones une raison supplémentaire de quitter la zone CFA (II).

I / La dictature plutôt que la démocratie

Les relations franco-africaines sont marquées, depuis bientôt trente ans, par des valeurs démocratiques communes. En Juin 1990, à la désormais historique conférence de la Baule, le Président François Mitterrand avait solennellement posé ce qu’il convient d’appeler la « conditionnalité démocratique » qui consiste à lier l’aide française aux efforts de démocratisation. Ce fut dur et tout le monde le savait. Face aux plaidoyers pathétiques de certains Africains, il y a eu la Conférence de Chaillot qui a légèrement desserré l’étau : « la conditionnalité démocratique », oui « mais chacun à son rythme ». Depuis lors, le long et difficile apprentissage démocratique des pays africains francophones suit son cours avec plus ou moins de réussite. Ce long et difficile apprentissage a connu son apogée avec la Déclaration de Bamako du 3 Novembre 2000. Tout le monde sait aujourd’hui que la démocratie est la règle et la dictature, fut-elle éclairée ou de développement, l’exception.
C’est au tout début de ce long et difficile apprentissage (Avril-Juillet 1994) que survint le génocide rwandais qui a fait le lit de la dictature de Paul Kagamé devenue aujourd’hui, apparemment aussi pour la France d’Emmanuel MACRON, un modèle alternatif à promouvoir. Et pourtant, c’est un modèle singulier que l’on ne peut et l’on ne doit, pour rien au monde, promouvoir. Car le modèle rwandais, c’est d’abord un génocide pour lequel on tient la France pour partiellement responsable et coupable, même si in fine ce sont les Rwandais eux-mêmes qui, dans un élan de bestialité, se sont entretués ; c’est ensuite remplacer le français par l’anglais dans l’éducation nationale et en faire une langue officielle ; c’est enfin, instaurer une dictature.
Il faut appeler un chat, un chat. Le Rwanda n’est rien d’autre qu’une dictature avec quelques réussites économiques que beaucoup d’autres pays démocratiques aussi connaissent qu’il s’agisse du Botswana, du Ghana, du Sénégal, de la Côte-d’Ivoire et de beaucoup d’autres encore. C’est vrai, qu’une partie très intéressée de la doctrine s’évertue à faire accroire, sans trop convaincre, l’idée qu’il y aurait une démocratie formelle et une démocratie substantielle et que la deuxième serait en toute chose préférable à la première. Et toujours selon cette partie très intéressée de la doctrine, la première serait en œuvre dans les pays africains francophones et la seconde serait en œuvre au Rwanda. La Chine qui est une réussite économique ne demande à personne à être appelée « démocratie substantielle » ; elle assume son statut de pays dictatorial.
Dès lors, choisir Louise Mushikiwabo, c’est enterrer trente ans de long et difficile apprentissage démocratique, c’est promouvoir le contre-modèle. Et si en définitive, pour établir des relations équilibrées avec la France jupitérienne d’Emmanuel MACRON et obtenir d’elle un poste aussi symbolique et politique que celui du Secrétariat général de l’OIF il faut suivre le modèle rwandais, alors les pays africains francophones savent à quoi s’en tenir.
Mais en même temps, il est permis de penser qu’ils tiennent-là une occasion rêvée de prendre une vengeance symbolique sur la France en désignant leur propre candidat qu’ils soutiendront tous, jusqu’au bout, comme un seul homme. Même si à titre personnel, je ne les crois pas capable d’une telle prouesse, il me semble que c’est pourtant la seule, solution, pour eux, d’éviter l’inconfortable situation dans laquelle ils risquent de se retrouver de devoir choisir entre Michaëlle Jean et Louise Mushikiwabo. Et il est juste surprenant que ce choix diplomatique intervienne quelques temps seulement après la vive polémique, jamais connue par le passé, sur le CFA et qui a contraint plusieurs officiels (Présidents de la République et Ministres) aussi bien Français qu’Africains à prendre position publiquement.

II / Une raison supplémentaire de quitter la zone CFA

Maintenant que le soutien de la France à cette candidature rwandaise est officiel, elle donne aux pays africains francophones une raison de plus de quitter la zone Franc. En effet, il est juste indécent pour les pays africains francophones de subir ainsi qu’ils le font depuis les indépendances une OPA hostile sur leurs économies à travers l’enfer du CFA pour ensuite se faire refuser les postes diplomatiques qui leur revient. Car après le coup de Michaëlle Jean par François Hollande, et celui de Louise Mushikiwabo par Emmanuel Macron, il y a de quoi désespérer les pays africains francophones !!!
Dans ces circonstances la question du CFA revient dans toute sa dimension symbolique. En effet, les pays membres de la zone CFA ne sont pas, du fait de leur monnaie, plus prospères économiquement que le Nigéria, le Ghana, le Rwanda ou l’Afrique du Sud qui ont chacun leur monnaie nationale. Et pourtant, ces pays éprouvent une fierté, justifiée ou injustifiée, à dire qu’ils ont leur monnaie propre. Ils éprouvent un sentiment national à dire qu’ils ont travaillé dur ensemble pour avoir cette monnaie ; qu’ils ont été responsables ensemble. Les nouvelles générations des pays de la zone CFA veulent souffrir ensemble et grandir ensemble ; elles veulent s’assumer et être vertueux et responsables ensemble : c’est tout. Ne pas le comprendre et leur permettre de le vivre, c’est faire preuve de myopie et courir le risque d’éclatement ultérieur de violence incontrôlée. Si la France réussit à faire élire sa candidate Rwandaise au poste de Secrétaire générale de l’OIF, ce serait la fin de la conditionnalité démocratique, de la langue française comme une référence commune et dans ces conditions, il ne restera plus aux pays africains francophones qu’à sortir du CFA et à remplacer le français par l’anglais et pourquoi pas comme le Rwanda adhérer au Commonwealth. Dès lors, ils retrouveront leur pouvoir symbolique de négociation et pourront exiger et obtenir de la France ce qu’elle leur refuse aujourd’hui.
Que faudra-t-il à la place du CFA ? Pourquoi pas des monnaies nationales le temps d’une transition avant d’aller vers des monnaies sous-régionales comme par exemple une monnaie commune puis unique pour les pays membres de la CEDEAO ? Il n’y a absolument aucune raison d’avoir peur des monnaies nationales et ceux qui prédisent le « scénario catastrophe » ne sont que des oiseaux de mauvais augure.
En revanche, nous garderons jalousement notre démocratie. Nous ne l’avons pas choisie parce que la France le voulait. Nous nous y sommes engagés par le biais de la conférence nationale de février 1990, soit quatre mois avant la conférence de la Baule de juin de la même année. Et nous l’avons fait parce que nous avons expérimenté un régime dictatorial marxiste-léniniste qui a conduit notre État à la faillite totale. Ce fut un choix consensuel et endogène et, pour cela, nous ne serons prêts à le tronquer contre aucune dictature, ni celle dite abusivement « éclairée » ou de « développement ». C’est tout cela que vient nous rappeler cruellement le soutien d’Emmanuel MACRON à la candidature de Louise Mushikiwabo.

*Par Topanou Prudent Victor K. Kouassivi*
*Maître de conférences de Science politique*
*Ancien Garde des Sceaux du Bénin*

www.24haubenin.info ; L'information en temps réel

27 mai 2018 par Dg24h


La mesure conservatoire contre La Nouvelle Tribune déclarée conforme à (...)


19 octobre 2018 par Dg24h
Réuni en séance ordinaire, ce jeudi 18 octobre 2018, la Cour (...)
Lire la suite

La clôture des inscriptions au Cep 2019 fixée au 7 décembre


18 octobre 2018 par La Rédaction
Le registre d’inscription pour l’examen du Certificat d’études primaires (...)
Lire la suite

La cité ministérielle de Cotonou et les 2570 logements de Ouèdo en (...)


17 octobre 2018 par Dg24h
Le gouvernement a autorisé en Conseil des ministres, ce mercredi 17 (...)
Lire la suite

Vers l’augmentation de la production des poissons


14 octobre 2018 par Dg24h
Le ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, Gaston (...)
Lire la suite

La part de responsabilité des universités publiques


14 octobre 2018 par Dg24h
Invités pour éclairer les auditeurs sur les réformes dans l’enseignement (...)
Lire la suite

Loth Houénou encourt une peine d’emprisonnement et des amendes


13 octobre 2018 par Dg24h
Le Président du Parti des Valeurs Républicaines (PVR) est interpellé ce (...)
Lire la suite

Un corps sans vie d’un bébé retrouvé dans un puits


12 octobre 2018 par Dg24h
Le corps sans vie d’un enfant a été retrouvé dans un puits au quartier (...)
Lire la suite

Le ministre HOUSSOU félicité par l’ambassadeur des États Unis d’Amérique (...)


11 octobre 2018 par La Rédaction
Ce mercredi 10 octobre 2018, l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique (...)
Lire la suite

L’affichage de la Lépi effectif dans les bureaux de vote


11 octobre 2018 par Dg24h
Comme annoncé par le Conseil d’orientation et de supervision de la Liste (...)
Lire la suite

Recrutement des cadres aux emplois de la chaîne des dépenses (...)


11 octobre 2018 par Dg24h
Le Conseil des ministres de ce mercredi 10 octobre 2018, a décidé entre (...)
Lire la suite

L’ex receveur des finances épinglé pour des opérations illégales


10 octobre 2018 par Dg24h
Le Conseil des ministres de ce mercredi 10 octobre 2018, a pris acte (...)
Lire la suite

La maîtrise d’œuvre complète confiée au Cabinet Michel Beauvais (...)


10 octobre 2018 par Dg24h
Le cabinet d’architecture Michel Beauvais Associes (MBA) assurera la (...)
Lire la suite

Le procès Atao reporté au 23 octobre prochain


9 octobre 2018 par Dg24h
Prévu pour se tenir ce mardi 09 octobre 2018, le procès du député (...)
Lire la suite

Le Cos-Lépi invite les citoyens à se déplacer vers leur centre de (...)


7 octobre 2018 par Dg24h
Le Cos-Lépi informe tous les citoyens en âge de voter, que le Fichier (...)
Lire la suite

Le Bénin atteint une production record de 1.600.000t de maïs


6 octobre 2018 par Dg24h
Le ministre de l’industrie et du commerce, Serge Ahissou, et son (...)
Lire la suite

Le dossier Ajavon renvoyé au 18 Octobre


4 octobre 2018 par Dg24h
Convoqué pour ce jeudi 4 octobre 2018 à la Cour de répression des (...)
Lire la suite

Le dossier Ajavon renvoyé au 18 Octobre


4 octobre 2018 par La Rédaction
A l’ouverture du procès ce jeudi matin au siège du CRIET, à Porto-Novo, (...)
Lire la suite

Le ministre HOUSSOU au centre d’une vaste activité diplomatique en (...)


4 octobre 2018 par La Rédaction
Depuis ce lundi 1er octobre 2018, une délégation béninoise conduite par (...)
Lire la suite

Sondage


ÉCOUTER FRISSONS RADIO


Derniers articles



Autres vidéos





Les plus populaires







Lettre d'information