mercredi, 20 février 2019 •

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FIL D'ACTUALITÉ

Procès ICC-Services

Duel entre Akplogan et son directeur financier




Une nouvelle semaine s’ouvre ce lundi 21 janvier 2019 dans le cadre du procès ICC-Services à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) à Porto-Novo. Suite à la prorogation annoncée vendredi dernier, les dépositions des accusés, sachants et témoins se poursuivent pour le compte de cette 21ème journée.

Etant à la barre avant la suspension intervenue la semaine dernière, Etienne Tinhoundro, directeur financier de ICC-Services a poursuivi avec sa déposition. Les premières interrogations proviennent du procureur spécial. Ulrich Togbonon veut connaître le coût de son imprimerie. « Quarante-neuf millions », a répondu le sieur Tinhoudro ». Suite à cette réponse, le procureur adresse une question au PDG de la structure. Guy Akploagan affirme qu’il savait bien que Tinhoundro avait une imprimerie mais ignore son montant. Le PDG a confié à la Cour qu’il l’a connu par le biais de son frère Akplogan et souligne l’avoir recruté parce qu’il avait un profil de financier. « Il ne participe pas aux réunions de prise de décision parce qu’il n’est souvent pas disponible », a-t-il signalé. Et d’ajouter : « Dès le départ, on a noté son incapacité à jouer son rôle ».
Selon le procureur spécial, le directeur financier disposerait d’une maison souterraine à Zoca. L’accusé affirme que certes, il a une maison dans ladite localité mais celle-ci n’a pas un niveau souterrain.
Le PDG qui était sur les lieux au début de la construction de la maison de son directeur financier n’en sait rien mais dit avoir constaté un autre système. « C’est comme s’il a déplacé le système de Dantokpa vers sa maison », a-t-il lancé.
Le ministère public cherche à savoir où se trouvait le directeur financier de ICC-services lors de la célébration du 2ème anniversaire de la structure. « J’étais gravement malade et souffrant. Mes enfants étaient partis et sont revenus les larmes aux yeux parce qu’ils s’étonnent du fait que mes patrons n’étaient pas allés me rendre visite mais se mettent à fêter », a confié le sieur Tinhoundro à la Cour.
A l’endroit de Ludovic Dohou Pamphile, directeur général de ICC-Srvices, le procureur lui demande la femme qui était derrière lui le jour de la coupure du ruban. « C’est une maman de notre paroisse », a-t-il indiqué.
A une autre question du procureur, le directeur financier soutient que le premier adjoint du maire Placide Azandé est son ami avant l’avènement de ICC- Services. « Ce que je sais, c’est qu’il est membre du parti FRAP et je n’ai jamais contribué au financement du parti », clarifie-t-il.

Désaffiliation de Etienne Tinhoundro en 2009
Le président interpelle Guy Akplogan sur le mécanisme de transaction des fonds après payement des clients. Le PDG explique que son directeur financier renvoyait les contrats à Calavi et que les retours se faisaient régulièrement. ‹‹Mais depuis le 1er janvier 2009 poursuit-t-il, je n’ai plus eu trace des dépôts effectués au niveau de son agence à Dantokpa. (...) il a cessé de nous faire le point, on ne fait plus le retour à l’endroit de son agence ».
Guy Akpogan ne s’est pas intéressé à comment il s’arrangeait à payer les intérêts de ses déposants. « Je ne l’ai pas limogé parce que j’évitais qu’il y ait crise au sein de notre groupe pour ne pas aller à un trouble », a-t-il relevé.
Au moment de la crise, le PDG a indiqué avoir fait un chèque de 75 millions FCFA puisque même si Tinhoundro ne travaillait plus pour lui, en sa qualité de PDG, il doit faire face à toutes difficultés liées aux activités.
Face aux déclarations de Akplogan, le directeur financier estime que son patron a dit des contre-vérités. « Qui veut tuer son chien l’accuse de rage. Je ne sais pas pourquoi mon patron dit ça. Aujourd’hui, je suis heureux parce que tout le monde nous suit. Les gens avec qui nous avons travaillé nous entendent, nos parents aussi », a-t-il lancé tout en réfutant qu’il n’a jamais renoncé à ICC-Services.
Le sieur Tinhoundro révèle à la Cour que Akplogan n’a pas seulement fait un chèque de 75 millions de FCFA, mais aussi a payé plus de 400 millions FCFA avant d’arrêter.
« (...) S’il dit aujourd’hui que je suis incompétent, je rends grâce à Dieu », se désole-t-il.

Contradiction totale entre Tinhoundro et Akplogan
Dans ses précédentes dépositions, Etienne Tinhoundro a confié à la Cour qu’il a envoyé une lettre au nom des chefs d’agences au patron de ICC-Services. Mais Guy Akplogan annonce qu’il n’a jamais reçu une lettre du genre.
« Il a bien reçu la lettre que je lui ai envoyée. Monsieur le Président, je ne fais que vous dire ce que j’ai eu à faire », atteste le directeur financier.
Aussi, le sieur Tinhoundro a-t-il affirmé que aucun sous de ICC-Services ne lui a permis de financer ses activités personnelles notamment l’imprimerie et la poissonnerie.
Pour Guy Akplogan, c’est grâce aux revenus de son imprimerie et poissonnerie qu’il paye les intérêts des clients. « Comment il a su que les activités liées à ma poissonnerie et mon imprimerie me permettaient de faire face aux intérêts des clients. Il ne détenait pas la comptabilité de mes activités secondaires qui n’ont rien à voir avec les activités de ICC-Services », a soulevé Etienne Tinhoundro.
La Cour interroge Guy Akplogan sur la plateforme de placement en ligne E-Gold qui était entreprise pour faire face aux taux d’intérêts exorbitants. Sur ledit sujet, le PDG annonce que c’était juste une phase expérimentale jusqu’en mars 2007 et que non seulement Etienne Tinhoundro n’a pas le niveau, mais aussi il n’a pas les prérequis pour comprendre le fonctionnement du placement en ligne. Mieux au début poursuit Akplogan j’ai eu l’information selon laquelle, il est allé voir le DG pour que je leur explique le fonctionnement du placement en ligne afin que les deux puissent m’abandonner et créer leur propre structure.
Le PDG informe la Cour qu’à l’époque le chef d’agence de Dantokpa voyageait régulièrement. Il allait en Italie, à Bordeaux et donc pour lui c’est qu’il faisait des activités qui lui permettaient de faire face aux intérêts des déposants.
Guy Akplogan certifie que son directeur financier s’est mis à son propre compte à partir de 2009, et ne faisait plus compte à la comptabilité de la Fédération. L’intéressé réfute cette déclaration : « J’ai commencé par travailler à la maison parce qu’à un moment donné j’étais malade et je ne peux pas aller au boulot. Donc je travaillais à la maison. Certains clients venaient me déposer l’argent à la maison », a clarifié Etienne Tinhoundro tout en notifiant qu’il lui a toujours fait le point. Quant à ses voyages, il avoue avoir effectué en 2009, 3 voyages en Europe sous ses propres fonds.
Me Alain Orounla cherche à savoir en quelle année le directeur financier s’est-il rapproché de son PDG pour l’ouverture d’un compte au nom de ICC-Services. « Je n’ai pas retenu exactement la date mais c’était en mi 2009 que je suis allé vers le PDG pour avoir un compte ICC-Dantokpa et il n’a pas accepté mais m’a autorisé a utilisé mon propre compte », a répondu l’accusé.
Le chef d’agence de Dantokpa explique qu’il a continué avec la même méthode, celle de payer les intérêts avec les fonds des nouveaux déposants et la différence est déposée sur son compte personnel.
Pour Me Alain Orounla il y a problème du moment où le sieur Tinhoundro ne dépose plus l’argent à Guy Akplogan afin de lui permettre de fructifier les sous pour faire face aux intérêts des déposants.
« Si c’est cela, je me demande ce que font les premiers dépôts que je lui envoyais régulièrement au départ », avance-t-il.
« De juin 2009 jusqu’à l’éclatement de la crise en Avril 2010, j’ai fonctionné de façon autonome et je n’ai jamais fructifié les fonds collectés. Je n’ai investi dans aucune activité. Je ne peux pas dire que c’est exactement comme ça que Guy Akplogan fonctionnait », a ajouté Etienne Tinhoundro.
La Cour a fait part d’une déposition, dans laquelle Akplogan a confié qu’il est arrivé que l’argent des clients soit utilisé pour payer des intérêts. Une déclaration qui selon la Cour concorde avec la déposition du directeur financier de ICC-Services.
Le PDG souligne que c’était au début de leurs activités et que c’était avec les réserves de la structure que les intérêts étaient payés. Toutefois, reconnaît Akplogan ces réserves proviennent des fonds des déposants.

Tinhoundro ne partage aucune responsabilité
Me Gbaguidi avocat de la défense veut savoir si l’accusé Tinhoundro maîtrise les modalités selon lesquelles le solde est fructifié. « Non », a-t-il répondu. Le sieur Tinhoundro affirme que les prévisions proviennent des fonds des épargnants puisque à aucun moment donné le solde n’est à zéro.
Le chef d’agence de Dantokpa soutient qu’il ne sait pas écarter de la structure ICC-Services et qu’il n’était pas question aussi d’une autonomie dans la gestion de son agence. Selon lui Akplogan partage sa vision sinon il n’allait pas choisir délibérément de mettre les fonds sur son compte.
L’avocat de la défense demande à Tinhoundro s’il peut attester connaître le ro de ICC-Services. « Non, je ne connais pas », a-t-il lancé.
Etienne Tinhoundro n’assume en aucun cas toutes les conséquences de cette crise. « J’ai travaillé en tant qu’agent chez lui, je l’ai servi, ce qu’il me confie c’est ça que moi je fais. A dire que la responsabilité je vais la partager, je ne peux pas le concevoir ainsi », a mentionné. L’accusé souligne qu’un incompétent ne peut assumer une telle responsabilité.
Le patron de ICC-Services ne reproche rien à son directeur financier. Pour lui, « tant qu’il n’y a pas des déposants qui se plaignent moi je n’ai pas de reproche à faire ». Guy Akplogan affirme qu’il ne nourrit aucune rancœur à l’endroit de Tinhoundro. Il assure l’entière responsabilité.

Clément Sohounou, Chef d’agence de ICC-Services
Un autre chef d’agence de Lalo est appelé pour se prononcer sur les déclarations de Etienne Tinhoundro concernant le mécanisme de paiement des clients. Clément Sohounou déclare aussi que c’est l’argent des déposants qui sert à payer les intérêts des anciens déposants sous ordre du patron de la structure ICC-Services.
A la barre, la Cour a procédé à un long exercice de cas pratique avec Clément Sohounon.

Le directeur de l’INSAE à la barre
Laurent Mahounou Hounsa, directeur général de l’INSAE a été appelé à la barre pour éclairer la Cour sur la procédure de recensement des épargnants des structures de placements de fonds. Le président de la Cour demande à Hounsa, directeur de l’INSAE, nommé en 2018, s’il a la documentation nécessaire pour faire face aux questions répondant ainsi aux actes de son prédécesseur de 2010. « Depuis que j’ai eu votre convocation je me suis documenté comme je le peux pour répondre à certaines questions purement techniques », a-t-il répondu.
Me Gbaguidi souhaite savoir si à l’INSAE il n’y a pas eu un dossier ou un rapport relatif au travail effectué par l’institution sur ICC-Services. « Je voudrais quand même informer la Cour que le 11 octobre 2010 un bordereau d’envoi avait été fait à Mme la présidente du comité de suivi pour lui transmettre la synthèse des résultats du recensement. L’INSAE s’est occupé du volet recensement au niveau de toutes les structures illégales qui avaient été identifiées en en ce moment-là », explique le directeur général de l’INSAE.
Mme Lawson a donc reçu la synthèse, une liste des structures et un rapport général. Aucun dossier selon lui ne porte sur ICC-Services de façon particulière.
L’opération de recensement a été instruite par le conseil des ministres en date du 07 juillet 2010 dans le but d’évaluer les montants engagés par la population dans les placements auprès des structures illégales.
Il y avait 08 centres de recensement qui ont été mis en place et le travail a duré 40 jours.
Selon les résultats de l’INSAE présentés par le sieur Hounsa, le recensement a permis de dénombrer 151.917 déposants, en moyenne 2,50 contrats dans 204 structures illégales.
Le montant total de dépôt est de 161,04 milliards FCFA, le montant d’intérêts perçu s’élevait à plus de 62 milliards FCFA.
Les départements de l’Ouémé, Littoral, et de l’Atlantique concentrent près de 90% des dépôts. En ce qui concerne ICC-Services, le montant des dépôts est évalué à 109 milliards FCFA.
Tout au long de sa déposition Laurent Hounsa a d’abord soutenu que la liste de recensement est exhaustive. L’appréciation de Mme Sévérine Lawson selon lui n’engageait qu’elle.
La présidente du comité de suivi est appelée pour repréciser pourquoi il fallait prendre avec pincettes le travail réalisé par l’INSAE.
Le directeur de l’INSAE a fini par reconnaître que ce recensement peut présenter des insuffisances, qui n’ont pas été corrigées malgré l’intervention des huissiers.
Les débats ont été suspendus au cours de l’intervention du DG de l’INSAE à 16 h15 et se poursuivront ce mardi 22 janvier 2019.

Akpédjé AYOSSO

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