mardi, 18 décembre 2018 •

229 visiteurs en ce moment

FIL D'ACTUALITÉ

Comment sauver l’enseignement au Bénin




(Par Roger Gbégnonvi)

​Grogne dans le Landerneau suite à la volonté de l’Etat de se rendre maître des diplômes dans les instituts privés d’enseignement supérieur. On grogne comme s’il n’était pas juste et bon que tout diplôme béninois reçût l’aval de l’Etat béninois. Mais si celui-ci, par sa décision, entend moraliser à la ronde, il serait bien inspiré de balayer d’abord devant sa porte. Car la chienlit, abondante dans le privé, ne l’est pas moins dans le public, d’où elle aura été transportée dans le privé. Quel est, à titre d’exemple, l’état des lieux à l’Université d’Abomey-Calavi, si l’on accepte de parler de choses précises, vues et entendues ?
​Situation I :- A la fin d’un cours un peu ardu, une étudiante murmure assez fort pour être entendue aussi du professeur un peu rugueux : ‘‘Pourquoi lui, il fait cours ? Et puis il ne s’habille pas.’’ La réflexion fait sens. L’étudiante sait qu’en cédant aux pressions libidineuses de ses professeurs mâles, elle a les notes nécessaires pour monter en année supérieure. En trois ans, elle et ses camarades demoiselles ont intégré ce mode de fonctionnement, sinon de leur Université, au moins de leur Faculté. Si le professeur arbore une montre Rolex et des souliers à la Papa Wemba, c’est ‘‘cool’’. De fait, pas un étudiant n’exige du professeur qu’il soit un as de sa discipline, il lui suffit d’être ‘‘cool’’ et de ne pas jouer les instituteurs sévères.
​Situation II :- Un moment de détente vient agrémenter l’âpreté du cours. Un étudiant en profite pour rappeler au professeur qu’on est en Faculté et qu’il ne devrait pas renvoyer ceux qui viennent en retard. Et puis : ‘‘Pourquoi vous, Monsieur, vous venez à l’heure ? En quatre ans, je vois ça pour la première fois.’’ La réflexion fait sens. Retardé par des urgences, l’enseignant arrive après l’heure et doit repartir avant l’heure, attiré par des lièvres pressés. Parfois, il réduit 25 ou 50 heures de cours exigées à deux séminaires de 4 heures chacun, achalandés d’un tas de photocopies que ses étudiants doivent ‘‘potasser’’ rapidement pour préparer l’examen final imminent. Car le ‘‘maigre’’ salaire de fonctionnaire de l’Etat étant de toute façon assuré, le ‘‘pauvre’’ professeur a passé l’année académique à proposer ses services dans mille instituts privés pour récolter un complément salarial à peu près correct.
​Situation III :- Hors de l’Université d’Abomey-Calavi, dans une ruelle de Cotonou. Sans crier gare, un jeune homme, inconnu de lui, s’en prend au président de Transparency International-Bénin : ‘‘Monsieur, vous ne foutez rien à Transparency. Dans les CEG, les professeurs mâles s’abattent sur les jeunes filles. Ils disent que tout le monde vole l’argent du pays, et qu’ils n’ont, eux, que leurs élèves à détourner. Viols, grossesses, avortements. C’est quoi ce bordel ? Et Transparency qui se tait ! Ma nièce, 13 ans, vient d’être saccagée, et nous sommes sans recours. Vous ne foutez rien à Transparency !’’ Ledit président est bouche bée : jamais l’idée ne lui était venue que TI-Bénin devrait s’occuper de ‘‘ça’’ aussi.
​Et l’on ne dira rien des grèves perlées, de 9 mois de cours réduits à 3, des TD payants où le professeur trahit le secret des sujets d’examen dans sa discipline, des fonctionnaires qui payent pour recevoir tel diplôme d’Etat sans savoir où est la Faculté concernée, des tentatives d’envoûtement entre professeurs… De grâce, se taire. Dans les instituts privés, le professeur respecte évidemment les masses horaires. Mais pour quelle qualité ? Derrière quelles violences faites aux femmes ? Ô, se taire. Ignorer l’assassinat de toute déontologie.
​Mais l’Etat ne fera pas croire qu’il suffit de son label à tous les diplômes pour que soit sauvé l’enseignement au Bénin. Les dérives systématiques lui font devoir de créer une sorte de Haute Autorité de l’Ethique Educationnelle. Quelque chose dans le genre. Une instance morale composée d’intégristes de l’intégrité pour empêcher en tout temps, en tout lieu, en toutes circonstances, les enseignants de massacrer l’avenir du Bénin. Il faut affronter la Bête.

www.24haubenin.info ; L'information en temps réel

3 juin 2017 par Dg24h


Ce que l’on cache aux révoltés de France et de Navarre


8 décembre 2018 par Dg24h
(Par Roger Gbégnonvi) ​Leurs dirigeants ne leur disent pas que si (...)
Lire la suite

Trois péchés rédhibitoires de tout Béninois


24 novembre 2018 par Dg24h
(Par Roger Gbégnonvi) ​Munies de leur licence et de leur master, nos (...)
Lire la suite

S’inspirer du très honorable Justin Trudeau pour innover en (...)


29 octobre 2018 par La Rédaction
Le Leader d’opinion Richard Boni Ouorou a rencontré le premier ministre (...)
Lire la suite

Comment l’utilisation des smartphones peut affecter la sante humaine (...)


7 septembre 2018 par Dg24h
Par Dr. Mehenou Amouzou L’Afrique a besoin de technologies pour (...)
Lire la suite

Les ambitions hégémoniques de Patrice Talon sur le Bénin


4 septembre 2018 par La Rédaction
Avec le récent vote de la loi sur le code électorale, Patrice Talon est (...)
Lire la suite

Pourquoi limiter à trois le nombre des partis politiques


1er septembre 2018 par Dg24h
(Par Roger Gbégnonvi) ​L’opinion publique béninoise manifeste une vague (...)
Lire la suite

Assemblée nationale : Immunité déshonorable


26 juillet 2018 par Dg24h
Nos députés affectionnent le qualificatif ‘’honorable’’.Ce prédicat (...)
Lire la suite

La lettre ouverte de Richard Boni Ouorou qui indexe la justice


26 juillet 2018 par La Rédaction
Le politologue Richard Boni Ouorou dans l’une de ses récentes interview, (...)
Lire la suite

Politiciens ‘’WhatsApp’’ et référendum


19 juillet 2018 par Dg24h
Les spécialistes de la question nous avaient pourtant prévenus : le (...)
Lire la suite

MEMOIRE DE CHAUDRON 1 à 100


3 juillet 2018 par Dg24h
L’ancien Conseiller technique à la communication du président Boni Yayi, (...)
Lire la suite

La Révolution en « Rupture »


29 juin 2018 par Dg24h
L’événement mérite d’être souligné, tant il est une première... Après avoir (...)
Lire la suite

Mémoire du chaudron 100


27 juin 2018 par Dg24h
À neuf heures ce samedi matin, j’étais au siège de campagne à Bar Tito. (...)
Lire la suite

Mémoire du chaudron 97


24 juin 2018 par Dg24h
Mardi, douzième jour de campagne électorale. Une ambiance particulière (...)
Lire la suite

Mémoire du chaudron 96


23 juin 2018 par Dg24h
Pour le plus grand malheur de Adrien Houngbédji, Albert Tévoédjrè, (...)
Lire la suite

Mémoire du chaudron 95


22 juin 2018 par Dg24h
Il était dix heures environ, ce lundi, onzième jour de campagne (...)
Lire la suite

Cour Constitutionnelle : ‘’djogbé’’ à Joseph


15 juin 2018 par Dg24h
Joseph Djogbénou devient donc le cinquième Président de notre Cour (...)
Lire la suite

Le grand miracle de la Cour Holo


7 juin 2018 par Dg24h
Standing ovation donc pour Théodore Holo, président sortant de la Cour (...)
Lire la suite

L’euthanasie de la presse béninoise


6 juin 2018 par La Rédaction
La Haute Autorité de l’Audiovisuelle et de la Communication (HAAC) a (...)
Lire la suite

Sondage


ÉCOUTER FRISSONS RADIO


Derniers articles



Autres vidéos





Les plus populaires







Lettre d'information