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Depuis l’instauration des sanctions internationales contre Moscou en 2022, la Russie a mis en place une flotte maritime parallèle destinée à maintenir ses exportations énergétiques. Composée de navires vieillissants, opérant sous pavillons de complaisance et hors des systèmes de surveillance classiques, cette « flotte fantôme » étend désormais ses activités vers le golfe de Guinée. Une évolution lourde de risques environnementaux, économiques et stratégiques pour les États côtiers d’Afrique de l’Ouest, dont le Bénin.
Une flotte née du contournement des sanctions internationales
À partir de 2022, le plafonnement du prix du pétrole russe et les restrictions imposées par les pays occidentaux ont profondément modifié les routes maritimes de Moscou. Selon les estimations d’organismes spécialisés dans le suivi du commerce maritime, la Russie s’appuie aujourd’hui sur plusieurs centaines de pétroliers dits « opaques », souvent âgés de plus de vingt ans, pour exporter son pétrole et ses produits raffinés. Entre 2023 et 2025, le nombre de navires opérant avec des systèmes d’identification désactivés ou sous pavillons de complaisance a augmenté de manière significative, réduisant drastiquement les capacités de contrôle des États côtiers.
Des pratiques à haut risque environnemental
Ces pétroliers pratiquent fréquemment des transbordements de cargaisons en haute mer, une opération techniquement risquée, surtout lorsqu’elle est réalisée sans supervision internationale. Les données issues de la surveillance maritime montrent une multiplication de ces transferts dans l’Atlantique, à proximité des routes commerciales africaines. Or, une marée noire majeure dans le golfe de Guinée aurait un impact économique immédiat sur la pêche, qui fait vivre des millions de personnes, ainsi que sur les ports et les activités logistiques régionales. Les précédents internationaux montrent que le coût de dépollution d’un accident de grande ampleur peut atteindre plusieurs centaines de millions de dollars, bien au-delà des capacités financières des États riverains.
Un enjeu économique direct pour le Bénin
Le Bénin, dont l’économie dépend fortement du port de Cotonou et des échanges maritimes régionaux, est directement exposé à ces risques. Une dégradation durable de l’environnement maritime affecterait non seulement les recettes portuaires, mais aussi l’attractivité du pays comme plateforme logistique pour l’hinterland ouest-africain. À cela s’ajoute un enjeu assurantiel : la multiplication de navires non conformes accroît le risque global et renchérit le coût des assurances maritimes, pesant indirectement sur le commerce régional.
Une menace silencieuse mais stratégique
Au-delà des considérations environnementales, la flotte fantôme russe fragilise l’ordre maritime international et expose les États côtiers africains à des pressions géopolitiques indirectes. En l’absence de coordination régionale renforcée et de moyens de surveillance accrus, ces pratiques risquent de transformer le golfe de Guinée en zone grise du commerce mondial de l’énergie, au détriment des économies locales et de la souveraineté maritime des États concernés.
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