jeudi, 27 juillet 2017 •

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FIL D'ACTUALITÉ

CES PREMIERS CONSEILS DES MINISTRES DE LA RUPTURE : LES INTERROGATIONS ET RELEXIONS QU’ILS M’INSPIRENT !




Le Président Patrice TALON a formé son 1er Gouvernement dès le 6 Avril 2016, et le 1er Conseil des Ministres s’est tenu le 13 Avril 2016. Depuis, nous avons assisté effectivement au démarrage d’une politique de rupture et de nouveau départ, comme promis. Ainsi, le nouveau Gouvernement s’est réuni hebdomadairement, chaque mercredi, en Conseil des Ministres, où déjà, de très grandes décisions ont commencé à être prises, sans aucun temps d’observation.
Mais, concernant ces premiers Conseils des Ministres, le peuple béninois manifeste déjà quelques grincements de dents, car resté sur sa faim, vu la forme dans laquelle il reçoit maintenant le compte rendu des travaux du Conseil des Ministres, et donc des importantes décisions qui y sont prises, sous la griffe de la rupture et du nouveau départ. Bon nombre de béninois, en effet, se sont posé des questions (loin d’être dénuées d’intérêt) sur cet aspect de la nouvelle gouvernance. La presse béninoise en a fait large écho.
Pour ma part, en tant qu’observateur assidu et attentif de la vie politique et socio-économique de mon pays depuis plusieurs années, j’ai quelques six interrogations qui me sont venues à l’esprit (me mettant bien mal à l’aise) que, dans une démarche contributive, je m’en vais exposer ci-après, pour toutes fins utiles :

1. Pourquoi, à l’issue de ces Conseils des Ministres, le peuple est-il privé d’être aussitôt informé de l’exhaustivité des décisions prises, à travers un compte rendu en bonne et due forme à faire par le Secrétaire Général du Gouvernement (SGG ) et que c’est le point de presse du Ministre d’Etat, Secrétaire Général à la Présidence (SGP) qui l’informe d’abord de façon succincte, avant que vienne un compte rendu du SGG, non sans imprécisions aussi ?
Cette interrogation, me semble-t-il, pose le double problème du droit des citoyens à l’information officielle et, pour les journalistes, du droit d’accès aux sources autorisées de l’information ! Somme toute, c’est la manière dont le nouveau gouvernement communique qui pose problème. Là-dessus, les récentes explications, plutôt justifications besogneuses du (néanmoins) journaliste Edouard LOKO, officiant ès qualité de ses nouvelles fonctions, ne m’ont nullement convaincu !
Bien sûr qu’il est judicieux d’expurger les anciennes formes et contenus de compte rendu des SGG de tous détails non nécessaires ! Cependant, il demeure que l’essentiel des travaux du Conseil doit être livré complet avec toutes les précisions qui s’imposent, pour nous éviter d’aller à des interprétations (souvent malveillantes). Ces comptes rendus du SGG devront intervenir dès la soirée du jour du Conseil, non pas 2 à 3 jours plus tard comme on l’observe. Le Ministre d’Etat/SGP fera ensuite son point de presse (un vrai !) pour des réponses et explications aux préoccupations des journalistes.

2. Serait-il exagéré de parler d’économie d’information lorsqu’il est dit, par exemple, qu’il y a eu tel nombre de nominations dans tel ou tel ministère et qu’ont été relevés de leur fonction tel nombre de cadres, tout juste ça, sans aucune précision ?
Cette façon d’informer, à coup sûr, ne renseigne en rien personne, car aussitôt, toutes sortes de rumeurs et de spéculations se développent et circulent sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique ; de sorte qu’il faille ensuite à l’Autorité de venir donner précisions ou infirmations ! Le gouvernement du Nouveau Départ ne doit donc pas balayer d’un revers de main une telle chose, en avançant qu’il est seul juge de ce qu’il est utile de livrer officiellement comme information.

3. A quelles logique et préoccupation répond l’information que certaines personnes ont été « relevées de leurs fonctions » (3 ou 4 souvent, sans les nommer), tandis qu’ont été faites plusieurs nominations à des postes en nombre sans corrélation avec celui des gens relevés de leurs fonctions dont l’information a été donnée ?
La question se pose d’autant que toute nomination induit nécessairement un limogeage de l’occupant antérieur du poste, sauf s’il s’agit d’un poste nouvellement créé ! Alors qu’il suffit d’informer sur les nominations en précisant les noms, pour que tout le monde en déduise qu’il y a eu des limogeages ou, tout simplement, des gens « remerciés ». Je me demande donc si le Nouveau Départ veut faire un distinguo entre « limogé de son poste » et « relevé de son poste » pour ne pas dire « révoqué de son poste ». Mais alors, si c’est ce sens, on doit préciser les raisons de la révocation, au contraire du limogeage (ou remerciement), qui signifie remplacement à un poste à la discrétion de l’Autorité. Alors, que devons-nous comprendre exactement sur cette question ?

4. Qu’est-ce qui justifie ou explique qu’en plus des nominations de hauts cadres en Conseil des Ministres (donc, par décrets), il y ait d’autres par arrêtés ministériels, assorties de suspensions, donc hors Conseil et dont aucune information n’est alors donnée ?
Ces cas, tout le monde l’a constaté, n’ont pas manqué d’entraîner le sérieux problème juridique de parallélisme des formes, sur lequel les suspendus se sont appuyés pour se rebeller contre l’Autorité et refuser de passer service ! Un tel état malheureux des choses pourrait bien, à mon avis, être évité ; il suffit que toutes les nominations soient traitées de la même manière, comme il est indiqué de le faire et cela, dans le temps qu’il faut en commençant par les cas les plus urgents, pourvu que pour des situations spécifiques, des mesures conservatoires soient prises, dans l’intervalle. Et là encore, l’information officielle du Gouvernement a eu des lacunes !

5. Que sont devenues les belles intentions du Nouveau Départ de procéder par appels à candidatures pour les nominations aux postes de hauts cadres ?
Jusqu’ici, je ne vois rien de fait dans ce sens et je me pose la question de savoir si ces nombreuses nominations faites seront ultérieurement remises en cause par d’éventuels appels à candidatures. La question se pose d’autant que bon nombre des nominations faites ont tout l’air d’être des nominations de remerciement de partisans politiques, chose toutefois légitime en politique ; mais alors, quid des promesses du Président élu Patrice TALON ?

6. Pourquoi le Ministre d’Etat Pascal KOUPAKI, qui est considéré comme le 2ème personnage du Gouvernement (par son titre de Secrétaire Général à la Présidence), pourquoi insistai-je, vient-il, par ses points de presse post-Conseil des Ministres, assurer le job d’un Porte-parole du Gouvernement sans que, par ailleurs, il soit déclaré comme tel ?
Sur cette question, j’ai été naturellement amené à me souvenir des célèbres points de presse d’un certain Gaston ZOSSOU, sous régime KEREKOU, pour dire ce que j’ai affirmé ci-haut au point 1.
Je relève en outre que le Ministre d’Etat, Secrétaire Général à la Présidence, qui devait se charger des affaires spécifiquement présidentielles, vient anormalement ravir, en partie, la vedette au Secrétaire Général du Gouvernement dans ses points de presse post-Conseil des Ministres.

CONCLUSION : Vu tout ce qui vient d’être exposé, il m’apparaît que, pour la mise en œuvre de ses nobles ambitions, le Gouvernement de la Rupture et du Nouveau Départ gagnerait à fonder toutes ses actions sur de mûres réflexions et à apporter les correctifs nécessaires lorsqu’il le faut, en étant toujours à l’écoute du peuple béninois qui, quoiqu’impatient, doit savoir que « Rien ne sert de courir, il faut partir à point » (Jean de La Fontaine). De sorte que nous puissions assister, satisfaits, à la pleine réussite de toutes les actions de rupture et autres. Il serait dommage s’il advenait le contraire. Allez, les « Nouveau Départ », les tâches à réaliser sont immenses !

Par Philippe HOUNKPATIN, Dr.-Ing. en Génie électrique,
Ancien DG/SBEE (1990-1995)
Ancien Prof d’Université (Maths, Physique et Génie électrique)

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