jeudi, 25 avril 2019 •

171 visiteurs en ce moment

FIL D'ACTUALITÉ

Armée des preux contre année blanche-morte




(Par Roger Gbégnonvi)

​En embuscade dans le clair-obscur de la confusion, ils guettent la perspective de morts par dizaines pour faire céder l’Etat qui aura pris peur, ils guettent la perspective d’une année blanche pour faire céder l’Etat qui n’en voudra pas. Pauvre Etat pris entre des factions corporatistes qui ont érigé l’immobilisme en bravoure néfaste au bon fonctionnement de la République. ‘‘Nous pas bouger, pas moyen bouger’’, chante-t-on dans la langue de Moussa.
​Laissons les morts éventuels pour cause d’hôpitaux fermés. Même en ces solennités pascales, nul ne saurait les ressusciter. Puisse, le cas échéant, la terre leur être légère. Sous la Révolution devenue incapable de payer les fonctionnaires, nous avons subi deux années blanches, deux années mortes pour tous les apprenants. Ce n’est pas si grave pour les étudiants : à même de travailler seuls, sans autres guides que livres et manuels, ils peuvent mettre à profit une année académique sans évaluation, pour se renforcer dans les disciplines qui leur résistent. Ce n’est pas le cas des écoliers et des élèves. Ils ont besoin de leurs maîtres. Pour eux, une année blanche est une année bien morte, un membre de leur corps amputé, une année irrattrapable dans leur cursus scolaire. Cette mort blanche peut avoir sur l’enfant et sur l’adolescent des conséquences graves appelées dégoût, révolte, abandon, délinquance. Si par malheur, l’année scolaire 2017-2018 bégayante vient à être déclarée blanche-morte, comment, cette fois-ci, éviter à nos enfants et petits-enfants du primaire et du secondaire le traumatisme d’un vide où peuvent germer des vices nauséabonds ?
​Dans certaines agglomérations du Bénin que ne mentionne aucune carte, il se trouve toujours un sexagénaire ou un septuagénaire lettré qui remue ciel et terre, fait appel à Fondations et ONG pour que soit érigée dans son ‘‘coin’’ une école, si humble soit-elle. C’est dire quelle conscience nous avons prise de la nécessité de l’école. Cette conscience nous fait obligation d’être conséquents. Le cas échéant d’une année blanche, une fois de plus, une fois de trop, nous prendrons l’autorisation des responsables de nos lieux de résidence. Alors, dans les classes désertées des écoles et collèges, à raison de deux heures par semaine pour chaque lettré volontaire, à heures fixes, nous nous tiendrons à disposition de nos enfants désireux d’atténuer le vide créé par l’abandon des maîtres. Nous ne saurions nous substituer à ceux-ci, puisque nos prestations, bénévoles, ne seront sanctionnées par aucune évaluation académique. Il s’agira pour nous de travailler à ne pas désespérer nos enfants et petits-enfants abandonnés à la rue et à des parents désemparés. Au temps de la Révolution, nous avions déclaré que tout cadre était enseignant. C’était faux, dans la mesure où il était souvent demandé au cadre d’enseigner une discipline qui n’était pas de sa compétence. On n’avait pas le droit de confier à un juriste l’enseignement de l’anglais ou du français. Mais aujourd’hui, si la turpitude s’en vient à nouveau, une infirmière à la retraite pourra parler de biologie avec nos enfants laissés à l’abandon, les en entretenir méthodiquement sans faire véritablement cours. Un commissaire de police à la retraite pourra leur parler de droit, etc.
​Et pendant que nous le faisons, nous obtiendrons de l’Etat qu’il prenne langue avec les syndicats pour que, à l’avenir, en cas de grève molle ou dure, on épargne toujours et nécessairement les apprenants du primaire et du secondaire. Tel sera le combat. Tel sera le double devoir de l’armée des preux, si d’aventure l’année 2017-2018 venait à être déclarée blanche-morte. Sauver notre avenir. Sauver l’avenir du Bénin. Nous le ferons pour changer et enchanter le cours de notre histoire. Nous le ferons pour plaire à Aimé Césaire, qui ne pourra plus ironiser que ‘‘Rien ne put nous insurger jamais vers quelque noble aventure désespérée.’’ Nous le ferons pour l’honneur et pour la dignité de l’homme au Bénin.

www.24haubenin.info ; L'information en temps réel

31 mars 2018 par Dg24h


Élection sans les forces de l’opposition ou élection inclusive par la (...)


17 avril 2019 par Dg24h
Lors de sa sortie médiatique du 11 avril 2019, le Président de la (...)
Lire la suite

Pour un parlement en rupture avec le passé


13 avril 2019 par Dg24h
(Par Roger Gbégnonvi) Le Bénin se souvient du cri échappé en pleine (...)
Lire la suite

Une invraisemblable affabulation transformée en information...


4 avril 2019 par Dg24h
L’intronisation à la Cour Royale d’Abomey de Maixent Accrombessi en (...)
Lire la suite

A Jean-Luc Mélenchon, député français


5 janvier 2019 par Dg24h
(Par Roger Gbégnonvi) ​Vous et pas un autre membre du Parlement (...)
Lire la suite

GILETS JAUNES : ET S’ILS ÉTAIENT NOIRS ET ARABES ? (Par Aliou (...)


29 décembre 2018 par Dg24h
La France vit depuis plusieurs semaines une révolte sociale aux allures (...)
Lire la suite

Simon Sovissi opine sur la taxe pour le sport


29 décembre 2018 par Dg24h
En instituant une taxe sur les grandes entreprises pour le financement (...)
Lire la suite

Nos libertés menacées par les réseaux sociaux ?


20 octobre 2018 par Dg24h
(Par Roger Gbégnonvi) ​Les dictatures n’ont pas peur de la liberté de (...)
Lire la suite

Quelles sont les liens entre : démocratie, État de droit et élections (...)


14 octobre 2018 par La Rédaction
Tout État de droit est-il démocratique, de quoi se nourrit le (...)
Lire la suite

La justice poursuit-elle réellement les innocents ?


11 octobre 2018 par Dg24h
Un innocent selon le dictionnaire est une personne qui n’est pas (...)
Lire la suite

Richard Boni Ouorou lance une campagne médiatique


16 août 2018 par La Rédaction
Fidèle aux valeurs et principes qu’il défend, Richard Boni Ouorou (...)
Lire la suite

Alfred de Vigny au service du Bénin


12 août 2018 par Dg24h
(Par Roger Gbégnonvi) ​Une famille béninoise plus que modeste dans le (...)
Lire la suite

Quelle justice pour les Béninois ?


4 août 2018 par Dg24h
(Par Roger Gbégnonvi) ​L’expérience vécue – et non subie – atteste que (...)
Lire la suite

Abbaye de Thélème ou Hôpital de Zone ?


14 juillet 2018 par Dg24h
(Par Roger Gbégnonvi) Du 29 mars 2017 au 28 avril 2017, un contrôle (...)
Lire la suite

Articles 15 et 31 de notre Constitution


7 juillet 2018 par Dg24h
(Par Roger Gbégnonvi) ​Une compilation d’Afize Adamon, réalisée à (...)
Lire la suite

La Constitution béninoise : un mal…bénin


4 juillet 2018 par Dg24h
Réunis en session plénière le lundi 04 juin 2018, les députés ont adopté (...)
Lire la suite

Pourquoi la Céna est née d’une fausse évidence


27 juin 2018 par La Rédaction
L’interview accordée à la presse béninoise par Richard Boni Ouorou, expert (...)
Lire la suite

Mémoire du chaudron 99


26 juin 2018 par Dg24h
Si le département de l’Atlantique a, de tous les temps, suscité (...)
Lire la suite

Mémoire du chaudron 98


25 juin 2018 par Dg24h
J’arrivais à peine au passage à niveau de Houéyiho lorsque mon téléphone (...)
Lire la suite


ÉCOUTER FRISSONS RADIO


Derniers articles



Autres vidéos





Les plus populaires







Lettre d'information