samedi, 10 décembre 2016 •

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FIL D'ACTUALITÉ

Vécu quotidien des conducteurs de taxi moto à Cotonou : « Souffrance, tracasserie, maladie, dette, espoir »




Une descente étalée sur plusieurs jours dans la ville de Cotonou nous ont permis d’aller au contact des fameux conducteurs de taxis-motos communément appelés « Zémidjans ».Ils sont pour la majorité des cultivateurs, des chauffeurs ou des employés de sociétés privées qui du jour au lendemain se sont retrouvés sans emploi. Quel est leur vécu quotidien ? Comment arrivent-ils à joindre les deux bouts ? Et quelles sont leurs perspectives ?

"Je m’appelle Blaise AGBAOUNGBA. J’ai 32 ans. Je suis conducteur de taxi-moto. Ce n’est pas mon véritable métier. Je suis chauffeur de profession. C’est à cause du manque de moyens pour avoir mon permis que je me suis lancé dans la conduite du taxi-moto. Ce n’est pas un métier qui rapporte mais on fait avec. Moi, mes difficultés sont d’ordre financier. Quelles que soient mes tracasseries, l’argent que je gagne ne me suffit jamais. Ceci, parce que j’ai un quota de 40 000f à payer tous les fins du mois à mon propriétaire. Ma moto est prise sur un contrat de 15 mois et je n’en suis qu’au septième. C’est quand je vais finir de rembourser la totalité que cela m’appartiendra. Donc, ma charge est énorme à la fin d’un mois ; je veux parler du propriétaire, de ma femme et de mes enfants. Vraiment, ce n’est pas facile. Malgré que je me lève à 5 heures tous les jours et que je rentre vers 01 heure du matin, avec une courte pause à midi, je ne me retrouve pas encore".
"Moi je m’appelle Evariste CLEDJO. Cela fait 12 ans que j’exerce le métier de conducteur de taxi-moto à Cotonou. Je viens de Zakpota. Je suis cultivateur. C’est parce que la culture des produits vivriers s’est totalement détériorée avec l’arrivée de mauvaises qualités d’engrais que j’ai dû laisser la culture. Je n’ai pas appris un métier, je n’ai pas étudié non plus. Et comme il n’y a plus d’autres issues, je me suis lancé dans la conduite de moto. Mais par la suite, j’ai fini par comprendre que la conduite n’est pas mieux que la culture car depuis que j’ai laissé l’agriculture, je ne mange plus correctement à ma faim et mon foyer est menacé de divorce. En effet, Ma femme me menace tout le temps de me quitter parce qu’en vérité, je l’avais habitué à un train de vie que je n’arrive plus à honorer. Aujourd’hui, vraiment, le métier de taxi-moto n’est plus comme auparavant où tu peux vite rassembler des sous dans une journée. Depuis que je suis sorti, je n’ai même pas encore trouvé 1500f. Or, entre temps, il était facile d’avoir 5000, voire7000f par jour".
Mais cette remarque n’est pas la même chez Jules MINTANGNIN, qui s’exprime en ses termes : "Je viens de Bohicon. Cela fait deux ans que je conduis. Je suis un ancien employé de FLUDOR à Zogbodomey. C’est parce que les activités se sont arrêtées que j’ai commencé par conduire. Je suis au minimum à 5000f par jour. Vu les dépenses (tontine, échanges de pièces, scolarité des enfants), je ne peux pas dire que le travail est rentable. S’agissant des difficultés, je dirai que c’est plus la fatigue.Car,près le travail d’une journée, on est totalement cassé. Moi j’ai la chance d’être en location avec mon grand- frère ; ce qui m’amoindrit un peu le coût de la location".
Pour d’autres, les difficultés ne sont pas les mêmes. Elles varient entre des risques d’accident, de vols de motos et autres."Nos difficultés sont énormes. Nous sommes perpétuellement confrontés au vol. Si tu ne sais pas où aller dans Cotonou, les voleurs vont vite t’arracher ta moto et te faire endetter si ce n’était pas ta moto. Si c’est la tienne, tu sauras que c’est la famine et des soucis qui se sont créés pour ta famille. Et tu rendras encore grâce à Dieu pour le fait que tu sois encore en vie étant donné qu’il arrive des fois où les voleurs tuent ou poignardent les conducteurs de taxi-moto lors des braquages" dixit Antoine AKOUTE, fermier de son état.
Pour Félicien AWOUIGNAN, qui a abandonné les cours en classe de troisième, les difficultés liées au métier de zémidjans en sont tout autres. "Mes difficultés se situe plus au niveau de la santé. Quand tu conduis toute une journée, tu es fatigué avec les reins brisés. Parfois, tu n’arrives même plus à assumer ton devoir conjugal et c’est là, le grand problème. Pour la femme,c’est que tu as été fait des bêtises au dehors. Elle ne veut pas savoir si tu as eu une longue et dure journée ou pas. Et c’est normal si tout le temps à ton retour à la maison, tu t’endors tôt ou tu chantes tout le temps, je suis fatigué, Là encore, ton foyer est exposé. On a trop de problèmes nous les conducteurs de taxi-moto".
Approché également, Vivien Afouda, tailleur de formation, un autre conducteur de taxi-moto surpris en train de délayer du gari avec un sachet d’eau appelé « pure water » de déclarer ce qui suit : "Moi, ma principale difficulté se situe au niveau de la location. Nous qui venons des zones un peu reculées, on a souvent de difficulté à louer un seul un appartement et à faire face aux dépenses. Pour ce faire, on s’associe à huit pour louer une grande chambre et un salon d’environ 17000 ou 20000 f dans les zones reculées de Calavi comme Tokan, Houèdo, Houèto afin de pouvoir joindre les deux bouts. Mais il arrive des moments où même à huit, on soit débiteur. Parce que certains repartent dans leurs villages sans avertissement, d’autres fuis carrément à l’approche de la fin du mois. Et en fin de compte, vous vous retrouvez à deux face au loyer. Or c’était un quota que vous vous étiez fixés. Mis à part cela, il y a la fatigue et le paludisme qui nous menacent beaucoup".
Face à cet état de choses, les Zémidjans à l’instar de Blaise Agbaoungba, lance un appel au nouveau gouvernement de qui ils attendent beaucoup. "Moi, mon souhait est de laisser totalement la conduite. Pour ce faire, il faut que le nouveau président Patrice TALON, facilite la création des projets et emplois dans le pays et que les secteurs d’activités qui ont connu un arrêt, reprennent." Son collègue Jules Mintangnin, d’ajouter : "Moi, je pense que avec l’arrivée de Patrice TALON, il y aura une diminution du taux des conducteurs de taxi-motos dans la ville de Cotonou. Parce qu’il y aura pas mal d’innovation à tel point que tout le monde en aura pour son compte." Et à Evariste Clédjo, de dire ceci : "Mon souhait est que : le nouveau Président relance le secteur agricole. Cela permettra à ceux qui sont devenus conducteurs de taxi-moto par accident comme moi, de rejoindre leurs secteurs d’activités". Pour finir, Elie Kotomali, ex-comptable dans une banque de l’époque révolutionnaire, de déclarer : "Moi, ce qui m’intéresse, c’est le commerce. Que l’argent entre dans le pays afin que chacun puisse mener l’activité de son choix".
Enquête réalisée par Eurydice TOSSOU (Stag)

www.24haubenin.info ; L'information en temps réel

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