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FIL D'ACTUALITÉ

Un nouvel outil de recherche pour endiguer les maladies génétiques en Afrique




Baraka Rateng’

Lecture rapide

  • La plupart des outils de génotypage sont destinés aux populations européennes
  • Un nouvel outil de génomique sur l’Afrique pourrait être opérationnel en 2017
  • Mais un expert estime que sa mise en œuvre en Afrique pourrait être coûteuse

Un nouvel outil de recherche - le tableau génomique - développé spécifiquement pour la recherche génomique et épidémiologique en Afrique, pourrait permettre aux chercheurs d’examiner efficacement la diversité génétique des populations africaines.

L’Afrique est le berceau de l’humanité et a la plus grande variation génétique, mais la plupart des outils de génotypage existants sont destinés aux populations européennes, selon Julie Collens, responsable marketing chez Illumina, une organisation basée aux États-Unis, impliquée dans la recherche en génomique et le développement de l’outil.

"Cet outil sera non seulement crucial pour comprendre la diversité africaine et comment cela se corrèle à la maladie [en Afrique], mais pourrait potentiellement améliorer notre compréhension de la maladie et de la diversité au sein d’autres populations globales", estime-t-elle.

Et d’ajouter que les membres du consortium Human Heredity and Health in Africa (H3Africa - Hérédité humaine et santé en Afrique) ont sélectionné du contenu provenant d’échantillons précédemment obtenus en Afrique et évalués avec un séquençage génomique plus complet avec le soutien du Wellcome Trust et des Instituts Nationaux de Santé, aux Etats-Unis.


“Ce tableau constituera une avancée importante pour combler le vide actuel dans notre compréhension de la diversité génomique en Afrique.”Julie Collen Illumina
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"L’objectif, a-t-elle dit, était de caractériser la diversité génomique dans les populations africaines et d’essayer de comprendre comment la génomique se rapporte aux maladies et aux troubles qui affectent ces populations".

L’application de la génomique en Afrique a été sous-représentée, explique encore Collens, en notant que le tableau devrait être disponible en 2017.

En raison des différences entre les populations mondiales dans les taux de risque de maladies infectieuses, la capacité de lier les découvertes génétiques dans les populations africaines spécifiquement aux maladies les plus susceptibles d’affecter ces mêmes populations sera essentielle pour comprendre comment la génétique et l’environnement contribuent aux maladies, selon Julie Collens.

"Comprendre la maladie et la génomique dans le contexte de populations spécifiques touchées permet aux chercheurs de développer des interventions spécifiques, des mesures préventives et des traitements", explique-t-elle. "Ce tableau constituera une étape importante pour combler l’écart actuel dans notre compréhension de la diversité génomique en Afrique et dans la compréhension des facteurs génétiques contribuant à la maladie."

Michèle Ramsay, professeur à la division de génétique humaine de l’université de Witwatersrand en Afrique du Sud, affirme que les populations africaines sont génétiquement diverses et que cet outil sera très utile pour les chercheurs africains dans le cadre de leurs études d’association génomique dans de nombreuses populations africaines pour différents traits et maladies.

"Ce sera le meilleur réseau mis au point à ce jour et j’espère qu’il sera largement utilisé, non seulement par les membres du consortium H3Africa", explique Ramsay, qui explore les risques de génomique et de santé environnementale comme un projet au sein du consortium H3Africa.

"Il faudra un certain temps pour que les résultats de la recherche et les nouvelles connaissances aient un impact sur la prestation des soins de santé, mais nous gardons toujours les yeux ouverts sur les découvertes importantes qui peuvent être traduites dans un contexte clinique.

Mais selon Michèle Ramsay, le développement du réseau H3Africa reste coûteux. La mise en œuvre appropriée des tests dans un contexte de soins de santé nécessite des fonds et des compétences supplémentaires, ce qui peut être un processus long.

C’est la raison pour laquelle nous devons développer davantage de capacités pour la recherche génomique et moléculaire en Afrique, ajoute-t-elle.

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