jeudi, 8 décembre 2016 •

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FIL D'ACTUALITÉ

Réaction de Assan Séibou sur la déclaration des biens du chef de l’Etat : YAYI Boni n’est pas un exemple !




Comme tous ceux qui ont approché ou pratiqué la conduite des hommes, j’ai toujours ressenti quelque compréhension voire de l’indulgence envers YAYI Boni au regard de tout ce qu’il a pu souffrir en tant qu’être humain et en tant que chef des hommes, d’êtres aussi versatiles que pervers, en dix années d’exercice du pouvoir suprême à la tête du Bénin. Seulement ces derniers temps, YAYI a posé des actes et proféré des déclarations très graves pour le moral et la survie de notre communauté nationale. Des outrages qui ont ébranlé ma quiétude et ma sérénité quant au passif connu jusque-là, je veux dire toutes ces choses sur lesquelles je pensais que nous pouvions garder le silence de la sagesse.

Des saintes Écritures recommandent que lorsqu’on vous gifle vous tendiez la seconde joue. Mais je suis sûr que cela n’est valable que si l’on présume que celui qui vous gifle est un homme raisonnable qui peut être troublé et ému par votre attitude parce que doué de bon sens. Si nous admettons avec Descartes que le bon sens est la chose la mieux partagée du monde, à partir de combien de gifles devez-vous commencer à comprendre que votre agresseur est dangereux et qu’il faut l’arrêter et vous défendre ?

Depuis quelque temps, je sens que YAYI Boni, notre Président de la République du Bénin, nous gifle des deux mains et s’y applique chaque jour davantage. Je dois dire qu’il a confessé publiquement que lui YAYI Boni ne peut pas admettre de tendre la seconde joue. Nous ne sommes pas YAYI n’est-ce pas ? Et qui sommes-nous pour lui ?!

Au vu de ses excès de campagne, je me disais que c’est un homme pris de panique face au vide qui s’ouvre devant lui et qui a perdu le contrôle de soi.

Mais le récent conseil des ministres par lequel il a pris le soin de déclarer ses biens comme pour donner le bon exemple, m’a suffisamment écœuré pour me faire réagir à cette énième provocation débordante de cynisme. Je me demande : au fait, pour qui YAYI veut-il se faire passer aux yeux des Béninois ? Cet acte s’adresse-t-il aux Béninois ou bien à l’étranger qui ne connaît pas Yayi ?

Du coup je ne puis m’empêcher d’évoquer d’autres actes du Président et de l’homme YAYI Boni, qui ne permettent pas qu’il veuille se faire passer aux yeux du monde et surtout des milieux internationaux où il vise des intérêts, pour un saint homme ou un modèle recommandable. Nous avons tous le devoir moral de ne pas laisser germer la mauvaise graine ; donc je ne saurais me taire en laissant le diable se draper de blanc pour paraître un ange face au monde. L’habit ne fait pas le moine surtout lorsqu’on sait que celui qui s’y est glissé n’en n’est pas un et pire, que c’est le brigand du quartier.

Comme je le mentionnais tantôt, le Conseil des ministres a publié les biens du Président YAYI, comme pour se conformer aux dispositions de notre Constitution. En assignant à cette obligation le Président de la République et les ministres, à l’entrée et à la sortie de leur fonction, le constitutionnaliste béninois a voulu que le peuple juge de la moralité dans la gestion du pouvoir qu’il a confié à ses hauts dirigeants.

Il s’agit pour le peuple de s’assurer que le Président et ses collaborateurs n’ont pas, de quelque manière, profité de leur fonction pour s’enrichir illégalement. Et en principe, un enrichissement illégal devrait donner lieu à une investigation ou une mise en examen.

La déclaration des biens est aussi l’occasion de prouver sa probité morale et de subir l’épreuve du contrôle par le peuple qui peut alors soit marquer son silence approbateur, soit lever le voile pour démontrer le contraire. S’il s’avérait que le Président de la République a fait économie de vérité, il devrait être couvert d’opprobre et de honte. Des comptes devraient donc lui être demandés. Le défi que YAYI vient de nous lancer, nous peuple béninois, est donc de démontrer qu’il n’est pas intègre et qu’il se soit enrichi illicitement à l’occasion de l’exercice de son pouvoir.

La cause est donc entendue, les jeux sont ouverts. Si quelqu’un connaît un bien, un compte, une prise de participation de par le monde qui appartiendrait à YAYI Boni et ne figurerait pas dans cette déclaration, il doit le faire savoir par tous les moyens ou alors se taire à jamais.

La finalité de cet exercice est de mesurer le degré de sacrifice du Président pour son pays. Cela pose un cas de conscience à chacun de nous. À qui sait quelque chose et se rend complice par son silence pour que celui qui a rempli tous les compartiments de son boubou avec nos œufs volés nous jure qu’il est innocent et que c’est le vent qui gonfle les parois de son boubou.

Nous ne prétendons pas incarner la vertu, mais Yayi a lancé un défi auquel il ne pouvait se dérober. YAYI Boni sait qu’il n’est pas Mathieu KEREKOU. KEREKOU n’avait même pas besoin de déclarer ses biens pour qu’on lui certifie sa probité. Pour l’avoir longtemps suspecté voire diffamé, les Béninois sont aujourd’hui confus, contrits et médusés face à la sobriété et au dénuement matériel du Patriarche. Monseigneur de SOUZA et le Haut Conseil de la République en 1991 ont dû plaider pour que l’Etat lui fasse don de la maison du patrimoine militaire qu’il habitait. Juste pour éviter d’en faire un SDF (sans domicile fixe) comme le disent les Français.

C’est donc de la dose de moralité à accorder à YAYI Boni qu’il est question.

Dans le cas présent, je me demande pourquoi en 2006 le Président YAYI n’a pas fait une déclaration publique de ses biens à son entrée en fonction. Et par la suite nous n’avons pas eu non plus de déclaration en 2011. Du coup nous n’avons pas de base d’évaluation. Ce que nous savons tous, c’est que l’Etat lui paye un salaire et lui accorde des avantages qui doivent suffire à justifier ses acquisitions et les contenus de ses comptes. Le Président béninois toucherait douze millions (12 000 000) de FCFA par mois, après que YAYI Boni se soit augmenté le salaire à six fois celui de ses prédécesseurs.

Maintenant, sans passion, considérons seulement certains éléments qui nous ont été fournis dans ce communiqué du conseil des ministres et voyons à l’analyse ce qui pourrait établir la probité morale de YAYI Boni. Nous reviendrons sûrement les fois prochaines sur ce qui n’est pas dit ou qui nous a été révélé sur ses biens.

Le Président déclare avoir des maisons à Djougou, Parakou, Tchaourou et Cotonou. Tenons-nous en d’abord à ceux-là qu’il ne pouvait pas ne pas déclarer puisque ce sont des biens exposés en plein air sous nos yeux.

• La maison de Djougou a été construite lors de son premier mandat et sa valeur est estimée à un milliard. Le Président YAYI ne la possédait pas avant son entrée en fonction.
• La maison de Tchaourou qui jouxte la route inter-Etats Bénin-Niger, est connue de tous, avant son entrée en fonction en 2006 ; c’était un seul bâtiment visible depuis la route. En l’intervalle de trois ans, cette modeste demeure a été transformée en une hacienda présidentielle, et plusieurs bâtiments luxueux ont poussé autour.
• La maison de Cotonou était bien connue elle aussi. Mais sous le premier mandat de Yayi déjà, les maisons environnantes ont été achetées. On devrait donc parler de plusieurs maisons achetées, rénovées et annexées. C’est connu de tous.
• C’est dans le courant de son premier mandat, déjà, que la maison de Parakou a été construite. On n’a pas besoin d’y entrer pour savoir qu’elle est plus grande, plus luxueuse et plus chère que celle de Djougou.

La question ici, est de savoir d’où Yayi tient les revenus qui lui ont permis de réaliser toutes ces propriétés dans cet intervalle de temps ? Nous le savons tous, ses revenus cumulés y compris d’autres packages de départ de la BOAD ne peuvent permettre de faire ces acquisitions. Tandis que la rumeur, bien à sa place ici, car souvent documentée, fait état de possessions encore plus fabuleuses à l’étranger...

Alors à défaut de nous justifier l’origine des fonds qui ont servi à s’acheter ces biens, nous sommes en droit de présumer qu’il y a enrichissement illicite de la part de YAYI Boni. Le Procureur de la République devrait s’en saisir. Et pour le Bénin, j’accuse.

En dehors de ce qu’il nous déclare pour nous permettre de lui donner un blanc-seing sur sa gestion, le Président YAYI ne devrait pas tenter les Béninois plus loin sur la question de sa moralité dans la gestion. Pour qui il nous prendrait s’il pense que les distributions à ciel ouvert, sans gêne, de fonds qu’il a orchestrées lui-même durant ses mandats et surtout pendant la dernière campagne, sont un acte de moralité approuvé. Tous les Béninois sont témoins des longues files de pauvres gens que la misère et la pratique désormais anodine de la corruption électorale ont conditionnés, devant la présidence de la République et un peu partout dans le pays, appelés là pour recevoir des billets de banque afin de voter pour son candidat. Où a-t-il eu tout cet argent ?

Non ! Monsieur YAYI Boni, Président de la République du Bénin, est loin du modèle d’homme vertueux et de Président qui pourrait servir d’exemple. C’est pour cela que ses actes visant à montrer sa probité sont révoltants. Les Béninois n’ont pas exprimé un vote aussi sévère contre Lionel ZINZOU à l’élection présidentielle du 20 mars passé ; c’est un vote sanction et un rejet radical de son mentor YAYI Boni qu’ils ont exprimé. Le message est clair ! Et s’il n’y avait pas eu le K.O artistique de 2011 avec le soutien international, YAYI Boni aurait été viré à la fin de son premier mandat. Cette fois-ci les urnes en courroux ont démontré que quel que pût être le candidat désigné de YAYI, il aurait perdu. Si vous pourchassez le serpent et qu’il réussit à se réfugier sous des feuilles mortes, eh bien, Gnanmokodé ! Orioda !, vous ajustez votre gros bâton bien haut et l’abattez très fort sur les feuilles qui lui servent de couverture. Vous ne ménagez pas les feuilles ! YAYI Boni s’est réfugié sous ZINSOU qui lui a servi de couverture, et les Béninois lui ont donné l’estocade, le coup de grâce, l’ont écrabouillé ! Sacré YAYI ! Il recherche encore en ce moment, une nouvelle virginité.

On entend de bonne source que cet exercice de YAYI déclarant ses biens avant la sortie au lieu de « à la sortie », a pour finalité de se faire une bonne image pour les postes internationaux qu’il vise. Alors attendons de voir si les Nations Unies sont une officine de falsificateurs qui appellent homme de bonne moralité un tel personnage. Un impénitent justiciable à tant de motifs devant son peuple !

Le« MADDOFF » béninois de l’affaire ICC Services à qui les Béninois demandent toujours des comptes sur sa complicité flagrante dans cet hallucinant braquage de l’épargne nationale ;

le Chef des intrigues les plus invraisemblables comme le ridicule dossier empoisonnement ;

ou le manitou du chapelet des dossiers de malversations comme CENSAD, PVI, MACHINES AGRICOLES, NOCIBE,...

le champion toutes catégories du déni de justice et des règles de droit, et le plus grand corrupteur électoral jamais égalé dans l’histoire du Bénin, ne peut passer inaperçu à cette échelle.

YAYI Boni n’est pas un exemple !!! A moins que notre mauvaise référence de gouvernance soit le profil recherché au plan international pour que le miroir des Nations unies et de la communauté internationale nous renvoie le reflet regrettable d’un monde hypocrite.

A nos yeux, si YAYI Boni veut qu’on lui colle la paix, il faut qu’il aille s’assoir et cesse, à travers des gestes maladroits et plutôt provocateurs visant une hypothétique réhabilitation, de gratter là où il sait lui-même qu’il a péché. A force de trop gratter les bordures du trou, la poule finira par faire sortir le serpent.

Oui, c’est vrai que le nouveau Président Patrice TALON, successeur de YAYI Boni, a dit que son gouvernement ne fera pas la chasse aux sorcières. Entendons-nous bien ! Car alors il faut que l’on dise aux sorcières d’arrêter de nous poursuivre, de nous persécuter et de nous défier. Nous avons une dignité qui nous empêche de nous encombrer d’indignes provocateurs.

Nous serons toujours là pour rappeler la réalité et la vérité, pour qu’un silence pesant ne donne pas aux oiseaux perchés sur l’arbre l’audace de libérer sans arrêt leurs déjections sur nos têtes. Vous nous lirez encore souvent tant que le Président YAYI cherchera à montrer sa probité aux yeux du monde alors que nous le savons peu recommandable et amoral dans l’exécution de son pouvoir. Nous pouvons nous aménager au besoin, une arène de ce combat pour ceux qui souhaitent nous défier.

Nous voulons pardonner. Mais pardon, ne nous provoquez pas dans notre dignité.

Honorable Assan SEIBOU

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