mercredi, 6 juillet 2022 •

724 visiteurs en ce moment


 
 

 
 
 
 
FIL D'ACTUALITÉ

Rapport Védrine-Zinsou sur les enjeux économiques en Afrique : La guerre (économique) a commencé !




Lionel Zinson est le PDG de PAI Partners. Au moment où l’Afrique entamait son émergence économique, la France s’est déconnectée de la réalité économique africaine naissante. Le rapport Védrine-Zinsou présente "un partenariat pour l’avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France" et propose d’inverser la tendance, avec des initiatives nouvelles et... décomplexées.
 PAR JOËL TÉ-LÉSSIA


Le continent africain, qui entame son émergence économique, est le lieu d’une compétition mondiale croissante où la France perd des parts de marché. Il est possible de renverser la tendance. Les atouts de l’Hexagone sont nombreux. Ce que la France peut apporter au continent est considérable. Ce qu’elle peut en retirer l’est tout autant.

C’est dans les grandes lignes la conviction qui sous-tend "Un partenariat pour l’avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France", le rapport rédigé par le diplomate français Hubert Védrine, le financier franco-béninois Lionel Zinsou, l’économiste marocain Hakim el-Karoui, l’ancien patron de l’AFD (Agence française de développement) Jean-Michel Severino et l’assureur ivoirien Tidjane Thiam.

Les 15 propositions du rapport Védrine-Zinsou :

1 - poursuivre et amplifier les mesures révisant la politique française de visas économiques afin de faciliter la circulation des acteurs économiques entre la France et l’Afrique ;

2 - relancer la formation du capital humain, la coopération universitaire et de recherche, les échanges intellectuels et les orienter vers le développement ;

3 - soutenir le financement des infrastructures en Afrique ;

4 - réduire le coût de mobilisation des capitaux privés et des primes de risques appliquées à l’Afrique ;

5 - contribuer au renforcement des capacités de financement de l’économie africaine ;

6 - augmenter les capacités d’intervention de l’union européenne en faveur de l’Afrique ;

7 - susciter des alliances industrielles franco-africaines dans des secteurs clés pour les économies française et africaine ;

8 - promouvoir l’économie responsable et l’engagement sociétal des entreprises ;

9 - accompagner l’intégration régionale de l’Afrique ;

10 - renforcer l’influence de la France en Afrique ;

11 - réinvestir au plus vite la présence économique extérieure française en Afrique ;

12 - intensifier le dialogue économique entre l’Afrique et la France ;

13 - favoriser l’investissement des entreprises françaises en Afrique ;

14 - faire de la France un espace d’accueil favorable aux investissements financiers, industriels, commerciaux et culturels africains ;

15 - créer une fondation publique-privée franco-africaine qui sera le catalyseur du renouveau de la relation économique entre la France et l’Afrique.
Réalisé à la demande du ministre de l’Economie et des Finances français, Pierre Moscovici, ce rapport est rendu public le mercredi 4 décembre 2013, dans le cadre de la conférence pour un nouveau modèle de partenariat économique entre l’Afrique et la France, organisée en marge du Sommet de l’Élysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique.

Réciprocité et remobilisation

Les 15 propositions avancées dans ce rapport s’ancrent, selon les auteurs, "dans un changement de perception et d’attitude de la France à l’égard de l’Afrique, des Africains et des Franco-Africains" et "s’appuient sur la promotion d’intérêts économiques réciproques".

Elles se répartissent en deux ensembles : un premier groupe de neuf propositions visant l’établissement d’un "agenda économique partagé au service d’une croissance africaine et française" et un second groupe de recommandations destinées à remobiliser "la France aux côtés d’une Afrique subsaharienne en marche", en activant l’ensemble des leviers politiques, financiers et économiques dont dispose l’Hexagone.

Les contributions les plus originales contenues dans ce premier groupe de recommandations concernent quatre défis importants auxquels les pays africains sont confrontés aujourd’hui : le financement des infrastructures, l’inadéquate évaluation du risque, l’accès au crédit pour les opérateurs économiques et la mobilisation de l’épargne, ainsi que l’intégration régionale.

Le rapport recommande d’apporter l’expertise française au Fonds Africa50 de la BAD et de créer un véhicule significatif de financement des infrastructures en Afrique "ayant un pouvoir d’entraînement sur les autres opérateurs économiques", à travers le rapprochement de la Caisse des dépôts et consignations et l’AFD.

Evaluation du risque

En ce qui concerne l’évaluation des risques en Afrique, le rapport préconise l’introduction, par la France, au niveau de l’OCDE, d’une proposition de "réexamen technique du modèle d’évaluation des risques financiers africains".

Au niveau des institutions françaises, les auteurs proposent d’ouvrir le guichet ARIZ (fonds d’assurance pour le risque de financement de l’investissement privé en zone d’intervention) de l’AFD aux fonds propres, de manière à couvrir également les prises de participations en plus des prêts et de cofinancer la notation d’une quinzaine d’entreprises africaines pour "amorcer l’objectivation de la réalité du risque africain".

Afin d’améliorer la mobilisation de l’épargne en Afrique et son orientation vers le financement de l’économie, le rapport propose d’encourager le développement de l’assurance-vie et de l’assurance-retraite sur le continent à travers, notamment, un appui à la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA) et le développement de partenariats avec les bourses africaines les plus demandeuses pour soutenir le développement local (marchés d’actions…).

Elargir la "zone CFA"

L’une des ruptures les plus claires qu’introduit ce rapport concerne l’intégration régionale en Afrique. Il recommande ainsi l’élargissement géographique de l’OHADA, en priorité vers les pays lusophones, mais aussi : l’expansion de la "zone CFA" aux pays limitrophes, notamment le Ghana, le Libéria et la Sierra Leone.

Cette intégration devrait permettre à la zone de devenir "un bloc économique régional renforcé et une enceinte de dialogue panafricain", à même de dialoguer plus facilement avec le géant nigérian. Signe du caractère très sensible du sujet, le rapport évoque "symboliquement", un abandon du nom de « Zone franc » et la possibilité d’un accord de stabilité monétaire en cas de difficulté de balance des paiements tout en laissant flotter la monnaie par rapport à l’euro.

Le spectre de Pékin

Les cinq propositions de ce rapport traitant de la remobilisation et de l’activation des atouts de la France aux côtés de l’Afrique subsaharienne prennent acte de la réussite des stratégies plus agressives et plus "intégrées" adoptées par les pays émergents en Afrique. Au premier rang de ceux-là, la Chine qui a vu sa part de marché en Afrique passer de moins de 2% en 1990 à 16% en 2011, alors qu’entre 2000 et 2011, « la part de marché de la France au sud du Sahara a décliné de 10,1% à 4,7% ».

Le rapport Zinsou-Védrine envisage l’abandon du nom "zone franc" et l’établissement d’un régime flottant vis-à-vis de l’euro
L’une des clés du succès de ces pays émergents selon les auteurs du rapport tient en une idée force : "Les pays qui investissent aujourd’hui en Afrique s’appuient sur une stratégie de puissance portée par les États."

En conséquence, le rapport propose trois axes majeurs de développement. Il s’agit premièrement de faciliter l’investissement des entreprises françaises en Afrique subsaharienne via l’appui du fonds d’investissement et de soutien aux entreprises en Afrique (FISEA) de l’AFD à travers des partenariats entre Proparco/FISEA et les entreprises françaises en vue d’investir.

En parallèle, la Coface pourrait accorder une garantie publique pour la couverture du risque politique aux investissements en capital.

La seconde recommandation est que la France pèse davantage sur les choix d’emploi des ressources des bailleurs multilatéraux, en exerçant notamment une influence en amont sur la rédaction des appels d’offre des banques multilatérales de développement, de façon à "favoriser utilement les sociétés françaises". De même, il est préconisé que la France, à l’image de la stratégie adoptée par la Chine, « ajoute l’offre financière à l’offre technique (…) pour emporter les marchés dans la compétition internationale actuelle ».

Une nouvelle relation économique Afrique-France :

Pierre Moscovici : "Mon objectif : doubler les flux commerciaux entre la France et l’Afrique"
Nicole Bricq mène l’offensive française au Nigeria
Qu’est-ce que la zone franc ?

L’essor de Pékin : 

La Chine présente sa nouvelle stratégie pour l’Afrique
La France perd sa place de premier fournisseur de l’Algérie au profit de la Chine 
Dossier Chine-Afrique : entre mythes et réalités
Le rapport appelle également la France à bâtir des partenariats avec des pays tiers, en « valorisant son ‘capital’ africain auprès des grands émergents ou des autres pays investissant en Afrique. » Aussi, l’implantation historique de groupes français, la langue et la proximité des structures administratives dans une grande partie de l’Afrique « créent un avantage compétitif » qu’il paraît urgent, aux yeux des auteurs, de valoriser.

Compétition finale

Certaines propositions du nouveau rapport Védrine prêtent à controverse. Parmi celles-ci, il convient de souligner l’augmentation des frais de scolarité pour les étudiants étrangers pour financer des bourses pour les étudiants étrangers et notamment africains. Par ailleurs, malgré les multiples précautions de langage, la logique et la rhétorique quasi-guerrières de cette « compétition économique » ne laisseront pas d’étonner.

Il n’est pas certain que la plupart (encore moins toutes) des propositions de ce rapport seront suivies d’effet. Il a l’avantage, en revanche, de poser simplement les termes de l’équation et d’avancer clairement les solutions possibles. La guerre n’est pas déclarée, mais elle a déjà commencé.

Source : Jeune Afrique Économie 


www.24haubenin.info ; L’information en temps réel 

www.24haubenin.bj ; L'information en temps réel

6 décembre 2013 par Judicaël ZOHOUN




Cotonou abrite la 6ème édition de la Green Finance Conference


5 juillet 2022 par F. Aubin Ahéhéhinnou
Le ministre d’Etat en charge de l’économie et des finances, Romuald (...)
Lire la suite

« Bridge to Mass Challenge Benin » lancé pour former des milliers de (...)


5 juillet 2022 par Marc Mensah
Le programme « Bridge to Mass Challenge Benin » a été lancé, mardi 05 (...)
Lire la suite

« Newafrica Industries Packaging » s’installe à la GDIZ


5 juillet 2022 par Marc Mensah
La société « Newafrica Industries Packaging and Recycling SAS » a signé, (...)
Lire la suite

Maersk Bénin condamnée à payer 10.000.000 F CFA


29 juin 2022 par Judicaël ZOHOUN
La société MAERSK BENIN S.A est condamnée à payer à la société BENIN TRANS (...)
Lire la suite

Ecobank élue banque de financement du commerce d’Afrique de (...)


28 juin 2022 par Judicaël ZOHOUN
Ecobank, le premier groupe bancaire panafricain, a été nommé ‘Meilleure (...)
Lire la suite

UK Export Finance en prospection pour investir au Bénin


28 juin 2022 par Marc Mensah
Des investisseurs britanniques ont participé, sur l’initiative du (...)
Lire la suite

Létondji Beheton présente la GDIZ à près de 800 CEOs et investisseurs


24 juin 2022 par La Rédaction
Le Directeur Général de la Société d’Investissements et de Promotion de (...)
Lire la suite

Le Bénin lève 20 milliards FCFA sur le marché financier


24 juin 2022 par Marc Mensah
Au terme d’une émission simultanée d’« Obligations de Relance du Trésor » (...)
Lire la suite

L’Etat béninois dote la BRVM d’un domaine pour son siège


24 juin 2022 par Marc Mensah
Un domaine de 2500 mètres carrés sis au quartier Zongo Nima dans le 5è (...)
Lire la suite

Près de 900 milliards FCFA d’engagements de la BOAD au Bénin


21 juin 2022 par F. Aubin Ahéhéhinnou
Le Président de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), Serge (...)
Lire la suite

La BOAD accorde au Bénin un financement de 17,5 milliards (...)


21 juin 2022 par F. Aubin Ahéhéhinnou
Le Président du Conseil d’Administration de la Banque Ouest-Africaine de (...)
Lire la suite

Principaux doutes et critiques à l’égard du Bitcoin


17 juin 2022 par Judicaël ZOHOUN
Il existe plusieurs rumeurs sur le Bitcoin. Découvrez les critiques les (...)
Lire la suite

La Cour publie le rapport définitif sur la gestion des fonds (...)


16 juin 2022 par Marc Mensah
La Cour des comptes a rendu public son rapport définitif de l’audit des (...)
Lire la suite

Le gouvernement réagit au rapport de la Cour des comptes


15 juin 2022 par Marc Mensah
Le rapport d’audit sur la gestion des fonds Covid-19 publié par la Cour (...)
Lire la suite

Le gouvernement approuve le document de programmation budgétaire (...)


15 juin 2022 par Akpédjé Ayosso
Le gouvernement béninois a approuvé en Conseil des ministres ce mercredi (...)
Lire la suite

Pape Demba Thiam approuvent les réformes économiques de Patrice (...)


11 juin 2022 par Judicaël ZOHOUN
Papa Demba Thiam est à la fois économiste et chef d’entreprise en Suisse. (...)
Lire la suite

« Les DTS viendront, c’est certain »


11 juin 2022 par Akpédjé Ayosso
L’Afrique attend toujours les 100 milliards de DTS du FMI promis depuis (...)
Lire la suite

L’intégralité des propos du ministre d’Etat Romuald Wadagni sur (...)


11 juin 2022 par Judicaël ZOHOUN
Le ministre d’Etat Chargé de l’Economie et des Finances était le Grand (...)
Lire la suite


ÉCOUTER FRISSONS RADIO


Derniers articles



Autres vidéos





Les plus populaires