dimanche, 4 décembre 2016 •

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Oui nous pouvons résoudre durablement la crise énergétique !




Les délestages sont plus que jamais de retour dans nos vies et les béninois, en peuple exigeant, attendent des solutions tout de suite.
Si près de 2 béninois sur 3 ont portés leur choix sur le Président Talon et la coalition de la Rupture il n’en demeure pas moins que ce mandat n’est en rien un chèque en blanc. Au contraire, les attentes sont telles que nos concitoyens n’entendent plus qu’on leur rapporte des balivernes. Ils veulent des actes, des solutions à leurs problèmes. Ils attendent que toutes les problématiques soient traitées en même temps et de manière diligente.
Parmi ces problématiques urgentes, figure en bonne place la question de la disponibilité de l’énergie électrique. Les longues et intempestives coupures que vivent les béninois depuis quelques jours prouvent une fois de plus que cette question doit être résolue rapidement.
Certains esprits mal intentionnés ont tôt faits de vouloir faire porter la responsabilité de la crise de délestage actuelle au gouvernement du Président Talon. Mais c’est bel et bien l’incompétence et l’inefficacité du pouvoir sortant qui sont à la base de la situation que nous vivons actuellement.
Ceci étant dit, il est clair que le peuple ne se satisfera pas de ces mots et c’est normal. Nous devons régler durablement la crise énergétique, nous pouvons régler durablement la crise énergétique.

1- Pourquoi les délestages se sont accentués ces derniers jours ?
Le Bénin n’est pas indépendant sur le plan énergétique. Sur les 220/225MW que nous consommons actuellement, plus de 100MW proviennent du Nigéria voisin via les accords de fournitures que nous avons avec la TCN (Transmission Company of Nigeria).
Le problème de ce contrat réside dans la disponibilité de l’énergie au Nigéria lui-même. En effet, les besoins énergétiques de notre grand voisin sont actuellement estimés à 13.000 MW. Face à ce besoin, la production Nigériane n’est que 5.000MW ce qui naturellement pose déjà problème. Mais depuis quelques jours, la pénurie de gaz (problème de pipeline) a fait chuter de près de 3000MW la production électrique du Nigéria. L’effet induit chez nous est clair et c’est ce qui explique les délestages sauvages auxquels nous assistons depuis peu.

2- Comment résoudre la question du délestage ?

i. A court terme, car c’est ce qui intéresse nos concitoyens, il nous faut arrêter ses nuits sans électricité partout dans nos grandes villes.
La solution, contrairement aux jérémiades du passé récent, ne se trouve pas à Abuja puisque le Nigéria lui-même est en pénurie d’électricité.
A très court terme il faut que l’Etat béninois signe rapidement des contrats de location de groupes électrogènes de très grande capacité. Pour ne pas détériorer plus les comptes, déjà catastrophiques, de la SBEE il faut que ces contrats soient signés directement par l’Etat béninois qui subventionnera une partie du coût d’acquisition de cette énergie qui sera forcément plus chère.
Cette solution doit être mise en œuvre très rapidement et les contrats ne doivent souffrir d’aucune tâche en référence aux soupçons de malversations observées en 1996. Des entreprises comme Aggreko ou Caterpillar proposent aujourd’hui des solutions fiables et rapidement déployables.
Pour financer ces contrats il est possible de mobiliser rapidement, comme annoncé il y a quelques jours par le Ministre d’Etat en charge du développement, le soutien de la Banque Mondiale ou de la BAD en échange d’une remise à plat rapide et profonde du secteur énergétique. Ils devront être d’une durée limitée (maximum 2ans) avec des options de sorties bien négociées.
Cette action de court terme aura pour vocation d’endiguer les délestages actuels et d’améliorer le vécu quotidien de nos concitoyens.

ii. Parallèlement à cette action de court terme, il est impérieux de lancer très rapidement la refonte du secteur de l’électricité dans notre pays. Les institutions de base existent et il faudra juste clarifier les rôles et missions de chacune d’entre elles.

- La Régulation du secteur devra être confiée à l’Autorité de régulation déjà créée par le régime précédent et qu’il faut rendre rapidement opérationnelle.

- Le Transport de l’énergie, pourrait continuer à être géré pour le compte de l’Etat par la Communauté Electrique du Bénin qui demeurera propriétaire du réseau et responsable des investissements y afférant.

- La Distribution restera dans le giron de la SBEE qui continuera à être l’entité nationale en charge de la distribution de l’électricité. A titre personnel, et dans une optique de décentralisation, je propose que la loi permette à la SBEE de pouvoir sous-traiter, en accord avec les municipalités, sa mission de distribution à des entreprises privées partenaires sur des périmètres géographiques donnés (par exemple dans les communes dont la consommation excède 10MW comme Parakou, Djougou, Porto-Novo, Cotonou, etc.). Ces structures sous-traitantes seraient donc en charge de la définition de la politique marketing et commerciale de distribution sur leur périmètre géographique de compétence.
Dans tous les cas, il faudra assainir la gestion de la SBEE dont les comptes sont aujourd’hui grevés par des arriérés de paiements colossaux.
Le débat sur une privatisation totale de la distribution pourra être mené plus tard une fois les comptes de la SBEE assainis.

- La Production, quant à elle, devra être entièrement libéralisée avec des licenses de production d’électricité. Je propose 4 grandes catégories de licences pour les producteurs (IPP comme on dit dans le jargon pour Independant Power Producer) :

Catégorie. Type d’autorisation. Contenu
Producteur Captif. Autorisation de l’autorité. L’investisseur privé produit pour son propre compte et n’a pas le droit de revendre sa production ni via le réseau ni à une tierce personne

Producteur Réseau. Licence de Producteur. L’investisseur privé produit de l’électricité qui est réinjecté dans le réseau national. Cette production est rachetée par l’entité distributrice via un contrat de rachat d’électricité (Power Purchase Agreement).

Producteur hors Réseau. Licence de Production. L’investisseur privé produit de l’électricité mais qui ne passe par le réseau national. Soit il s’agit d’un rachat direct par un consommateur industriel par exemple, soit d’une cession directe à un distributeur local

Producteur Hybride. Licence de producteur. L’investisseur investit pour son propre compte et à la possibilité de revendre via le réseau son surplus de production.

- Dans le but de protéger le consommateur, je propose que le code de l’Energie fixe clairement la formule et la fréquence de révision des prix de vente de l’énergie électrique en fonction des différentes tranches afin de préserver les couches sociales défavorisées mais aussi donner de la visibilité aux investisseurs. Le cadre de revue par l’Autorité de régulation ainsi que le processus devront également être clarifiés.
Les incitations fiscales en faveur des différentes sources d’énergie électrique seront définies en fonction de la politique nationale et d’un mix cible. Personnellement je ne crois pas au tout solaire prôné par certains. Je crois qu’il nous faut développer le solaire, notamment dans la partie septentrionale de notre pays mais il faudra probablement la combiner avec le thermique et je vois à terme un mix intégrant 35% d’énergies renouvelables.

iii. Enfin, la loi sur les PPP devra être votée rapidement pour définir le cadre de protection des investisseurs privés pour des contrats de concession. Il s’agit d’une loi plus large que le secteur électrique mais cette loi devra être votée rapidement pour sécuriser les investisseurs et rendre viable leurs projets.
Ces réformes peuvent être mises en œuvre très rapidement (en un maximum de 6 mois) et avec l’appui de compétences locales ou internationales : la Banque Mondiale a joué un rôle majeur dans la réforme menée au Nigéria qui est probablement, à ce jour, la plus aboutie du continent Africain. L’initiative France-Banque Mondiale pour la promotion des PPP en zone Franc pourrait également nous appuyer pour faire avancer rapidement la loi sur les PPP.
Agir sur le très court terme pour apporter des solutions d’appoint tout réformant pour favoriser l’autonomie énergétique du Bénin dès fin 2017 permettra de faire prendre à notre pays un Nouveau Départ énergétique.

Shegun ADJADI BAKARI

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