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Cour d’assises de Parakou

Les présumés assassins de l’ex volontaire du Corps de la paix acquittés




Les quatre personnes inculpées dans le dossier d’assassinat au Bénin de l’Américaine Catherine Puzey, volontaire du Corps de la paix, viennent d’être acquittées, par la Cour d’assises de Parakou. Déclarés tous non coupables des faits mis à leur charge pour absence d’élément matériel, ils ont été immédiatement mis en liberté.
Les sieurs Bio Jacques Constant, Uguwu Joseph, Bio Jacques Aurélien et Amoussa Abdou Gafari étaient tous inculpés et poursuivis pour les chefs d’assassinat, complicité d’assassinat et violation de secret professionnel. Des infractions prévues et punies par les dispositions des articles 59, 60, 298, 302 et 378 du Code Pénal. Le dossier 006/PG-11 inscrit au rôle de la première session de l’année de la Cour d’assises de Parakou a été examiné du 22 au 24 février 2017.

Le corps sans vie de Catherine Puzey, volontaire du Corps de la paix, précédemment en service au Collège d’enseignement général (CEG) de Dompago, arrondissement de Badjoudè (commune de Ouaké), a été découvert en son domicile, le jeudi 12 mars 2009 vers neuf (09) heures, par Mlle Angèle Yolou, sa coiffeuse à qui elle avait donné rendez-vous.
Catherine Puzey, la gorge sectionnée, baignait dans une marre de sang sur un matelas posé à même le sol de la véranda de sa maison. Elle a été également éventrée.
L’enquête a permis d’interpeller les sieurs Constant Bio Jacques, Joseph Uguwu, Aurélien Bio Jacques et Abdou Gafari Amoussa.
Selon les informations, victime a souvent dénoncé les abus sexuels dont sont victimes certaines élèves filles de la part de Constant Bio Jacques. Le 26 février 2009, elle a, par mail révélé à certains responsables du Corps de la paix, le comportement peu recommandable de ce dernier. Catherine avait souligné dans cette correspondance qu’il est important pour elle de « demeurer dans l’anonymat », au regard des faits qu’elle dénonçait.
Le lundi 02 mars 2009, Mme Florence Honvo Bello, Directrice pour la formation au Corps de la paix, sur instruction de la Directrice nationale de l’organisation a tenu une séance de travail avec Mme Maria Soumonni, Directrice associé des programmes d’éducation, qui a appelé Catherine Puzey pour de plus amples informations sur le contenu de son mail.
Mme Honvo Bello s’est également entretenue avec Abdou Gafari Amoussa sur le sujet. Ce dernier sous le sceau de la confidentialité a fait des révélations, le 03 mars 2009 avec Aurélien Bio Jacques, frère aîné de Constant Bio Jacques et directeur associé du Programme des Petites et moyennes entreprises (P.M.E), à la Direction nationale du Corps de la paix au Bénin.
Le 10 mars 2009, une lettre a été adressée à Constant Bio Jacques pour mettre fin à son contrat avec la Direction nationale du corps de la paix au Bénin. Le 12 mars 2009, le corps de Catherine Puzey a été retrouvé sans vie à son domicile sur sa véranda. Une lampe torche qui serait la propriété présumée de Joseph Uguwu a été également retrouvée sur les lieux du drame. Face à tous ces faits, il est reproché à Constant Bio Jacques et Joseph Uguwu d’avoir, le 12 mars 2009, commis le crime d’assassinat sur la personne de Catherine Puzey.
Il est reproché à Abdou Gafari Amoussa et Aurélien Bio Jacques, d’être les auteurs des fuites relatives aux confidences faites à l’administration du ‘’Peace corps’’ (Corps de la paix) par la victime concernant les comportements inappropriés de Constant Bio Jacques. Des confidences qui apparaissent aujourd’hui comme éléments déclencheurs de l’assassinat.
Ils sont tous deux poursuivis pour complicité du crime d’assassinat commis sur la personne de Catherine Puzey et violation du secret professionnel.
A la barre, les accusés Bio Jacques Constant, Uguwu Joseph, Bio Jacques Aurélien et Amoussa Abdou Gafari n’ont pas reconnus les faits mis à leur charge. Chacun d’eux a dit à la cour, ce qu’il savait du dossier. Ils ont clamé tous leur innocence dans cette affaire.
Yolou Angèle, la coiffeuse a été la première personne à faire la découverte du corps de la victime à son domicile, répondant à un rendez-vous professionnel avec elle. Dame Sayo Mouniratou, sage-femme et amie de la victime a été informée de son décès par Yolou Angèle qui est allé la voir chez elle. Elle dit avoir remarqué la présence de deux personnes étrangères dans le village quelques jours avant le drame. Elle a également déclaré à la Cour que Catherine Pusey lui a confié que Constant avait violé deux filles, et elle a ajouté que Bio Jacques Constant était horrible.
Maman Moumouni, enseignant à la retraite et propriétaire de bar à Badjoudè a déposé à la barre avoir vu souvent Catherine Pusey, Uguwu Joseph et Bio Jacques Constant venir boire dans son bar.
Quant à Bio Jacques Adam, père de Bio Jacques Constant et Bio Jacques Aurélien répondant à la question de savoir pourquoi, deux de ses fils se retrouvent à la barre, il a déclaré qu’il est reproché à ses enfants d’avoir tué une volontaire américaine du Corps de la paix à Ouaké mais qu’il ne croit pas que ses enfants soient capables d’une telle atrocité à cause de l’éducation qu’il leur a donnée.
Deux personnes ont déposé à la barre en qualité de sachant. Il s’agit des sieurs Anatole Lalèyè l’expert génétique qui a réalisé les tests ADN des accusés Uguwu Joseph et Bio Jacques Constant et de Douglas W. Bonaro, senior special agent de Peace Corps, venu de Washington.
L’expert génétique Anatole Lalèyè a donné des explications à la Cour sur ce qu’il faut comprendre des conclusions de son rapport d’expertise génétique demandé par le juge d’instruction. Les conclusions ne font pas état de la présence d’ADN étranger sur celui de Bio Jacques Constant.
Douglas W. Bonaro, senior special agent de Peace Corps, venu de Washington, a, quant à lui, fait une déclaration à la barre relative aux faits de la cause, de la démarche qui a été celle de la direction de Peace Corps dans cette affaire et les résultats auxquels l’enquête diligentée est parvenue avec un luxe de détails. Pour le Peace Corps, c’est Bio Jacques Constant le coupable des faits.

Commis pour la défense des intérêts de la partie civile, Me Charles Badou a rendu un hommage mérité à la famille, au Corps de la paix et à toute l’Amérique. Catherine Puzey a fait de brillantes études et était prédestinée à une brillante carrière. Mais ce rêve a été brisé pour avoir été égorgée dans son sommeil, regrette l’Avocat. Il a fait observer à la Cour qu’elle était venue aider les Béninois et que les cœurs de ceux qui l’aiment réclament justice. Selon Me Badou, c’est un faisceau d’éléments qui ne trahissent pas les actes. « C’est un acte de vengeance. L’acte a été commis sous l’effet de la colère et Constant Bio Jacques doit répondre de ses actes », insiste l’Avocat de la partie civile. Même s’il n’est pas parvenu à formellement établir la culpabilité de Joseph, Aurélien et Gafari, faute de preuve palpable, il note que les faits sont constants chez Constant Bio Jacques. Il a réclamé que justice soit rendue à l’âme de Catherine qui, au regard des évènements, a eu tort d’avoir choisi de venir servir le Bénin.
Dans sa réquisition, le représentant du ministère public Emmanuel Opita a aussi eu une pieuse pensée à la victime et lui a rendu un hommage. L’Avocat général a salué l’engagement du Corps de la paix pour ses œuvres humanitaires au Bénin. Emmanuel Opita a requis l’acquittement pur et simple à l’égard des sieurs Bio Jacques Aurélien, Uguwu Joseph et Amoussa Abdou Gafari pour absence d’élément matériel par rapport aux faits qui leur sont reprochés. Il a développé des moyens qui les disculpent. Amoussa Abdou Gafari et Bio Jacques Aurélien ne sont pas dépositaires de secret professionnel au regard de l’article 378 du Code Pénal et des témoignages ont fait état de ce que Joseph Uguwu a passé la nuit du 11 au 12 mars 2009 chez lui à Kétao. L’avocat général souligne que Bio Jacques Constant, à défaut de commettre lui-même l’acte, il pourrait en être commanditaire ou instigateur. Sur le mobile, il a évoqué le sursis qui pèse sur le renouvellement de son contrat avec Peace Corps justifié par les déclarations de Bio Jacques Constant lui-même qui a dit que Catherine le méprise et pourrait le dénoncer pour ses abus sexuels sur ses élèves. Celui qui a intérêt dans la disparition de Kate est incontestablement Bio Jacques Constant et il se dégage du dossier un faisceau de preuves qui justifie le fait. C’est pourquoi, il a requis que la Cour requalifie les faits en complicité d’assassinat à l’égard de Bio Jacques Constant et de le condamner à la peine de travaux forcés à perpétuité.
Les avocats de la défense, Sévérin Quenum, Paul Kato Atita, Max d’Almeida, Claude Tékounti et Michel Ahouménou sont unanimes pour saluer la mémoire de la victime et les efforts du Corps de la Paix au Bénin. La défense a salué l’honnêteté intellectuelle du ministère public par rapport aux accusés Bio Jacques Aurélien, Uguwu Joseph et Amoussa Abdel Gafari dont il a requis l’acquittement pur et simple pour absence d’élément matériel, mais elle pense que le ministère public devrait élargir cette réquisition au principal accusé Bio Jacques Constant. Car, pour la défense, l’infraction n’est pas constituée à cause d’absence de faits matériels au dossier pour établir l’imputabilité des accusés. C’est un dossier monté de toutes pièces pour mettre des innocents en prison pour sauver les intérêts de la coopération. Me Claude Tékounti a dénoncé l’ingérence et la pression dont a fait montre les Etats-Unis dans ce dossier. Pour la défense, les criminels courent toujours et la Cour ne doit pas se rendre coupable d’erreur judiciaire en basant sa condamnation sur des soupçons et des hypothèses, a relevé Me Sévérin Quenum. C’est au regard de tous ces moyens que la défense a plaidé, l’acquittement pur et simple de tous les accusés pour affirmer l’indépendance de la justice béninoise, a insisté Me Max d’Almeida.
Pour la Défense, les mis en cause dans ce dossier sont des innocents qui ont passé plus de huit (08) ans en détention à la place des vrais auteurs. Ils plaident pour leur acquittement.
La Cour présidée par Hubert Arsène Dadjo, après avoir délibéré conformément à la loi, déclare non coupables les accusés et ordonne qu’ils soient immédiatement mis en liberté.
D. M.

Qui est Catherine Puzey ?

Appelée affectueusement Kate par ses amis, Catherine Puzey, âgée de 24 ans, travaillait pour Peace Corps au Bénin depuis juillet 2007. Elle est originaire de la Géorgie. Elle est née en Allemagne où ses parents étaient enseignants détachés au département de la défense. A 7 ans elle s’est retrouvée à Okinawa avec ses parents dans le sud du Japon, où elle a fait sa scolarité jusqu’au Lycée, qu’elle a terminée avec brio. Elle est diplômée de la William & Mary College en Virginie.

Ce texte, extrait de son blog, donne un aperçu de sa personnalité. Kate est une personne sensible, attachante, Voici un extrait d’un de ses nombreux posts, où Kate parlait de son expérience des bruits du Bénin : « Je me suis rendu compte depuis quelque temps, que ce que j’apprends ici va bien au-delà de la langue et des coutumes locales. Je me familiarise aussi avec de nouveaux sons. Je sais maintenant le cri d’un poulet qu’on égorge, d’une chèvre qui met bas, d’un bébé quand il a faim. Je connais le son des répétitions tonales dans la langue locale que s’échangent deux amis qui se croisent en passant, le bruit du moulin provenant d’un lieu distant de deux maisons, et le bourdonnement d’un générateur de proximité, le bruit des souris et des lézards qui courent autour de mon plafond la nuit et le boucan du tonnerre qui s’ensuit lorsque l’un chasse l’autre (je suis toujours du côté du lézard), le son du marché en face qui suit son cours dans la nuit, le son guttural des bovins lorsqu’ils paissent devant chez moi, le faible claquement de langue du berger leur intimant des ordres ; geignement des chevreaux contre bêlement des chèvres, et je peux jurer qu’une chèvre semble toujours dire d’une voix grognonne et profonde « Baddddd ! » ; sans oublier tous les divers appels d’oiseau et d’insecte. J’apprends même à discerner la voix de chaque étudiant qui, en passant et me voyant préparer mon dîner à la lueur d’une bougie me lance au cœur de la nuit un vibrant « Bonsoir Madame Catherine ! »

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