mercredi, 29 mars 2017 •

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FIL D'ACTUALITÉ

Les pratiques traditionnelles de soins à l’épreuve de la raréfaction des ressources naturelles à Cotonou




  • Les ressources naturelles utilisées dans les pratiques traditionnelles de soins aussi bien préventifs que curatifs se raréfient sur les marchés de santé à Cotonou et périphéries. Certaines dispositions individuelles tendent à voiler la réalité quant à la situation concrète sur le terrain. Cette étude apporte un éclairage substantiel sur cette nouvelle problématique à travers une triple interrogation : Où trouve-t-on dans le registre traditionnel de soins les moyens nécessaires au maintien de la santé au Bénin ? Les usagers des marchés traditionnels de santé parviennent-ils aujourd’hui comme hier à rassembler tous les ingrédients nécessaires à leurs pratiques de soins ? Et que font-ils face aux facteurs de risques non couverts par les moyens disponibles ?

Dans une société à univers multiple remarquablement marquée par l’invisible comme le Bénin, les pratiques alternatives de soins préventifs comme curatifs au niveau individuel, reposent sur des normes et valeurs culturelles. Ces valeurs très ancrées traditionnellement, établies selon différentes représentations sociales de la maladie, s’expriment par des mots et des images ; elles renvoient une à vision qui génère des manières de se soigner classées vertueuses, et socialement acceptées. A Cotonou, les Fon, Mahi, Aïzo, Goun, Toffin sont majoritaires et partagent avec les adja, Mina, Xwla, Sahouè, Ouatchi, Houéda, Popo, une conception similaire des moyens de la conservation de la santé. Quoique les savoirs et savoir-faire varient d’avec les Yoruba, Holli, Nago, Ifé, Idaasha, Tchabé, il y a une dynamique de "faire-savoir" à l’œuvre qui facilite les emprunts, notamment sur les lieux d’approvisionnement de certaines ressources et ou de contact avec d’autres dépositaires de savoirs.

Dans ce registre, le maintien tout comme le recouvrement de la santé engage un ensemble de procédés phyto-thérapeutiques qui se réalisent de façon autonome autour de l’existence d’un savoir-faire qui prend la forme d’un corpus de connaissances, de croyances, et de symboles organisés selon une logique interne. Ainsi, sans se préoccuper des différences ethniques, dans la diaspora urbaine de Cotonou, les usagers de la "pharmacie traditionnelle" se tournent vers les plantes, malgré les fréquentes confusions au niveau de la composition des feuilles, du dosage et de la durée des soins. Guidé par une vague appréciation symptomatique, ils arrivent néanmoins à partir de certaines ressources naturelles pour faire face à la "menace" que constitue la maladie.
Où vont-t-ils chercher les moyens nécessaires au maintien de la santé ? Parviennent-ils aujourd’hui comme hier à rassembler tous les ingrédients nécessaires à leurs pratiques de soins ? Et que font-ils face aux facteurs de risques non couverts par les moyens disponibles ?

Tout repose sur la base d’informations détenues sous formes de connaissances applicables. Elles proposent à la fois la forme, le contenu, la méthode de mise en œuvre et les lieux d’approvisionnement. Ces lieux désignés dans le cadre de ce travail sous le vocable de « marchés traditionnels de santé » sont effectivement implantés au cœur des marchés les plus fréquentés à Cotonou (Dantokpa, Gbogbanu, Adjégunlè, Gbégamey, Minontin, Vêdoko, Zobgo, Fifadji, Cadjèhoun…). On y trouve des vendeurs d’ingrédients naturels (qu’on cueille, triture, et mélange selon un savoir-faire ou un rituel). Ces ingrédients se divisent en plusieurs groupes, appelés « règnes » : le végétal, l’animal et le minéral. Les plantes constituent un ingrédient essentiel de l’auto-prévention. Elles sont mélangées à d’autres matières (animales ou minérales) pour former des remèdes qui sont appliqués plusieurs fois par jour et souvent jusqu’à perte d’efficacité substantielle.

Ces marchés de santé n’obéissent pas aux exigences d’officines telles que la présentation d’une ordonnance prescrite, le pré-affichage de prix non négociables et autres. Du coup, ils constituent des lieux d’accès facile aux moyens de soins. En outre, l’imaginaire collectif les débarrasse souvent des soucis de qualité, d’efficacité ainsi que de probables récidives. Il faut aussi reconnaitre l’existence d’une rationalité économique sous-jacente la quête d’équilibre sanitaire comme mobile de fréquentation de ces marchés de santé par le plus grand nombre. Dans certains cas, les ressources financières disponibles couvrant à peine tous les besoins, la dépendance "sociale" prime sur celle "biologique" de sorte que la priorité est non pas du coté de la recherche des soins de qualité mais plutôt d’un moindre investissement. Cela explique parfois le choix de s’approvisionner sur ces marchés. La situation économique dans les quartiers de Cotonou étant assez hétérogène, les moyens financiers ne constituent pas l’obstacle pour d’autres (certes, une minorité) mais plutôt leur mode de vie qui banalise ces pratiques de soins au profit des check-up ou bilan de santé du registre moderne de soins. Seulement, les usages sont fonctions non pas de la capacité financière des uns et des autres mais des représentations et pressentiments qui guident l’orientation.

Pour se retrouver sur ces marchés de santé, les diverses ressources proviennent des périphéries de la ville de Cotonou. Mais compte tenu de divers facteurs économiques qui justifient la constante croissance démographique, la ville de Cotonou a enregistré un progrès rapide, en l’intervalle de quelques décennies, tant du point de vue de l’étendue géographique que de la taille de sa population. La superficie de la ville est passée de 112 hectares en 1960 à 7000 hectares en 2002. La taille de la population quant à elle, est passée de 70 000 à 740464 habitants au cours de la même période (INSAE, 2003). Ces transformations se sont accompagnées d’une intensification des activités économiques et commerciales au sein de la ville. Ainsi, Cotonou devient une ville connue dans toute l’Afrique de l’ouest pour son marché de 20 hectares (« Dantokpá ») ainsi que ses taxis-motos (« zěmìjǎn »). La densité des activités économiques qui s’y mènent en fait une ville de grande mobilité humaine. Toutefois, il convient de souligner les conséquences humaines et économiques qui y sont occasionnées par le fait de la précarité ambiante au regard du poids démographique. En outre, l’attractivité de la ville de Cotonou a entraîné une rapide périurbanisation, avec l’extension des espaces ruraux proches. Ce développement du péri-urbain pose des problèmes en termes d’équipements et d’offre de services collectifs tels que la santé, l’éducation, le logement, le transport et l’électricité, ainsi qu’en termes de dégradation de l’environnement. Et là-dessus, la phase actuelle d’accélération de l’extension à l’horizontale des milieux périurbains justifie une perte en continue de beaucoup de ressources qualifiables d’intrants de conservation de la santé. Lors de cette étude, une visite de deux sites périphériques où les prélèvements de ressources naturelles étaient effectués a démontré combien les chantiers d’habitat notamment à Abomey-Calavi et Ekpè, ont tôt fait de transformer totalement ces sites d’une façon irrécupérable. Pour nombre de vendeurs et vendeuses de ces ressources de soins, la planche de salut reste la dynamique circulaire d’exode observée vers Cotonou avec retour vers les milieux ruraux. Ainsi, par le fait de ce mouvement d’exode, ils parviennent à nourrir leurs étalages en faisant des commandes aux chauffeurs de taxi-brousse, parents, amis et alliés. Il y a un surcoût qui joue sur le pouvoir d’achat du consommateur et un risque effectif de perte de certaines ressources qui se raréfiaient déjà au gré des saisons sans cesse en mutation avant même les effets désastreux de l’action quotidienne et directe de l’homme sur la nature.

Sur la base des propos recueillis auprès des demandeurs et pourvoyeurs d’ingrédients de soins interviewés, il ressort d’une façon presque unanime que très peu de ressources qui entrent en composition des recettes de soins se trouvent encore actuellement à Cotonou et périphéries. Ce qui n’était pas le cas selon ces derniers il y a seulement quelques années. S’appuyant aujourd’hui sur le caractère cosmopolite de cette ville qui regroupe presque toutes les catégories socioculturelles du pays, et constitue de ce fait un espace dense d’interaction humaine, chaque jour, un nombre important d’individus voyagent à l’intérieur du pays et en ramènent des ressources de soins pour d’autres ou et pour eux-mêmes. Cela permet de satisfaire des demandes individuelles et sociales qui courent néanmoins sur un délai d’attente de quatre à huit jours. D’aucun ont déclaré avoir entrepris un petit jardin botanique pour conserver des ressources de plus en plus rares. En cela, l’université d’Abomey-Calavi s’efforce de préserver un domaine dédié non pas à la culture-vente mais à la culture-recherche permettant de préserver les espèces les plus menacées. Seulement, il faut des dispositions plus importantes pour freiner l’allure de la dégradation du couvert végétal, notamment dans les zones de prélèvement proche de Cotonou. L’implication de l’Etat s’avère indispensable notamment à travers les Ministères du cadre de vie et de la santé publique en son volet d’action « médecine traditionnelle » étant donné que cette situation s’ouvre en partie sur une question de santé publique. En effet, socialement en contexte béninois, en raison du fait que la "tisane" constitue le résultat d’un savoir-faire fondé sur la connaissance des vertus à la fois préventives et curatives des plantes et autres ressources, une large partie de la population a coutume à s’abonner en toute confiance à cette "pharmacie traditionnelle" à titre individuel et au sein des ménages sans prescription, quand on veut, parfois selon les connaissances d’un tiers fondées soit sur une expérience personnelle, soit une expérience indirecte. Un chef de ménage pratiquant de soins préventifs par la phytothérapie a déclaré à ce sujet ce qui suit : « l’assurance que j’ai lorsque j’utilise une tisane, n’est pas la même lorsque c’est un produit bio-médical parce que j’ignore ce dont est fait un comprimé alors que la tisane, je la prépare moi-même en fonction de ma connaissance des feuille qui sont dans la nature ». Dans le même sillage, un autre interlocuteur a réagit en ces termes : « c’est par nos tisanes que nos arrières grands parents (« vitiklivihoun ») s’étaient gardés à l’abri de toutes maladies jusqu’à atteindre deux cents ans pour les plus robustes et la centaine d’années pour la plupart et c’est pourquoi, les autres médicaments, je m’en serre plus par contrainte que par simple volonté par exemple de prévenir la maladie ».

Cependant, il est vérifié que tous les ménages n’y vont pas, même si plus de 69% des chefs de ménages enquêtés soit 30 chefs de ménages sur les 43 y vont pour eux-mêmes ainsi que pour les membres dont ils ont la charge, notamment les inactifs. La tisane reste surtout privilégiée comme un moyen de prévention de divers risques d’altération sanitaire pressentis : malaise chronique, fatigue, anémie, difficulté des selles et urines, aide-tonifiant, maux de tête, maux de reins, courbatures, début de toux, de rhume, de grippe, de plaie buccale, d’inconfort intestinal. La plupart de ces tisanes prises sont préparées à base de feuilles, de peau de fruits séchés et écorces bouillies, des racines calcinées et réduit en poudre, des essences inhalées, des extraits de certaines substances utilisés en application oculaire. De même, la trituration, l’écrasement et le mélange d’autres ressources permettent d’obtenir des produits finaux sous diverses formes : savons, sirops, pâtes, boissons, crèmes, parfums, tisane et tisanière, bains préparés et d’autres combinatoires. La tisane est prise tiède, froide selon des modalités reliées à chaque type de recette, notamment en termes de nombre de prise journalière et du temps de renouvellement. Il faut ajouter à cela les alicaments (du miel, des épices dont les principaux sont l’ail, l’oignon, le gingembre ; la peau, les graines et le jus de fruit tel que l’orange, l’ananas, le citron, la papaye ; les huiles de noix de coco, de palmiste, de palme et bien d’autres). Il y a des savoirs dont la préservation appelle la (re)définition de la gestion publique des ressources naturelles de soins.

Les usages sociaux reliés aux soins alternatifs sont fonction des logiques représentationnelles de conservation de soi qui ont des implications en termes de pratiques multiples et multiformes dans le contexte socio-culturel du Bénin tant au niveau des demandeurs que des pourvoyeurs de ressources de soins. Dans une perspective socio-anthropologique, il existe une logique face aux facteurs de risques non couverts par les moyens disponibles à savoir : la protection contre le mal. Parmi les différents moyens de protection de soi figurent la prière, le recours à la divination (fâ) et ses procédés parents tels que le « vikikan », le « ahowékikan », le « lεgbakikan », les cérémonies cultuelles auto-administrées. Et ceci, parce qu’au sein de la société béninoise, il existe l’idée selon laquelle l’équilibre physiologique est souvent rompu avec le concours d’une incursion du mystique dans l’existence quotidienne, ce que d’aucun appelle "la mentalité sorcelleresque". Pour comprendre cette dynamique de prévention-précaution tous risques, il faut se référer à la vision de la vie et du cosmos en Afrique. En effet, la « vie » prend la valeur du « sacrée » et la sacralité de la vie s’explique par le fait qu’elle vient d’« un ailleurs ». Elle est alors atemporelle et transhistorique. Les rites initiatique de la naissance à la mort, qu’ils soient ethniques, tribales ou religieuses sont l’expression de cette sacralité de la vie. Et donc, on ne peut et ne doit laisser détruire « le sacré » sous n’importe quel prétexte mais on est culturellement tenu de le protéger. Protéger la vie des entités constituées en esprit malveillant par l’assistance des esprits bienveillants. Ce qui signifie qu’il existe des esprits ambigus et / ou mauvais, ennemis du bien de l’homme y compris par rapport à l’équilibre sanitaire. Dans cette logique basée sur le réel de l’irrationnel, les soins préventifs et curatifs consistent en une défense contre les forces de mal et leurs essais d’attaques.

Dans le contexte multiculturel du Bénin, la protection de ce type incombait non pas à l’individu mais à toute la communauté dans laquelle il vit. Seulement à Cotonou, ce n’est pas tout à fait cela. C’est l’individu qui tente par lui-même en son nom propre et quelquefois au nom de certains des membres de son ménage de se mettre en harmonie avec tant le monde visible qui l’entoure que le monde invisible. Ce n’est qu’ainsi qu’il se garantie la protection contre les valences négatives de source mystique. C’est du moins ce qui ressort des propos recueillis auprès de ce chef de ménage qui déclare : « il arrive que je sorte pour veiller sur moi et je le fais faire aux miens pour ceux qui acceptent de comprendre que tout n’est pas une affaire de médicaments et de tisanes ; on doit être sur ses gardes face aux envoûtements et autres menaces car ils se montrent bien souvent à peine réparables, affectant profondément (« ndé non djε do ʠo mεn wu djin wε ») tout de même, une fois qu’on se laisse touché ».

​Le mal comme logique s’appréhende aussi socialement comme la conséquence de la jalousie, de la vengeance, de la violence morale, des conflits et menaces ouvertes. Ainsi, le mal ici désigne ce qui détruit la vie toute entière ou en partie. Le recours exercé est la rencontre des "spécialistes" du monde invisible : prêtres-vodoun, médium, sorcier, ou les intercesseurs chrétiens : pasteurs, prêtres-exorcistes et groupes organisé de prière. Ce recours plus curatif que préventif se comporte comme une prise en charge holistique de soi par la mise en inertie des diverses sortes de maléfices structurées susceptible d’entrainer des maladies, des difficultés professionnelles, source de souffrance au travail, ou encore des difficultés conjugales qui génèrent des conséquences nuisant à l’intégrité physique, psychique et morale.

Pour échapper complètement à la ruine de la corporéité physique et des structures psycho-spirituelles, presque tous les enquêtés optent pour une spiritualité cosmo-théandrique qui les met en relation avec eux-mêmes, avec le monde invisible, et avec la nature cosmique. C’est donc sur la base des croyances que se mènent ces expériences en lien avec le sacré. Mais il convient de signaler aussi la logique du « bô » comme un système d’attaque et de défense qui apparait dans certains types de protection. C’est le cas de la protection contre les accidents, l’empoisonnement, le « tchakatou », le « soxwixwé », le « nudonyonukon », le « azondida », le « sukpa », le « kpé » et les autres formes d’envoûtements directs ou indirects. Ce qui explique la préférence observée pour les constantes cultuels comme les incantations, les infusions de feuilles, les sacrifices d’animaux ou des offrandes. Ici, il faut remarquer que les demandeurs de soins deviennent des pôles passifs selon les rites et leurs administrateurs. Les ressources naturelles sont utilisées à toutes ces fins et leur raréfaction risque d’être sujette à controverse sur le long terme relativement aux perceptions sociales très différentes quant à leurs usages sociaux.

L’analyse des expériences sociales des marchés de santé révèle différentes logiques autour de l’utilisation des ressources naturelles. Que l’on cherche à se soigner ou se protéger, ces ressources sont indispensables et leur raréfaction constitue une porte d’entrée à la vulnérabilité présente et future des usagers de la diaspora urbaine de Cotonou. Pour l’instant, par le fait de l’interaction entre plusieurs groupes ethniques en présence à Cotonou, des emprunts de savoir-faire et des espaces de faire-savoir offre un cadre d’échange dynamique aux acteurs impliqués qui construisent de nouvelles solutions en partant du rural à chaque fois que c’est possible. Mais les difficultés de même nature se préparent dans ces milieux ruraux qui apportent aujourd’hui des réponses aux besoins de ressources naturelles si aucun effort de reconstitution à l’échelle de la demande sociale actuelle et à venir dans un esprit proactif ne se profile à l’horizon.

Fabrice V. TEKOU, Sociologue, Analyste des enjeux sociaux 24 HEURES AU BENIN

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