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Face aux abus de centre de deux centres de dialyse

Les malades crient et appellent l’Etat au secours




Le 22 septembre 2016, le président du Conseil national des dialysés et insuffisants rénaux du Bénin (Conadir-Bénin), Mohamed Rahimy Titus est monté au créneau pour dénoncer les abus dont ses membres sont victimes dans deux centres privés de traitement autorisés par l’Etat à les recevoir. Malgré cette sortie médiatique, la situation n’a pas évolué. Hier mardi 27 septembre, il est revenu à la charge pour inviter l’Etat à prendre ses responsabilités face aux décès en cascades enregistrés dans le rang des personnes dialysées.

Lire l’intégralité de sa déclaration.

D’entrée de jeu, je vais paraphraser l’artiste ivoirien Alfa Blondy qui, dans l’une de ses chansons, disait « Les ennemis de l’Afrique, ce sont les africains ». Transposée sur le plan national, j’affirme, je persiste et je signe que les vrais ennemis des Béninois, ce sont les Béninois eux-mêmes. Cette affirmation se vérifie quand il s’agit de parler de la dialyse au Bénin. Qu’il vous souvienne que dans le souci de préserver les ressources humaines pour le développement économique et social du pays, l’Etat béninois a décrété la prise en charge intégrale des frais très onéreux de la dialyse. Le premier centre de dialyse a été créé au Chnu-Hkm de Cotonou par feu Professeur Vénérand Attolou (paix à son âme) en 1997. Dès lors, le diagnostic de la maladie de l’insuffisance rénale chronique a connu une ascension fulgurante au point où l’unité de dialyse du Chnu-Hkm ne pouvait plus contenir la pléthore de malades qui y sont référés. L’Etat béninois se vit alors contraint d’autoriser les privés à venir à la rescousse. Et, c’est là où les déboires et le chemin de croix a commencé pour nos compatriotes dialysés envoyés dans les deux centres agréés. Il s’agit du centre de diayse Unidial sis Atinkanmey et Fandinan sis à Kouhounou.
Le décor étant planté, la question suivante et lancinante se pose. Qu’est-ce qui se passe dans ces deux centres gérés par des privés ? Pour mieux comprendre, je dois vous informer pour ceux qui ne savent pas, que la prise en charge de la dialyse coûte environ 12.400.000f pour les malades indigents et plus de 15.000.000f pour les agents permanents de l’Etat. Les indigents font deux séances de cinq heures par semaine, soit 108 séances annuelles. Les Ape en font 156.
Que couvre la prise en charge en question ?
Elle couvre l’achat et la pose du cathéter jugulaire, la confection de la fistule artéro-veineuse, la dialyse proprement dite, l’injection après chaque séance de dialyse d’un produit appelé Erytro poétine connu sous le nom pharmaceutique de Néorécormon très indispensable pour la régénération des globules rouges et de l’hémoglobine, les médicaments spécifiques comme les anti hypertenseurs, le calcium, l’antikalium, les fers et la foldine, les bilans de laboratoire, la collation, les hospitalisations
Venons-en à l’état des lieux en prenant centre par centre
A Unidial Sarl, le centre tout d’abord végète dans une malpropreté indescriptible incompatible avec les conditions d’exercice d’un lieu où l’on administre des soins de santé comme la dialyse qui requiert une aseptie non négociable et rigoureuse. Les générateurs sont réformés et leur maintenance flirte avec l’à peu près. Depuis 2013, le promoteur n’a plus jamais servi des médicaments, ni fourni de néorécormon, ni remboursé les frais de cathéter et de fistules artéro-reineuses, ni payé les hospitalisations.
La plupart des malades surtout ceux qui n’ont pas de moyens financiers, affichent un taux d’hémoglobine de 04 à 06g/L a alors que le taux normal est de 12g/L. Ils sont en permanence anémiés et en proie aux infections qui les tuent en masse. Lorsque le Conseil national des dialysés et insuffisants rénaux du Bénin (Conadir-Bénin) a commencé par tirer la sonnette d’alarme en dénonçant les abus des centres de dialyse privés sur les ondes de radio de proximité, le promoteur de Unidial s’est précipité d’écrire des mensonges dans un organe de presse de la place. Son gros mensonge est de dire à l’opinion publique qu’il n’a enregistré que 06 décès depuis son installation. Mais, tenez-vous tranquille, nous avons la liste des 47 tués de 2014 à 2016 seulement.
La ligne de défense à laquelle s’agrippe le promoteur est que l’Etat ne l’a pas payé. Là encore, le relevé des deux derniers virements effectués par l’Etat béninois dans le compte de cette société Unidial Sarl avoisine 1.200.000 f Cfa.
La réunion du 26 mai 2016 au ministère de la Santé est qu’édifiante. L’Etat ne doit pratiquement plus grand’chose au promoteur. Nous y étions en qualité de président du Conadir-Bénin. Donc, nous savons de quoi nous parlons.
Le deuxième point de l’ordre du jour de cette réunion de clarification était intitulé : restitution des frais de médicaments aux dialysés. Après avoir touché la totalité des frais de médicaments destinés aux dialysés de son centre, le promoteur déclara qu’il saurait être question de restitution de frais, mais qu’il ne paierait qu’un forfait aux dialysés. Une aberration.
Voyez-vous les amis, un promoteur qui se fait payer intégralement par le trésor public sur le budget national pour des prestations fantômes nargue le ministère de la Santé et impose de payer un forfait. Forfait par rapport à quoi ? Retenez votre souffle. La compilation des attestations de créance produites par chaque dialysé pour les prestations non fournies par le centre s’élève à près 905.000.000 f cfa pour les 69 dialysés à raison des créances comprises entre 16 à 18 millions de francs cfa escroqués sur chaque dialysés. Le promoteur s’est dépêché de payer un forfait de 300000 f par dialysé. Et cela se passe au Bénin, à Cotonou au nez et à la barbe de l’Etat central. C’est triste.
Laissons d’abord là ce centre Unidial et voyons ce qui se passe dans le second centre privé appelé Fandinan de Kouhounou. Le promoteur de ce centre est un médecin mais qui est en même temps grand prêtre de Fa. Ici, on a presque tué tous les malades dialysés. Parti d’une soixantaine, il ne reste plus que 20 dialysés vivants. Voilà un monsieur qui ne fait pas la dialyse après 17 heures sous prétexte que les esprits consommateurs de sang prennent possession des lieux à cette heure buttoir. De plus, il affiche une arrogance méprisable vis-à-vis des dialysés et refuse toute discussion avec eux. Nous avons des correspondances à cet effet. Quand au cours de la réunion de vérité au ministère de la Santé, le 26 mai 2016, nous avions publiquement dévoilé ce que nous venons de dire plus haut. Il se leva, bomba le torse et dit : « Ouais, je suis prêtre de Fa et j’en suis fier… ». Quand à la gestion de son centre, le constat est le même comme à l’Unidial.
Pire, lorsque le dialysé est branché au générateur et que la Sbée coupe le courant, il refuse de mettre son groupe électrogène en marche sous prétexte que cela n’est pas contenu dans les cahiers de charge. Le dialysé est alors débranché même après cinq minutes de branchement. Il ne reviendra qu’à la séance prochaine. Pourtant, l’Etat a payé pour cette séance ratée qui, alors, passe par perte et profit. La compilation des attestations de créance des dialysés sur ce centre Fandinan s’élève à la somme de 275.000.000 f cfa.
Que voulons-nous en organisation cette conférence de presse ?
Alerter l’opinion publique nationale de l’existence des prédateurs de deniers publics à la dialyse. Nous exigeons le remboursement intégral de tout ce qui est pris indûment aux dialysés par tricherie au détriment de l’Etat central pour des prestations fantômes. Que l’Etat prenne ses responsabilités en mettant en place une structure de contrôle systématique en amont et en aval pour le respect strict des cahiers de charge et l’effectivité des prestations. Il faut que l’Etat arrête d’octroyer des agréments de centre de dialyse aux promoteurs commerçants. La dialyse est une œuvre sociale incompatible avec l’esprit mercantile du commerçant toujours à la recherche du profit maximum. Il faut que l’Etat déploie des centres de dialyse publics dans tous les départements du pays pour décongestionner le Chnu-Hkm, afin de garantir les meilleures conditions de soins aux dialysés. Il faut que l’Etat mette en place un comité de suivi de la dialyse au Bénin qui intègre les dialysés afin de veiller au respect des cahiers de charge, ce qui limiterait les dérives actuelles.
C’est à ce seul prix que l’on peut garantir la longévité des dialysés et atteindre les objectifs fixés par l’Etat dans la préservation de ses ressources humaines pour son développement économique et social. Nous prenons l’opinion publique à témoin que nous avons joué notre partition. La balle est dans le camp du ministère de la Santé pour nettoyer l’écurie d’Augias, afin de marquer la Rupture par rapport aux agissements honteux du passé.

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