samedi, 10 décembre 2016 •

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Opinion

Les TIC peuvent aider le Bénin à financer son développement




Dans l’ensemble, l’économie béninoise dépend largement de l’agriculture de subsistance et du coton, ce qui rend le pays très vulnérable aux fluctuations mondiales du prix des matières premières. La dette du gouvernement béninois en pourcentage du PIB demeure élevée, à 18,3% (en 2014), alors que les besoins budgétaires du pays continuent d’augmenter. Des secteurs comme l’éducation et la santé représentent une part importante du budget, comptant pour 23% et 7% des dépenses publiques respectivement.

La pauvreté demeure endémique au Bénin, touchant environ 36.2 % de la population. Le pays est vulnérable aux chocs exogènes—principalement aux conditions météorologiques défavorables, aux conditions de chocs commerciaux (du coton et du pétrole) et aux développements dans le pays voisin, le Nigeria. Il est également sensible aux décisions concernant la politique commerciale du Nigeria, dans la mesure où 80% des importations du Bénin sont destinés à ce pays, par le biais d’un commerce informel transfrontalier. Le fait que le gouvernement béninois continue de contrôler l’industrie du coton entraîne les passifs éventuels qu‘implique ce genre de contrôle.
Le Bénin devra renforcer les réformes visant à améliorer le climat des affaires et les dépenses publiques en particulier. Ces réformes ont pour but, dans un premier temps, de mobiliser les ressources identifiées lors de la présentation du Programme d’Investissements Structurants (PIS) du Bénin à la table ronde de Paris en juin 2014, et, dans un deuxième temps, d’exécuter les plans d’investissement.
Des améliorations sont nécessaires, notamment sur le plan :
• du cadre réglementaire national, afin de favoriser les partenariats public-privés ;
• de la collecte des revenus ;
• de la gouvernance des institutions publiques autonomes ;
• de la répartition géographique équitable des ressources ;
• de la réduction de la pauvreté dans un environnement difficile grâce à une forte croissance plus durable et inclusive ;
• de la gestion de la politique fiscale.

Dans le cadre de ses efforts continus pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD), le gouvernement béninois doit trouver des sources supplémentaires de revenu qui compléteraient l’Aide Officielle au Développement (AOD). Tous ses défis ne sont pas négligeables, et, à cet égard, le modèle de Financement Innovant du Développement (FID) représente une voie très prometteuse à explorer.
Le FID fait désormais partie intégrante des stratégies recommandées par l’Organisation des Nations Unies (ONU), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. Dans plusieurs discours, le Secrétaire général des Nations unies Ban Ki Moon a lancé un appel aux pays en développement, les encourageant à trouver des alternatives financières à l’AOD. On estime que les pays en développement font face à un déficit de 2,5 billions de dollars US dans le cadre de la réalisation des ODD. D’où la nécessité pour ces pays de mobiliser toutes les ressources disponibles pour atteindre leurs objectifs de développement durable.
Le FID cible des secteurs fortement mondialisés tels que les télécommunications, entre autres, non seulement pour générer de nouveaux revenus, mais également pour :
• stimuler l’afflux de capitaux ;
• résoudre les inefficacités sectorielles ;
• améliorer la balance commerciale internationale des pays émergents ;
• mettre à profit la valeur générée par la diaspora, notamment via les transferts monétaires.
Le contrôle et le monitoring sont toutefois essentiels à la réussite des projets FID. La mise en œuvre d’une structure adéquate de gouvernance et l’utilisation appropriée des TIC améliorent considérablement la durabilité, l’efficacité et l’intégrité des instruments de financement innovant.
De nombreux pays africains ont mis à contribution des activités économiques comme les services de télécommunications internationales ou le transport aérien pour créer des sources supplémentaires de revenu et les canaliser vers des projets de développement. Le Bénin pourrait également tirer profit d’un programme FID étendu.
La première étape cruciale consiste à mettre en place la réglementation et les systèmes de contrôle appropriés. En mettant en place des solutions TIC de gouvernance qui intègrent des systèmes de gestion de la fraude, le gouvernement du Bénin serait en mesure de capitaliser sur les revenus générés par les instruments FID, d’améliorer la collecte de revenu interne de façon transparente et équitable, et d’améliorer la gouvernance dans l’ensemble.
Une société comme Telsig—reconnue pour la qualité et l’efficacité de ses technologies de gouvernance, ainsi que pour sa connaissance approfondie des enjeux spécifiques auxquels les États africains font face— et ses partenaires technologiques pourrait, en ce qui concerne la gestion des télécommunications au niveau national et international, soutenir les autorités béninoises de réglementation dans leurs efforts continus pour apporter équité, transparence et responsabilité dans le marché des télécommunications mobiles, et en particulier dans la gestion des passerelles internationales agréées. En garantissant une bonne gouvernance par le biais d’un système de vérification du trafic des passerelles internationales intégrant des systèmes de gestion de la fraude, le gouvernement du Bénin serait en mesure de capitaliser sur les revenus générés par les instruments FID et de les canaliser vers ses propres initiatives prioritaires de développement.
Des sources alternatives de revenu autonomiseraient davantage le gouvernement béninois et l’aiderait à réduire sa dépendance à l’aide étrangère. Les perspectives économiques du Bénin en 2016 seront définies par la volonté du gouvernement d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et par la mise en place du Programme d’Investissements Structurants. Dans ce cadre, les mécanismes FID peuvent apporter des moyens concrets de structurer et de rationaliser les initiatives d’investissement du Bénin, garantissant ainsi un contrôle gouvernemental intégral et optimal sur les données générées, afin de gérer et de monitorer ces dernières de façon efficace.
Pourtant, le gouvernement du Bénin ne peut entreprendre un programme étendu de FID qu’en adoptant une approche proactive en matière de réglementation des télécommunications, fondée sur des outils TIC performants et sur la collecte de données en temps réel. Des micro-contributions prélevées sur des activités mondiales telles que les télécommunications, les opérations financières, et le transport et le tourisme—entre autres—pourraient fournir au gouvernement béninois les revenus importants dont il a besoin afin de résoudre les nombreux défis auxquels il est confronté. Toutefois, si le gouvernement n’a aucun moyen de mesurer les opérations avec précision, la collecte interne de revenu demeurera faible et les revenus continueront à s’épuiser.
Il est évident que le Bénin a besoin d’un système ultramoderne de supervision du trafic des télécoms conçu spécifiquement pour permettre aux gouvernements et aux autorités de télécoms d’assurer la transparence et la conformité réglementaire dans l’environnement interconnecté actuel des télécoms. Le système présente de nombreux avantages : des systèmes de données très fiables et efficaces assurent une gouvernance basée sur des données en temps réel et optimisent la collecte des surtaxes, taxes, prélèvements ou contributions payables au gouvernement. Ce système permettrait aux autorités de créer des factures exactes en rapport avec les taxes et contributions qui doivent être prélevées sur les tarifs d’interconnexion et mettrait fin aux échappatoires qui permettent aux opérateurs d’éviter de payer ce qu’ils doivent au gouvernement. Dans ce cadre, les systèmes TIC appropriés peuvent apporter des moyens concrets de structurer et de rationaliser les initiatives d’investissement, tout en permettant au gouvernement de garder le contrôle intégral des données générées, pour qu’il puisse gérer et monitorer ces dernières de façon efficace.

Suzette Plantema


À propos de l’auteur de Writers Group :
Suzette a un vif intérêt pour le monde autour d’elle – passionnée d’écriture, elle travaille comme écrivaine depuis près de 30 ans. Elle parle plusieurs langues, a travaillé pour plusieurs entreprises de premier ordre et possède une licence d’anglais et une licence de français, ainsi qu‘un mini-MBA et un Certificat en langue et littérature françaises de l’Université d’Aix-Marseille, France.

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