samedi, 24 juin 2017 •

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FIL D'ACTUALITÉ

Gouvernement du Bénin

Le Ministre Marie Odile Atanasso au sujet des reformes dans l’enseignement supérieur




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Mesdames et messieurs ,

Les récents développements de l’actualité, relativement au secteur de l’Enseignement supérieur, m’imposent d’expliquer à l’opinion publique les motivations et la pertinence des réformes entreprises par le Gouvernement. C’est la raison pour laquelle vous êtes conviés à ce point de presse.

L’Education nationale est placée sous la responsabilité de l’Etat, qui garantit aux citoyens la réalité du droit à l’éducation par la mise en place d’un système de formation. Les collectivités locales et publiques contribuent à l’effort de l’Etat en matière d’éducation.

L’initiative privée, individuelle ou collective, peut dans les conditions définies par la loi, concourir à l’œuvre de l’éducation et de la formation.

L’Etat est garant de la qualité de l’Education et de la Formation, ainsi que des titres décernés. Il contrôle les niveaux de l’Education et de la Formation.

Les régimes ainsi que les conditions de fonctionnement des établissements privés d’enseignement supérieur (EPES) sont fixés dans le Décret 818-2008 du 31 décembre 2008. Depuis juin 2010, il est institué en République du Bénin, conformément au décret n° 2010-297 du 11 juin 2010 portant conditions de reconnaissance des diplômes délivrés par les établissements privés d’enseignement supérieur, un processus de reconnaissance des diplômes délivrés aux étudiants par les établissements d’enseignement supérieur privés ayant rempli les conditions prévues à cet effet. Ces textes disposent clairement des conditions de fonctionnement et de reconnaissance des diplômes délivrés par les EPES. Ainsi :

1) C’est seulement lorsque l’Etat n’organise pas d’examen national que le mécanisme de reconnaissance des diplômes délivrés par les EPES à savoir la Co-signature entre en vigueur. Le titre du Décret 2010-297 est clair à ce propos.

2) La Co-signature telle qu’elle est conçue et pratiquée, crée une énorme injustice aux parents et apprenants qui, parfois bien qu’étant de bonne foi, n’ont toujours pas l’information juste pour choisir le bon établissement. La preuve, sur plus de 146 EPES autorisés pour la licence et le Master, seulement 52 bénéficient de la co-signature de diplôme et encore, pas dans toutes les filières.

3) Le système LMD n’est pas encore une réalité complète et entière au Bénin. Ni dans le public, encore moins dans le privé. Il est une architecture nouvelle que chaque pays doit adapter à son contexte et à ses réalités,

4) Les examens nationaux ne sont donc ni contraires aux textes en vigueur, ni au système LMD, ni incompatibles avec l’appartenance du Bénin au CAMES ; encore moins discriminatoires. Ils se feront dans une période transitoire de trois ans au cours de laquelle. Les EPES doivent donc se mettre en règle vis-à-vis des textes. Et c’est tout ce que le Gouvernement de la République leur demande.

1- Mais quels sont les avantages d’une telle décision ?

3.1. Sur le plan social

- l’impossible coût social à payer en fermant tous les EPES sera évité,

- les inégalités et injustices créées de fait, par le système actuellement en place seront corrigées,

- les importants investissements financiers que font les promoteurs d’écoles et les parents seront sécurisés et rentabilisés,

- la légitimité des EPES et la remarquable contribution qu’ils apportent à l’Etat seront valorisées,

- la mobilité des jeunes pour les études sera sauvegardée,

- l’Etat pourra mettre davantage de moyens dans le secteur pour accompagner les EPES en se basant sur la performance de ces derniers,

- l’employabilité des jeunes sera renforcée et le chômage reculera,

- aux parents, je voudrais dire : que l’examen offre aux apprenants deux possibilités : la première : ils ont une attestation après validation des 180 crédits pour la licence et des 300 crédits pour le Master. Cette attestation peut être utilisée dans les pays de la sous-région de l’espace CAMES et entre établissements à l’intérieur du pays ; la deuxième : tous les apprenants aussi bien des établissements qui avaient la co-signature que ceux qui n’en avaient pas peuvent être retenus pour les examens d’Etat. Tous les apprenants des établissements privés d’enseignement supérieur auront les mêmes droits que ceux des établissements publics. Ceci participe de la justice sociale et de l’équité.

3.2. Sur le plan de la qualité

- les EPES seront obligés de se mettre en règle pour respecter un minimum de standard,

- les EPES pourront recruter les nombreux docteurs formés pour avoir leur corps professoral propre, ce qui réduirait le nombre de docteurs sans emplois.

- la qualité du personnel enseignant sera renforcée et la formation sera meilleure,

- le secteur privé de l’enseignement évoluera pour devenir « homologue » du secteur public,

- le système LMD aura un début d’application réelle et conséquente dans notre pays,

- les abus et autres dérapages laisseront place à la compétitivité et au sérieux,

- le secteur des EPES sera assaini et ceux qui ne respecteront pas les textes après ces réformes seront fermés.

Somme toute, l’organisation des examens nationaux est, en l’état actuel des défis qui se posent au système, la meilleure réforme pour assainir le secteur. Elle permettra entres autres, de réduire substantiellement les inégalités et injustices observées, d’assurer l’équité de fait à tous les apprenants et enfin de légitimer davantage le travail remarquable que font les EPES.

Je voudrais rassurer les promoteurs encore réticents, les parents d’étudiants et les étudiants que les examens nationaux offrent une historique opportunité et une chance pour la formation de ressources humaines de qualité pour un développement harmonieux et durable du Bénin. Les examens auront lieu cette année en août 2017, la deuxième édition en 2018 et la dernière édition en 2019. C’est pourquoi j’appelle vivement tous les promoteurs privés d’enseignement supérieur à rentrer dans le processus d’homologation de leurs établissements.

Je vous remercie.

Mme Marie-Odile ATTANASSO,

MINISTRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE.

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