mardi, 28 mars 2017 •

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FIL D'ACTUALITÉ

LE FAUX DEBAT




En Juillet 2013, j’avais écrit une lettre ouverte intitulée : (le cri de cœur d’un vieux citoyen au Président de la république et au Peuple Béninois.)
‘’ Mon Pays va mal, très mal et je nous accuse ‘’
J’avais écrit cette lettre au plus fort d’une maladie, qui m’avait contraint à un long séjour sanitaire en France.
- De retour au Pays le 23 Décembre 2015, j’ai décidé d’observer un silence, m’excluant à nouveau de tout débat politique. Ce n’est point par une quelconque démission de l’observation de la chose politique, mais plutôt pour me donner une pause attentive
- Cette lettre n’avait d’autre but à l’époque, que de réveiller la conscience et susciter le verbe, de ce qui restait encore d’honnêtes gens dans notre pays. Car, on y vivait dans une sorte de léthargie, une grande conspiration de silence, qui condamnait les gens des générations antérieures, aussi bien ceux de la mienne encore vivants.
- Un silence lourd planait sur le peuple. Face aux graves et dangereuses dérives du Chef de l’ETAT, personne ne réagissait. Aucune institution du Pays, ni même celle qu’on pouvait qualifier de régulatrice du fonctionnement de l’ETAT qu’est la cours constitutionnelle, n’a levé le petit doigt pour dire au Chef de l’ETAT dans la forme qui sied à son rang, qu’il a gravement écorché notre loi fondamentale. J’ai été très heureux de constater, que cette téméraire initiative que j’avais prise, avait rencontré l’assentiment populaire dans le Pays aussi bien que dans la Diaspora. Les nombreux commentaires sur les réseaux sociaux et Les nombreux coups de téléphone d’approbation reçus directement, en témoignent éloquemment.
- Les langues s’étaient déliées et le verbe est entré en action. Nous avions ainsi créé un grand creuset pour nous exprimer. LE FRONT CITOYEN POUR LA DEFENSE DES ACQUIS DEMOCRATIQUES. C’est sur ce mot DEMOCRATIQUES que je veux nous poser deux petites questions :
1- Sommes-nous vraiment démocrates ?
2- Voulons-nous pratiquer la démocratie tout court, au sens universel de la chose, ou une démocratie à la Béninoise, propre aux Béninois ?
Seuls les débats de l’heure m’autorisent à les poser.Il s’agit des débats instaurés autour du candidat Lionel Henri Louis ZINSOU. Ces débats dans les médias, sur les réseaux sociaux, sur les différentes chaines de télévisions et autres me surprennent et me laissent rêveur, surtout pour la qualité des gens qui les initient et les animent. Car, il s’agit essentiellement de grands et respectables personnages ayant assumé les nobles et hautes fonctions à la tête de notre Etat depuis 1960 jusqu’au renouveau démocratique, soit comme Chef d’Etat, Ministres et autres grands commis de l’Etat.
J’ai trouvé pour ma part ces débats, intellectuellement et moralement peu probes et malsains. Les arguments que développent les uns et les autres ne convainquent pas. L’on nous rabâche à l’oreille sans répit la France-Afrique, comme si elle ne date que de l’ère ZINSOU.
- Qu’avaient-ils fait ceux-là, depuis 1960 pour arrêter ou limiter l’influence de la France-Afrique ?
- A-t-on jamais voulu éduquer, former civiquement et moralement notre vaillant peuple sur ses droits et devoirs, pour qu’il s’approprie réellement sa souveraineté ?
- Qu’a-t-on fait pour lui depuis 1960 à ce jour, pour lui donner sa dignité, ou lui en faire prendre réellement conscience ?
Nous nous évertuons plutôt à lui donner le goût de la corruption, du gain facile par des raccourcis douteux, et le maintenir en l’état, pour mieux l’exploiter à chaque échéance électorale.
En faire de vrais militants, pétris de patriotisme et d’altruisme, n’a jamais été notre préoccupation, encore moins notre souci.
- Que savent nos pauvres et braves parents de la France-Afrique ?
- Quels exemples donnons-nous au Peuple et singulièrement aux jeunes générations qui nous observent ?
- Quel Chef d’ETAT de l’aire géographique francophone de l’Afrique, ne se donne comme première destination Paris au lendemain de son élection, depuis 1960 à ce jour ?
- Qu’avons-nous fait depuis notre pseudo indépendance pour inverser le cours des évènements ?
Si nous n’étions pas majeurs, matures politiquement en 1960, nous devrions l’être en 2016, pour ne plus chercher un bouc-émissaire à nos maux. Collez-nous donc la paix avec cette sempiternelle chanson de France-Afrique. Ayons le courage de reconnaitre nos tares et cherchons à nous en débarrasser, pour emprunter le vrai chemin du progrès et du développement de notre Pays. La France n’a jamais rien fait dans aucun Pays, sans la complicité active des ressortissants de ces mêmes Pays. Si nous avions appris à agir en homme majeur, en réfléchissant par nous-mêmes sur nos échecs, peut-être commencerions-nous à trouver le bout du tunnel, ou tout au moins les tentatives d’approches de solutions.
Je comprends que le Président SOGLO n’accepte pas son échec de 1996. Mais à qui la faute ? C’est un autre débat. Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude dit-on. Un adage de son ethnie Fon dit ceci : ‘’Quand vous tombez, ne regardez pas là où vous avez culbuté, mais plutôt là où vous avez trébuché’’. Peut-être trouverait-il en lui-même quelque cause de son échec de 1996. C’est peut-être cette manière de voir les choses en 1996, qui avait poussé certains de ses adeptes assoiffés de pouvoirs, à aller tirer sur le domicile du Professeur Maurice AHANHANZO GLELE. Nous nous souvenons.
L’attitude responsable ne consiste pas à toujours dénoncer, mais comment agir intelligemment courageusement pour éradiquer le mal. Dénoncer sans arrêt la France-Afrique, ne nous fait pas avancer. Ne laissons pas de côté les vrais débats, les vraies préoccupations du peuple dont nous avons la charge, car ce peuple s’est saigné dans les douleurs du passé, dans les humiliations et autres sévères privations, pour faire de nous, ce que nous sommes aujourd’hui. Que pouvons-nous lui offrir en retour, plutôt que de chercher des responsables étrangers à nos maux. Nos maux sont domestiques et les remèdes forcément domestiques. Nos problèmes sont domestiques et les solutions forcément domestiques. Je m’insurge donc contre ces débats creux à connotation xénophobe, qui vont jusqu’à dénier la nationalité Béninoise à Lionel ZINSOU.
Depuis 1960, quels sont ceux qui nous ont dirigés, nous Dahoméens devenus Béninois, si ce n’est pour la plupart, des Franco-Dahoméens, devenus Franco-Béninois. Pourquoi alors tant d’acharnement sur le fils d’un compatriote, dont les parents et les grand - parents ont participé depuis la nuit des temps, à l’émancipation de ce Pays. Si nous sommes vraiment démocrates, laissons les urnes trancher sans opprimer les consciences. Qui trompe-t-on enfin ? Si ce n’est encore le pauvre peuple béninois, qu’on détourne de ses vrais problèmes, de ses vraies préoccupations pour vouloir violenter sa conscience, et lui faire chanter le refrain, ou emboucher la trompette qu’on veut.

Si nous avions formé et édifié une véritable opinion publique saine et responsable, serions-nous en présence de ce à quoi on assiste aujourd’hui ?

Ces grands déballages publics de corruption de haut niveau, qui étalent au grand jour dans les médias, les manières peu élogieuses, dont nous élisons nos Députés et nos Chefs d’ETAT. Pour ces gens-là, le ridicule ne tue jamais.

Ne pensez-vous pas qu’en Europe ou aux Etats-Unis, l’opinion publique aurait exclu de la course Présidentielle, certains des prétendants pour ces comportements indignes et scandaleux ?

Il n’est que d’observer l’éventail, la panoplie et le nombre ahurissant de candidats aux Fonctions Présidentielles, pour constater à quel niveau de dégradation et de galvaudage, est tombée cette fonction de noblesse et de grandeur. Tout ce qui est sacré dans mon Pays est désacralisé. C’est comme cet autre anachronisme encore, qui fait trouver des Rois et des têtes couronnées partout dans une République. Nos voisins anglophones les désignent par des Chefs traditionnels, qui ont leur poids et leur rôle dans la société Africaine. Tous ces galvaudages des fonctions et des titres n’honorent pas notre Pays, jadis réputé Pays d’intelligence et de gens bien.

Je saisis l’occasion pour en appeler à l’esprit de responsabilité de nos honorables Députés, à initier des lois pour mettre de l’ordre dans l’écurie.

Nous sommes trop facilement et rapidement enclin à mettre ces faiblesses et ces incohérences, sur le compte d’une pseudo vitalité de notre démocratie. Je n’y crois pas. Démocratie ne rime pas nécessairement avec désordre, incohérence et indécence.

- Maintenant, j’en viens à l’échec regrettable de notre classe politique, celle qui anime la vie politique dans notre Pays depuis 25 ans. Vous avez oublié, ou peut-être négligé de consolider le fondement de votre mission pour vous accommoder des financements faciles et aléatoires. Et vous voilà désorganisés, voire déboussolés par le revirement brutal et inattendu des faiseurs du Roi qui veulent devenir Roi. C’est leur droit et aucun texte ne s’y oppose. Mais :

- Que deviendrons-nous quand le Pouvoir d’argent veut nécessairement conquérir le Pouvoir politique tout aussi redoutable ?
- Que deviendrons-nous si la puissance de l’argent s’accouple avec le Pouvoir politique ?
- Qu’en sera-t-il du Pays et nous pauvres citoyens ‘’lambda’’, quand les deux pouvoirs qui dirigent le monde, se concentreront et se confondront en une seule personne ?
- Qui va contrôler qui ?
- Qui mènerait réellement la lutte contre cette gangrène que constitue la corruption ? l’impunité ? Et j’en passe…
C’est en tout cela, que je suis inquiet et très inquiet.

- En avez-vous pris conscience, vous chers compatriotes de la classe politique, dont l’échec cuisant et patent, je le répète, est à l’origine de ces ambitions certes légitimes, mais quand-même démesurées voire, dangereuses ?
Car tout POUVOIR GRISE !!! Votre responsabilité reste plus que jamais engagée.

- En avez-vous pris réellement conscience chers compatriotes de la société civile qui vous rangez déjà sous la bannière de tel ou tel candidat ?
- En avez-vous pris conscience chers compatriotes, cadres intellectuels, universitaires toutes disciplines confondues, vous qui êtes censés être les lumières de ce Pays ?
- En avez-vous pris conscience chers compatriotes cadres issus des couches modestes de ce Pays, vous qui devez être de vrais éclaireurs pour vos pauvres parents, qui se sont imposés de drastiques privations pour faire de vous, ce que vous êtes ? Devez-vous les tromper, les trahir pour des grains faciles et immédiats ?
- En avons-nous tous enfin pris conscience et la mesure de ce qui se trame pour nous ?
- Si je manifeste mes inquiétudes pour la candidature des deux Dinausors Financiers à la magistrature suprême de notre Pays, ce n’est pas pour une quelconque rancœur, ni une quelconque animosité que je nourris contre eux.
- Parmi les deux, je me sens plus proche de l’un, pour l’avoir soutenu et incité à prendre les rennes du Patronat de notre Pays, à cause de sa capacité managériale sur le plan des affaires, qui ne doit pas se confondre avec le Pouvoir Politique qui a ses cruelles exigences et réalités.
- Le second que j’ai très peu côtoyé s’est également taillé un empire, un nom dans le monde des affaires. Mais pour lui également, ce sont les mêmes craintes qui me hantent. Notre secteur privé s’en trouvera encore plus divisé et affaibli, et ouvrira la voie à des désordres certains pour notre Economie déjà fragile et extravertie, parce que reposant essentiellement sur le tertiaire. Des suspicions naitront forcement et porteront atteinte à leurs propres intérêts, leur image de Chef d’Etat s’en trouvera écornée. C’est pourquoi, si celui que je pourrais qualifier à juste titre de Poulain m’avait fait l’amitié de m’associer à sa décision, je l’en aurais dissuadé… tout comme je l aurais fait avec le second qui non plus, lors de notre rencontre à Paris ne m avait laissé aucune possibilité d y penser. Ils étaient si bien dans leur rôle de vrais développeurs du pays, de vrais créateurs de richesses et d’emplois. Ils rendraient ainsi tant de services à leur pays et à leurs populations.
- Dans la nouvelle vocation qu’ils se découvrent, leurs actions seront entachées. C est peut être le lieu de saluer la clairvoyance et la sagesse de notre Archevêque Mgr Antoine Ganyé pour la​ lettre qu’il leur avait adressée en son temps pour les en dissuader. Le cas de MADAGASCAR avec « RAVALOMANANA » est là pour nous édifier sur la suite, suite qui a été et continue d’être une INSTABILITE chronique qui s’est emparée de la GRANDE ILE.
- Le jeu serait plus s’incère et plus logique entre Politiciens. L’Argent étant au centre, personne ne voudra leur dire la vérité, et la sincérité n a jamais été la chose la mieux partagée, quand l’ARGENT rentre en jeu.
- J ai, la profonde conviction qu’après l’orage, lorsque tous les nuages disparaitront avec les courtisans de l’heure, le ciel s’éclaircira
Voilà chers amis, chers parents et chers compatriotes les vrais débats, les grandes interrogations qui doivent cristalliser notre attention et remuer notre conscience, pour ne pas nous attarder à l’origine, à la couleur de la peau,à la nécessaire maîtrise et non indispensable de nos langues nationales, face aux immenses défis de l’heure.

J’en appelle donc à une profonde méditation, pour ne pas basculer si facilement, dans une incertitude fatale, notre unique et beau Pays le Bénin, où il fait bon vivre quoi qu’on en dise.

Que Dieu et les mânes de nos ancêtres, éclairent la conscience et l’intelligence de chacun de nous pour faire le bon choix.

GLELE G. Lucien
- Colonel de Forces Armées Béninoises à la retraite
- Ancien Président du Conseil National du Patronat du BENIN
- Ancien membre du Conseil Economique et Social du BENIN
- Ancien Président de la FOPAO (Fédération des organisations Patronale de L’Afrique de l’Ouest)

E-mail : lucienglele@yahoo.fr

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