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FIL D'ACTUALITÉ

Gestion locale

L’expression de la mauvaise politique dans nos communes




Le 3ème mandat de la décentralisation rencontre encore des difficultés liées à l’instabilité des conseils communaux. Comme à la 1ère édition, les destitutions tous azimuts de maires ont repris un peu partout dans le pays. L’annonce a été faite par les conseils communaux de Djidja et de Zakpota mais elle a été très tôt reprise par d’autres mairies à l’instar de Parakou, Allada pour ne citer que celles-là. Tous les conseils communaux sont actuellement en état d’alerte maximale et chaque maire attend patiemment son tour. Déjà on sait que le maire d’Allada a été destitué et celui de Parakou n’est pas loin de l’être comme ceux de Djidja et de Zakpota sans oublier ceux de Cotonou et de Porto-Novo qui ne sont pas en sécurité. Le virus de la destitution s’est infiltré dans le processus de la décentralisation déjà très malade de ses hommes et des textes qui la régissent. Malgré tout, ce qui se dit et se fait, les conseils communaux ne se sont pas départis de la politique politicienne. C’est ce qui a prévalu au premier mandat des maires qui a vu la destitution d’une vingtaine de maires à l’époque. C’était devenu un jeu de ping-pong dans lequel des groupuscules s’entendent lorsqu’ils ne sont pas suffisamment alimentés pour faire tomber le chef de l’exécutif communal et hisser un autre de leur choix. Cette fois-ci encore, comme une réponse à la situation de la 1ère mandature où les élus proches de Boni Yayi ont tout mis en œuvre pour renvoyer ceux qui avaient été proches de Kérékou ou d’autres formations politiques, les amis du système politique en place actuellement veulent eux aussi renverser les maires en place qui pour la plupart sont des FCBE ou alliés. C’est évident que Talon n’a rien à y voir. Mais c’est aussi clair que ce qui se passe actuellement n’est rien d’autre que des règlements de compte politique. Si l’on s’en tient à ce que les maires menacés de destitution ou destitués ne satisfont pas aux aspirations des populations, on constate tout de même que plusieurs mois sont passés et que les maires qui seront élus prendront beaucoup de temps à s’adapter à leurs nouvelles fonctions. Et donc, les communes perdront beaucoup de temps à se remettre sur les rails. Ce qui se passe est donc sans nul doute un recul pour la démocratie et le processus de la décentralisation encore embryonnaire dans notre pays. Les préfets doivent prendre leurs responsabilités et arrêter la saignée. Avec eux, le président de l’association des communes du Bénin doit reprendre sa troupe en mains.

Par : Amir Nabil

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