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Le pétrole brut nigérien dans des pipelines depuis Agadem (Niger) pour atterrir au port en eau profonde de Sèmè-Podji (Bénin) après avoir parcouru près de 1 982 km dont 1 298 au Niger et 684 km au Bénin. C’était l’espoir du siècle lors du lancement des travaux au Bénin avec la société China National Petroleum Corporation (CNPC) en 2019. En ce moment, les relations entre les deux pays étaient au beau fixe et malgré les alternatives (pipeline Niger - Tchad - Cameroun ou pipeline Niger -Nigeria), le Président d’alors, Mahamadou Issoufou n’a trouvé aucune gêne de faire le choix du Bénin faisant de ce pipeline, le plus long de l’Afrique. Mais depuis le renversement du régime démocratiquement élu, le nouvel homme fort de Niamey s’embrouille à travers des décisions qui compromettent l’avenir de son pays . Si rien n’est fait , le Niger pourrait s’effondrer car les risques d’une « soudanisation » de cet état sont réunis. La présence des paramilitaires Turc, Syrien et Russes sur ce territoire constitue en elle même une menace pour la junte au pouvoir.
En avril 2024, le gouvernement nigérien a annoncé avoir obtenu 400 millions de dollars de son partenaire chinois, au titre d’une avance sur ses ventes de pétrole brut dont la commercialisation n’a débuté qu’en mai dernier avec le chargement du tout premier navire au port en eau profonde de Sèmè-Podji (Bénin). Ce versement de 400 millions de dollars n’est qu’un prêt que le Niger devra rembourser avec un taux d’intérêt de 7% sur douze (12) mois.
Le remboursement de ce prêt est conditionné au bon fonctionnement des relations entre le Niger et le Bénin pour un acheminement sans gêne de ce pétrole brut via le port en eau profonde de Sèmè-Podji.
S’il est vrai que le Bènin après les menaces d’interdiction de l’accostage des navires pour le chargement du brut a fini par se raviser, il faut reconnaître que notre pays a notifié à la partie chinoise sa disponibilité à respecter tous ses engagements contractuels. Mais avec l’interpellation de cinq (05) nigériens sur le site de Sème ,les relations entre les deux parties se sont détériorées.
Lors d’un point de presse animé le 30 mai 2024 à Niamey, le ministre du pétrole et son homologue de la justice ont annoncé des mesures urgentes que prendra le Niger au cas où leurs compatriotes arrêtés à Cotonou ne sont pas immédiatement relâchés.
“Nous avons déjà écrit à WAPCO Bénin pour lui dire de ne permettre aucun changement, aucune goutte de pétrole tant que nos représentants ne seraient pas autorisés à opérer”, a signifié le ministre nigérien du pétrole lors de ce point de presse.
Les autorités nigériennes, lors de cette sortie médiatique, ont menacé de stopper la production et l’acheminement du pétrole via ce pipeline si le Bénin ne se conforme pas, sans condition, à leurs exigences. Ce qui aurait été fait ce vendredi 7 juin 2024 avec l’arrêt des puits de pompage sur le site.
L’arrestation d’individus pour des raisons sécuritaires ne peut justifier la fermeture des vannes d’un pipeline |
Le Niger, en suspendant ou arrêtant la production, devra dépenser cher pour sa reprise. La reprise des travaux sera plus coûteuse pour la partie nigérienne qui devra dépenser des sommes faramineuses pour le nettoyage du pipeline sur les 2 000 km. Au même moment, chaque jour d’arrêt de travail constitue une perte et chaque jour sans travail constitue un manque s’élevant à des millions de francs CFA. Ce qui pourrait dramatiquement empiéter sur l’échéance de paiement de prêt déjà reçu de la société chinoise en garantissant la production et la vente de pétrole brut.
De quelles marges de manœuvres dispose la junte au pouvoir à Niamey face à la pression en vue des banquiers chinois, ceux de l’espace Uemoa et la grogne sociale ? Sans la rente pétrolière, le Niger compte véritablement sur quelle ressource pour se libérer de la domination française et de la monnaie franc CFA.
Depuis la décision ambiguë de la fermeture des frontières avec le Bénin, le taux d’inflation est en nette progression. Les stock de riz sont presque finis, l’insécurité sévit partout. les bandes armés ont repris du service et plus de huit cent militaires sont en détention. À terme, cela ne peut que s’exploser …
En voulant s’en prendre au Benin qui en dépit de tout a donné son accord et toutes les garanties pour l’exploitation du Pipelîne, la junte à Niamey se met la Chine à dos.
Paul’Tonon
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