vendredi, 2 décembre 2016 •

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FIL D'ACTUALITÉ

Saisie de drogue au Port autonome de Cotonou

Brouille et confusion autour d’une affaire politico-judiciaire




Le magnat béninois de la volaille, Sébastien Ajavon, candidat à l’élection présidentielle de mars 2016, a été arrêté le vendredi 28 octobre dernier, par des éléments de la compagnie de gendarmerie maritime du Port Autonome de Cotonou. Il sortait d’une conférence de presse au cours de laquelle il avait professé de sa bonne foi dans une sombre histoire de trafic de drogue. Une affaire présumée de trafic de drogue, qui au regard des différentes imaginations fertiles, est annonciatrice de gros remous dans l’espace public béninois, en particulier au sein du microcosme politique.

Le 28 octobre 2016, une page noire de l’histoire du Bénin s’est écrite à l’encre de Chine dans de l’acétate de manganèse. Le Président directeur général du groupe Cajaf-Comon Sa, Sébastien Germain Ajavon, est dans de beau drap. Il serait mêlé à une affaire de drogue. Interpellé dans une affaire présumée de drogue illicite, l’homme d’affaires et candidat malheureux à la dernière présidentielle de mars 2016, a été en effet gardé à la brigade territoriale de Cotonou. Tout est parti de l’interception dans la matinée du vendredi par les éléments de la Compagnie de gendarmerie maritime du Port autonome de Cotonou d’un conteneur en provenance du Brésil et destiné à la société Cajaf-Comon de Sébastien Ajavon. Dans le conteneur est découverte une importante quantité de cocaïne pure (18 Kg dont la valeur marchande est estimée à environ 9 milliards FCFA selon les autorités de la Compagnie de gendarmerie maritime). Après cette découverte, les évènements s’enchainent très rapidement. Trois employés de la société Cajaf-Comon sont interpellés et placés en garde à vue. Quelques heures après, l’homme d’affaires lui-même organise une conférence de presse pour alerter l’opinion publique nationale sur un coup politique ourdi contre sa personne et réclamer une enquête rapide et impartiale afin d’élucider cette affaire rocambolesque. Mais à peine, était-il sorti de la salle où s’est tenue la conférence de presse qu’il est interpellé par une horde d’éléments de la Compagnie de gendarmerie maritime du Port et conduit dans les locaux de la compagnie. Après plusieurs heures dans les locaux de cette compagnie à Xwlacodji, le magnat de la volaille a été transféré à l’Office central de répression du trafic illicite de drogue (Ocertid) l’équivalent de la DEA américain aux Etats-Unis, pour être une nouvelle fois écouté. Mais, les agents de cet Office chargé de réprimer le trafic de drogue refusent de l’écouter au motif de n’avoir pas été associés à l’opération. Le principal allié du Président Talon lors du second tour de la présidentielle de mars dernier sera donc retourné à la Compagnie de gendarmerie maritime du Port avant de finalement échouer à la brigade territoriale de Cotonou où il a passé trois nuits.

Coup monté selon Ajavon

Les Béninois assistent-ils depuis quelques jours à une machination ? C’est du moins ce qu’on peut imaginer à en croire les différentes réactions enregistrées dans les rangs du présumé mis en cause. Sébastien Ajavon est tout de même arrivé en troisième position et a montré une forte capacité de mobilisation… Juste avant son interpellation, il a indiqué au cours d’une conférence de presse qu’il s’agit d’un complot ourdi contre sa personne. « Sous le régime Yayi, les gens ont essayé de le faire mais ils n’y sont pas arrivés », a déclaré Sébastien Germain Ajavon qui fait savoir que les auteurs du montage s’y sont mal pris et invite la justice à faire son travail afin que la lumière soit faite sur cette affaire. « Comment est-ce qu’ils ont su que dans ce seul conteneur, il y avait de la drogue ? Alors, il faudrait que le gouvernement de la Rupture fasse de la lumière. Ce n’est pas fait pour ramener les chefs d’entreprise et les investisseurs dans notre pays. C’est une manière de voyous puisque nous avons constaté que les plombs qui étaient sur les conteneurs n’étaient plus là », s’est-il interrogé. Comme l’on peut s’en douter, depuis, les interventions et les dénonciations venant des partisans et soutiens politiques, vont bon train. Le soir même de l’arrestation, des populations en furie ont pris d’assaut la brigade de gendarmerie, lieu où leur protégé est gardé à vue. Scandant des cris hostiles au pouvoir actuel, pour certains, et à l’ancien Président de la République Yayi Boni pour d’autres, ils ont dénoncé un complot qui vise à ruiner la réputation de l’homme d’affaires qui n’a pas dit son dernier mot en politique.

La justice béninoise à l’épreuve

Sébastien Germain Ajavon n’a aucune inquiétude à se faire, du moins pour le moment. C’est en tout cas ce qu’a confié son avocat, Me Alain Sourou Orounla. Interrogé quelques minutes après l’arrestation sur une radio de la place, sur ce qui se passe dans les locaux de la Compagnie de gendarmerie maritime du Port autonome de Cotonou où se trouve le magnat de la volaille et l’implication au plan judiciaire, Me Alain Orounla s’est montré très confiant et rassurant. Selon l’homme à la toge noire, il n’y a pas encore matière à inquiétude. « La gendarmerie nous a informés qu’elle est en train d’écouter le Président Sébastien Ajavon au sujet de ce colis suspect », a déclaré l’avocat du Président directeur général de la société Cajaf-Comon avant d’ajouter : « Pour l’instant, je voudrais rassurer les uns et les autres ». « Car, a-t-il expliqué, aucune charge n’est retenue contre le Président Sébastien Ajavon. Aucun indice, aucune circonstance de culpabilité n’est pour l’instant établie ». Aux dernières nouvelles, Sébastien Ajavon qui a déjà passé trois nuits en garde à vue sera présenté au Procureur de la République pour la suite judiciaire à donner à l’affaire. Au moment où lui-même et ses proches se disent confiants de la justice béninoise, l’issue qui sera donnée sera déterminante pour la justice du pays qui, il faut l’avouer, ne fait pas l’unanimité au sein de la population.

Les réactions voilées du gouvernement

Beaucoup s’étonnent du mutisme dans lequel s’est versé le gouvernement de la rupture et son chef depuis l’éclatement de cette affaire de drogue. Même si les légalistes peuvent comprendre cette attitude des nouveaux dirigeants du pays, qui traduit le principe démocratique de la séparation des pouvoirs, d’autres fustigent ce comportement et crient déjà à la trahison contre un allié de luxe qui a contribué à la victoire de la Rupture. Et pourtant, certains acteurs, non moins importants du système actuel se sont prononcés par presse interposée. Il s’agit de l’intrépide Journaliste Wilfried Léandre Houngbédji, désormais Directeur de la communication à la Présidence de la République et du député à l’Assemblée nationale, Orden Alladatin, proche du Président Talon. Le premier, au détour de l’émission le Grand rendez-vous sur Soleil Fm, hier, dimanche 30 octobre, s’est prononcé sur l’affaire arrestation de Sébastien Ajavon. En raison des faits évoqués et du personnage mis en cause, l’invité comprend les réactions tous azimuts et les supputations à n’en point finir. Son opinion personnelle est très claire. « Sébastien Ajavon est un illustre Béninois qui compte, sans doute, parmi les plus importants du pays. Cela ne devrait laisser personne indifférent. Mais après, nous sommes tous citoyens de ce pays et nul n’est au-dessus de la loi ». Et il poursuit « La séparation des pouvoirs exige que la justice et les corps spécialisés dans l’affaire fassent leur travail et nous renseignent. Le gouvernement ne viendra pas dire quelque chose dans un dossier qui ne le concerne pas. Le gouvernement observe comme nous tous et n’entend certainement pas se mêler de ça. J’espère que nous serons informés par les instances qui sont à pied d’œuvre pour qu’on sache, précisément, de quoi il était question dans cette affaire …… ». Pour Orden Alladatin, ce ne sont les états d’âmes, ni les jérémiades, ni les montages grotesques, ni même les insultes qui élèveront notre jeune démocratie. C’est plutôt comment le droit sera dit dans cette affaire. L’honorable demande le respect des droits du personnage mis en cause et l’application des textes en vigueur pour la manifestation de la vérité. Une bonne justice dans cette affaire est le seul gage de crédibilité du pays et de son modèle démocratique.
Une chose est sûre, ce feuilleton n’a pas encore livré ses derniers épisodes. Les regards sont désormais tournés vers le Procureur de la République qui va prendre date devant l’histoire. Dans tous les cas, cette affaire aurait offert un enterrement de première classe à ses ambitions politiques pourtant si prometteuses. Il urge que toutes les parties œuvrent pour la paix et le rehaussement de l’image du pays qui amorce un nouveau départ.

Armel VIDEGNON/LE GRAND MATIN

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